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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 13:49

Point de Presse donné par la C.T.D.D.H et les organisations alliées sur la situation socio économique du pays. Centre AL MOUNA samedi 24 Septembre 2016.

Mesdames Messieurs les invités. Mesdames Messieurs les journalistes.

Tous les observateurs qui suivent l'évolution de la situation socio politique de notre pays et qui avaient émis des craintes et ceux qui avaient prédit des scénarios catastrophes sont arrivés au même résultat : le Tchad s'est tout simplement arrêté. Cette fois ci, la politique de dissimulation, du mensonge, des slogans factices du genre Tchad émergeant, horizon 2025 etc. ne prend plus; même les spécialistes dont le rôle était de masquer les tares d'un Idriss Deby finissant sont à bout de souffle. Ils se sont rendus à l'évidence : le navire tchadien est en train de prendre l'eau de toute part. Ayant jeté l'éponge, ils se sont résolu à se poser la même question que tous les autres tchadiens : où est ce qu'on va maintenant? La réponse ,nous de la société civile l'avons ; nous avions sonné l'alerte et ce n'était pas pour rien que nous avions demandé la mise hors jeu des élections présidentielles de cet individu dont nous étions certains qu'il nous conduirait vers l'abîme dans lequel nous sommes entrain de tomber actuellement : le pays a touché le fond au point où en ce moment, il existe des fonctionnaires honnêtes qui ont rendu d'éminents services à l'État et qui se retrouvent avec femmes et enfants soit dans une école désaffectée, soit provisoirement chez un parent soit carrément dans la rue parce qu'ils n'avaient pas pu payer leur loyer ; il est évident que parler en ce moment d’inscrire les enfants à l’école est devenu un luxe auquel aucun fonctionnaire normal ne peut se permettre parce qu’il faut penser d’abords à leur nourriture. Nos étudiants dont le sort est lié à celui de la situation salariale de leurs enseignants peuvent dire adieu aux études ; ceux dans les universités et les écoles professionnelles à l’étranger n’ont pas d’autres ressources que de plier bagages et rentrer au pays à l’image des élèves tchadiens de l’école de télécommunication du Niger à qui la Ministre de tutelle à avoué sans sourciller qu’il n’y’aura désormais plus de bourse, il n’ya pas d’argent et le Ministère des télécommunications qui avait pourtant envoyé ces étudiants ne peut plus s’en occuper. On connait également ce qui est advenu de l’argent (900 000 000) apporté pour soit disant régler la crise des étudiants de 2IE de Ouagadougou : cet argent avait tout simplement été retourné à N’djamena et a été distribué entre les membres de la délégation et Idriss Deby. Il n’y’aura donc plus de reprise pour les élèves tchadiens de cette prestigieuse école inter états

73% des foyers à Ndjamena font un repas tous les deux ou trois jours et beaucoup d'habitants ont tout simplement quitté la ville. Au marché central de Ndjamena, obtenir la monnaie de 5 000 f est devenu impossible, il n'y'a pas d'argent et les commerçants en sont réduits a grignoter sur leur maigre capital faute de clients. L'habitant de Ndjamena qui, après avoir obtenu 1000 f CFA ,résultat de sa sortie matinale en moto et qui s'empresse d'aller faire bouillir la marmite pour les enfants est quelque fois arrêté et racketté en chemin par la police ; cette police dont les agents n'avaient pas été payés eux aussi n'hésite pas à se rabattre sur les citoyens, amplifiant du coup la colère qui est en train de se généraliser inexorablement .Les compatriotes des provinces vivent une période de famine déclarée et aucune autorité n'a daigné en parler officiellement. Heureusement que la pluviométrie, assez bonne cette année a permit a certains qui avaient cultivé de s'en sortir relativement bien mais le fait qu'ils se soient prématurément rué sur les épis pas encore très mûrs en dit longs sur leur situation. Quand aux autres, le creusage des fourmilières pour recueillir les maigres graines accumulées par ces insectes continue à constituer leur activité principale. .
L'administration n’existe plus dans le pays et parler d’une économie pour le Tchad parait déplacé tant tout ce qui caractérise ces notions n’est visible nulle part. Le pays tout entier est plus que jamais à la merci des groupes mafieux, véritables sangsues qui continuent malgré leurs immenses fortunes volées au peuple tchadien à aspirer par des canaux situés en aval, les dernières recettes administratives qui auraient échappé à leurs filets. Le réseau tissé par Salah Deby à la douane continue à fonctionner à la perfection et donc à pomper de l'argent pour la famille de Deby et celle de son épouse;

Pour ce qui concerne la Direction des impôts, les entreprises d'État préalablement arrachées à l’Etat par les parents de Deby au nom de la privatisation ne payent plus d'impôt parce qu'elles appartiennent désormais à des intouchables ; conclusion, rien ne tombe au trésor' public qui continue à être désespérément vide etc.

Chers invités !

Si on ajoute à cela les fameuses mesures stupides concoctées par des individus collaborateurs de Deby dont l'amateurisme a causé bien des torts au pays, on est obligé de craindre le pire. De toute façon, les "économies" que ces fameuses mesures (si elles arrivent à être appliquées) généreront, iront inévitablement grossir les fortunes de ses parents et beaux parents qui contrôlent en aval Le trésor public.

Quoiqu'il en soit, les travailleurs tchadiens ne sont pas prêts d'accepter de laisser Deby leur faire payer sur leurs maigres subsides l'enrichissement à coup de milliards de ses parents ponctionnés sur le bien commun qui a conduit à cette situation. Deby et ses parents se sont enrichis à plusieurs milliards en ruinant le pays et on demande aux fonctionnaires, aux décrétés et aux étudiant de payer la facture avec leurs maigres revenus déjà insuffisants ; comme pour narguer la jeunesse qui avait déjà perdu tout espoir, le ministre de l’enseignement supérieur vient d’annoncer la suppression sans vergogne, des bourses des étudiants sur toute l’étendue du territoire national. si la cherté de vie programmée et entretenue est déjà une action inhumaine, la prise de ces prétendues mesures est tout simplement criminelle. Il ne sert plus à rien d’énumérer les conséquences de la gestion calamiteuse d’Idriss Deby ; retenons simplement que cette situation nous a édifié à plus d’un titre ;
Il est désormais clair que Deby n'a plus de solution pour le Tchad et qu'il est donc temps pour lui de passer la main. Il ne sert plus à rien de nier l’évidence parce qu’il s’agit ici de l’avenir de tout un peuple ; de notre avenir. Il est désormais temps de finir avec cette comédie en posant les vraies questions dans l'optique d’un choix d’une solution radicale.

Face à cette situation donc, la C.T.D.D.H et les organisations alliées exigent solennellement de DEBY l’acceptation immédiate d’un dialogue inclusif en terrain neutre où toutes les composantes politiques, politico militaires, les représentants de la diaspora et du gouvernement ainsi que ceux des jeunes, des femmes, des agriculteurs, des éleveurs, de la chefferie traditionnelle des artisans et des artistes.

Deby doit démissionner à cette occasion au profit d’un gouvernement de transition dont la forme, la durée et les prérogatives seront définies par les acteurs en présence. Cette transition devant aboutir à des élections transparentes. En cas de refus, la C.T.D.D.H se réserve le droit de recourir à des actions citoyennes de grande envergure ; a cet égard, la C.T.D.D.H demande à ses militants de rester mobilisés en vue de répondre au mot d’ordre qui leur sera éventuellement donné.

Nous avons le devoir de sauver ce pays parce qu’il nous appartient à tous.

Nous vous remercions de votre aimable attention !

Mahamat Nour Ibedou Secretaire Général de la C.T.D.D.H.

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 12:47

Le pire des scénarios s’est réalisé: Bayer rachète Monsanto pour 66 milliards de $ [=58 Mds. €]. Ceci donne naissance à celle qui est de loin la plus grande entreprise d’agrobusiness dans le monde. Sur la base des résultats financiers de 2015, les deux sociétés ont un chiffre d’affaires combiné de 23,1 milliards de dollars. Personne dans la branche ne peut les égaler. Les couples de jeunes mariés SYNGENTA / ChemChina et DUPONT / DOW suivent de loin (respectivement 14,8 et 14,6 milliards), et BASF se trouve ravalé au quatrième rang avec 5,8 milliards.

Pour les pesticides BAYER et MONSANTO ont une part de marché cumulée d’environ 25 pour cent, pour les semences agricoles génétiquement modifiées et conventionnelles une part d’environ 30 pour cent. Si on considère seulement les plants OGM, les deux entreprises combinées, avec plus de 90 pour cent, atteignent même une claire position de monopole.

