Mercredi 19 novembre 2014 3 19 /11 /Nov /2014 17:55

19 Novembre 2014

Depuis quelques mois nous assistons à une déliquescence totale de l’État Tchadien. Déliquescence marquée par plusieurs maux accumulés durant des années. Dans notre communiqué de presse du 24 octobre 2014, nous avions évoqué que « les Tchadiens connaissent une pénurie du carburant sans précédent sur l’ensemble du territoire national. » Cette situation nous rappelle les autres questions épineuses auxquelles le gouvernement n’a pas été capable d’apporter des solutions comme par exemple l’accès au ciment de Baoré, la question de l’énergie domestique en l’occurrence le charbon et les bois de chauffe, le contrôle des prix des denrées de première nécessité, la disponibilité d’eau et d’électricité dans les centres urbains et ruraux.

A ces maux se sont ajoutés les questions des retards récurent dans le paiement des salaires et des bourses, le Code sur le pastoralisme qui malgré son adoption par l’Assemblée Nationale reste inacceptable et la question de transfèrement des deux présumés co auteurs des crimes de Habré à Dakar. La suppression des avantages c’est à dire des indemnités des enseignants, des agents sanitaires et sociaux est en cours pour économiser soit disant 25.096.640.700 FCFA. Pour quoi faire ? Dieu seul le sait. Dans la même lancée nous avions :

1. demandé instamment au Gouvernement et à ses partenaires Chinois de régler le problème de fond lié à cette pénurie du carburant et de réapprovisionner toutes les stations sans exception sur l’ensemble du territoire national dans un délai n’excédant pas une semaine ;

2. de rendre publique les documents contractuels liés à la gestion de la raffinerie ;

3. de revenir sur les anciens prix du carburant afin de soulager les ménages et de faire bénéficier des retombées du pétrole à toutes les couches de la population Tchadienne ;

4. d’organiser les états généraux de la gouvernance économique du pays en vue de l’assainir et de le sortir du marasme dans lequel le pays est plongé ;

5. en outre, les organisations signataires du communiqué de presse du 24 octobre 2014, avait exigé la démission immédiate de tous ceux qui sont impliqués dans le circuit de distribution et de commercialisation des produits pétroliers à savoir le Ministère du pétrole et de l’énergie, la SHT et l’Autorité de Régulation Secteur pétrolier Aval (ARSAT).

Les points énumérés ci dessus ont fait l’objet des réponses très timide du Gouvernement même s’il sait que les commerçants véreux dont il est question viennent de ses rangs. Il est inconcevable qu’un État disposant des prérogatives de puissance publique se fasse narguer par des individus. La coalition souhaiterait que les décisions prises par les hautes autorités soient suivies d’acte pour les rendre exécutoire au lieu des simples déclaration. Somme toute, la manifestation des élèves et des enseignants 10 et 11 novembre 2014, est l’une des conséquences de la mauvaise gestion de notre citée. Ainsi donc, tirant les conséquences de la situation politique et socio économique de plus en plus désastreuse sur l’ensemble du territoire national, les organisations ci après citée, ont décidé de créer une coalition dénommée « Trop c’est trop » dont l’objectif principal est de se prononcer sur des questions de gouvernance de notre pays et de défendre les intérêts de la population Tchadienne à travers la mobilisation citoyenne. De ce fait, il est important pour nous de :

--‐ nous unir pour mieux faire face à la déliquescence du pays ;

--‐ d’être capable de prendre des décisions d’envergure nationale et se donner les moyens d’actions pacifiques pour les mettre en oeuvre ;

