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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 18:21

TCHAD :: Comment la France a débarqué le dictateur Hissène Habré pour le remplacer par son complice Idriss Déby

Voici un excellent article du Canard Enchaîné intitulé "Justice : un avant et un Habré" sur les tribulations de la Françafrique et sur la manière dont Paris trie les dictateurs sanguinaires d...

http://www.camer.be/43871/26:23/tchad-comment-la-france-a-debarque-le-dictateur-hissene-habre-pour-le-remplacer-par-son-complice-idriss-deby.html

Voici un excellent article du Canard Enchaîné intitulé "Justice : un avant et un Habré" sur les tribulations de la Françafrique et sur la manière dont Paris trie les dictateurs sanguinaires dans ses anciennes colonies. Dans un article rare, Le Canard revient sur la façon dont le dictateur Habré, accusé de crimes contre l'humanité, choyé auparavant par la France, a été débarqué par l'Etat français via la DGSE pour être remplacé par son ancien bras droit et chef d'Etat-major, Idriss Déby, tout aussi complice et responsable des crimes commis sous le régime d'Habré. Déby, depuis, a fait son chemin de dictateur ami de la France.

Il a même été maintenu au pouvoir en 2008, par le "chef de guerre" Sarkozy I grâce à l'armée française, face à l'avancée des rebelles. A cette occasion, le dictateur protégé par Paris en a profité pour éliminer son plus grand opposant politique et le plus grand ennemi de sa dictature françafricaine : Ibni Oumar Mahamat Saleh. Il a également rendu des services en Centrafrique dans les sombres et récentes affaires françaises en RCA. Il est à présent le dictateur chéri des impérial-socialistes au pouvoir. Et il est fort probable que tant qu'il restera au pouvoir, le procès d'Hissène Habré sera tronqué !

Penser que la France s'est mise en quatre pour amener au tribunal l'ex-dictateur (et néanmoins allié) tchadien Hissène Habré, ce serait comme imaginer Poutine traînant en justice son pion tchétchène Ramzam Kadyrov. Car l'ancien président du Tchad - de 1982 à 1990 -, jugé depuis le 20 juillet à Dakar pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et tortures (le procès vient d'être ajourné jusqu'en septembre), fut un authentique protégé de "la patrie des droits de l'homme".Guérillero, il a commencé par séquestrer durant trois ans l'ethnologue Françoise Claustre et par assassiner l'émissaire chargé de la libérer, le commandant Galopin, avant de gagner les faveurs de Paris. Il est vrai qu'il combattait Kadhafi, notre ennemi juré de l'époque. Mais le régime de terreur qu'il a instauré (40.000 hommes et femmes liquidés dans ses geôles, 200.000 torturés) rendait tout de même acrobatique le soutien de la France de Mitterrand.

Difficile, alors, d'affirmer qu'on ne savait pas : la DGSE était sur place et Amnesty International criait fort...En revanche, cette barbarie trop ostensatoire a fini par lasser. L'Elysée et les "services" se sont résolus à soutenir un aimable ennemi de Habré : son chef d'état-major, Idriss Déby, homme fort du régime tchadien depuis des années ! En décembre 1990, quand ce dernier a renversé le chef d'Etat, un témoin présent dans le bureau de Bernard Kouchner, alors secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire, se souvient de l'effarement du "French Doctor", familier de l'Afrique et tenu totalement hors du coup...Habré débarqué, il devient officiellement tyran sanguinaire, mis au ban des nations, France comprise. Et mis au banc des accusés ving-cinq ans après ses méfaits.

D'autres anciens chouchous qui n'ont rien à envier à Habré - le Centrafricain Bokassa, le Zaïrois Mobutu, le Malien Traoré - ont, eux, échappé à ce genre de procès. Il y a donc un progrès. Mais, vu la célérité de la justice et l'ardeur coopérative de la justice de l'Hexagone, les actuels "amis" de la Françafrique n'ont pas trop de souci à se faire...

© Source : le-blog-sam-la-touch.over-blog.com

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 23:02

Fébrile, Idriss Déby Itno, dans le contexte du procès de Hissène Habré ? On pourrait croire que le président tchadien a d’autres chats à fouetter : la baisse du cours du pétrole, Boko Haram, la Libye, ses hommes qui se battent dans le Nord-Mali… Mais son entourage en convient : ses soucis viennent aussi de Dakar, de ces Chambres africaines extraordinaires (CAE) dont il a cru un temps pouvoir contrôler l’action – erreur ! – et de cette justice internationale qu’il craint peut-être plus que tout. À N’Djamena, dans les sphères du pouvoir, l’inquiétude est palpable. « Ils craignent que Déby ne soit cité par des témoins et que l’Histoire le rattrape », souligne une source judiciaire au fait du dossier.

C’est pourtant le Tchad qui a financé en grande partie ce procès – à hauteur de 2 milliards de francs CFA (3 millions d’euros), soit près du tiers du budget des CAE. « Déby a toujours voulu juger Habré », assure un de ses proches. Mais au fil de l’instruction, il s’est cabré. « Un jour, nous expliquait voici quelques mois un fin connaisseur du dossier, les faucons qui l’entourent se sont réveillés. Quand d’autres personnes ont été inculpées par les CAE en plus de Habré, ils ont sauté sur l’occasion pour dire au président que ce procès pourrait déboucher sur son inculpation. Déby a été surpris : il croyait que ce procès ne concernerait qu’un seul homme. »

Le président sait que tous les épisodes sanglants du régime seront évoqués à la barre

Depuis, les relations entre les CAE et l’État tchadien, qui a tenté en vain (et à la grande surprise des victimes et des magistrats) de se constituer partie civile l’année dernière, se sont considérablement détériorées. La justice tchadienne a refusé le transfèrement à Dakar de deux témoins clés, Mahamat Djibrine et de Saleh Younous, qu’elle s’est empressée de juger elle-même. Le 25 mars, elle les a condamnés aux travaux forcés à perpétuité pour, entre autres, « assassinats, tortures et détentions arbitraires ».

À en croire les acteurs du dossier, Déby n’a guère de souci à se faire. « Aucune plainte ne le vise, indique un avocat. Et le dossier d’instruction des CAE ne compte que très peu d’éléments sur lui. » Mais le président sait que tous les épisodes sanglants du régime seront évoqués à la barre. Et il n’a pas oublié d’où il vient, lui qui a joué un rôle majeur dans la conquête du pouvoir, violente, de Hissène Habré, puis, après la victoire finale, en juin 1982, dans la « pacification », plus brutale encore, du pays.