« Avec l’acquisition de Monsanto par BAYER la concentration sur l’agro-marché atteint un nouveau sommet. Les éléments clés de la chaîne alimentaire sont maintenant entre les mains d’un seul groupe. Les agriculteurs doivent maintenant se préparer à des prix plus élevés et auront aussi moins de choix. En outre, le blocus de l’innovation dans ce secteur, en particulier pour les herbicides, devrait s’aggraver encore plus », a critiqué Toni Michelmann du bureau de la Coalition contre les méfaits de Bayer (CBG). L’organisation de défense des consommateurs SumOfUs prend aussi position contre l’achat de Monsanto. « Cette prise de contrôle est une menace pour notre approvisionnement alimentaire et pour tous les agriculteurs dans le monde », a déclaré Anne Isakowitsch. « Il n’est donc pas étonnant que plus de 500 000 de nos membres aient signé une pétition contre la prise de contrôle. D’autant plus choquant que l’acquisition, à l’encontre de tous les intérêts des consommateurs, semble désormais être dans le sac ».

Le mariage parfait, par Miguel Villalba Sánchez (Elchicotriste)

Michelmann a annoncé que la CBG mettrait à profit le Tribunal Monsanto prévu en octobre à La Haye pour se concerter avec les différentes initiatives Monsanto pour réorienter désormais la résistance critique en la recentrant sur Bayer. La première action commune prévue par la coordination aura lieu à la prochaine assemblée générale de la multinationale de Leverkusen le 28 avril 2017, au Parc d’expositions de Cologne. « La liste des orateurs devrait difficilement être épuisée en une seule journée. Bayer peut par précaution réserver la journée du 29 avril », conseille Michelmann à l’acteur mondial. Il a aussi évoqué une « March against Bayer » qui aboutirait à Leverkusen.

« Le groupe peut d’ores et déjà s’attendre à voir monter la pression contre lui. La pression contre une politique commerciale qui prétend lutter contre la faim, mais mise surtout sur les monocultures de soja et de maïs pour mangeoires d’élevage industriel et qui avec ses pesticides met en danger d’aussi importants pollinisateurs pour les cultures arables que les abeilles, une politique commerciale qui mise sur des technologies à risque comme les manipulations génétiques, une politique qui apporte de plus en plus de poisons dans les champs, au lieu de chercher des alternatives », affirme le chimiste. Selon la Coalition, les politiciens doivent agir. Et il ne faut pas se contenter de quelques procédures cosmétiques de la part de la Commission européenne à la Concurrence. Quelques mesurettes, comme se séparer du secteur cotonnier ou se débarrasser de certains pesticides, ne suffisent pas, en particulier vu que BASF lorgne déjà sur ce genre de produits. Le personnel politique doit aussi tenir compte de l’impact sur l’emploi et la fiscalité. Il ne faut pas que Bayer effectue des déductions fiscales pour son acquisition et que donc des villes de sites industriels se retrouvent encore plus dans la mouise. Toute tentative par l’entreprise de réduire les dettes entraînées par l’opération d’achat par des suppressions d’emplois ou des mesures de rationalisation, est également exclue d’emblée. Axel Köhler-Schnura, du CA de la CBG conclut : « La cynique partie de poker autour de Monsanto, animée par la cupidité pure, montre une fois de plus que l’alimentation du monde est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux géants de l’agrobusiness. La Coalition contre les méfaits de Bayer préconise donc de mettre ces entreprises sous contrôle social ».

CBG Coordination gegen BAYER-Gefahren/Coalition against BAYER-Dangers

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 09:37

Agenda des actions africaines à la fête de l'Huma du samedi 9 au dimanche 11 septembre : 2 parties : 1) les espaces puis les stands pour des rencontres avec l'Afrique - 2) des actions (animations, débats, .. ) classées par dates et horaires croissants et présentant un intérêt particulier pour qui s'intéresse aux problématiques africaines - dans les deux cas il s'agit d'une sélection arbitraire du à mon insuffisante connaissance en la matière - dans bons nombres de cas, c'est tout simplement que je n'ai pas eu l'information

du vendredi 9 à 9h au dimanche 11 septembre à 20h : Fête de l'Huma : La Fête de l’Humanité, une ville éphémère de 600 000 habitants en plein cœur du parc de La Courneuve. Que l’on ait 5, 20, 50 ans ou plus, que l’on vienne en groupe d’amis, en couple ou en famille, que l’on soit militant ou non, novice ou habitué, la Fête recèle un faisceau de surprises et d’émotions. Au choix : musique, politique, arts visuels, cinéma, théâtre, cirque, sport, littérature, gastronomie, attractions foraines… Pour 35€ (25€ en souscription) les visiteurs peuvent voir en 3 jours plus de 50 concerts, des centaines de débats, des dizaines d’expositions, des films, des spectacles, participer à des rencontres, des ateliers, des animations et bien d’autres événements… la vignette cette année est à 25€ pour 3 jours - Lieu : parc départemental Georges Valbon à La Courneuve, M° La Courneuve ou RER B Le Bourget ou Tramway T1 station la Courneuve puis dans les 3 cas prendre la navette - Navettes gratuites : De la gare RER du Bourget : Vendredi : de 12h à 00h, Samedi : de 8h à 00h, Dimanche : de 8h à 20h - Du métro 7 Fort d’Aubervilliers : Vendredi : de 12h à 1h, Samedi : de 8h à 1h, Dimanche : de 8h à 20h - Rens. contact@e-humanite.com http://fete.humanite.fr/ www.humanite.fr/fete.html

Espace collectifs ou manifestation itinérante

Espace panafricain : Lieu de conférences et débats sur le thème "La reconquête du droit des peuples africains à disposer de leurs destins et de leurs richesses" mais aussi un lieu de rendez-vous et d'information pour les militants africanistes de passage à la fête : L'Espace panafricain de la fête de l'Humanité est organisé depuis plus de 10 ans à l'initiative de la Plateforme Panafricaine (LPP). - Lieu : Espace panafricain du village du monde - E5 - Rens. 06 24 26 26 72 ppanafricaine@gmail.com http://www.ppanafricaine.org https://www.facebook.com/LaPlateformePanafricaine

Village du Monde accueille des délégations étrangères de près de 100 pays. Passage obligé de la Fête pour tous les visiteurs, vous pourrez en quelques heures faire le tour du monde en rencontrant des hommes et des femmes venus des 4 coins du monde et en dégustant des spécialités culinaires qui feront le plaisir de vos papilles. - Lieu : Av Che Guevara - E5

L’Agora de l’Humanité au cœur de la Fête, au croisement de l’avenue Jean Jaurès et de l’avenue Auguste Delaune, les débats organisés par les rédactions de l’Humanité. - H4

Village du Livre dans la Halle Léo Ferré. - M3

Espace "Economie Sociale et Solidaire" (ESS) - Lieu : Halles Léo-Ferré - M3 - Rens. Sylvie Mayer 06 81 74 10 13 mayersy@wanadoo.fr http://ess.pcf.fr

Espace Haut de Seine (92) : rue Edmonde Charles Roux - G4

En vue de l'Election présidentielle 2017, une caravane de la Diaspora Africaine de France sillonnera des villes françaises pour partager avec l’opinion démocratique un message clair, ferme et optimiste : le But : montrer qu'ne Afrique digne et debout est possible à deux conditions : - mettre fin à la politique africaine néocoloniale de la France qui n'a pas changé depuis des décennies ! - oser enfin une politique française de coopération respectueuse des intérêts des peuples africains ! Le top départ de la Caravane sera donné lors de l’édition 2016 de la Fête de l’Humanité des 9, 10 et 11 septembre à Paris Le Bourget. Vous pouvez soutenir la Caravane : - En faisant un don pour aider à la prise en charge des frais d’organisation - En signant le présent Appel, à titre personnel ou au nom de votre organisation (association, syndicat, parti politique, ...) ; - En relayant largement cet Appel via votre site internet ou autres réseaux sociaux ; - En proposant votre ville comme point d’étape de la Caravane. Ce qui implique votre contribution active à l’accueil et l’organisation d’une rencontre-débats, avec l’Equipe de Coordination Nationale de la Caravane. D’ores et déjà, les villes pressenties pour accueillir la Caravane : Paris, Rennes, Lille, Nantes, Grenoble, .... - Rens. : 06 24 26 26 72 - 07 78 87 23 88 - 06 80 98 29 86. ppanafricaine@gmail.com http://www.ppanafricaine.org

