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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 13:35

Le président Idriss Déby ici dans son village natal d’Amdjarass en janvier. Au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans, il sera réinvesti le 8 août pour cinq ans.

Au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans, il sera réinvesti le 8 août pour cinq ans.

Menacés, emprisonnés, enlevés, les opposants au despote africain, qui entame son cinquième mandat, accusent la France de fermer les yeux pour ménager son allié stratégique dans le Sahel
La nuit est déjà tombée, ce 6 juillet, lorsque Mahamat Abdelkarim arrive à moto au rond-point Chagua. En ce jour de l’Aïd, N’Djamena, qui sort de la torpeur du mois de ramadan, est en fête. Mahamat Abdelkarim ne les voit pas venir. Cinq hommes en civil, le visage caché par des turbans, descendent subrepticement d’une voiture. Ils l’encerclent. L’un d’eux brandit une machette. Et frappe. Le sang gicle sur sa main.« Quand comprendras-tu que tu dois arrêter de chanter pour l’opposition ? », lancent-ils avant de disparaître. Depuis, ce chansonnier vedette de 34 ans, ce griot moderne qui a mis ses couplets politiques composés en arabe tchadien au service du principal parti

d’opposition, n’ose plus sortir de chez lui. C’est la deuxième agression qu’il subit en quelques semaines. La dernière fois, il avait été violemment percuté de dos par une Toyota Corolla blanche. Quatre hommes en étaient sortis et l’avaient roué de coups alors qu’il était à terre. Pendant des jours, il avait boité et uriné du sang. Avant de partir, ils l’avaient averti:« Tu en auras encore plus après l’investiture. » « Je suis courageux, mais, là, ça devient dangereux », s’inquiète Mahamat Abdelkarim en montrant la vilaine entaille qui fend maintenant sa main bandée.« Je ne peux plus chanter. »
Ce père de deux petits enfants se sait désormais traqué par l’Agence nationale de Sécurité (ANS), la police politique d’Idriss Déby Itno.
Le « lion de l’Afrique », qui tient le pouvoir depuis vingt-cinq ans d’une main de fer, sera réinvesti le 8 août prochain pour un cinquième mandat dans un climat de peur. Sans que la France y trouve rien à redire.
Idriss Déby, militaire de carrière de 63 ans arrivé au sommet de l’Etat par les armes en 1990 après avoir renversé son prédécesseur, est devenu le grand ami de Paris. Cet autocrate au pedigree démocratique plus que douteux est le « gendarme du Sahel », le partenaire stratégique de la France dans la région pour lutter contre le terrorisme islamiste. Le quartier général de Barkhane, l’opération militaire française dans la zone Sahara- Sahel, est basé dans la capitale tchadienne, îlot de stabilité dans un environnement agité. Signe de l’affection que lui porte le gouvernement, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a même fait l’honneur à l’homme fort du Tchad de visiter, en 2015, son village natal d’Amdjarass, dans le nord-ouest du pays. Car, plus que les diplomates, ce sont les militaires qui, à Paris, gèrent le dossier tchadien. Un peu partout dans la région, les hommes en treillis de Déby, à la réputation de farouches et intrépides guerriers, interviennent. Au Mali, un temps en Centrafrique, et aujourd’hui au Niger, au Cameroun et au Nigeria pour lutter contre le groupe islamiste terroriste Boko Haram. Paradoxe : c’est le petit Tchad (moins de 13 millions d’habitants) qui a dû voler au secours du géant de l’Afrique, le Nigeria (180 millions). Idriss Déby a réussi à se rendre indispensable. A tel point que tout le monde ou presque ferme les yeux sur les dérapages de son régime.
Nadjo Kaina, président du mouvement Iyina (« Nous sommes fatigués »), qui réunit quatorze associations de la société civile et des syndicats, est amer.« Le peuple tchadien a été sacrifié au nom de la
lutte contre le terrorisme », regrette cet ex-leader étudiant de 26 ans qui vient de faire deux séjours en prison pour trouble à l’ordre public ou subversion.« On a été bastonnés. Ils ont jeté des gaz lacrymo-gènes dans les cellules », raconte-t-il. A quelques mètres de la terrasse de l’hôtel où il s’est attablé se tient un homme, en jeans et les cheveux longs, l’oeil aux aguets. Son garde du corps. Il n’a pas l’air très impressionnant et surtout il n’est pas armé. Mais désormais Nadjo Kaina ne se déplace plus jamais sans lui. Car le jeune homme est décidé à continuer de défier l’homme fort du Tchad. Il dénonce dans le scrutin présidentiel du 10 avril dernier, qui a permis à Idriss Déby d’être réélu avec plus de 61% des voix dès le premier tour, un gigantesque« hold-up électoral ». « La France est complice. Elle n’a pas dit un mot sur cette fraude monstrueuse », souligne-t- il.« Quand la France ne dit rien, on lui reproche de se taire et, quand elle parle, on l’accuse d’interférence », se lamente un responsable français.
“La jeunesse est en colère contre la France.” Nadjo Kaina, 26 ans, président du mouvement Iyina (« Nous sommes fatigués »).
Au soir de la proclamation des résultats, les opposants comptaient descendre dans la rue pour contester le vote. Mais tout ce qui était en uniforme et portait une arme au Tchad s’est mis à tirer en l’air jusqu’au lendemain matin. « Quel que soit votre courage, vous ne sortez pas dans la rue », a recommandé un des candidats de l’opposition à la présidence. La pluie de balles a fait des morts et des blessés. Nadjo Kaina, à la tête d’une coalition s’inspirant des mouvements de jeunes qui ont renversé Blaise Compaoré au Burkina Faso en 2014, n’abandonne pas :« Dès l’investiture du 8 août, nous ne reconnaîtrons plus le pouvoir de Déby. Nous commencerons une campagne de désobéissance civile. A cause du chômage, de la vie chère, des injustices sociales, la frustration a atteint son paroxysme. » Avec la chute du prix du pétrole, principal revenu du pays, les caisses de l’Etat sont vides. Les fonctionnaires sont payés en retard, les ministères n’ont pas les moyens de fonctionner, beaucoup de chantiers sont à l’arrêt. Dans les rues poussiéreuses de la capitale, les restaurants et cafés sont de moins en moins fréquentés.« Le régime est honni du nord (musulman) au sud (chrétien) », reprend Nadjo Kaina.« Quant à la France, si elle continue à s’ingérer, elle risque de perdre beaucoup de ses intérêts. La jeunesse tchadienne est en colère contre elle », conclut-il. Au début de l’année, pour protester contre la nouvelle candidature d’Idriss Déby, la société civile avait lancé deux opérations « ville morte ». Avec succès. Commerces et écoles fermés, transports à l’arrêt, administrations closes. Même l’hôpital n’a pas fonctionné. En revanche, la même opération, lancée par ses adversaires politiques et sans préparation au lendemain de la réélection de Déby, a été un fiasco.