En 1981, quand Habré prépare sa contre-attaque contre les forces tchado-libyennes de Goukouni Weddeye, Déby est, à 29 ans, le chef d’état-major adjoint des Forces armées du Nord (FAN). À partir de 1983, lorsque Habré est bien installé au pouvoir, il devient le commandant en chef des Forces armées nationales tchadiennes (FANT). C’est sous son autorité qu’est menée, en 1984, la terrible répression dans le Sud, connue sous le nom de Septembre noir. Pour soumettre les comités d’autodéfense (les fameux Codos), les FANT, mais aussi la Sécurité présidentielle, la Sûreté nationale et la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) s’adonnent à des exécutions ciblées et à des massacres de masse. Déby le reconnaît lui-même en novembre 1984, dans le quotidien français Le Figaro : « C’est une lutte sans cadeau où nous appliquons une justice expéditive et exemplaire. »

Dès son arrivée au pouvoir, il a tenté de se dédouaner des dérives du régime Habré

« Déby n’a rien à se reprocher, affirme son entourage. Il était là-bas pour combattre les Codos, pas pour faire la police. Il a même renvoyé à N’Djamena un agent de la DDS qu’il trouvait trop violent. » Des proches de Habré affirment au contraire que « Septembre noir, c’est son affaire ». Dès son arrivée au pouvoir, il a tenté de se dédouaner des dérives du régime Habré. S’il admettait, dans une interview à Jeune Afrique en décembre 1990, avoir travaillé avec lui « très exactement » jusqu’au 1er avril 1989, il assurait avoir très vite choisi de s’en éloigner. En 1985, il rejoint la France pour effectuer un stage à l’École de guerre. « C’est moi qui ai voulu partir […], assure-t-il. J’ai contacté, à l’insu de Habré, les officiers [français] pour qu’ils m’obtiennent une place. » « Avec Hissène, dès que vous émettiez le moindre désaccord, vous disparaissiez », expliquait-il, toujours en 1990.

Quant à son rôle auprès de Habré en tant que conseiller à la Défense, après son retour au pays en 1987, en pleine répression des Hadjeraïs, son entourage le minore : « Vous savez très bien que ce genre d’affectation s’apparente à un placard », glisse un de ses proches. Pourtant, le président continue de lui donner des missions de première importance. C’est Déby qui, en 1988, en son nom, prend langue avec les Libyens et, la même année, avec des rebelles.

Pour sa défense, le président peut citer le témoignage (contesté) d’Hugues de Tressac, un des mercenaires envoyés auprès de Habré par le Français Bob Denard. Dans un livre (Tu resteras ma fille, Plon, 1992), celui-ci rapporte les propos que Déby aurait tenus une fois N’Djamena prise : « Depuis qu’il est ici, je ne comprends plus Hissène. » Pourtant, un autre témoin de l’époque se souvient l’avoir entendu, lors d’un passage à Paris, parler du président « comme d’un dieu ». Et cela bien après la conquête du pouvoir et Septembre noir.

Jeune Afrique: http://www.jeuneafrique.com/mag/245598/politique/proces-habre-et-si-deby-etait-rattrape-par-lhistoire-et-la-justice/

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 16:35

Tchad : les attentats des 15 et 29 juin 2015

N’Djaména a été secouée par les attentats des 15 et 29 juin dernier. Les victimes sont nombreuses. Les avis des témoins sont si divers que les informations recueillies sont souvent contradictoires. Seule la version du gouvernement semble logique et « tient la route » selon les analystes. C’est Boko Haram. Il faut retrouver les réseaux et les commanditaires. Et c’est vers cette organisation et surtout les cellules dormantes qu’il faut faire les recherches.

Qui connaît le Tchad et son système de gouvernement se pose bien des questions. En effet, l’information y est toujours sélectionnée, montée et formatée pour qu’elle soutienne le régime ou exprime son point de vue. C’est une pratique qui ne date pas d’hier. Alors peut-on légitimement soutenir que la version gouvernementale de ces évènements est la vérité ou corrobore la réalité des faits ? Boko Haram est-elle le vrai responsable ? Quelles sont les preuves ?

C’est vrai, l’organisation de Mohamed Yousouf a beaucoup de Tchadiens dans ses rangs. Elle a su recruter et recycler de nombreux jeunes envoyés chaque année par milliers pour être formés dans les écoles coraniques du nord Nigéria. Peu d’entre eux rentrent au pays. La plupart sont embauchés dans le commerce, les transports, les travaux champêtres pour ce qui relève des activités légales et licites. Les patrons de ces entreprises sont en général les financiers de Boko Haram. Mais nombreux sont ceux qui sont dans les trafics de tous genres : contrebandes, fausse monnaie, drogue, armes et pourquoi pas le commerce humain.

Du vivant de Muhammad Yousouf, son lieutenant était Mahamat Nour, un Tchadien. Quand Boko Haram a engagé la lutte armée, de nombreux Tchadiens se sont retrouvés dans les rangs des combattants. Certains même ont été recrutés dans la région du Lac. A chaque fois que l’organisation essuie des revers militaires, les combattants refluent au Tchad. Oui ! Boko Haram doit avoir une légion de Tchadiens qui combattent en son nom.

Le Tchad et le Nigéria se partagent des ethnies à cheval sur la frontière commune. Les principales sont : les Kanuri, les Hausa, les Boudouma, les Kori, les Kanembou et les Arabes pour ne citer que celles-ci. Prenant part aux diverses transactions que génère la guerre, ces ethnies font des affaires grâce à Boko Haram sans être pour autant des militants de cette organisation. Elles sont souvent victimes des représailles de Boko Haram.

L’organisation extrémiste est une hydre. Elle est certes une organisation politico-militaire mais elle se divise en branches politique, radicale, religieuse, mafia d’affaires et bandits de grand chemin. On trouve de tout dans Boko Haram. On y achète tout et on y vend tout ! C’est parce que chacun y trouve ce qu’il veut que le pouvoir tchadien qui ne pratique pas une gouvernance éthique fait des affaires avec l’organisation de Shekau (successeur, après sa mort, de Mahamat Yousouf à la tête de la secte). Par deux fois au moins, il a montré qu’il avait des relations avec Boko Haram :

  • Lors d’un remaniement gouvernemental qui a vu le départ de plusieurs parents du Président, le chef de l’Etat a justifié cette éviction par le fait qu’il ne pouvait tolérer la présence des financiers de Boko Haram à ses côtés !
  • Le Président de la République a encore déclaré qu’il avait obtenu la libération des filles de Chibok selon les promesses de Shekau à la suite d’une négociation.