--‐ d’être une force de proposition politique et d’alternative Nous savons d’avance les réponses du Gouvernement dans notre prise de position. Des mots du genre « la paix chèrement acquise », « le Tchad est en paix », « vous attiser la haine », vous faites de la politique etc., vont fuser de toute part. Qu’à cela ne tienne. Mais en tant que citoyen Tchadien responsable, nous devons nous prononcer sans ambiguïté sur tous les sujets de la gestion de notre pays comme nous l’autorise le préambule de la constitution Tchadienne. Nous ne pouvons plus accepté l’opium de la paix pour sacrifier nos progénitures éternellement pendant que d’autres vivent dans une opulence insultante en bradant les ressources du pays et l’argent du contribuable tout en soumettant ceux ci à l’esclavagisme et à l’humiliation. Par ailleurs, tout en apportant notre soutien et encouragement aux organisations de la société civile de Sarh, Doba, Moundou, Koumra et les femmes de Fianga, nous en appelons à toutes les organisations citoyennes et les patriotes à joindre la coalition afin de se prononcer sur les difficultés que traversent le pays. Si dans les jours à venir des mesures adéquates ne sont pas prises pour juguler la crise du carburant, la cherté de vie, la question du code pastoral, nous nous réservons le droit de prendre les décisions qui s’imposent et seul le gouvernement en sera responsable. Les organisations membres de la coalition « Trop c’est Trop »

1- La Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) ;

2- L’Union des Syndicats du Tchad (UST) ;

3- L’Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT) ;

4- Le Syndicat des Enseignants du Tchad section Régionale (SET),

5- La Convention Tchadienne pour la Défense des Droits Humains (CTDDH) ;

6- L’Association des Femmes pour le Développement et la Culture de la Paix au Tchad (AFDCPT) ;

7- L’Association Tchadienne pour la Promotion et le Défense des droits de l’Homme (ATPDH) ;

8- L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture Section du Tchad (ACAT-Tchad) ;

9- Tchad Non Violence (TNV) ;

10- Le Collectif des Mouvements des Jeunes du Tchad (CAMOJET) ;

11- L’Association Sociale des Jeunes pour le Défense des droits humains (ASJDH) ;

12- L’Association des Femmes Juristes du Tchad (AFJT) ;

13- Le Collectif Tchadien Contre la Vie Chère (CTVC) ;

14- L’Association de Lutte Contre les Malversations au Tchad (ALCOMET).

15- Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation.

Il faut noter que les organisations sus citées se sont dotées d’un accord cadre. Ledit accord reste ouvert à d’autres organisations de la société civile et permettra de déterminer les activités à mener dans ce cadre.

Fait à N’Djaména, le 18 novembre 2014

Pour la Coalition « Trop c’est Trop »

Le Porte parole , Baldal OYAMTA

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Mardi 18 novembre 2014 2 18 /11 /Nov /2014 10:54

18 Novembre 2014

La Chute Précipitée de Blaise Compaoré: Une leçon pour le Tchad

Il est vrai que les politiciens font l’histoire mais n’en apprennent guère. Nos politiciens dictateurs Africains tellement obsédés par la gourmandise du pouvoir finissent par être chassés du pouvoir comme des chiens galeux.Se servent-ils de leurs chutes comme un cas d’école ? Non ! Ils s’entêtent tellement, signent et persistent et ne voient pas en alternance politique réclamée par leurs peuples une option crédible qu’il faut considérer.

A l’instar de tous les autres dictateurs Africains, Blaise Compaoré était sûr de lui et voulait simplement mourir au pouvoir malgré la pression de la rue devenue insupportable. On entendait dans sa déclaration à la veille de sa chute, un Blaise persistant qui voyait toujours une lueur d’espoir de conduire son pays dans une transition jusqu’aux nouvelles échéances. Il croyait que la chance était toujours de son cote malgré que tout fût perdu.Heureusement, le peuple Burkinabè était très déterminé et ne pouvait plus céderà ses manœuvres.

Ce que je soutiendrais de « prétendue démission » le jour de sa chute n’était qu’un passage obligé pour Blaise par ce que c’était fini. En justifiant, cette soi-disant démission par ce qu’il voulait éviter le bain de sang à son peuple, Blaise pensait donner à son héritage politique une dernière meilleure image. Mais c’était déjà bien trop tard. Il aurait dû saisir cette opportunité des années bien avant quand son peuple s’opposait à son projet de confiscation de pouvoir. Cela lui aurait servi peut être de porte de sortie honorable. Mais en bon dictateur et ne pouvant faire exception à la règle, il était tombé dans le même piège comme beaucoup de ses prédécesseurs et a perdu le pouvoir de façon aussi humiliante après 27 ans de main mise sur son peuple. Beaucoup répèteront la même bêtise malheureusement.