“Ce n’est que détournements, népotisme, corruption.”Saleh Kebzabo, 69 ans, chef de file de l’opposition politique.
Pourtant, Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition politique, l’assure :« Déby a bel et bien perdu les élections. » Selon lui, la fraude a eu lieu essentiellement dans le Nord, le fief du président.« Il n’y avait pas d’observateurs. Nous n’avions pas de représentants et, quand nous en avions, ils ont été sortis, par la force, des bureaux de vote », raconte cet opposant de 69 ans aux airs de vieux sage dans son boubou blanc. Il reçoit dans sa maison, dans un quartier excentré de la capitale, où défile tout ce qu’il y a d’adversaires au président.« Des dizaines d’urnes et de procès-verbaux ont disparu. Puis elles sont réapparues, bourrées, avec des résultats à 97% pour Déby. Il y a même une région où le président a fait 122% ! », ironise- t-il. Sous son crâne lustré et avec sa barbe grisonnante, ce vieux briscard de la politique tchadienne qui fut journaliste a le sourire de celui qui ne s’en laisse pas compter. Idriss Déby, sa famille, son ethnie, les Zaghawas, et les hommes du Nord ont mis le pays en coupe réglée, accuse-t-il :« Avec eux, il contrôle tout le Tchad. Il a fait main basse sur le pays. Ce n’est que détournements massifs, népotisme, corruption galopante. » Tenue par les hommes du Nord et les Zaghawas, l’armée est au centre du système avec, en son coeur, la puissante garde présidentielle de 5 000 hommes, dirigée par un des fils du président. Peu après l’élection, quelque 50 militaires qui n’avaient pas voté pour le pouvoir ont disparu. Volatilisés. L’opposition a aussitôt dénoncé ces disparitions. Quelques jours plus tard, la télévision d’Etat a montré quatre d’entre eux – mais pas tous – comme preuve de la mauvaise foi des opposants. Officiellement ils étaient« en mission ». Aujourd’hui encore, ils refusent de parler. Mais, selon un proche de l’un d’entre eux, certains ont été emmenés dans une prison tout au nord du Tchad où ils ont été enchaînés, maltraités. On les a menacés et on leur a promis promotions et augmentations s’ils basculaient dans le camp présidentiel. Certains sont toujours portés disparus. La Ligue tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) est partie à leur recherche. Elle a fait le tour des morgues, des centres de détention et des hôpitaux. En vain.« Cela pose la question de l’existence de prisons parallèles », estime Me Midaye Guerimdaye, président de la LTDH, dont le bureau croule sous les montagnes de dossiers. Son organisation et Amnesty International ont appelé les autorités tchadiennes à« faire la lumière en mettant en place une commission d’enquête indépendante et impartiale ». Sans résultat.
Peu avant les élections, l’affaire Zouhoura, symbole de l’impunité du régime, a failli mettre le feu aux poudres. Le 8 février, cette jeune fille de 16 ans est enlevée et est victime d’un viol collectif. Parmi ses bourreaux, le fils du ministre des Affaires étrangères et les enfants de hauts dignitaires et de généraux, sûrs de leurs protections. On propose aux parents de Zouhoura de l’argent pour étouffer l’affaire. Ils refusent et portent plainte. Pour se venger, les violeurs diffusent sur internet des images de la victime nue. Mais leur forfait choque les jeunes qui se mobilisent alors pour Zouhoura. A l’approche de la présidentielle, les tortionnaires de la jeune fille sont finalement arrêtés... pour s’évader aussitôt de la prison centrale de N’Djamena.« Ce qui ne peut se faire qu’avec des complicités de haut niveau, résume un avocat qui connaît bien le pénitencier. Depuis, personne ne semble vraiment les chercher. » Dans toutes ces affaires, Paris garde le silence. « Mais, estime Me Midaye Guerimdaye,la politique tchadienne ne peut se faire sans la France. Son ombre est toujours présente. La France ne dit rien. Et qui ne dit rien consent. C’est la France et la communauté internationale qui ont élu Déby, pas nous. »
“Le Tchad n’a pas de mouvement citoyen national.”Gilbert Maoundonodji, ancien militant des droits de l’homme.
Bien que longtemps militant des droits de l’homme, Gilbert Maoundonodji est, lui, très critique. Cet homme massif serré dans son costume-cravate semble sûr de lui :« C’est l’opposition qui a fait le jeu du pouvoir en allant aux élections sans garanties suffisantes. Il est logique que celui-ci ait exploité toutes les failles. » Ce politologue n’est pas très impressionné par le succès des opérations « ville morte ».« Tout le monde reste chez soi, personne ne prend aucun risque. Cela n’a aucun coût pour les gens », analyse-t-il. Il récuse la comparaison avec le Burkina.« Ce n’est pas en un jour qu’on fait la révolution. Les Burkinabés ont préparé longtemps la chute de leur président. Ils ont réussi à créer une société civile unie, cohérente, et leur armée était républicaine, du côté du peuple. Le Tchad, lui, est toujours victime de divisions ethniques, religieuses, régionales, tribales. Avec près de 200 partis, il n’existe pas de mouvement citoyen national. Nous sommes toujours en train de construire une citoyenneté. C’est l’opposition qui fait le lit du pouvoir. »
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N’Djamena, en avril 2013. Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, avec Idriss Déby, son partenaire dans la région pour la lutte contre le terrorisme.
Saleh Kebzabo
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 10:57