Une amitié lie le Président Idriss Déby Itno à Modou Ali Shérif dit SAS (Senator Ali Shérif), ancien gouverneur de Maiduguri, un des grands financiers de Boko Haram. C’est aussi de notoriété publique que les membres de Boko Haram circulent librement au Tchad malgré leur sombre réputation.

Dire dans ces circonstances que le Tchad est la base arrière de Boko Haram est un euphémisme. Elle est comme un poisson dans l’eau au pays de Toumai. De mémoire d’homme, jamais la police ou un militaire n’a arrêté un militant ou un simple sympathisant de Boko Haram. C’est dans ce décor de liberté de circuler pour les hommes et les biens, liberté d’organisation, de relations et d’actions de Boko Haram qu’il faut juger les liens entre l’Exécutif tchadien et l’organisation extrémiste. Plusieurs faits rendent énigmatiques les derniers attentats. Ils ont eu lieu dans une ville où est logé l’état-major opérationnel de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel et au Nigéria. Que Boko Haram ait agi au nez et à la barbe de la Présidence, de l’Ambassade de France, du siège des renseignements généraux et pas très loin de la base militaire française, voilà un haut fait de guerre dont l’organisation de Shekau devrait se glorifier. Or, deux semaines après les premiers attentats et plus de 72 h après la 2ème série, la secte islamiste garde le silence. Est-ce normal ?

Les indices qui peuvent orienter les enquêtes concernent toujours la police et l’armée : les véhicules, les présumés complices ou sympathisants, les maisons louées etc.

Ces enquêtes concernent en priorité la police en tant qu’institution et l’armée en tant que structure de défense. Il fallait donc une police des polices et une structure ad hoc constituée de militaires spécialistes pour démêler toutes les liaisons inextricables entre les hommes, les objets, les actes et les acteurs. Cela n’a pas été le cas.

Le chef de l’Etat, bien qu’il ait appris que la capitale avait été secouée par un drame, a attendu sagement la fin du sommet de l’Union africaine en Afrique du Sud pour regagner son pays. Visiblement, il ne s’est pas inquiété ni n’a été ému comme sa population devant les nombreuses victimes.

L’interrogation est d’autant plus grande qu’une autre version des faits révèle des informations contradictoires. Elle affirme en effet que le kamikaze du commissariat central est un policier dont on connaît l’identité. Son oncle maternel est un commandant de la Police. Sa mère est cousine de la belle mère du petit frère du président. Toutes ces personnes appartiennent au clan borogate, le côté maternel du président de la République. Le kamikaze de l’école de Police est un militaire de la sécurité présidentielle. Le véhicule à bord duquel il a opéré appartient à un colonel de la Police, notoirement connu pour avoir servi longtemps la Police politique connue sous le sigle ANS. Enfin, la maison qui a servi de lieu de fabrication des explosifs appartient à un général de l’armée nationale qui habite juste en face de cette maison et est bideyat, le clan du chef de l’Etat de son côté paternel. Le Président de la République, lui-même militaire, se trouve au centre d’une opération terroriste où son entourage est impliqué. Peut-il dans ces circonstances ignorer la vraie version des faits ? Le fait de rester impassible démontre soit qu’il ne se sent pas menacé, soit qu’il est indifférent aux malheurs qui ont frappé son peuple. Dans l’un et l’autre cas, cela est préoccupant !

Dans les derniers attentats du 29 juin, les policiers chargés de l’enquête et leur chef, le sous- directeur de la police judiciaire, ainsi que les principaux terroristes, sont morts. La femme qu’on a trouvée sur les lieux avec deux enfants a été conduite au commissariat et a disparu. Le seul survivant de la chaîne des complices et commanditaires est, quant à lui, en cavale. La police a déclaré que son arrestation n’était qu’une question d’heures. Jusqu’à présent, ce terroriste cavale toujours. Il y a donc un risque que les enquêtes piétinent. L’optimisme affiché par le gouvernement ne reflète pas le danger auquel le Tchad doit faire face. Un optimisme qui cadre mal avec les nombreuses victimes qu’a connues le pays et l’inquiétude qui s’est emparée de la population notamment dans les grandes villes. Les structures sécuritaires semblent ne pas pouvoir protéger les lieux de grande concentration de foules, à supposer vraiment que les cellules terroristes qui sont entrées en action existent encore.

A défaut de démêler cet enchevêtrement des faits non élucidés, qui restent de la mission de la police, l’on peut s’interroger sur qui peut tirer profit de ces attentats ?

Est-ce Boko Haram ?

La structure djihadiste a menacé trois fois le régime de N’Djamena. C’était lorsque le Tchad se préparait à intervenir au Mali. Dans une déclaration, Boko Haram avait menacé de s’en prendre à N’Djamena si preuve était faite que les soldats tchadiens étaient engagés contre les combattants de l’AQMI et ses alliés. A cette occasion, l’effort de N’Djamena était surtout de protéger l’aéroport international de la capitale. Des barrages avaient été érigés à la hâte par la police, mesure vite oubliée et avec les menaces d’Ebola, on ne parla plus de Boko Haram. Puis le président tchadien engagea les soldats au Nigéria. Encore à cette occasion, Shekau déclara prendre acte de l’intervention des forces d’Idriss Deby dans son califat et dit qu’il répondrait à la guerre par la guerre. Après quelques affrontements sur le terrain où Ndjamena cria vite victoire, Shekau déclara n’avoir « pas de soldat à opposer à Deby mais des candidats à la mort. »

Tout porte donc à croire que Déby et Shekau se détestent cordialement même si le Tchad reste la base arrière de Boko Haram. Les deux hommes ou plutôt les structures qu’ils président ont entretenu et entretiennent des relations de complicité manifeste.