Et alors notre président déchu, lâché par son peuple devient subitement un homme d’état et se permet de dire que l’intérêt suprême de la nation était sa préoccupation majeure et qu’ils pardonnaient àtous ceux qui l’ont trahi. C’est le propre de tous les dictateurs. Quel revirement ?

Lecalvaire de Blaise ne s’arrêtera pas à ses peines de digérer sa chute brusque et inattendue. Ce qui va hanter le président déchu et l’empêchera de dormir c’est bien des poursuites judiciaires que le peuple Burkinabé engagerait contre lui notamment dans les grand dossiers tels que l’assassinat du panafricaniste Thomas Sankara et du célèbre journaliste Norbert Zongo. Voilà le sort qui attend tous les dictateurs qui continueront de s’entêter face aux exigences d’alternances réclamées par leurs peuples.

A la tête du pays depuis 24 ans avec un bilan très calamiteux, Deby sait que les tchadiens n’ont plus besoin de lui. Nous avons soif de l’alternance. Nous espérons qu’il a certainement tiré de leçons de ce qui est arrivé à son homologue Blaise Compaoré. Si Deby est intelligent, il doit faire preuve de sagesse en écoutant les cris du peuple Tchadien qui a désespérément soit de changement à la tête de l’état. Les signes indicateurs sont déjà là et Deby lui-même sait que le peuple n’est plus derrière lui. A l’exemple du président Yayi Boni du Benin, nous exigeons que qu’il fasse une déclaration au peuple tchadien le plutôt possible pour exprimer sa position de ne plus briguer un 5eme mandat. Ce sera un salut pour le pays et un très haut acte de patriotisme de sa part. Cela l’élèvera et marquera l’histoire politique de notre nation. En agissant de cette manière, il entrerait dans le concert des hommes soucieux de leur pays. Ce qui lui offrirait peut être une certaine amnistie vis-à-vis des lourds dossiers de crimes qui l’attendent certainement après sa présidence comme à l’exemple de son homologue Blaise et bien d’autres dictateurs.

Je voudrais terminer ma réflexion sur les observations très pertinentes faites par Florent Geel , le responsable du bureau Afrique dela Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (Fidh). Ses propos accès sur la chute de Blaise Compaoré et ses leçons pour l’Afrique sont tirés du site togonews.info et s’établissent comme suit: « L’enseignement qu’il faut tirer de
ce mouvement est double. Premièrement, je pense que Blaise Compaoré aurait puamorcer une transition il y a quelques années en douceur, permettant pour luide se retirer du pouvoir. Il a voulu passer en force et il en paie aujourd’huile prix fort. C’est un signal fort pour les prochaines élections puisqu’en 2014et 2016, il va y avoir 52 élections sur le continent africain dont 25 électionsprésidentielles dans 27 pays d’Afrique, c’est énorme – et c’est un signal fortpour tous ceux qui souhaiteraient passer en force. Il y en a un certain nombre.Je pense à la RDC, au Congo ou d’autres pays. C’est un signal fort à cesdirigeants africains sur le fait que l’Afrique a changé. On ne peut pluss’imposer ou conserver le pouvoir pour ses propres intérêts. Il faut tenircompte maintenant des peuples, de la société civile et des citoyens (…) LesBurkinabè portent très clairement les espoirs de grandes parties de peuplesafricains qui entendent aujourd’hui en 2014, dire que l’Afrique a changé et queleur vote doit effectivement compter. On ne peut plus leur imposer desdirigeants qu’ils n’ont pas librement choisis et affirment ainsi que cetévénement démocratique, sans être un printemps démocratique, est une maturitéde l’Afrique. Il doit accompagner un réel développement que les Africains danstoutes leurs diversités attendent, souhaitent et veulent construire. Ceci passepar un minimum de pouvoirs, de contre-pouvoirs, une presse libre etindépendante, une société civile qui peut s’exprimer… Il y a donc de très nombreux enjeux sur le continent africain aujourd’hui, et ce qui se passe auBurkina est un message très clair aux dirigeants africains affirmantqu’aujourd’hui tout n’est plus possible », a- t-il déclaré.