Stands

stand de l'AFASPA (Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique) : - pour discuter des questions d’actualité sur le grand continent : Accaparement des terres, Relations perverses entre la France et les régimes inféodés, Conflits de décolonisation du Sahara Occidental, Lutte des femmes pour leurs droits sociaux et politiques, Lutte pour le respect des Droits de l’Homme, Signer des pétitions, vous attader à la table de littérature avec la revue Aujourd’hui l’Afrique et le livre Elles font bouger l’Afrique, vous désaltérer : Punch de la solidarité, gingembre, bissap, thé sahroui, ou vous procurer : Tee-shirts et sacs avec le logo anti-colonial - Lieu : Village du Monde av Che Gevara - Rens. Michèle Decaster 06 84 12 41 48 michele.decaster@wanadoo.fr afaspa@wanadoo.fr www.afaspa.com

stand de l'ASEDOS : cuisine camerounaise, documentation sur le Sida - Lieu : Village du Monde, Charlie Chaplin - Contact : Gertrude Njoh 06 13 29 21 18 asedos@yahoo.fr

stand de l’ATMF : débat - Lieu : Village du Monde, Charlie Chaplin - E5

stand du Togo, "Ensemble Pour un Togo libre" Restauration togolaise, musique, spectacle, documentations sur le togo et débats - Lieu : Village du Monde, Av Charlie Chaplin - Rens. 06 24 26 26 72 raymondayivi@yahoo.fr

stand des FLAM (Forces de libération africaines de Mauritanie) - Lieu : Village du Monde, Thomas Sankara - Rens. 06 66 51 15 88 oumar.ba-cheikh@wanadoo.fr

stand du Front Polisario (république Arabe Sahraouie Sahara libre) - Lieu : Village du Monde, Thomas Sankara - Rens. 01 45 74 48 19 contact@polisario.fr mo@polisario.fr

stand du Front Populaire Ivoirien FPI pour l'acceuil d'une délégation du FPI et la signature de la pétition - Lieu : Village du Monde Dolores Ibarruri - Rens. Roger Gballou 06 14 15 89 37 rgballou@yahoo.fr

stand du Front Populaire Tunisien - Lieu : Village du Monde Dolores Ibarruri - Rens.

stand du FRUD (Djibouti) : Cuisine Afrique de l'est, Café, … - Lieu : Village du Monde av Thomas Sankara - Rens. mohamed kadamy medkadamy@hotmail.com

stand des Amis du PIT Sénégal - Lieu : Village du Monde, Thomas Sankara -

stand Madagascar - Lieu : Village du Monde, Av Charlie Chaplin

stand du MANIDEM Cameroun - Lieu : Village du Monde, Thomas Sankara -

stand du MRAP - Lieu : Village du Monde Che Guevara - Rens.

stand du PADS Algérie - Lieu : Village du Monde Thomas Sankara - Rens.

stand du PADS Maroc - Lieu : Village du Monde Charlie Chaplin - Rens.

stand association Peuples solidaires - Lieu : Village du Monde, Thomas Sankara -

Boîte de réception

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Jean Paul VANHOOVE <jp.vanhoove@wanadoo.fr>

02:21 (Il y a 7 heures)

À agenda, ppanafricaine

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 23:53

Une fois de plus le régime autoritaire d'Idriss Dèby Itno affiche encore d'une manière délibérée sa mauvaise volonté à redresser le Tchad en faillite financièrement, non pas à cause de la baisse des cours du pétrole au niveau mondial,mais techniquement et véritablement à cause de sa gestion du pays qui est reconnue aux yeux de tout le monde comme très désastreuse et surtout infernale.

Parmi les 16 mesures d'urgence rendues public à l'issue d'un conseil des ministres entre autres: la réduction de 80% les indemnités de tous les décrétés, la révision du nombre des goumiers par chef traditionnel et la réduction du traitement des chefs traditionnels, la révision des critères d'attribution des bourses des étudiants de l'intérieur,la réduction du parc automobile de l'état,celle de la taille des organigrammes des ministères,la restructuration des délégations régionales et de l'ONRTV,des organismes sous tutelle en charge de la jeunesse, sports,artisanat et tourisme etc.

Aucune d'elles n'est crédible pour calmer les esprits des Tchadiens qui ne savent plus réellement à quel saint se vouer face à un pays tragiquement dépouillé par des personnes mal intentionnées.Un pays volontairement plongé dans un chaos financier et moral total par un groupe des faux types qui ne sont que là du matin au soir à satisfaire leur propre intérêt au détriment de l’intérêt général de la nation.A qui veut-il réellement faire croire,ce Dèby là? C'est du bluff. Même un enfant qui vient de naître comprendra facilement sans qu'il ne soit soumis à des opérations de calcul que les vraies causes de cette conjoncture économique et financière dont il veut nous faire croire se situent dans sa très mauvaise gestion de l'Etat.N'est-il pas stupide que le Tchad soit géré comme une entreprise familiale, pendant que des petits pays comme le Rwanda et le Botswana se développent fièrement sans y posséder une seule goutte du pétrole à vendre? C'est une vraie honte pour le Tchad.

Dèby et son clan,son épouse Hynda et tous ses enfants de chœur, sont les seuls responsables.Ils ont ruiné le Tchad à la manière des crocodiles dépouillant une carcasse de buffle.Et c'est ainsi,qu'il ne faudrait surtout pas croire que le Tchad traverse une conjoncture économique ou financière à cause de la baisse du prix du pétrole,comme j'ai eu à le dire ci-dessus. C'est faux.L'argent du pays appartenant à tous les Tchadiens, est bien là dans les sacs des particuliers, confisqué par une portion des individus qui se considèrent souvent intouchables.La baisse du prix du pétrole avancée souvent par le gouvernement tchadien n'est que pire prétexte pour pousser progressivement les Tchadiens à accepter l'inacceptable.Il ne faudrait surtout pas que les Tchadiens soient naïfs ou dupes pour pouvoir accepter un mensonge grossier du régime autoritaire de Dèby.

Le Tchad est riche et continuera de posséder beaucoup d'argent, qu'il ait pétrole ou pas.Admettez avec moi que le régime d'Idriss Dèby Itno se moque fatalement du peuple tchadien.Il est seul à crier haut et fort que les finances tchadiennes sont à terre et dont il faut absolument les redresser sans y perdre une seule minute en imposant des mesures drastiques ou draconiennes. Bizarrement, c'est encore lui qui dilapide l'argent tchadien de façon stupide et insensée.Saviez-vous combien d'argent a-t-il utilisé pour son investiture du 08/08/2016 dernier?Des personnes plus informées estiment le montant d'argent dépensé pour son investiture à plus de 14 milliards de Fcfa. Alors qu'au Burkina Faso et au Bénin,les deux dépenses réunies de l'investiture de leurs nouveaux présidents,ne dépasseraient pas d'après nos informations, dix millions de Fcfa.

En nous donnant des informations précises sur les voyages d'état ou privés en France ou ailleurs dans le continent africain,ces mêmes personnes affirment que le président tchadien semble être le seul en Afrique à dépenser plus de 60 milliards de Fcfa par an à cause de ces deux gros avions,sans oublier les hydroptères pour certains de ses déplacements sur le territoire national.Là où c'est encore plus difficile à accepter,c'est lorsqu'on se penche sur les indemnités des ministres et les secrétaires d'Etat.Normalement si le Tchad est en difficulté financière ou économique, Dèby n'allait pas composé un gouvernement de 28 membres.

C'est impensable.Un ministre n'est pas là que pour donner,mais également pour recevoir.D'après des spécialistes qui connaissent bien le Tchad, un ministre en exercice ou en fonction touche 1.500.000 Fcfa des indemnités par mois,plus 1500.000 Fcfa des indemnités d'équipements et enfin chaque 11 mois,il touche une allocation de congé d'un montant de 3.000.000 Fcfa. Imaginez vous-même le montant d'argent que le Tchad dépenserait par an pour un gouvernement de 28 ministres.Croyez-vous réellement à cette conjoncture économique et financière créée à toutes pièces par le régime actuel d'Idriss Dèby Itno,soi-disant à cause de la baisse du prix du pétrole au niveau mondial? A vous de juger?

Ahmat Zéïdane Bichara,prix Lorenzo Natali 2006

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 00:26

TCHAD/France-Gabon: L’observation de 2 poids, 2 mesures.

02/09/2016: TCHAD/France-Gabon: L’observation de 2 poids, 2 mesures. Par ses voix officielles, et françafricains, la voix s’implique dans la crise électorale gabonaise. Selon des informations sures, le candidat Jean Ping serait même exfiltré par l’armée française, et sous haute protection. Mais revenons au Tchad, le même cas de figure sur les élections s’est passé au Tchad, où la France est restée muette, sans demander des décomptes de vote par bureau, là ou l’opposition tchadienne indiquait des fraudes massives, qui s’en ont suivi d’un hold-up électoral. La France prend des positions là où elle estime que ses intérêts sont probants. L’exemple du Gabon doit être un exemple édificateur pour nos peuples, à savoir braver tout diktat imposé de l’extérieur. Les peuples africains doivent être conscientisés que notre avenir ne doit être déterminé entre la rue de l’Élysée et celui du Quai d’Orsay. Au Tchad, il y a eu des réactions pire qu’au Gabon, des leaders de la société civile ont été emprisonnés, d’autres poussés vers l’exil. Des journalistes continuent d’être menacés, emprisonnés, des opposants politiques brutalisés. Des militaires n’ayant pas voté le candidat Idriss Déby ont disparu, torturé et assassiné selon les dires d’un militaire fugitif sur RFI, et pourtant la France n’avait pas haussé le ton comme elle le fait au Gabon. Ce qui interpelle, ce que c’est un gouvernement de gauche qui soutient une politique d’extrême droite, qui obéit à des règles loin des peuples opprimés.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 13:35

Le président Idriss Déby ici dans son village natal d’Amdjarass en janvier. Au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans, il sera réinvesti le 8 août pour cinq ans.