Boko Haram achète sa logistique au Tchad : vivres, armement, tenues et chaussures pour les combattants, carburant etc. Elle y dispose de réseaux de complicité et des parrains jusqu’au haut sommet de l’Etat. Et même s'il ne bénéficiait pas ou très peu de ces relations incestueuses, l’Etat aux mains des clans de Déby est une opportunité d’affaires. L’impunité généralisée, l’achat de la loi pour qui veut se mettre à l’abri des punitions, le goût de vendre et d’acheter toutes choses, toutes personnes, et tout ce qui rapporte de l’argent, crée une situation où tout est permis. L’Etat est rendu ingouvernable. « Il est interdit d’interdire » ! Les hommes de Boko Haram sont au Tchad comme dans un paradis. Pourquoi s’en prendraient-ils à cet Etat qui leur permet tout, qui leur donne tout ? Et pour couronner le tout, « le Tchad lui fournit des combattants courageux. » Le Tchad n’est pas seulement une base arrière, c’est un Etat partenaire de Boko Haram. Cet Etat voudrait-il combattre cette organisation qu’il se heurterait à toutes les résistances et à toutes les pressions. En vertu du principe selon lequel « l’intérêt parle toutes les langues et joue tous les rôles d’acteurs y compris celui du plus désintéressé », l’affairisme qui nourrit et unit les gens du clan au pouvoir est la sève qui alimente leur raison et guide leurs comportements. Personne n’a intérêt à combattre Boko Haram. Chacun a tout à gagner de cet état de choses.

Est-ce l’Etat tchadien ?

La pratique politique dépouillée de toute morale et de toute considération d’éthique et d’humanité expulse de la conscience l’ange qui l’habite pour y loger le démon. L’homme qui préside aux destinées du Tchad, n’est pas un ange. Tout le monde sait que c’est un homme politique très rusé s’agissant de ses intérêts, pratiquant les traquenards et ne respectant pas la parole donnée. Les assassinats politiques et crapuleux sous son régime sont tellement nombreux qu’ils ont été banalisés. Les crimes de masse dans chaque ethnie, chaque région, lui ont permis d’asseoir son pouvoir, de le gérer et de le conserver. Et pour cet objectif, il gouverne le Tchad d’une main de fer avec son armée. L’administration civile et même les finances publiques ont été militarisées. Un tel système a-t-il intérêt à créer ces attentats ?

Commençons par les actes et les raisons qui peuvent conduire à l’intérêt politique majeur. La répression sauvage contre les communautés kanouri et haoussa. La fermeture des mosquées dites appartenant à l’islam radical, l’interdiction de leur organisation et la surveillance permanente de leurs leaders.

La répression de l’islam radical

L’hégémonie de l’islam des confréries est très contestée par des acteurs nouveaux qui s’affirment salafistes ou wahhabites. L’islam tchadien de rite malékite connaît des dissensions en son sein. Est-ce une raison pour que l’Etat prenne parti ? Après avoir encouragé l’islam salafiste et shiite, le président se range brusquement du côté des tidjanes, des soufis à travers le président du Conseil supérieur des Affaires islamiques mis auparavant comme un interface pour contrer et réprimer les autres courants. Un décret du chef de l’Etat a interdit l’association des Oulémas du Tchad et le mouvement Ansar Assounna al Mahamadia.

Une semaine après les premiers attentats, ce sont les mosquées dites salafistes qui sont fermées. L’ANS talonne les leaders. L’interdiction de la burqa concerne surtout les femmes de la communauté Kréda à majorité wahhabite, et le hijab les musulmanes ordinaires.

Les humiliations gratuites et publiques faites à ces femmes par la police sont une démarche de provocation qui ne restera pas sans suites. Le Tchad avec ses mesures arbitraires risque d’entrer dans la guerre entre les courants de l’islam. Dans cette confusion entre burqa, hijab et autres tenues vestimentaires, le gouvernement dit combattre l’islam radical mais ses actes relèvent d’une action politique beaucoup plus insidieuse.

La répression des communautés.

Kanuri, Boudouma sont arrêtés. Leurs maisons perquisitionnées, fouillées, pour des populations dont la présence au Tchad est l’une des plus anciennes. Demander à certains des papiers justificatifs de leur nationalité sinon les remettre à la frontière, c’est de l’arbitraire et de l’injustice. A l’occasion d’une visite rapide à Bol, (région tchadienne des Kanuri et des Boudouma), le président de la République a dit à la foule : « C’est vous, Boko Haram. » La voie est toute indiquée à la police : la répression au faciès.

Alors que les Kanuri sont évacués vers le lac pour être remis dans leur pays, les Haoussa sont dans la ligne de mire de répression de la police. Ils sont soupçonnés à leur tour d’être les relais de Boko Haram. Personne ne sait quel est le tour de la prochaine communauté.

Cette répression d’un groupe à l’autre n’aura pas de limites. Toute la population peut y passer. C’est comme les tueries organisées contre les groupes ethniques et contre les régions (événements de Boudouloum, de Niguilim, du Logone Oriental, d’Amtiman etc.) qui ont servi à asseoir et à consolider le pouvoir actuel. Qui s’en souvient ? Même si la mémoire collective en reste marquée.

L’atteinte aux libertés publiques et individuelles.

Au nom de la lutte contre Boko Haram, les meetings, les manifestations publiques, les regroupements de foules, sont interdits. S’ensuivront les mesure de limitation de circulation des hommes et des biens, la fermeture d’autres mosquées, l’interdiction des associations, autant d’atteintes à la liberté religieuse et de conscience. Déjà un projet de loi sur le terrorisme en préparation annonce la couleur. Elle justifie les écoutes téléphoniques, la surveillance des leaders politiques et syndicaux, des responsables religieux, des journalistes et des militants des droits de l’homme.

Cette loi voudrait se débarrasser des « grandes gueules », des empêcheurs de tourner en rond et de tous ceux pour qui les valeurs humaines ont un sens.

En conclusion, si un parallèle peut être fait entre les intérêts de Boko Haram et le pouvoir tchadien par rapport à ces attentats, l’Exécutif du Tchad est gagnant. Lorsqu’on met ensemble les indices de preuves de ces attentats, qu’on s’interroge sur les vrais témoins, la disparition des enquêteurs et des terroristes dans les explosions, tout cela ressemble à une action planifiée et exécutée par des services secrets. Une action de Boko Haram ne peut mobiliser autant de policiers, de militaires, d’agents secrets et toutes les logistiques de support, tout ce monde travaille pour le pouvoir pour ne pas dire pour le président. Il est fort à parier que les enquêtes diligentées n’aboutiront pas comme ce fut le cas de tous les assassinats politiques que le Tchad a connus. Les attentats des 15 et 29 juin resteront aussi un secret d’Etat.