En bon entendeur salut !

 

Votre compatriote Mbaidanem

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Lundi 17 novembre 2014 1 17 /11 /Nov /2014 16:35

 

16 Novembre 2014

COORDINATION DES PARTIS POLITIQUES POUR LA DEFENSE DE LA CONSTITUTION

(CPDC)

 

COMMUNIQUE DE PRESSE N°004/CPDC/2014

NON AUX INTIMIDATIONS ET A LA REPRESSION !

 

Des informations persistantes font état de la formation, par le pouvoir, de groupe de jeunes, préparés afin de créer le désordre et imputer la casse aux leaders politiques de l’opposition ainsi qu’aux responsables syndicaux et de la société civile. Ces nervis qui seront armés pendant les manifestations sontlogés dans un domicile privé, tandis que les formateurs sont au Palais du 15 janvier.

 

La CPDC dénonce avec véhémence cette fuite en avant du pouvoir qui, au lieu de résoudre les problèmes sociaux nés de sa gestion calamiteuse du pays, s’engage dans la voie de la répression.

 

Le Président de la République n’a-t-il pas lui-même dit, en recevant en 2013 les vœux du Comité Islamique à l’occasion de l’Aid El Fitr, que tous ses ministres et autres responsables de l’Etat sont des voleurs et des menteurs ? Qu’a-t-il fait depuis pour empêcher ceux-ci de poursuivre la dilapidation des ressources nationales ?

 

Le Président de la République ne vient-il pas de déclarer que des centaines de citernes de carburant prennent la direction de la République Centrafricaine ? Qui sont ces ceux-là qui peuvent aller à la raffinerie sortir des centaines de citernes, traverser tout le territoire national et entrer en RCA et en Libye, sans être interceptés, ni au niveau des nombreuses barrières installées tout le long des centaines de kilomètres, ni au niveau des services de douanes et autres ANS à la frontière ?

 

Tout compte fait, la responsabilité personnelle du Président de la République et celle du gouvernement sont pleinement engagées dans la détérioration de la situation du pays.

 

La CPDC met en garde contre ce plan machiavélique qui se concocte, s’ajoutant à la mise sur écoute de tous les leaders d’opinions. Elle appelle les partis politiques, les syndicats, les organisations des jeunes et les organisations des femmes à se mobiliser pour faire échec à ces plans. La CPDC les invite à rester vigilants et solidaires face à la volonté du pouvoir d’étouffer les justes et légitimes revendications des populations.

 

Elle exhorte l’ensemble des partis politiques et les organisations de la société civile à continuer à porter les espérances du peuple.

 

Fait à N’Djamena, le 16 novembre 2014

 

Le Porte-parole 1er Adjoint

 

 

 

ALI G. GOLHOR

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Dimanche 16 novembre 2014 7 16 /11 /Nov /2014 10:11

 

 
Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,
Paris, 10 novembre 2014
 
Une forte répression s’est abattue, mardi 11 octobre, à l’encontre des élèves et des enseignants tchadiens. Leur seul tort : avoir  choisi, la manifestation, comme voix de recours pacifique pour réclamer leurs droits dans un pays où les autorités sont connues peu respectueuses des engagements souscrits avec les partenaires locaux. Ce mardi, les élèves des collèges et lycées ainsi que leurs enseignants, excédés par le poids de l’injustice sociale, ont décidé de manifester dans les rues de Ndjaména, à Sarh et à Moundou au sud du pays. Dans leur colère, ils ont saccagé des édifices publics. Les autorités tchadiennes qui, depuis l’arrivée au pouvoir d’Idriss Déby il y a 24 ans, refusent d’accorder  aux populations tchadiennes, le droit de manifester, ont recourus aux moyens répressifs pour éviter que les contestations ne se propagent.
 