Le procès de Nuremberg, novembre 1945 – Octobre 1946, est le modèle de procès de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Il restera pour toujours un grand procès ayant une vocation historique et éducatif pour les contemporains et les générations futures.

Le procès de Nuremberg a montré une réelle volonté de rendre justice aux victimes et à leurs descendants.

Est – ce le cas pour le procès de Dakar ? La justice est-elle vraiment passée ?

1 – Et si on retenait le procès de Dakar comme une bouteille à moitié vide

Le procès de Dakar a, sans nul doute, un goût d’inachevé.

Pour la grande majorité des Tchadiens silencieux, ce sera une bouteille d’abord à moitié vide parce que tous les massacreurs n’ont pas été à la barre et ne sont pas encore jugés. La douleur, l’incompréhension et la rancœur sont toujours aussi vives pour les victimes vivantes que pour les familles de ceux qui n’ont pas survécus aux tortures.

S’il nous fallait faire un « tout petit » rappel historique du procès de Nuremberg, nous dirions ceci :

1) Hitler n’était pas présent mais ses proches lieutenants : Göering, Hess, Rebbentrop, Keitel, Kaltenbrünner, Rosenberg et tant d’autres furent jugés et condamnés.

2) Toutes les organisations « NAZI » : le NSDAP (le parti Nazi), La SS (groupe de protection), la SA (Section d’Assaut appelé aussi les chemises brunes), la SD (Service de sécurité), la Gestapo (police politique) furent déclarées criminelles.

Le seul fait d’être membre d’un de ces organisations faisait de la personne un criminel susceptible d’être poursuivi. Beaucoup l’ont été en effet.

A Dakar, nous avons tous bien vu le sommet de l’iceberg, le chef charismatique Mr Hissein Habré mais pas les autres. Les autres ? Qui sont-ils ? Ce sont :

  • les membres zélés de la DDS ;
  • les hauts responsables du parti-État l’UNIR ;
  • la police ethnique officieuse et parallèle ;
  • les zélés délateurs ;
  • les chefs militaires appartenant à l’ethnie au pouvoir ou issus d’autres communautés ayant fait allégeance au pouvoir en place ;
  • les conseillers qui ont conçu le plan de rétablissement de l’équilibre Nord-Sud. Certains étaient physiquement présents à Déli, kélo, Laï, Moundou, N’Djamena, Sarh, Mongo, Abéché, et Faya pour diriger et exécuter « Septembre Noir » appelé ironiquement « la Pacification du Sud » .

Pourquoi toutes ces personnes, membres de la DDS, organe de répressions de l’ancien régime, notoirement connus et reconnus de tous les survivants n’étaient-elles pas présentes à la barre à Dakar

Pourquoi n’ont-ils pas eu à s’inquiéter ? Est-ce par ce que, comme le disait Maître Delphine K. Djiraibé, avocate au barreau de N’Djamena (Cf. Article cité dans http://www. Le monde.fr/afrique/article/2016/02/10/…) à propos des massacres ciblés des gens du Sud

"Au prétexte de reconquérir le Sud, il a fait exécuter des milliers de civils. Au prétexte de rééquilibrer les pouvoirs entre les communautés du Nord [d’où est originaire Hissène Habré] et celles du Sud, il a tué les uns pour faire de la place aux autres »

C’est surtout parce qu’actuellement, tous sont en service après la chute de M. H. Habré. Sous la houlette du nouvel homme fort, l’appareil répressif du système déchu a été, restructuré, perfectionné et maintenu en activité avec et par ces mêmes individus. Ils ont eu, c’est sûr, encore droit aux mêmes conseils avisés des agents techniques envoyés par les mêmes parrains occidentaux (la France, les États Unis d’Amérique…).