Georges Sirius

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 19:22

Le kamikaze était un homme déguisé en femme.

Quinze personnes ont été tuées et 80 autres blessées samedi à N’Djamena lors d’un attentat-suicide qui visait le marché central de la ville. Parmi les victimes figurent neuf commerçantes et six hommes, dont un gendarme tchadien. Le kamikaze a également péri dans l’explosion.

Il s'agissait d'un homme déguisé en femme, a indiqué à l’AFP un responsable de la police tchadienne. La tête voilée de l’auteur présumé de l’attentat, arrachée par l’explosion, a été retrouvée près du lieu de l’attentat, et montrée à des journalistes présents sur place. Le directeur général de la police nationale, Taher Erda, qui s’est rendu sur place, a confirmé que le kamikaze n’était pas une femme, comme l’avaient crû dans un premier temps les policiers, mais bien un homme habillé en femme et le visage dissimulé par un voile intégral.

Le kamikaze a déclenché ses explosifs au moment où un gendarme, qui croyait avoir à faire à une femme, s’apprêtait à le fouiller. Cet attentat intervient un mois à peine après un double attentat qui avait fait 38 morts le 15 juin à l’école de police et au commissariat central, revendiqué par les islamistes nigérians de Boko Haram.

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 19:20

Publié le 6 juil, 2015.

A la veille des élections Idris Deby Itno a habitué les tchadiens par des formules chocs : «le kermès du désordre est terminé» ou bien «je déclare la guerre aux voleurs», patati, patata.

Sa toute dernière trouvaille est celle-là : «Je suis vraiment seul, personne ne m’aide et personne ne veut m’aider, personne ne m’écoute, personne n’exécute mes instructions. A côté de moi, autour de moi tout le monde vole, je ne peux confier à personne de l’argent pour exécuter un service public, l’argent sera volatilisé dans les poches. Toutes mes initiatives sont contrecarrées, détournées ou sabotées. J’ai investi 70% des revenus pétroliers dans les projets relatifs aux infrastructures et je constate dans mes déplacements que tous les projets sont arrêtés, et on me dit sans honte, faute de financement ! Mais où va le Tchad ? Je ne suis entouré que des vautours, des voleurs, des charlatans, on m’empêche de rencontrer les gens de la base, les populations des provinces, il y a toujours une troupe des maniganciers qui se met entre moi et la population, je suis obligé de me cacher pour me rendre à l’intérieur du pays ; par exemple lors de mon dernier déplacement à Koumra, j’ai informé le gouverneur 1h avant mon arrivée. Je suis vraiment seul et je ne suis pas aidé. »

Mais avant de continuer, on est tenté de rafraichir la mémoire sclérosée de notre Generalissimus, Sultan autoproclamé et Président illégitime parce que mal élu. Quelques faits saillants : qui était le Com Chef sous Habré qui a organisé un braquage des commerçants en les dépouillant de leur biens ? Quel est le Chef d’Etat tchadien qui a conçu, planifié et mis en œuvre la fabrication de la fausse monnaie d’un pays du moyen orient ? Quel est le Chef d’Etat tchadien qui a organisé le trafic de drogue à travers le Sahara et le Sahel ? Quel est le Chef d’Etat africain qui a livré, à Charles TAYLOR, des armes et munitions contre des diamants ? Quel est le Chef d’Etat tchadien qui a privatisé les grosses régies financières de l’Etat à son profit personnel : douane, les cartes d’identité nationale et les passeports, etc…? Quel est le Président tchadien qui s’est marié à 32 millions de dollars à une étrangère, déjà divorcée officiellement? On peut remplir des pages entières des crimes et délits commis par Idris Deby Itno.

Le pouvoir pour Idris Deby Itno a été, reste et demeurera une opportunité pour voler et piller les ressources de l’Etat et tuer et liquider tous ceux qui oseraient dénoncer ou s’opposer à ses basses besognes. ?

On est également tenté de demander à Idris Deby Itno : qui nomme ces voleurs, ces détourneurs, ces jaloux saboteurs aux yeux de crocodiles, ces maniganciers, ces vautours, ces charlatans qui l’entourent ou gravitent en orbite autour de lui ? Puisqu’ils sont identifiés (comme c’est lui qui les avait nommés) qu’attend-t-il pour les démettre de leur fonctions, les arrêter et les traduire en justice ? Mr Deby ne le fait pas, parce que tous ces malfrats et délinquants sont ses complices ! Ils ont souvent exécuté ses instructions et partagé avec lui les butins volés aux tchadiens !

Avant la prise du pouvoir en 1990, le Tchad était un Etat, il y avait une administration (centrale, régionale et militaire). Dès sa prise de pouvoir, il avait minutieusement détricoté tout ce qui a été bâti pendant plus de trente années avant lui : Mr Deby a ramené l’Etat au niveau de sa personne et de ses hobbies : un Harem dirigé par un sultan autoproclamé. Tous les attributs d’Etat se sont effrités : la médiocrité a gagné de l’échelon, l’excellence a chuté dans les bas-fonds. Les titres, les fonctions, les grades et enfin les diplômes (katkat saaguit) sont tous banalisés voire sclérosés ! Le berger a remplacé le saint-cyrien, le propriétaire de l’épicerie d’à coté a remplacé l’administrateur formé dans les meilleurs centres universitaires, le saisonnier cotonnier soudanais a remplacé le policier formé. Conséquence néfaste, le trafiquant recherché par le FBI a remplacé le diplomate chevronné, le cadre formé est sous le Nimier, l’arriviste-analphabète occupe majestueusement son fauteuil. De même le membre de la famille a remplacé le fonctionnaire et le bien de l’Etat est devenu le bien de la famille.

De tout ce constat on remarque que notre pays qui est entré dans les concerts des Etats pétroliers et qui devrait amorcer un décollage fulgurant est redescendu au rang d’un pays voyou où tous les trafics illicites sont devenus licites parce que ceux qui s’en donnent sont hissés aux plus hauts de l’Etat. Bref, c’est l’état actuel dans lequel se trouve le Tchad de Mr Deby d’aujourd’hui. Et la conclusion est évidente :

On peut affirmer sans risque de se tromper que Idris Deby Itno est incompétent pour gérer un Etat.