Selon les informations dont nous disposons, à Ndjaména, deux élèves ont été abattus par les forces de l’ordre,  à Sarh,  deux élèves ont été tués et deux autres ont été écrasés par des véhicules de l’armée. Ainsi, ces manifestations, ont fait au total, 6 morts, de nombreux blessé-e-s, des interpellations et arrestations arbitraires dans les rangs des élèves, des enseignants et autres citoyens qui ont rejoint le mouvement de contestation populaire dans ces trois villes. Des vidéos en notre possession, attestent que cette journée du mardi, a été marquée par une extrême violence. Filmée par une caméra, une fille tchadienne, a déclaré, que les militaires ont tiré sur elle, alors qu’elle se trouvait devant son domicile.
 
Pour intensifier la répression, depuis mardi, les autorités tchadiennes ont privé les populations de communications avec l’extérieur. L’internet et une grande partie des téléphones ont été coupés[1], ainsi que les transferts d’argent. La liberté de la presse au Tchad est minimale et il n’existe pas de media indépendant du pouvoir, et, les militants et les journalistes peinent à communiquer des informations à leurs correspondants à l’étranger.
 
Idriss Deby doit la longévité de son pouvoir, non seulement au soutien et à la mansuétude de la France, mais aussi et surtout à une armée clanique répressive et violente. Cette répression disproportionnée a été organisée au nez et à la barbe des partenaires étrangers et internationaux du Tchad, qui disposent dans le pays, d’une présence militaire renforcée sous prétexte de lutte contre le terrorisme, en particulier les forces françaises depuis l’arrivée du siège de Barkhane à Ndjaména en août 2014[2].
 
Depuis l’intervention de son armée en 2013 au Mali, Idriss Deby, appuyé par les autorités françaises, a  réussi à s’imposer comme interlocuteur au sein de la communauté internationale. En particulier, l’Union européenne, mettant en œuvre sa  Stratégie pour la Sécurité et le Développement dans le Sahel, a annoncé en novembre 2013 un renforcement de l’aide au développement au profit du pays pétrolier qu’est le Tchad, au travers d’un appui financier de 442 millions d'euros pour la période 2014-2020, dans le cadre du 11ème Fonds Européen pour le Développement (FED)[3], sans garanties préalables sur les critères qui fondent la démocratie et l’Etat de droit.
 
Acquérir la liberté de manifester et la liberté de la presse constitue un défi majeur pour les organisations de la société civile, les journalistes, les partis politiques et les citoyens en général qui sont actuellement privés de leurs droits fondamentaux[4]. Sans ce minimum d’Etat de droit, une démocratisation est impossible. La communauté internationale, témoin silencieux, est aujourd’hui prise en otage par Idriss Déby qui depuis 2013 est redevenu un interlocuteur sans avoir fait une concession visible ou déterminante au Tchad au niveau justice, droits humains, liberté d’expression, ou processus électoraux.
 
Face à ce contexte lourd de menace pour la sécurité des opposants, des militants, des journalistes et des citoyens tchadiens, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique:
- apporte son soutien à la population et aux organisations sociales et politiques tchadiennes dans leurs revendications de justice et de démocratie,
- dénonce le caractère répressif des forces de l’ordre tchadiennes réputées par leurs violences et bénéficiaires d’une totale impunité,
- réclame l’arrêt de la répression, des arrestations et la libération des personnes interpellées,
- demande aux autorités françaises de renoncer à soutenir le régime d’Idriss Deby,
- demande à l’Union européenne d’exiger de l’Etat tchadien, en toute transparence, des garanties sur l’utilisation du budget du Fonds Européen pour le Développement dans le sens d’un renforcement rapide de la démocratie et de l’Etat de droit[5],
- en appelle à la solidarité internationale afin d’accompagner le peuple tchadien pour le combat qu’il mène en faveur de la justice sociale, des droits de l’homme, des libertés et de la démocratie.
 
Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique 
 
Signataires : Forces vives tchadiennes en exil, …
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Mardi 11 novembre 2014 2 11 /11 /Nov /2014 09:23
10 novembre 2014 22:29


  •  
    Professeur Albert Bourgi.
     
    Observateur averti et fin connaisseur de la géopolitique africaine, le Pr. Albert Bourgi, dans cet entretien réalisé en marge du Colloque sur « Francophonie : de l’inspiration originelle des pères fondateurs aux défis actuels et futurs », estime que durant les 27 ans qu’il a été au pouvoir, Blaise Compaoré a joué un rôle ambigu dans de nombreux conflits sur le continent. Pour lui, le président burkinabé déchu était un pompier-pyromane au centre de tous les coups tordus de la politique française en Afrique.

     Quel commentaire vous inspirent les évènements qui viennent de se produire au Burkina Faso avec la démission de Blaise Compaoré sous la pression populaire ?

     Ce soulèvement populaire se justifie politiquement, parce qu’il s’agissait de s’opposer ouvertement à une initiative de Blaise Compaoré de contourner, voire de violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.
    Il a voulu instrumentaliser le référendum qui est un mode de scrutin exceptionnel, car c’est par là même qu’on recueille l’avis et le sentiment de la nation. Il a voulu changer les règles du jeu, transgresser la fameuse clause de limitation des mandats. Il a perdu son pari.
    Après 27 ans de pouvoir, est-ce que vous comprenez que Blaise Compaoré veuille se maintenir à la tête de l’Etat ?
    Non, je ne le comprends pas. Et le peuple burkinabé a eu raison de s’y opposer farouchement. Finale- ment, le Burkina Faso a montré que c’est un peuple qui a une grande conscience politique. Blaise Compaoré l’a appris à ses dépens. Depuis l’assassinat de Thomas Sankara, en 1987, il y a eu les trois ans de période d’exception durant lesquels il a régné sur le pays.
    Ensuite, il a adopté une Constitution avec deux mandats de 7 ans, puis il a révisé la Constitution soi-disant pour instaurer la clause limitative des mandats deux fois 5 ans.
    Et là, il a voulu renouveler le bail. Cela veut dire qu’il n’y avait pas d’autres alternatives pour les Burkinabés que la rue puisque-là Blaise Compaoré avait manifestement la volonté d’aller au bout de sa logique de destruction institutionnelle. Seule la rue pouvait l’arrêter. Et la rue l’a clairement démontré.
     
    Qu’est-ce qui, selon vous, peut expliquer son entêtement ?
     
    Blaise Compaoré n’écoutait personne. Et je crois franchement que c’est dans le tempérament de l’homme. Il est un aventurier poli- tique. Souvenez-vous de tout ce qui a suivi l’assassinat de Thomas Sankara. Il ne faut pas oublier son jeu trouble dans toute la sous-région, en Sierra-Léone mais surtout au Libéria et en Côte d’Ivoire.
    Au sein de son parti, il s’est trouvé face à de multiples défections. Roch-Marc Kaboré qui a été son Premier ministre, président de l’Assemblée nationale et pendant longtemps son bras droit, Salif Diallo qui a été l’idéologue du parti, Simon Compaoré, le maire de Ouagadougou, tout ce monde- là a tenté de le raisonner, en vain.
     
    Vous dites que c’est un aventurier politique. Mais quand même un aventurier qui, au fil des années, a poli son image au point de devenir le médiateur attitré dans de nombreux conflits en Afrique de l’Ouest.
     