Par ailleurs, n’oublions pas que le rapport de confiance, qui a existé entre certains dignitaires au pouvoir aujourd’hui et M. H. Habré persiste toujours. Cette confiance était scellée par des alliances matrimoniales voire tribo-claniques ancestrales.

Les Tchadiens savent que les dirigeants actuels du Tchad étaient, pour beaucoup des maillons importants du régime et du système politique, militaire et surtout sécuritaire de M. Habré.

Ils auraient dû tous être appelés à la barre, jugés et être condamnés de complicité, de tortures pour certains et de crime contre l’humanité pour d’autres.

Il est donc évident que le « Hitler tchadien » ne peut être seul responsable de la mort de ces 40 000 personnes. D’ailleurs ce chiffre est en dessous de la réalité.

Sans remettre en cause la sincérité du rapporteur, et l’énorme travail que lui et les autres membres de la commission ont effectué, n’ignorons pas que la commission d’enquête a été nommée, même si c’est sous la pression Internationale, par Idriss Deby, ancien chef des armées devenu successeur de Habré. On peut supposer que les actes commis, par lui, ont été minorés ou gommés.

Enfin, si nous considérons Mr Habré comme le Hitler tchadien, son successeur et ancien collaborateur, ayant joué tour à tour le rôle de Göering, Hess, Rebbentrop devait être jugé pour les mêmes faits : massacres de 1982 à nos jours dont celui de « Septembre noir », les crimes économiques liés aux détournements financiers massifs dont l’argent du pétrole tchadien organisé de manière systématique par lui-même et sa famille.

Et pourtant, le Statut des Chambres Africaines Extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour la poursuite des crimes internationaux commis au Tchad durant la période du 7 juin 1982 au 1ᵉʳ décembre 1990 dit clairement en son Article 10-Responsabilité pénale individuelle et défaut de pertinence de la qualité officielle (nous citons textuellement les paragraphes 2,3,4, et 5)

« Quiconque a commis, ordonné, planifié ou incité à commettre, ou de toute autre manière aidé et encouragé à planifier, préparer ou exécuter un crime visé aux articles 5 à 8 du présent Statut est individuellement responsable dudit crime en tant qu’auteur ou complice. »

« La qualité officielle d’un accusé, soit comme Chef d’État ou de Gouvernement, soit comme haut fonctionnaire, ne l’exonère en aucun cas de sa responsabilité pénale au regard du présent Statut, plus qu’elle ne constitue en tant que telle un motif d’atténuation de la peine encourue » (mis en gras par nous)

« Le fait que l’un quelconque des actes visés aux articles 5 à 8 du présent Statut ait été commis par un subordonné n’exonère pas son supérieur de sa responsabilité pénale s’il savait ou avait des raisons de savoir que le subordonné s’apprêtait à commettre cet acte ou l’avait fait et que le supérieur n’a pas pris les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher que ledit acte ne soit commis ou en punir les auteurs »

« Le fait qu’un accusé ait agi en exécution d’un ordre d’un gouvernement ou d’un supérieur ne l’exonère pas de sa responsabilité pénale mais peut être considéré comme un motif d’atténuation de la peine ».

Pourquoi Idriss Déby avait-il refusé le transfèrement des anciens responsables de la DDS sinon par peur que ces personnes apportent la preuve de sa propre implication dans les multiples massacres.

2 – Le procès de Dakar une lueur d’espoir mais, des questions sans réponses

En fait, ce procès soulève mille et une question :

  • Pourquoi Mr. I. DEBY et les véritables responsables des massacres de masse ne sont pas appelés à la barre ?
  • Pourquoi Mr. I.DEBY a financé ce procès ? N’a t – il pas acheté, voire commandé, ce procès pour se protéger ?
  • Dans la vie courante, quand on achète ou commande une marchandise à prix d’or, on réclame toujours un petit geste commercial en retour, une remise. La remise ne serait-elle pas, dans ce cas, de ne pas être jugé, de s’éterniser au pouvoir jusqu’à sa mort et d’obtenir la garantie de ne pas être, un jour inquiété par la CPI ou la CAE par exemple ?
  • Y a-t-il eu un « deal » entre H.HABRE et I.DEBY si non, pourquoi Habré a gardé un tel silence ?

Une réaction normale et humaine serait de se saisir enfin de cette occasion pour s’expliquer ou mieux, faire la peau à celui qui lui a arraché le pouvoir. Or, il garde un silence coupable, laissant sa femme se débattre comme un diable auprès des médias pour tenter de le blanchir de tout.