Qu’il parte, qu’il dégage ou que les tchadiens le fassent partir.

Mahamat Ahmat
N’djaména – Tch
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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 19:34

Publié le 1 juil, 2015

Ainsi donc Deby a fait entrer et installer durablement Boko-Haram dans le Pays : en deux semaines, 3 opérations et plus de 80 morts (selon des sources fiables).

Avant l’opération du 29 juin, une certaine unanimité s’est dégagée dans l’opinion tchadienne. Le régime de N’Djamena était en perte de pouvoir sur le plan national, en perte de notoriété et de leadership sur le plan international. Il (le régime de N’Djamena) voyant s’accumuler les difficultés socio-économiques, aurait fabriqué lui-même les attaques du 15 juin. L’attitude nonchalante, désinvolte et presque détachée du chef de l’Etat et la cacophonie des services des renseignements, avaient fortement corroborée cette impression. Le gouvernement, pour redorer son blason, qui est en train de ternir, a créé l’évènement.

Avec les évènements du 29 juin les avis semblent modérément évoluer. Mais on continue à croire que le Gouvernement est directement responsable des malheurs actuels de la population. Faut-il le rappeler, et on ne se lassera jamais de le répéter, que Deby a énormément contribué à la création de Boko-Haram avec son ami et partenaire en affaires le célèbre SAS (Senator Ali Sherif). Boko-Haram avait pignon sur rue à N’Djamena.

Et puis, comme à son habitude, Deby changea de fusil d’épaule et sans prévenir ses amis de Boko-Haram. Contre toute logique (économique, sociale, politique et morale), Deby s’est mis à combattre son allié d’hier. Cet allié est son voisin direct et il n’y a pas de pire situation que de vouloir combattre celui qui vous connaît très bien.

Durant les 25 ans de règne, à l’insu des tchadiens, Deby a créé un important ingrédient, voire un catalyseur propice aux activités terroristes au Tchad. Comme tout le monde le sait le pouvoir MPS de Deby est arrivé dans les mallettes du régime tourabiste du Soudan. Les occidentaux s’étaient inquiétés que le régime MPS fasse basculer le Tchad dans le giron des islamistes et que le Tchad devienne le centre névralgique des activités islamistes. Ils se sont alors précipités à créer et mettre à la disposition du nouveau régime des boucliers. Chacun de ces partenaires occidentaux se proposa de former des contingents anti-terroristes, des contingents de la protection présidentielle, etc… Et en un laps de temps le Tchad a eu le nombre le plus important des anti-terroristes formés dans les meilleurs centres européens et israéliens, une garde prétorienne formée aux meilleures méthodes de protection des personnalités. Contre toute attente, Deby se débarrassait au fur et à mesure qu’on lui fournissait ces éléments. Il répétait inlassablement, «un anti-terroriste est un terroriste en puissance, un soldat formé pour la protection est une menace permanente pour la personne à protéger.» Et, Deby de s’entourer des gens sans aucune qualification. Résultat, les tchadiens meurent massivement par incompétence et manque de professionnalisme. Et surtout par la méchanceté de leur chef suprême qui ne veut que des résultats et uniquement des résultats au mépris de l’art militaire qui privilégie avant tout la vie des soldats.

Lors des évènements du 29 juin, c’est le manque du professionnalisme qui a causé la mort des 15 personnes : on ne s’invite pas bêtement et sans précaution aucune dans un nid où les terroristes sont en réunion !

Aussi donc, au Tchad d’aujourd’hui, on trouve de nombreux éléments formés et passés à la trappe et prêts à être utilisés par n’importe qui et pour faire n’importe quoi. C’est pourquoi les tchadiens en général et les NDjamenois en particulier sont sceptiques des explications contradictoires données par les autorités. Aucun élément réellement identifié Boko-Haram n’a été présenté à la presse et aussi étrange que cela puisse paraitre Abubakar SHEKAU et son organisation n’ont jamais revendiqué les attentats de N’Djaména !

Par son goût excessif de l’argent et par sa recherche effrénée d’une notoriété internationale imméritée, Deby a entrainé Boko-Haram dans la maison : le constat est sans appel. Désormais Boko-Haram est au Tchad par sa faute.

La présence de Boko-Haram au pays signifie que Deby a réalisé ce que les musulmans du Tchad avaient obstinément, opiniâtrement et savamment évité depuis des lustres : que le Tchad ne devienne pas un terreau de propagation du djihadisme médiéval et obscurantiste. Le Tchad, de part sa situation géographique, va devenir le centre d’exportation du terrorisme dans le reste de l’Afrique subsaharienne. Tous les anciens régimes avaient su gérer l’élément religieux, en déconnectant totalement de l’élément politique. La tolérance inter religieuse au Tchad était citée en exemple.

Face à Boko-Haram, les tchadiens seront surpris d’être seuls, eux qui ont accouru partout en Afrique pour combattre Boko-Haram ou assimilés, ils risquent d’être seuls chez eux pour y faire face. Déjà le Cameroun a répondu du tic au tac au renvoi de ses citoyens du Tchad. Le Nigeria n’avait pas du tout apprécié les déclarations mensongères du Tchad sur les bombardements fictifs sur son territoire. Quant aux amis français, ils ont disparu des écrans !

C’est pourquoi les tchadiens doivent se mettre debout, debout comme un seul homme pour bouter ce régime pourri, dirigé par un prédateur prêt à vendre son âme et le pays au premier venu. Ce régime qui a privatisé toutes les ressources du pays au profit personnel de Deby et celui de sa famille. Ce régime est le seul responsable de ce qui se passe actuellement au Tchad.

C’est la chute de ce régime qui favorisera l’arrêt du djihadisme au Tchad et la disparition de Boko-Haram du pays.

Beremadji Félix
N’djaména – Tch
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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 19:13

Publié le 29 juin, 2015

Interrogations et supputations n’ont cessé d’envenimer et d’embaumer le climat politique depuis les évènements du 15 juin 2015. De l’avis unanime, le gouvernement ne met pas beaucoup d’effort pour retrouver les auteurs, les complices et rétablir la vérité sur ce qui s’est réellement passé à N’Djamena et corrélativement un état d’esprit est en train de s’installer ; malheureusement mais petit à petit fortement et avec insistance : les tueries du 15 juin ne sont le fait de Boko Haram ! Pour le lambda tchadien, il y a quelque chose qui cloche au sommet de l’Etat. Et des rumeurs pour le moins étonnantes sont venues corroborer cet état d’esprit.