Au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans, il sera réinvesti le 8 août pour cinq ans.

Menacés, emprisonnés, enlevés, les opposants au despote africain, qui entame son cinquième mandat, accusent la France de fermer les yeux pour ménager son allié stratégique dans le Sahel
La nuit est déjà tombée, ce 6 juillet, lorsque Mahamat Abdelkarim arrive à moto au rond-point Chagua. En ce jour de l’Aïd, N’Djamena, qui sort de la torpeur du mois de ramadan, est en fête. Mahamat Abdelkarim ne les voit pas venir. Cinq hommes en civil, le visage caché par des turbans, descendent subrepticement d’une voiture. Ils l’encerclent. L’un d’eux brandit une machette. Et frappe. Le sang gicle sur sa main.« Quand comprendras-tu que tu dois arrêter de chanter pour l’opposition ? », lancent-ils avant de disparaître. Depuis, ce chansonnier vedette de 34 ans, ce griot moderne qui a mis ses couplets politiques composés en arabe tchadien au service du principal parti

d’opposition, n’ose plus sortir de chez lui. C’est la deuxième agression qu’il subit en quelques semaines. La dernière fois, il avait été violemment percuté de dos par une Toyota Corolla blanche. Quatre hommes en étaient sortis et l’avaient roué de coups alors qu’il était à terre. Pendant des jours, il avait boité et uriné du sang. Avant de partir, ils l’avaient averti:« Tu en auras encore plus après l’investiture. » « Je suis courageux, mais, là, ça devient dangereux », s’inquiète Mahamat Abdelkarim en montrant la vilaine entaille qui fend maintenant sa main bandée.« Je ne peux plus chanter. »
Ce père de deux petits enfants se sait désormais traqué par l’Agence nationale de Sécurité (ANS), la police politique d’Idriss Déby Itno.
Le « lion de l’Afrique », qui tient le pouvoir depuis vingt-cinq ans d’une main de fer, sera réinvesti le 8 août prochain pour un cinquième mandat dans un climat de peur. Sans que la France y trouve rien à redire.
Idriss Déby, militaire de carrière de 63 ans arrivé au sommet de l’Etat par les armes en 1990 après avoir renversé son prédécesseur, est devenu le grand ami de Paris. Cet autocrate au pedigree démocratique plus que douteux est le « gendarme du Sahel », le partenaire stratégique de la France dans la région pour lutter contre le terrorisme islamiste. Le quartier général de Barkhane, l’opération militaire française dans la zone Sahara- Sahel, est basé dans la capitale tchadienne, îlot de stabilité dans un environnement agité. Signe de l’affection que lui porte le gouvernement, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a même fait l’honneur à l’homme fort du Tchad de visiter, en 2015, son village natal d’Amdjarass, dans le nord-ouest du pays. Car, plus que les diplomates, ce sont les militaires qui, à Paris, gèrent le dossier tchadien. Un peu partout dans la région, les hommes en treillis de Déby, à la réputation de farouches et intrépides guerriers, interviennent. Au Mali, un temps en Centrafrique, et aujourd’hui au Niger, au Cameroun et au Nigeria pour lutter contre le groupe islamiste terroriste Boko Haram. Paradoxe : c’est le petit Tchad (moins de 13 millions d’habitants) qui a dû voler au secours du géant de l’Afrique, le Nigeria (180 millions). Idriss Déby a réussi à se rendre indispensable. A tel point que tout le monde ou presque ferme les yeux sur les dérapages de son régime.
Nadjo Kaina, président du mouvement Iyina (« Nous sommes fatigués »), qui réunit quatorze associations de la société civile et des syndicats, est amer.« Le peuple tchadien a été sacrifié au nom de la
lutte contre le terrorisme », regrette cet ex-leader étudiant de 26 ans qui vient de faire deux séjours en prison pour trouble à l’ordre public ou subversion.« On a été bastonnés. Ils ont jeté des gaz lacrymo-gènes dans les cellules », raconte-t-il. A quelques mètres de la terrasse de l’hôtel où il s’est attablé se tient un homme, en jeans et les cheveux longs, l’oeil aux aguets. Son garde du corps. Il n’a pas l’air très impressionnant et surtout il n’est pas armé. Mais désormais Nadjo Kaina ne se déplace plus jamais sans lui. Car le jeune homme est décidé à continuer de défier l’homme fort du Tchad. Il dénonce dans le scrutin présidentiel du 10 avril dernier, qui a permis à Idriss Déby d’être réélu avec plus de 61% des voix dès le premier tour, un gigantesque« hold-up électoral ». « La France est complice. Elle n’a pas dit un mot sur cette fraude monstrueuse », souligne-t- il.« Quand la France ne dit rien, on lui reproche de se taire et, quand elle parle, on l’accuse d’interférence », se lamente un responsable français.
“La jeunesse est en colère contre la France.” Nadjo Kaina, 26 ans, président du mouvement Iyina (« Nous sommes fatigués »).
Au soir de la proclamation des résultats, les opposants comptaient descendre dans la rue pour contester le vote. Mais tout ce qui était en uniforme et portait une arme au Tchad s’est mis à tirer en l’air jusqu’au lendemain matin. « Quel que soit votre courage, vous ne sortez pas dans la rue », a recommandé un des candidats de l’opposition à la présidence. La pluie de balles a fait des morts et des blessés. Nadjo Kaina, à la tête d’une coalition s’inspirant des mouvements de jeunes qui ont renversé Blaise Compaoré au Burkina Faso en 2014, n’abandonne pas :« Dès l’investiture du 8 août, nous ne reconnaîtrons plus le pouvoir de Déby. Nous commencerons une campagne de désobéissance civile. A cause du chômage, de la vie chère, des injustices sociales, la frustration a atteint son paroxysme. » Avec la chute du prix du pétrole, principal revenu du pays, les caisses de l’Etat sont vides. Les fonctionnaires sont payés en retard, les ministères n’ont pas les moyens de fonctionner, beaucoup de chantiers sont à l’arrêt. Dans les rues poussiéreuses de la capitale, les restaurants et cafés sont de moins en moins fréquentés.« Le régime est honni du nord (musulman) au sud (chrétien) », reprend Nadjo Kaina.« Quant à la France, si elle continue à s’ingérer, elle risque de perdre beaucoup de ses intérêts. La jeunesse tchadienne est en colère contre elle », conclut-il. Au début de l’année, pour protester contre la nouvelle candidature d’Idriss Déby, la société civile avait lancé deux opérations « ville morte ». Avec succès. Commerces et écoles fermés, transports à l’arrêt, administrations closes. Même l’hôpital n’a pas fonctionné. En revanche, la même opération, lancée par ses adversaires politiques et sans préparation au lendemain de la réélection de Déby, a été un fiasco.
“Ce n’est que détournements, népotisme, corruption.”Saleh Kebzabo, 69 ans, chef de file de l’opposition politique.
Pourtant, Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition politique, l’assure :« Déby a bel et bien perdu les élections. » Selon lui, la fraude a eu lieu essentiellement dans le Nord, le fief du président.« Il n’y avait pas d’observateurs. Nous n’avions pas de représentants et, quand nous en avions, ils ont été sortis, par la force, des bureaux de vote », raconte cet opposant de 69 ans aux airs de vieux sage dans son boubou blanc. Il reçoit dans sa maison, dans un quartier excentré de la capitale, où défile tout ce qu’il y a d’adversaires au président.« Des dizaines d’urnes et de procès-verbaux ont disparu. Puis elles sont réapparues, bourrées, avec des résultats à 97% pour Déby. Il y a même une région où le président a fait 122% ! », ironise- t-il. Sous son crâne lustré et avec sa barbe grisonnante, ce vieux briscard de la politique tchadienne qui fut journaliste a le sourire de celui qui ne s’en laisse pas compter. Idriss Déby, sa famille, son ethnie, les Zaghawas, et les hommes du Nord ont mis le pays en coupe réglée, accuse-t-il :« Avec eux, il contrôle tout le Tchad. Il a fait main basse sur le pays. Ce n’est que détournements massifs, népotisme, corruption galopante. » Tenue par les hommes du Nord et les Zaghawas, l’armée est au centre du système avec, en son coeur, la puissante garde présidentielle de 5 000 hommes, dirigée par un des fils du président. Peu après l’élection, quelque 50 militaires qui n’avaient pas voté pour le pouvoir ont disparu. Volatilisés. L’opposition a aussitôt dénoncé ces disparitions. Quelques jours plus tard, la télévision d’Etat a montré quatre d’entre eux – mais pas tous – comme preuve de la mauvaise foi des opposants. Officiellement ils étaient« en mission ». Aujourd’hui encore, ils refusent de parler. Mais, selon un proche de l’un d’entre eux, certains ont été emmenés dans une prison tout au nord du Tchad où ils ont été enchaînés, maltraités. On les a menacés et on leur a promis promotions et augmentations s’ils basculaient dans le camp présidentiel. Certains sont toujours portés disparus. La Ligue tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) est partie à leur recherche. Elle a fait le tour des morgues, des centres de détention et des hôpitaux. En vain.« Cela pose la question de l’existence de prisons parallèles », estime Me Midaye Guerimdaye, président de la LTDH, dont le bureau croule sous les montagnes de dossiers. Son organisation et Amnesty International ont appelé les autorités tchadiennes à« faire la lumière en mettant en place une commission d’enquête indépendante et impartiale ». Sans résultat.
Peu avant les élections, l’affaire Zouhoura, symbole de l’impunité du régime, a failli mettre le feu aux poudres. Le 8 février, cette jeune fille de 16 ans est enlevée et est victime d’un viol collectif. Parmi ses bourreaux, le fils du ministre des Affaires étrangères et les enfants de hauts dignitaires et de généraux, sûrs de leurs protections. On propose aux parents de Zouhoura de l’argent pour étouffer l’affaire. Ils refusent et portent plainte. Pour se venger, les violeurs diffusent sur internet des images de la victime nue. Mais leur forfait choque les jeunes qui se mobilisent alors pour Zouhoura. A l’approche de la présidentielle, les tortionnaires de la jeune fille sont finalement arrêtés... pour s’évader aussitôt de la prison centrale de N’Djamena.« Ce qui ne peut se faire qu’avec des complicités de haut niveau, résume un avocat qui connaît bien le pénitencier. Depuis, personne ne semble vraiment les chercher. » Dans toutes ces affaires, Paris garde le silence. « Mais, estime Me Midaye Guerimdaye,la politique tchadienne ne peut se faire sans la France. Son ombre est toujours présente. La France ne dit rien. Et qui ne dit rien consent. C’est la France et la communauté internationale qui ont élu Déby, pas nous. »
“Le Tchad n’a pas de mouvement citoyen national.”Gilbert Maoundonodji, ancien militant des droits de l’homme.
Bien que longtemps militant des droits de l’homme, Gilbert Maoundonodji est, lui, très critique. Cet homme massif serré dans son costume-cravate semble sûr de lui :« C’est l’opposition qui a fait le jeu du pouvoir en allant aux élections sans garanties suffisantes. Il est logique que celui-ci ait exploité toutes les failles. » Ce politologue n’est pas très impressionné par le succès des opérations « ville morte ».« Tout le monde reste chez soi, personne ne prend aucun risque. Cela n’a aucun coût pour les gens », analyse-t-il. Il récuse la comparaison avec le Burkina.« Ce n’est pas en un jour qu’on fait la révolution. Les Burkinabés ont préparé longtemps la chute de leur président. Ils ont réussi à créer une société civile unie, cohérente, et leur armée était républicaine, du côté du peuple. Le Tchad, lui, est toujours victime de divisions ethniques, religieuses, régionales, tribales. Avec près de 200 partis, il n’existe pas de mouvement citoyen national. Nous sommes toujours en train de construire une citoyenneté. C’est l’opposition qui fait le lit du pouvoir. »
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N’Djamena, en avril 2013. Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, avec Idriss Déby, son partenaire dans la région pour la lutte contre le terrorisme.
Saleh Kebzabo
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 10:57