  • Déby et Habré se protègent t - ils mutuellement ? Contre quoi ? Contre qui ?
  • Habré a-t-il reçu des menaces ? Si oui de qui ?
  • L’élève Déby est-il devenu si puissant qu’il terrorise son ex-mentor le « Lion de L’Unir» ? Ou bien, les maîtres de la France-Afrique avaient-ils demandé à H. Habré de garder le silence durant le procès ? Crier « Abat la France-Afrique » ne veut rien dire. Car Habré tout comme Déby sont les enfants-chéris de la France-Afrique. Ils sont venus au pouvoir, chacun à son tour, dans les cargaisons de la barbouzerie commise d’office par la France-Afrique. Alors de qui et de quoi ont-ils peur?
  • Les juges d’instruction du procès de Dakar sont-ils libres. Pourquoi ont-ils refusé de poursuivre l’actuel président du Tchad alors qu’ils sont mandatés par la communauté internationale, les textes de la CEA leur en donne la possibilité ?
  • Pourquoi ne pas tout simplement le faire venir à la barre et l’interroger comme simple témoin assisté, tant qu’il est encore en exercice ?

Pour la plupart des tueries de masse (entre 1982-1990) dans le Sud-Tchad ou dans le Nord -Tchad après la reprise de Faya d’entre les mains du Gouvernement d’Union National du Tchad (GUNT) et son allier Libyen, le nom du chef d’état-major de H. Habré est souvent cité. Dans le cas de Faya, il serait devenu fou de rage, parce qu’il aurait perdu un de ses frères et pour se venger il aurait fusillé de ses propres mains, kalachnikov au point, plus de deux cents prisonniers (cette histoire mériterait une enquête de vérification). Les juges d’instruction de la Chambre Africaine Extraordinaire auraient pu pourtant obtenir l’information, en interrogeant les rescapés-survivants.

Le procès de Dakar n’a pas satisfait vraiment tout le monde. Mais il reste néanmoins une réelle avancée pour le peuple tchadien et plus particulièrement pour la jeunesse.

Désormais, aucun président tchadien ne pourra plus revivre tranquillement après avoir gouverné le pays en massacrant, humiliant grands et petits, volant et détournant les biens communs au profit de sa famille exclusivement

Même si aujourd’hui, ceux qui continuent de faire encore du mal à leur pays et leur concitoyen se pavanent avec une certaine insouciance et condescendance, l’histoire les rattrapera un jour. Le procès de l’ancien Président H. Habré planera sur eux comme une épée de Damoclès.

Enfin, ce procès est historique mais aussi éducatif pour la jeunesse, cette génération qui n’a pas vécu directement les événements de notre pays. Il va lui permettre une fois en responsabilité de ne pas réaliser le même scénario, de ne pas prendre le même chemin, de ne pas commettre les mêmes forfaitures que ceux qui dirigent depuis plus de 36 ans le pays.

Conclusion

La jeunesse tchadienne est la lueur d’espoir. Je leur chuchote cette citation de Kant :

«Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que suis-je permis d’espérer « ?

Cette citation mérite qu’ils s’y attardent car, à mon avis, elle est structurante et galvanisante à la fois.

Que puis-je connaître ? Absolument tout car tout est porté à votre connaissance. Il y a des milliers de boulevards d’informations. Aux jours d’aujourd’hui, il vous est possible de tout savoir, de tout connaître, de tout étudier et de tout expérimenter même la contestation.

Que dois-je faire ? Explorer tous les possibles sans jamais renoncer à vos droits, vous battre pour vous et pour les autres, pour qu’un monde meilleur s’ouvre à vous et pour un Tchad où vous aurez votre place à part entière.

Que suis-je permis d’espérer ? « N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites; décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux » (Épictète)

En somme, la jeunesse est d’abord d’audace car, il en faut pour agir ici et maintenant. Elle est aussi synonyme de Liberté, de passion, de courage et d’intelligence.

Marguerite-Odile Kabatchang

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 10:57

Le procès de Nuremberg, novembre 1945 – Octobre 1946, est le modèle de procès de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Il restera pour toujours un grand procès ayant une vocation historique et éducatif pour les contemporains et les générations futures.

Le procès de Nuremberg a montré une réelle volonté de rendre justice aux victimes et à leurs descendants.

Est – ce le cas pour le procès de Dakar ? La justice est-elle vraiment passée ?

1 – Et si on retenait le procès de Dakar comme une bouteille à moitié vide

Le procès de Dakar a, sans nul doute, un goût d’inachevé.

Pour la grande majorité des Tchadiens silencieux, ce sera une bouteille d’abord à moitié vide parce que tous les massacreurs n’ont pas été à la barre et ne sont pas encore jugés. La douleur, l’incompréhension et la rancœur sont toujours aussi vives pour les victimes vivantes que pour les familles de ceux qui n’ont pas survécus aux tortures.

S’il nous fallait faire un « tout petit » rappel historique du procès de Nuremberg, nous dirions ceci :

1) Hitler n’était pas présent mais ses proches lieutenants : Göering, Hess, Rebbentrop, Keitel, Kaltenbrünner, Rosenberg et tant d’autres furent jugés et condamnés.

2) Toutes les organisations « NAZI » : le NSDAP (le parti Nazi), La SS (groupe de protection), la SA (Section d’Assaut appelé aussi les chemises brunes), la SD (Service de sécurité), la Gestapo (police politique) furent déclarées criminelles.