Selon la dernière persistante à N’Djamena, au lendemain des tueries, des enquêteurs de l’ANS en collaboration avec des coopérants techniciens, auraient arrêté des individus suspects qui transportaient du matériel interdit (de la poudre explosive du même genre que celle utilisée par les terroristes). Contre toute attente les patrons de l’Agence piquent des crises des nerfs, engueulent proprement les auxiliaires qui ont osé transgresser les consignes en prenant des initiatives personnelles ; ils libèrent donc les prévenus et dessaisissent le dossier des enquêteurs. Ceux-ci, infatigables grattes papiers, s’arrangent à envoyer un rapport à la présidence, lequel rapport fut intercepté au niveau du Cabinet et bloqué. Mais les enquêteurs sont têtus, ils arrivent à glisser le rapport sous le grand boubou d’un des nombreux visiteurs nocturnes d’IDI. Ayant pris connaissance, IDI pique à son tour une crise – naturellement pour des raisons différentes – et convoque une réunion réunissant tous les responsables des services des renseignements. C’est la fameuse réunion du 24 juin où il a partagé comme à l’accoutumée des injures, des insultes, des coups des pieds, de cendrier etc., pour finalement promettre leur renvoi définitif. Depuis cette réunion, paradoxalement la tension a baissé d’un cran et les contrôles ont subitement diminué d’intensité.

Quant aux différentes victimes des explosions, personne n’a trouvé utile de s’en charger. Les blessés sont à la charge des familles, pas d’un brin de consolation aux parents de victimes. Tous les regards sont tournés vers le palais rose qui garde un mutisme coupable. Cela donne du sel aux supputations que les kamikazes auraient été identifiés, que c’étaient des petits élèves d’un « mabrouka » non loin de N’Djamena, que le grand et gros homme qui apparaît dans la vidéo de surveillance et qui a l’air de convoyer le kamikaze et qui a complètement disparu de l’écran, cet homme serait un visiteur nocturne de l’ANS. Et ca continue, et ca paffe, jusqu’à ce que la vérité éclate ou soit étouffée définitivement.

Correspondance particulière.

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 12:31

Publié le 26 juin, 2015

L’expulsion de N’Djamena, capitale tchadienne, de Laurent Correau, journaliste de RFI, mardi 23 juin, dans la soirée, par des hommes supposés appartenir à la Police des airs et des Frontières (PAF), suscite des réactions en France. Un député français réclame des explications du Tchad, sans délai.

Laurent Correau a été expulsé, mardi 23 juin 2015, de la capitale tchadienne par des agents de renseignements et de la sécurité tchadiens mandatés à un niveau élevé de la hiérarchie de l’Etat. Ce, après avoir été giflé en présence du défenseur des droits de l’Homme Reed Broody, directeur pour l’Afrique de l’organisation Human Rights Watch. Ces conditions violentes et brutales d’expulsion du journaliste français ont suscité indignation et diverses réactions.

Selon le ministre tchadien de la Communication, Hassan Sylla Bakari, le journaliste français n’avait pas reçu une accréditation écrite avant de commencer à travailler même s’il est entré légalement. Ce qui explique son expulsion du pays. « Faux », rétorque, Laurent Correau qui affirme avoir reçu une autorisation verbale. Argument jugé juridiquement léger par les autorités tchadiennes qui ont fini par l’expulser manu militari.

En France, des voix se sont levées pour protester et réclamer du Tchad des explications. C’est le cas notamment Philippe Baumel, député socialiste de Saône-et-Loire, membre de la commission des Affaires étrangères dont la position est sans appel. « J’ai appris que le gouvernement avait demandé des explications au gouvernement tchadien. Mais de toute façon, on ne peut pas justifier de l’expulsion ex abrupto sans explication d’un journaliste qui ne fait que faire son travail et qui doit le faire en toute liberté ou alors il faut lui opposer de réels motifs ».

L’ambassadrice de France ignorée

Cette expulsion du journaliste français Laurent Correau s’est faite devant Evelyne Decorps, ambassadrice de France au Tchad. Elle a été empêchée par les agents de savoir ce qui s’est passé. Mais pour le député socialiste, il faut qu’elle soit aussi reçue. « Il faut accepter aussi de recevoir l’ambassadrice qui est venue à sa rencontre pour essayer d’avoir des explications. L’ambassadrice de France n’a été écoutée par personne. Donc là, il y a quelque chose d’inacceptable qui s’est produit à plusieurs niveaux. En matière de la liberté de la presse mais aussi en ce qui concerne des relations entre les deux pays ».

Le Tchad doit des explications à la France

« Sincèrement, avec le Tchad, nous sommes alliés notamment sur la lutte contre Boko-Haram et la lutte contre les extrémistes en général. Donc aujourd’hui, voir le Tchad se refermer de cette façon là, ça pose au moins de grosses interrogations. Il faut qu’on obtienne ces explications. Si on ne les obtenait pas dans un délai rapide à ce moment, cela, je pense, aura des conséquences sur les relations bilatérales », lance Philippe Baumel, auteur d’un rapport parlementaire sur la politique africaine de la France.

L’arrivée de François Hollande au pouvoir en France avait suscité un espoir chez les forces démocratiques de l’opposition au Tchad. Mais depuis l’alliance entre la France et le Tchad dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel, les revendications démocratiques de l’opposition tchadienne ne sont plus les préoccupations de Paris. Pour souvent éviter de heurter le Président tchadien, les autorités françaises sont accusées de faire table rase des reproches sensibles sur le Tchad. A l’instar de l’affaire de l’opposant emblématique tchadien, Ibni Oumar Mahamat Saleh, assassiné en 2008, alors que les éléments de la garde présidentielle d’Idriss Deby sont pointés du doigt dans ce meurtre .

A l’époque, l’Assemblée nationale française avait adopté une résolution pour la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire qui devrait se rendre au Tchad. Sans suite. Au Tchad, il se susurrait que la procédure avait été bloquée du fait qu’Idriss Deby s’y était opposé. Et que la France ne pouvait que « se taire devant la volonté de l’allié tchadien ».

Cette fois-ci, sans explications du Tchad dans l’affaire de l’institution française, RFI, représentée par son Envoyé spécial Laurent Correau, tabassé avant d’être expulsé manu militari, que va-t-il advenir entre Paris et N’Djamena ?