Le procès de Nuremberg, novembre 1945 – Octobre 1946, est le modèle de procès de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Il restera pour toujours un grand procès ayant une vocation historique et éducatif pour les contemporains et les générations futures.

Le procès de Nuremberg a montré une réelle volonté de rendre justice aux victimes et à leurs descendants.

Est – ce le cas pour le procès de Dakar ? La justice est-elle vraiment passée ?

1 – Et si on retenait le procès de Dakar comme une bouteille à moitié vide

Le procès de Dakar a, sans nul doute, un goût d’inachevé.

Pour la grande majorité des Tchadiens silencieux, ce sera une bouteille d’abord à moitié vide parce que tous les massacreurs n’ont pas été à la barre et ne sont pas encore jugés. La douleur, l’incompréhension et la rancœur sont toujours aussi vives pour les victimes vivantes que pour les familles de ceux qui n’ont pas survécus aux tortures.

S’il nous fallait faire un « tout petit » rappel historique du procès de Nuremberg, nous dirions ceci :

1) Hitler n’était pas présent mais ses proches lieutenants : Göering, Hess, Rebbentrop, Keitel, Kaltenbrünner, Rosenberg et tant d’autres furent jugés et condamnés.

2) Toutes les organisations « NAZI » : le NSDAP (le parti Nazi), La SS (groupe de protection), la SA (Section d’Assaut appelé aussi les chemises brunes), la SD (Service de sécurité), la Gestapo (police politique) furent déclarées criminelles.

Le seul fait d’être membre d’un de ces organisations faisait de la personne un criminel susceptible d’être poursuivi. Beaucoup l’ont été en effet.

A Dakar, nous avons tous bien vu le sommet de l’iceberg, le chef charismatique Mr Hissein Habré mais pas les autres. Les autres ? Qui sont-ils ? Ce sont :

  • les membres zélés de la DDS ;
  • les hauts responsables du parti-État l’UNIR ;
  • la police ethnique officieuse et parallèle ;
  • les zélés délateurs ;
  • les chefs militaires appartenant à l’ethnie au pouvoir ou issus d’autres communautés ayant fait allégeance au pouvoir en place ;
  • les conseillers qui ont conçu le plan de rétablissement de l’équilibre Nord-Sud. Certains étaient physiquement présents à Déli, kélo, Laï, Moundou, N’Djamena, Sarh, Mongo, Abéché, et Faya pour diriger et exécuter « Septembre Noir » appelé ironiquement « la Pacification du Sud » .

Pourquoi toutes ces personnes, membres de la DDS, organe de répressions de l’ancien régime, notoirement connus et reconnus de tous les survivants n’étaient-elles pas présentes à la barre à Dakar

Pourquoi n’ont-ils pas eu à s’inquiéter ? Est-ce par ce que, comme le disait Maître Delphine K. Djiraibé, avocate au barreau de N’Djamena (Cf. Article cité dans http://www. Le monde.fr/afrique/article/2016/02/10/…) à propos des massacres ciblés des gens du Sud

"Au prétexte de reconquérir le Sud, il a fait exécuter des milliers de civils. Au prétexte de rééquilibrer les pouvoirs entre les communautés du Nord [d’où est originaire Hissène Habré] et celles du Sud, il a tué les uns pour faire de la place aux autres »

C’est surtout parce qu’actuellement, tous sont en service après la chute de M. H. Habré. Sous la houlette du nouvel homme fort, l’appareil répressif du système déchu a été, restructuré, perfectionné et maintenu en activité avec et par ces mêmes individus. Ils ont eu, c’est sûr, encore droit aux mêmes conseils avisés des agents techniques envoyés par les mêmes parrains occidentaux (la France, les États Unis d’Amérique…).

Par ailleurs, n’oublions pas que le rapport de confiance, qui a existé entre certains dignitaires au pouvoir aujourd’hui et M. H. Habré persiste toujours. Cette confiance était scellée par des alliances matrimoniales voire tribo-claniques ancestrales.

Les Tchadiens savent que les dirigeants actuels du Tchad étaient, pour beaucoup des maillons importants du régime et du système politique, militaire et surtout sécuritaire de M. Habré.

Ils auraient dû tous être appelés à la barre, jugés et être condamnés de complicité, de tortures pour certains et de crime contre l’humanité pour d’autres.

Il est donc évident que le « Hitler tchadien » ne peut être seul responsable de la mort de ces 40 000 personnes. D’ailleurs ce chiffre est en dessous de la réalité.

Sans remettre en cause la sincérité du rapporteur, et l’énorme travail que lui et les autres membres de la commission ont effectué, n’ignorons pas que la commission d’enquête a été nommée, même si c’est sous la pression Internationale, par Idriss Deby, ancien chef des armées devenu successeur de Habré. On peut supposer que les actes commis, par lui, ont été minorés ou gommés.

Enfin, si nous considérons Mr Habré comme le Hitler tchadien, son successeur et ancien collaborateur, ayant joué tour à tour le rôle de Göering, Hess, Rebbentrop devait être jugé pour les mêmes faits : massacres de 1982 à nos jours dont celui de « Septembre noir », les crimes économiques liés aux détournements financiers massifs dont l’argent du pétrole tchadien organisé de manière systématique par lui-même et sa famille.