    Je suis peut-être un peu dur, mais franchement, je pense que l’Afrique mérite des dirigeants politiques plus assis sur les grands principes et valeurs de démocratie. Ce qui n’est pas le cas de Blaise Compaoré. Il a joué de façon systématique le rôle de pompier-pyromane. Il mettait le feu et faisait tout pour venir au-devant de la scène pour l’éteindre. Il a toujours procédé de cette manière.
    Regardez le cas de la Côte d’Ivoire : la rébellion est partie de chez lui en 2002. Et c’est lui qui a fait signer l’accord de Ouagadougou entre la rébellion et le pouvoir central ivoirien.
    On peut multiplier les exemples. Je peux ajouter deux choses que les gens ignorent. Blaise Compaoré s’était intéressé au conflit angolais en soutenant Jonas Savimbi.
    C’est pourquoi il ne faut jamais parler de Blaise Compaoré à Dos Santos, l’actuel président angolais. On a vu l’un des représentants de Blaise Compaoré débarquer, en 1997, avec Laurent-Désiré Kabila au Congo. C’est lui qui a hébergé Idriss Déby avant qu’il n’aille à la conquête du pouvoir au Tchad.
    Au Mali, on lui reproche de soutenir la rébellion Touareg et c’est pourquoi les autorités maliennes n’ont pas voulu de lui comme unique médiateur dans ce conflit.
     
    Si Blaise Compaoré a tant duré au pouvoir et a pu s’intéresser à certains conflits, n’est-ce pas parce qu’il était l’un des points d’appui de la Françafrique sur le continent ?
     
    Bien évidemment ! Blaise Compaoré était le pivot de la politique française dans cette région. Quand il est parti au Libéria, c’était pour aider Houphouët Boigny, et c’était la logique française d’empêcher précisément que la zone anglophone ne tombe dans l’escarcelle du Nigéria.
    C’était cela en réalité. Et puis, Blaise Compaoré, c’était l’homme de tous les coups tordus de la politique française en Afrique.
    Pourtant, dans une lettre rendue publique, François Hollande lui aurait demandé de se retirer en lui proposant, avec des mots à peine voilés, un grand poste dans un organisme international.
     
    Cela ne peut-il pas être considéré comme un lâchage de la France ?
     
    Oui. On peut l’interpréter ainsi. Mais, personnellement, en tant que de gauche et socialiste, je ne comprends pas cette lettre de François Hollande. Le président français aurait dû lui dire, de façon crue, que ça suffit, vous êtes en contradiction avec la loi fondamentale. Je n’ose même pas dire ce qu’on lui a proposé, c’est monstrueux. Des bruits ont même couru qu’on lui aurait proposé d’être le successeur de Abdou Diouf à la tête de la Francophonie.
    Vous imaginez une institution qui a véritablement pris son élan depuis une dizaine d’années et qui a complètement modifié ses modes d’actions, notamment dans le domaine électoral, une institution qui a donné ses lettres de noblesse à ce qu’on appelle l’assistance électorale, donc une organisation qui promeut, consolide la démocratie parmi ses Etats- membres, avoir un Blaise Compaoré à sa tête ! C’aurait été vraiment scandaleux.
     
    L’expérience burkinabé va faire des émules Afrique, en êtes-vous convaincu ?
     
    Bien sûr que oui. C’est important ce qui s’est passé au Burkina Faso. Ce pays, c’était la clé de toutes les tentatives de fracture des Constitutions pour permettre justement le renouvellement des mandats des chefs d’Etat qui sont en place depuis des décennies.
    Il y a certains présidents qui ont cette idée dans la tête de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Il y a le Bénin, même si le président Yayi Boni le dément. Tout le monde calcule. Il y a le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale, la Rdc, le Cameroun, etc.
    Ce qu’il faut remarquer, c’est qu’aujourd’hui on ne peut plus faire ce qu’on veut et paradoxalement, ce sont moins les partis politiques qui ont une prise sur les évènements, qui sont contre ces tentatives de confiscation du pouvoir, que les sociétés civiles.
    Partout elles se mobilisent. Regardez le cas du Sénégal. Il y a un côté 23 juin dans ce qui s’est passé au Burkina Faso. Au Sénégal, c’était « Touche pas à ma Constitution », au Burkina, « Touche pas à l’article 37 », la même chose en Rdc « Touche pas à l’article 222 ». Donc, aujourd’hui, il y a un mouvement exceptionnel.
     
    Entretien réalisé par Elhadji Ibrahima THIAM

     Source: Le Soleil
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