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 19:48

Laurent Correau était à Ndjamena pour préparer une série de reportages à l'occasion de l'ouverture du procès de l'ancien président tchadien Hissène Habré prévue le 20 juillet à Dakar.EU-AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Laurent Correau, envoyé spécial de Radio France Internationale à Ndjamena, a été expulsé ce mardi soir. Interpellé sans ménagement à son hôtel par deux agents de la police des airs et des frontières, il a été conduit aussitôt à l'aéroport et contraint de monter dans un avion à destination de Paris. Laurent Correau était au Tchad pour préparer une série de reportages à l'occasion de l'ouverture du procès de l'ancien président tchadien Hissène Habré prévue le 20 juillet à Dakar.

Il est 22 h quand deux hommes déclarant être des agents de la police des airs et des frontières se présentent à l'hôtel où est descendu Laurent Correau. Le journaliste de RFI est attablé au restaurant avec Reed Brody, porte-parole de l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch. Selon les témoins de la scène, les deux policiers signifient à Laurent Correau son expulsion du territoire tchadien, sans fournir d'explication ni de document officiel.

Le journaliste tente de passer plusieurs coups de téléphone, les agents s'impatientent. Ils finissent par présenter un badge que Reed Brody tente de prendre en photo. C'est alors que le ton monte : Reed Brody est giflé, Laurent Correau aussi. Les deux agents le conduisent alors, sans ses lunettes, perdues dans l'incident, à l'aéroport.

Des reportage sur l'ancien régime d'Hissène Habré

Notre envoyé spécial, Laurent Correau, était arrivé dans la capitale tchadienne jeudi soir. Le lendemain matin, il s’était rendu au secrétariat général de la Communication pour accomplir les formalités d’accréditation. Sur place, assure-t-il, les responsables du ministère lui avaient alors donné leur feu vert pour commencer à travailler. Laurent Correau a donc entamé ses reportages : pendant quatre jours, il a rencontré des victimes du régime Hissène Habré et des acteurs influents des années 80. « J'ai pu travailler normalement », précise Laurent Correau.

Motif admnistratif

Avant l'expulsion, l’ambassadrice de France, qui s’est présentée à l’aéroport, a pu apercevoir notre confrère, mais pas lui parler. A minuit, l'avion d'Air France quitte Ndjamena avec notre envoyé spécial à bord.

La direction de RFI s'indigne et proteste contre cette expulsion pour laquelle aucun motif n'avait été avancé le soir même. Ce mercredi, les autorités tchadiennes disent que Laurent Correau n'avait pas de papier officiel l'accréditant et qu'une autorisation orale n'était pas suffisante. Elles expliquent aussi que si cette expulsion a été musclée, c'est à cause la « résistance vigoureuse » qu’aurait opposé le journaliste.

Cette expulsion qui a déjà suscité des réactions en France. Pour le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, « un journaliste doit pouvoir faire son métier, il doit être respecté. Il y a des règles et à chaque fois qu’il y a ce type de problème, nous devons avoir la même réponse : nous n’acceptions pas la violence contre les journalistes. Le gouvernement français condamne ces violences ».

Je suis arrivé jeudi dernier au Tchad et dès vendredi, j'ai effectué les procédures habituelles d'enregistrement. Les autorités m'ont alors indiqué clairement que je pouvais commencer à travailler en attendant de recevoir le document officiel.

Laurent CorreauJournaliste de RFI

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 14:24

Anniversaire, commémoration, journées mondiales …

le 21 juin : Fête de la musique

le 25 juin : Anniversaire de l'indépendance du Mozambique (1975)

le 26 juin : Fête de l'indépendance de Madacascar

le 26 juin : Journée internationale des Nations Unies pour le soutien des victimes de la torture

le 26 juin : Signature en 1945 de la charte des Nations unies

le 27 juin : Fête nationale de Djibouti

le 30 juin : Fête de l'indépendance de la République Démocratique du Congo (RDC)

le 1er juillet : Fête nationale du Burundi (1962)

le 1er juillet : Fête nationale du Rwanda

le 5 juillet : Fête nationale du Cap Vert

le 5 juillet : Fête nationale de l'Algérie : L'indépendance de l'Algérie a été proclammée le 5 juillet 1962 après l'achèvement de la guerre de libération nationale

le 6 juillet : Fête de l'indépendance du Malawi

le 6 juillet : Fête nationale des Comores

le 12 juillet : Fête nationale de Sao Tomé et Principe

le 23 juillet : Fête nationale d'Egypte

le 26 juillet : Fête de l'indépendance du Libéria

le 30 juillet : Célébration Trône du Roi du Maroc

le 31 juillet : Journée Internationale de la Femme Africaine promulguée par l’ONU et l’OUA Le 31 juillet 1963

Actions situées en région parisienne

du vendredi 19 à 10h au mardi 30 juin : Grande marche à pied (180k) en Ile de France contre les viols massifs et syqtématique en république Démocratique du Congo et toutes les violence faites au femmes : Départ devant le Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes 17 avenue Duquesne 75007 Paris à 10h00, pour une destination finale le 30 juin à L'Hôtel de Ville avec la Maire de Paris Mme Anne HIDALGO, la ministre de la Justice Mme Christine TAUBIRA et d'autres personnalités politiques, Résistants combattants(es), médicales, culturelles, artistiques, sportives, les Briseurs de silence, activistes des Droits de l'homme, Enseignements, associatives et les médias. Durant cette marche nous parcourons les villes suivantes : Paris, Neuilly, Courbevoie, la Défense, Puteaux, Suresnes, Saint-Cloud, Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Vanves, Malakoff, Châtillon, Montrouge, Arcueil, Gentilly, Choisy-le-roi, Villejuif, Vitry-sur-Seine, Ivry-sur-Seine, Charenton-le-Pont, Saint-Maurice, Joinville-le-Pont, Nogent/Marne, Fontenay/bois, Vincennes, Montreuil, Bagnolet, Les Lilas, Pré-st-Gervais, Pantin, Aubervilliers, La Courneuve, St-Denis, Stains, Gennevilliers, Asnières-sur-Seine, Clichy-la-Garenne, Levallois-Perret.... Contacts : 06 11 77 64 08, 07 58 09 00 72, 06 60 07 47 88, 06 52 35 38 59, 06 70 47 62 63

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