Et pourtant, le Statut des Chambres Africaines Extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour la poursuite des crimes internationaux commis au Tchad durant la période du 7 juin 1982 au 1ᵉʳ décembre 1990 dit clairement en son Article 10-Responsabilité pénale individuelle et défaut de pertinence de la qualité officielle (nous citons textuellement les paragraphes 2,3,4, et 5)

« Quiconque a commis, ordonné, planifié ou incité à commettre, ou de toute autre manière aidé et encouragé à planifier, préparer ou exécuter un crime visé aux articles 5 à 8 du présent Statut est individuellement responsable dudit crime en tant qu’auteur ou complice. »

« La qualité officielle d’un accusé, soit comme Chef d’État ou de Gouvernement, soit comme haut fonctionnaire, ne l’exonère en aucun cas de sa responsabilité pénale au regard du présent Statut, plus qu’elle ne constitue en tant que telle un motif d’atténuation de la peine encourue » (mis en gras par nous)

« Le fait que l’un quelconque des actes visés aux articles 5 à 8 du présent Statut ait été commis par un subordonné n’exonère pas son supérieur de sa responsabilité pénale s’il savait ou avait des raisons de savoir que le subordonné s’apprêtait à commettre cet acte ou l’avait fait et que le supérieur n’a pas pris les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher que ledit acte ne soit commis ou en punir les auteurs »

« Le fait qu’un accusé ait agi en exécution d’un ordre d’un gouvernement ou d’un supérieur ne l’exonère pas de sa responsabilité pénale mais peut être considéré comme un motif d’atténuation de la peine ».

Pourquoi Idriss Déby avait-il refusé le transfèrement des anciens responsables de la DDS sinon par peur que ces personnes apportent la preuve de sa propre implication dans les multiples massacres.

2 – Le procès de Dakar une lueur d’espoir mais, des questions sans réponses

En fait, ce procès soulève mille et une question :

  • Pourquoi Mr. I. DEBY et les véritables responsables des massacres de masse ne sont pas appelés à la barre ?
  • Pourquoi Mr. I.DEBY a financé ce procès ? N’a t – il pas acheté, voire commandé, ce procès pour se protéger ?
  • Dans la vie courante, quand on achète ou commande une marchandise à prix d’or, on réclame toujours un petit geste commercial en retour, une remise. La remise ne serait-elle pas, dans ce cas, de ne pas être jugé, de s’éterniser au pouvoir jusqu’à sa mort et d’obtenir la garantie de ne pas être, un jour inquiété par la CPI ou la CAE par exemple ?
  • Y a-t-il eu un « deal » entre H.HABRE et I.DEBY si non, pourquoi Habré a gardé un tel silence ?

Une réaction normale et humaine serait de se saisir enfin de cette occasion pour s’expliquer ou mieux, faire la peau à celui qui lui a arraché le pouvoir. Or, il garde un silence coupable, laissant sa femme se débattre comme un diable auprès des médias pour tenter de le blanchir de tout.

  • Déby et Habré se protègent t - ils mutuellement ? Contre quoi ? Contre qui ?
  • Habré a-t-il reçu des menaces ? Si oui de qui ?
  • L’élève Déby est-il devenu si puissant qu’il terrorise son ex-mentor le « Lion de L’Unir» ? Ou bien, les maîtres de la France-Afrique avaient-ils demandé à H. Habré de garder le silence durant le procès ? Crier « Abat la France-Afrique » ne veut rien dire. Car Habré tout comme Déby sont les enfants-chéris de la France-Afrique. Ils sont venus au pouvoir, chacun à son tour, dans les cargaisons de la barbouzerie commise d’office par la France-Afrique. Alors de qui et de quoi ont-ils peur?
  • Les juges d’instruction du procès de Dakar sont-ils libres. Pourquoi ont-ils refusé de poursuivre l’actuel président du Tchad alors qu’ils sont mandatés par la communauté internationale, les textes de la CEA leur en donne la possibilité ?
  • Pourquoi ne pas tout simplement le faire venir à la barre et l’interroger comme simple témoin assisté, tant qu’il est encore en exercice ?

Pour la plupart des tueries de masse (entre 1982-1990) dans le Sud-Tchad ou dans le Nord -Tchad après la reprise de Faya d’entre les mains du Gouvernement d’Union National du Tchad (GUNT) et son allier Libyen, le nom du chef d’état-major de H. Habré est souvent cité. Dans le cas de Faya, il serait devenu fou de rage, parce qu’il aurait perdu un de ses frères et pour se venger il aurait fusillé de ses propres mains, kalachnikov au point, plus de deux cents prisonniers (cette histoire mériterait une enquête de vérification). Les juges d’instruction de la Chambre Africaine Extraordinaire auraient pu pourtant obtenir l’information, en interrogeant les rescapés-survivants.

Le procès de Dakar n’a pas satisfait vraiment tout le monde. Mais il reste néanmoins une réelle avancée pour le peuple tchadien et plus particulièrement pour la jeunesse.

Désormais, aucun président tchadien ne pourra plus revivre tranquillement après avoir gouverné le pays en massacrant, humiliant grands et petits, volant et détournant les biens communs au profit de sa famille exclusivement

Même si aujourd’hui, ceux qui continuent de faire encore du mal à leur pays et leur concitoyen se pavanent avec une certaine insouciance et condescendance, l’histoire les rattrapera un jour. Le procès de l’ancien Président H. Habré planera sur eux comme une épée de Damoclès.

Enfin, ce procès est historique mais aussi éducatif pour la jeunesse, cette génération qui n’a pas vécu directement les événements de notre pays. Il va lui permettre une fois en responsabilité de ne pas réaliser le même scénario, de ne pas prendre le même chemin, de ne pas commettre les mêmes forfaitures que ceux qui dirigent depuis plus de 36 ans le pays.

Conclusion

La jeunesse tchadienne est la lueur d’espoir. Je leur chuchote cette citation de Kant :

«Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que suis-je permis d’espérer « ?

Cette citation mérite qu’ils s’y attardent car, à mon avis, elle est structurante et galvanisante à la fois.

Que puis-je connaître ? Absolument tout car tout est porté à votre connaissance. Il y a des milliers de boulevards d’informations. Aux jours d’aujourd’hui, il vous est possible de tout savoir, de tout connaître, de tout étudier et de tout expérimenter même la contestation.

Que dois-je faire ? Explorer tous les possibles sans jamais renoncer à vos droits, vous battre pour vous et pour les autres, pour qu’un monde meilleur s’ouvre à vous et pour un Tchad où vous aurez votre place à part entière.

Que suis-je permis d’espérer ? « N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites; décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux » (Épictète)

En somme, la jeunesse est d’abord d’audace car, il en faut pour agir ici et maintenant. Elle est aussi synonyme de Liberté, de passion, de courage et d’intelligence.

Marguerite-Odile Kabatchang

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 10:57

Le procès de Nuremberg, novembre 1945 – Octobre 1946, est le modèle de procès de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Il restera pour toujours un grand procès ayant une vocation historique et éducatif pour les contemporains et les générations futures.

Le procès de Nuremberg a montré une réelle volonté de rendre justice aux victimes et à leurs descendants.

Est – ce le cas pour le procès de Dakar ? La justice est-elle vraiment passée ?

1 – Et si on retenait le procès de Dakar comme une bouteille à moitié vide

Le procès de Dakar a, sans nul doute, un goût d’inachevé.

Pour la grande majorité des Tchadiens silencieux, ce sera une bouteille d’abord à moitié vide parce que tous les massacreurs n’ont pas été à la barre et ne sont pas encore jugés. La douleur, l’incompréhension et la rancœur sont toujours aussi vives pour les victimes vivantes que pour les familles de ceux qui n’ont pas survécus aux tortures.

S’il nous fallait faire un « tout petit » rappel historique du procès de Nuremberg, nous dirions ceci :

1) Hitler n’était pas présent mais ses proches lieutenants : Göering, Hess, Rebbentrop, Keitel, Kaltenbrünner, Rosenberg et tant d’autres furent jugés et condamnés.

2) Toutes les organisations « NAZI » : le NSDAP (le parti Nazi), La SS (groupe de protection), la SA (Section d’Assaut appelé aussi les chemises brunes), la SD (Service de sécurité), la Gestapo (police politique) furent déclarées criminelles.

Le seul fait d’être membre d’un de ces organisations faisait de la personne un criminel susceptible d’être poursuivi. Beaucoup l’ont été en effet.

A Dakar, nous avons tous bien vu le sommet de l’iceberg, le chef charismatique Mr Hissein Habré mais pas les autres. Les autres ? Qui sont-ils ? Ce sont :

  • les membres zélés de la DDS ;
  • les hauts responsables du parti-État l’UNIR ;
  • la police ethnique officieuse et parallèle ;
  • les zélés délateurs ;
  • les chefs militaires appartenant à l’ethnie au pouvoir ou issus d’autres communautés ayant fait allégeance au pouvoir en place ;
  • les conseillers qui ont conçu le plan de rétablissement de l’équilibre Nord-Sud. Certains étaient physiquement présents à Déli, kélo, Laï, Moundou, N’Djamena, Sarh, Mongo, Abéché, et Faya pour diriger et exécuter « Septembre Noir » appelé ironiquement « la Pacification du Sud » .