Le seul fait d’être membre d’un de ces organisations faisait de la personne un criminel susceptible d’être poursuivi. Beaucoup l’ont été en effet.

A Dakar, nous avons tous bien vu le sommet de l’iceberg, le chef charismatique Mr Hissein Habré mais pas les autres. Les autres ? Qui sont-ils ? Ce sont :

  • les membres zélés de la DDS ;
  • les hauts responsables du parti-État l’UNIR ;
  • la police ethnique officieuse et parallèle ;
  • les zélés délateurs ;
  • les chefs militaires appartenant à l’ethnie au pouvoir ou issus d’autres communautés ayant fait allégeance au pouvoir en place ;
  • les conseillers qui ont conçu le plan de rétablissement de l’équilibre Nord-Sud. Certains étaient physiquement présents à Déli, kélo, Laï, Moundou, N’Djamena, Sarh, Mongo, Abéché, et Faya pour diriger et exécuter « Septembre Noir » appelé ironiquement « la Pacification du Sud » .

Pourquoi toutes ces personnes, membres de la DDS, organe de répressions de l’ancien régime, notoirement connus et reconnus de tous les survivants n’étaient-elles pas présentes à la barre à Dakar

Pourquoi n’ont-ils pas eu à s’inquiéter ? Est-ce par ce que, comme le disait Maître Delphine K. Djiraibé, avocate au barreau de N’Djamena (Cf. Article cité dans http://www. Le monde.fr/afrique/article/2016/02/10/…) à propos des massacres ciblés des gens du Sud

"Au prétexte de reconquérir le Sud, il a fait exécuter des milliers de civils. Au prétexte de rééquilibrer les pouvoirs entre les communautés du Nord [d’où est originaire Hissène Habré] et celles du Sud, il a tué les uns pour faire de la place aux autres »

C’est surtout parce qu’actuellement, tous sont en service après la chute de M. H. Habré. Sous la houlette du nouvel homme fort, l’appareil répressif du système déchu a été, restructuré, perfectionné et maintenu en activité avec et par ces mêmes individus. Ils ont eu, c’est sûr, encore droit aux mêmes conseils avisés des agents techniques envoyés par les mêmes parrains occidentaux (la France, les États Unis d’Amérique…).

Par ailleurs, n’oublions pas que le rapport de confiance, qui a existé entre certains dignitaires au pouvoir aujourd’hui et M. H. Habré persiste toujours. Cette confiance était scellée par des alliances matrimoniales voire tribo-claniques ancestrales.

Les Tchadiens savent que les dirigeants actuels du Tchad étaient, pour beaucoup des maillons importants du régime et du système politique, militaire et surtout sécuritaire de M. Habré.

Ils auraient dû tous être appelés à la barre, jugés et être condamnés de complicité, de tortures pour certains et de crime contre l’humanité pour d’autres.

Il est donc évident que le « Hitler tchadien » ne peut être seul responsable de la mort de ces 40 000 personnes. D’ailleurs ce chiffre est en dessous de la réalité.

Sans remettre en cause la sincérité du rapporteur, et l’énorme travail que lui et les autres membres de la commission ont effectué, n’ignorons pas que la commission d’enquête a été nommée, même si c’est sous la pression Internationale, par Idriss Deby, ancien chef des armées devenu successeur de Habré. On peut supposer que les actes commis, par lui, ont été minorés ou gommés.

Enfin, si nous considérons Mr Habré comme le Hitler tchadien, son successeur et ancien collaborateur, ayant joué tour à tour le rôle de Göering, Hess, Rebbentrop devait être jugé pour les mêmes faits : massacres de 1982 à nos jours dont celui de « Septembre noir », les crimes économiques liés aux détournements financiers massifs dont l’argent du pétrole tchadien organisé de manière systématique par lui-même et sa famille.

Et pourtant, le Statut des Chambres Africaines Extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour la poursuite des crimes internationaux commis au Tchad durant la période du 7 juin 1982 au 1ᵉʳ décembre 1990 dit clairement en son Article 10-Responsabilité pénale individuelle et défaut de pertinence de la qualité officielle (nous citons textuellement les paragraphes 2,3,4, et 5)

« Quiconque a commis, ordonné, planifié ou incité à commettre, ou de toute autre manière aidé et encouragé à planifier, préparer ou exécuter un crime visé aux articles 5 à 8 du présent Statut est individuellement responsable dudit crime en tant qu’auteur ou complice. »

« La qualité officielle d’un accusé, soit comme Chef d’État ou de Gouvernement, soit comme haut fonctionnaire, ne l’exonère en aucun cas de sa responsabilité pénale au regard du présent Statut, plus qu’elle ne constitue en tant que telle un motif d’atténuation de la peine encourue » (mis en gras par nous)

« Le fait que l’un quelconque des actes visés aux articles 5 à 8 du présent Statut ait été commis par un subordonné n’exonère pas son supérieur de sa responsabilité pénale s’il savait ou avait des raisons de savoir que le subordonné s’apprêtait à commettre cet acte ou l’avait fait et que le supérieur n’a pas pris les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher que ledit acte ne soit commis ou en punir les auteurs »

« Le fait qu’un accusé ait agi en exécution d’un ordre d’un gouvernement ou d’un supérieur ne l’exonère pas de sa responsabilité pénale mais peut être considéré comme un motif d’atténuation de la peine ».