Pourquoi toutes ces personnes, membres de la DDS, organe de répressions de l’ancien régime, notoirement connus et reconnus de tous les survivants n’étaient-elles pas présentes à la barre à Dakar

Pourquoi n’ont-ils pas eu à s’inquiéter ? Est-ce par ce que, comme le disait Maître Delphine K. Djiraibé, avocate au barreau de N’Djamena (Cf. Article cité dans http://www. Le monde.fr/afrique/article/2016/02/10/…) à propos des massacres ciblés des gens du Sud

"Au prétexte de reconquérir le Sud, il a fait exécuter des milliers de civils. Au prétexte de rééquilibrer les pouvoirs entre les communautés du Nord [d’où est originaire Hissène Habré] et celles du Sud, il a tué les uns pour faire de la place aux autres »

C’est surtout parce qu’actuellement, tous sont en service après la chute de M. H. Habré. Sous la houlette du nouvel homme fort, l’appareil répressif du système déchu a été, restructuré, perfectionné et maintenu en activité avec et par ces mêmes individus. Ils ont eu, c’est sûr, encore droit aux mêmes conseils avisés des agents techniques envoyés par les mêmes parrains occidentaux (la France, les États Unis d’Amérique…).

Par ailleurs, n’oublions pas que le rapport de confiance, qui a existé entre certains dignitaires au pouvoir aujourd’hui et M. H. Habré persiste toujours. Cette confiance était scellée par des alliances matrimoniales voire tribo-claniques ancestrales.

Les Tchadiens savent que les dirigeants actuels du Tchad étaient, pour beaucoup des maillons importants du régime et du système politique, militaire et surtout sécuritaire de M. Habré.

Ils auraient dû tous être appelés à la barre, jugés et être condamnés de complicité, de tortures pour certains et de crime contre l’humanité pour d’autres.

Il est donc évident que le « Hitler tchadien » ne peut être seul responsable de la mort de ces 40 000 personnes. D’ailleurs ce chiffre est en dessous de la réalité.

Sans remettre en cause la sincérité du rapporteur, et l’énorme travail que lui et les autres membres de la commission ont effectué, n’ignorons pas que la commission d’enquête a été nommée, même si c’est sous la pression Internationale, par Idriss Deby, ancien chef des armées devenu successeur de Habré. On peut supposer que les actes commis, par lui, ont été minorés ou gommés.

Enfin, si nous considérons Mr Habré comme le Hitler tchadien, son successeur et ancien collaborateur, ayant joué tour à tour le rôle de Göering, Hess, Rebbentrop devait être jugé pour les mêmes faits : massacres de 1982 à nos jours dont celui de « Septembre noir », les crimes économiques liés aux détournements financiers massifs dont l’argent du pétrole tchadien organisé de manière systématique par lui-même et sa famille.

Et pourtant, le Statut des Chambres Africaines Extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour la poursuite des crimes internationaux commis au Tchad durant la période du 7 juin 1982 au 1ᵉʳ décembre 1990 dit clairement en son Article 10-Responsabilité pénale individuelle et défaut de pertinence de la qualité officielle (nous citons textuellement les paragraphes 2,3,4, et 5)

« Quiconque a commis, ordonné, planifié ou incité à commettre, ou de toute autre manière aidé et encouragé à planifier, préparer ou exécuter un crime visé aux articles 5 à 8 du présent Statut est individuellement responsable dudit crime en tant qu’auteur ou complice. »

« La qualité officielle d’un accusé, soit comme Chef d’État ou de Gouvernement, soit comme haut fonctionnaire, ne l’exonère en aucun cas de sa responsabilité pénale au regard du présent Statut, plus qu’elle ne constitue en tant que telle un motif d’atténuation de la peine encourue » (mis en gras par nous)

« Le fait que l’un quelconque des actes visés aux articles 5 à 8 du présent Statut ait été commis par un subordonné n’exonère pas son supérieur de sa responsabilité pénale s’il savait ou avait des raisons de savoir que le subordonné s’apprêtait à commettre cet acte ou l’avait fait et que le supérieur n’a pas pris les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher que ledit acte ne soit commis ou en punir les auteurs »

« Le fait qu’un accusé ait agi en exécution d’un ordre d’un gouvernement ou d’un supérieur ne l’exonère pas de sa responsabilité pénale mais peut être considéré comme un motif d’atténuation de la peine ».

Pourquoi Idriss Déby avait-il refusé le transfèrement des anciens responsables de la DDS sinon par peur que ces personnes apportent la preuve de sa propre implication dans les multiples massacres.

2 – Le procès de Dakar une lueur d’espoir mais, des questions sans réponses

En fait, ce procès soulève mille et une question :

  • Pourquoi Mr. I. DEBY et les véritables responsables des massacres de masse ne sont pas appelés à la barre ?

  • Pourquoi Mr. I.DEBY a financé ce procès ? N’a t – il pas acheté, voire commandé, ce procès pour se protéger ?
  • Dans la vie courante, quand on achète ou commande une marchandise à prix d’or, on réclame toujours un petit geste commercial en retour, une remise. La remise ne serait-elle pas, dans ce cas, de ne pas être jugé, de s’éterniser au pouvoir jusqu’à sa mort et d’obtenir la garantie de ne pas être, un jour inquiété par la CPI ou la CAE par exemple ?

  • Y a-t-il eu un « deal » entre H.HABRE et I.DEBY si non, pourquoi Habré a gardé un tel silence ?

Une réaction normale et humaine serait de se saisir enfin de cette occasion pour s’expliquer ou mieux, faire la peau à celui qui lui a arraché le pouvoir. Or, il garde un silence coupable, laissant sa femme se débattre comme un diable auprès des médias pour tenter de le blanchir de tout.

  • Déby et Habré se protègent t - ils mutuellement ? Contre quoi ? Contre qui ?
  • Habré a-t-il reçu des menaces ? Si oui de qui ?
  • L’élève Déby est-il devenu si puissant qu’il terrorise son ex-mentor le « Lion de L’Unir» ? Ou bien, les maîtres de la France-Afrique avaient-ils demandé à H. Habré de garder le silence durant le procès ? Crier « Abat la France-Afrique » ne veut rien dire. Car Habré tout comme Déby sont les enfants-chéris de la France-Afrique. Ils sont venus au pouvoir, chacun à son tour, dans les cargaisons de la barbouzerie commise d’office par la France-Afrique. Alors de qui et de quoi ont-ils peur?
  • Les juges d’instruction du procès de Dakar sont-ils libres. Pourquoi ont-ils refusé de poursuivre l’actuel président du Tchad alors qu’ils sont mandatés par la communauté internationale, les textes de la CEA leur en donne la possibilité ?
  • Pourquoi ne pas tout simplement le faire venir à la barre et l’interroger comme simple témoin assisté, tant qu’il est encore en exercice ?

Pour la plupart des tueries de masse (entre 1982-1990) dans le Sud-Tchad ou dans le Nord -Tchad après la reprise de Faya d’entre les mains du Gouvernement d’Union National du Tchad (GUNT) et son allier Libyen, le nom du chef d’état-major de H. Habré est souvent cité. Dans le cas de Faya, il serait devenu fou de rage, parce qu’il aurait perdu un de ses frères et pour se venger il aurait fusillé de ses propres mains, kalachnikov au point, plus de deux cents prisonniers (cette histoire mériterait une enquête de vérification). Les juges d’instruction de la Chambre Africaine Extraordinaire auraient pu pourtant obtenir l’information, en interrogeant les rescapés-survivants.

Le procès de Dakar n’a pas satisfait vraiment tout le monde. Mais il reste néanmoins une réelle avancée pour le peuple tchadien et plus particulièrement pour la jeunesse.

Désormais, aucun président tchadien ne pourra plus revivre tranquillement après avoir gouverné le pays en massacrant, humiliant grands et petits, volant et détournant les biens communs au profit de sa famille exclusivement

Même si aujourd’hui, ceux qui continuent de faire encore du mal à leur pays et leur concitoyen se pavanent avec une certaine insouciance et condescendance, l’histoire les rattrapera un jour. Le procès de l’ancien Président H. Habré planera sur eux comme une épée de Damoclès.

Enfin, ce procès est historique mais aussi éducatif pour la jeunesse, cette génération qui n’a pas vécu directement les événements de notre pays. Il va lui permettre une fois en responsabilité de ne pas réaliser le même scénario, de ne pas prendre le même chemin, de ne pas commettre les mêmes forfaitures que ceux qui dirigent depuis plus de 36 ans le pays.

Conclusion

La jeunesse tchadienne est la lueur d’espoir. Je leur chuchote cette citation de Kant :

«Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que suis-je permis d’espérer « ?