Pourquoi Idriss Déby avait-il refusé le transfèrement des anciens responsables de la DDS sinon par peur que ces personnes apportent la preuve de sa propre implication dans les multiples massacres.

2 – Le procès de Dakar une lueur d’espoir mais, des questions sans réponses

En fait, ce procès soulève mille et une question :

  • Pourquoi Mr. I. DEBY et les véritables responsables des massacres de masse ne sont pas appelés à la barre ?

  • Pourquoi Mr. I.DEBY a financé ce procès ? N’a t – il pas acheté, voire commandé, ce procès pour se protéger ?
  • Dans la vie courante, quand on achète ou commande une marchandise à prix d’or, on réclame toujours un petit geste commercial en retour, une remise. La remise ne serait-elle pas, dans ce cas, de ne pas être jugé, de s’éterniser au pouvoir jusqu’à sa mort et d’obtenir la garantie de ne pas être, un jour inquiété par la CPI ou la CAE par exemple ?

  • Y a-t-il eu un « deal » entre H.HABRE et I.DEBY si non, pourquoi Habré a gardé un tel silence ?

Une réaction normale et humaine serait de se saisir enfin de cette occasion pour s’expliquer ou mieux, faire la peau à celui qui lui a arraché le pouvoir. Or, il garde un silence coupable, laissant sa femme se débattre comme un diable auprès des médias pour tenter de le blanchir de tout.

  • Déby et Habré se protègent t - ils mutuellement ? Contre quoi ? Contre qui ?
  • Habré a-t-il reçu des menaces ? Si oui de qui ?
  • L’élève Déby est-il devenu si puissant qu’il terrorise son ex-mentor le « Lion de L’Unir» ? Ou bien, les maîtres de la France-Afrique avaient-ils demandé à H. Habré de garder le silence durant le procès ? Crier « Abat la France-Afrique » ne veut rien dire. Car Habré tout comme Déby sont les enfants-chéris de la France-Afrique. Ils sont venus au pouvoir, chacun à son tour, dans les cargaisons de la barbouzerie commise d’office par la France-Afrique. Alors de qui et de quoi ont-ils peur?
  • Les juges d’instruction du procès de Dakar sont-ils libres. Pourquoi ont-ils refusé de poursuivre l’actuel président du Tchad alors qu’ils sont mandatés par la communauté internationale, les textes de la CEA leur en donne la possibilité ?
  • Pourquoi ne pas tout simplement le faire venir à la barre et l’interroger comme simple témoin assisté, tant qu’il est encore en exercice ?

Pour la plupart des tueries de masse (entre 1982-1990) dans le Sud-Tchad ou dans le Nord -Tchad après la reprise de Faya d’entre les mains du Gouvernement d’Union National du Tchad (GUNT) et son allier Libyen, le nom du chef d’état-major de H. Habré est souvent cité. Dans le cas de Faya, il serait devenu fou de rage, parce qu’il aurait perdu un de ses frères et pour se venger il aurait fusillé de ses propres mains, kalachnikov au point, plus de deux cents prisonniers (cette histoire mériterait une enquête de vérification). Les juges d’instruction de la Chambre Africaine Extraordinaire auraient pu pourtant obtenir l’information, en interrogeant les rescapés-survivants.

Le procès de Dakar n’a pas satisfait vraiment tout le monde. Mais il reste néanmoins une réelle avancée pour le peuple tchadien et plus particulièrement pour la jeunesse.

Désormais, aucun président tchadien ne pourra plus revivre tranquillement après avoir gouverné le pays en massacrant, humiliant grands et petits, volant et détournant les biens communs au profit de sa famille exclusivement

Même si aujourd’hui, ceux qui continuent de faire encore du mal à leur pays et leur concitoyen se pavanent avec une certaine insouciance et condescendance, l’histoire les rattrapera un jour. Le procès de l’ancien Président H. Habré planera sur eux comme une épée de Damoclès.

Enfin, ce procès est historique mais aussi éducatif pour la jeunesse, cette génération qui n’a pas vécu directement les événements de notre pays. Il va lui permettre une fois en responsabilité de ne pas réaliser le même scénario, de ne pas prendre le même chemin, de ne pas commettre les mêmes forfaitures que ceux qui dirigent depuis plus de 36 ans le pays.

Conclusion

La jeunesse tchadienne est la lueur d’espoir. Je leur chuchote cette citation de Kant :

«Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que suis-je permis d’espérer « ?

Cette citation mérite qu’ils s’y attardent car, à mon avis, elle est structurante et galvanisante à la fois.

Que puis-je connaître ? Absolument tout car tout est porté à votre connaissance. Il y a des milliers de boulevards d’informations. Aux jours d’aujourd’hui, il vous est possible de tout savoir, de tout connaître, de tout étudier et de tout expérimenter même la contestation.

Que dois-je faire ? Explorer tous les possibles sans jamais renoncer à vos droits, vous battre pour vous et pour les autres, pour qu’un monde meilleur s’ouvre à vous et pour un Tchad où vous aurez votre place à part entière.