Cette citation mérite qu’ils s’y attardent car, à mon avis, elle est structurante et galvanisante à la fois.

Que puis-je connaître ? Absolument tout car tout est porté à votre connaissance. Il y a des milliers de boulevards d’informations. Aux jours d’aujourd’hui, il vous est possible de tout savoir, de tout connaître, de tout étudier et de tout expérimenter même la contestation.

Que dois-je faire ? Explorer tous les possibles sans jamais renoncer à vos droits, vous battre pour vous et pour les autres, pour qu’un monde meilleur s’ouvre à vous et pour un Tchad où vous aurez votre place à part entière.

Que suis-je permis d’espérer ? « N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites; décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux » (Épictète)

En somme, la jeunesse est d’abord d’audace car, il en faut pour agir ici et maintenant. Elle est aussi synonyme de Liberté, de passion, de courage et d’intelligence.

Marguerite-Odile Kabatchang

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 01:24

Déclaration de clôture du forum de l’opposition sur l’alternance démocratique


Réunie les 08 et 09 juillet en plénière sous la bannière du Front de l’Opposition pour la République, le Changement et l’Egalité (FORCE) au cours de la journée de réflexion sur l’alternance au Tchad, l’opposition démocratique ayant rejeté le holdup électoral du 10 avril 2016, a passé en revue la situation sociale, économique, financière et politique du pays et s’est résolue sur une position commune sur l’issue de cette crise.


Il ressort de cette journée de réflexion les constats suivants :

Ø Une situation explosive sur le plan social marquée par une grogne de toutes les catégories socioprofessionnelles,

Ø Une situation économique et financière caractérisée par une banqueroute totale à cause d’une gestion hasardeuse et calamiteuse, symptôme d’un régime qui fait de l’accaparement de ressources nationales, de détournement de deniers publics, de la corruption et du népotisme un mode de gouvernance,

Ø Une situation politique extrêmement délétère caractérisée par la confiscation du pouvoir par la fraude, la force et la terreur depuis plus d’un quart de siècle par Monsieur Déby et son passage en force toute honte bue par un holdup électoral au vu et au su du monde, qui va se concrétiser par une parodie d’investiture le 0 8 aout prochain,

Face à cette situation d’une extrême gravité, il appartient au peuple tchadien et surtout à la jeunesse patriotique tchadienne de se mobiliser résolument afin de se libérer de ce système mafieux et dictatorial qui n’a d’autres objectifs que de l’asservir. Il faut avoir le courage d’affronter par des actions citoyennes et pacifiques la dictature obscurantiste du régime MPS, le démanteler et de remettre le processus démocratique en marche.

Par conséquent, l’opposition démocratique fidèle à sa mission patriotique et républicaine, confiante par l’efficacité de la lutte politique pacifique et convaincue par la capacité du peuple tchadien à avoir un sursaut national afin de prendre des mesures courageuses, seul moyen d’éviter le recours à la violence armée pour résoudre les problèmes, s’engage à œuvrer d’une part à :

1- La tenue des assisses nationales inclusives avec les forces politiques, sociales et politico-militaires afin de jeter les bases d’une République véritablement démocratique,

2- La mise en place d’une transition politique

3- La révision des lois fondamentales : constitution, grandes institutions (cour suprême, conseil constitutionnel, HCC, lois sur les partis politiques, CENI, code électoral…)

4- La refondation de l’armée pour une armée véritablement nationale et républicaine,

5- L’ouverture de l’espace politique et médiatique à tous les courants politiques et sociaux,

6- La tenue d’une nouvelle élection libre, transparente et crédible sous l’auspice de la communauté internationale.


Et d’autre part à poursuivre inlassablement la lutte par des actions citoyennes et pacifiques.

Par ailleurs, l’opposition démocratique appelle tous les partis politiques de l’opposition réelle et la société civile combattante à unir leurs forces pour une synergie d’action afin de relever les immenses défis qui l’attendent. Appelle les populations tchadiennes éprises de changement à rester mobilisées et à répondre promptement aux mots d’ordre qu’elle va lancer avant et après le 08 aout.

En fin, l’opposition démocratique attire l’attention de la communauté internationale sur le danger que court actuellement le Tchad à cause de leur refus de reconnaitre la nature dictatoriale et répressive du régime d’Idriss Deby qui en 26 ans de règne a sapé les bases socioéconomiques et politiques, compromis le respect de droits de l’Homme, bafoué les droits et confisqué les libertés. Salue la déclaration du conseil de l’Internationale socialiste du 02 juillet 2016 sur le résultat fallacieux de l’élection présidentielle du 10 avril au Tchad.

Fait à N’Djamena le 09 juillet 2016

L’Opposition démocratique

Makaila NGUEBLA
Journaliste -Blogueur /Militant des Droits de l'Homme
Média Citoyen en exil
http://www.makaila.fr

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 12:24

Alors que le verdict du procès d'Hissène Habré a été prononcé le 30 mai 2016, le condamnant à perpétuité pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre, actes de torture et viols, l'ONG ...

http://survie.org/francafrique/tchad/article/responsabilites-francaises-dans-5125

Alors que le verdict du procès d’Hissène Habré a été prononcé le 30 mai 2016, le condamnant à perpétuité pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre, actes de torture et viols, l’ONG Human Rights Watch, qui a porté ce procès et mené des enquêtes, a publié deux rapports l’un concernant le soutien de la France, l’autre celui des Etats-Unis [1], au régime d’Hissène Habré.

Le rapport très documenté « Allié de la France, condamné par l’Afrique, Les relations entre la France et le régime tchadien de Hissène Habré (1982-1990) » rédigé par Henri Thulliez, souligne le soutien diplomatique et militaire dont a bénéficié Habré, soutien qui a contribué au maintien au pouvoir du dictateur et s’est opéré via un volet militaire particulièrement développé : livraison d’armes, formations, interventions militaires, soutien logistique…
Si le volume de l’aide militaire reste flou, les livraisons de matériel militaire ont été constantes et conséquentes. Le rapport en détaille un certain nombre et précise qu’une seule livraison a été réglée par l’État tchadien, en 1990 (p. 66). Sur place, l’armée française participe à l’entretien du matériel. Par ailleurs, des avions français Transall ont servi au transport de prisonniers de Habré, ceux-ci étant plus discrets. Des formations sont dispensées à l’armée tchadienne, à la DDS et une école d’officiers est mise en place dès 1985. Parmi les bénéficiaires de formation, Idriss Déby, puis Guihini Korei, ancien directeur de la DDS qui offrira ensuite ses services au Togo, surnommé alors « le cimetière ambulant », ont été accueillis en France à l’Ecole supérieure de guerre.
Des priorités géostratégiques, notamment des enjeux d’influence face à la Libye et aux Etats-Unis, ont justifié une politique d’appui à un régime coupable de crimes que les autorités françaises ne pouvaient ignorer.

Pour Survie, ce rapport étaye ce que notre association a sans cesse dénoncé et interpelle sur les responsabilités françaises pendant la période Habré. Mais il interpelle aussi sur le soutien actuel de la France au régime de Déby. Dans le cas du régime de Habré, comme de celui de Déby, le soutien se justifie par des enjeux géostratégiques, et s’opère via la dimension militaire. Aujourd’hui, les enjeux de la guerre contre le terrorisme justifient le soutien et l’alliance militaire renforcés avec un régime qui terrorise sa population.
Depuis 1990 où la France a misé sur Déby contre Habré, proche des Etats-Unis,le soutien militaire au régime de Déby, tel que le détaille le dossier publié récemment par Survie, se poursuit sans discontinuité et contribue largement au maintien au pouvoir de Déby : maintien de l’opération Epervier – désormais Barkhane qui contribue au renseignement et fournit un appui logistique, formations, interventions militaires qui ont permis à Déby de se maintenir au pouvoir, notamment en 2008...
Cependant, depuis 26 ans, différentes ONG, comme, parmi d’autres, Amnesty International, la FIDH, la Convention Tchadienne de défense des droits de l’homme, signalent régulièrement de graves violations des droits de l’Homme au Tchad et Survie dénonce ce soutien à la dictature tchadienne. Ces derniers mois, dans le contexte électoral, les pratiques répressives illustrent de nouveau les réalités de ce régime : tirs contre les manifestants, liberté d’expression quasi inexistante, menaces contre la société civile, arrestations arbitraires… Un rapport d’Amnesty alerte sur la disparition de militaires tchadiens qui n’auraient pas « bien » voté lors des élections.

Une telle proximité questionne sur les responsabilités de la France au Tchad, à travers sa coopération militaire. Nous demandons aux parlementaires d’ouvrir une commission d’enquête sur les responsabilités françaises dans les exactions et crimes contre l’humanité ou crimes de guerre commis au Tchad sous le régime de Habré, et dans les exactions du régime de Déby depuis 1990.

[1] Enabling a dictator : The United States and Chad’s Hi

#Tchad, #Survie, #France

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