Que suis-je permis d’espérer ? « N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites; décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux » (Épictète)

En somme, la jeunesse est d’abord d’audace car, il en faut pour agir ici et maintenant. Elle est aussi synonyme de Liberté, de passion, de courage et d’intelligence.

Marguerite-Odile Kabatchang

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 01:24

Déclaration de clôture du forum de l’opposition sur l’alternance démocratique


Réunie les 08 et 09 juillet en plénière sous la bannière du Front de l’Opposition pour la République, le Changement et l’Egalité (FORCE) au cours de la journée de réflexion sur l’alternance au Tchad, l’opposition démocratique ayant rejeté le holdup électoral du 10 avril 2016, a passé en revue la situation sociale, économique, financière et politique du pays et s’est résolue sur une position commune sur l’issue de cette crise.


Il ressort de cette journée de réflexion les constats suivants :

Ø Une situation explosive sur le plan social marquée par une grogne de toutes les catégories socioprofessionnelles,

Ø Une situation économique et financière caractérisée par une banqueroute totale à cause d’une gestion hasardeuse et calamiteuse, symptôme d’un régime qui fait de l’accaparement de ressources nationales, de détournement de deniers publics, de la corruption et du népotisme un mode de gouvernance,

Ø Une situation politique extrêmement délétère caractérisée par la confiscation du pouvoir par la fraude, la force et la terreur depuis plus d’un quart de siècle par Monsieur Déby et son passage en force toute honte bue par un holdup électoral au vu et au su du monde, qui va se concrétiser par une parodie d’investiture le 0 8 aout prochain,

Face à cette situation d’une extrême gravité, il appartient au peuple tchadien et surtout à la jeunesse patriotique tchadienne de se mobiliser résolument afin de se libérer de ce système mafieux et dictatorial qui n’a d’autres objectifs que de l’asservir. Il faut avoir le courage d’affronter par des actions citoyennes et pacifiques la dictature obscurantiste du régime MPS, le démanteler et de remettre le processus démocratique en marche.

Par conséquent, l’opposition démocratique fidèle à sa mission patriotique et républicaine, confiante par l’efficacité de la lutte politique pacifique et convaincue par la capacité du peuple tchadien à avoir un sursaut national afin de prendre des mesures courageuses, seul moyen d’éviter le recours à la violence armée pour résoudre les problèmes, s’engage à œuvrer d’une part à :

1- La tenue des assisses nationales inclusives avec les forces politiques, sociales et politico-militaires afin de jeter les bases d’une République véritablement démocratique,

2- La mise en place d’une transition politique

3- La révision des lois fondamentales : constitution, grandes institutions (cour suprême, conseil constitutionnel, HCC, lois sur les partis politiques, CENI, code électoral…)

4- La refondation de l’armée pour une armée véritablement nationale et républicaine,

5- L’ouverture de l’espace politique et médiatique à tous les courants politiques et sociaux,

6- La tenue d’une nouvelle élection libre, transparente et crédible sous l’auspice de la communauté internationale.


Et d’autre part à poursuivre inlassablement la lutte par des actions citoyennes et pacifiques.

Par ailleurs, l’opposition démocratique appelle tous les partis politiques de l’opposition réelle et la société civile combattante à unir leurs forces pour une synergie d’action afin de relever les immenses défis qui l’attendent. Appelle les populations tchadiennes éprises de changement à rester mobilisées et à répondre promptement aux mots d’ordre qu’elle va lancer avant et après le 08 aout.

En fin, l’opposition démocratique attire l’attention de la communauté internationale sur le danger que court actuellement le Tchad à cause de leur refus de reconnaitre la nature dictatoriale et répressive du régime d’Idriss Deby qui en 26 ans de règne a sapé les bases socioéconomiques et politiques, compromis le respect de droits de l’Homme, bafoué les droits et confisqué les libertés. Salue la déclaration du conseil de l’Internationale socialiste du 02 juillet 2016 sur le résultat fallacieux de l’élection présidentielle du 10 avril au Tchad.

Fait à N’Djamena le 09 juillet 2016

L’Opposition démocratique

Makaila NGUEBLA
Journaliste -Blogueur /Militant des Droits de l'Homme
Média Citoyen en exil
http://www.makaila.fr

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 12:24

Alors que le verdict du procès d'Hissène Habré a été prononcé le 30 mai 2016, le condamnant à perpétuité pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre, actes de torture et viols, l'ONG ...

http://survie.org/francafrique/tchad/article/responsabilites-francaises-dans-5125

Alors que le verdict du procès d’Hissène Habré a été prononcé le 30 mai 2016, le condamnant à perpétuité pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre, actes de torture et viols, l’ONG Human Rights Watch, qui a porté ce procès et mené des enquêtes, a publié deux rapports l’un concernant le soutien de la France, l’autre celui des Etats-Unis [1], au régime d’Hissène Habré.

Le rapport très documenté « Allié de la France, condamné par l’Afrique, Les relations entre la France et le régime tchadien de Hissène Habré (1982-1990) » rédigé par Henri Thulliez, souligne le soutien diplomatique et militaire dont a bénéficié Habré, soutien qui a contribué au maintien au pouvoir du dictateur et s’est opéré via un volet militaire particulièrement développé : livraison d’armes, formations, interventions militaires, soutien logistique…
Si le volume de l’aide militaire reste flou, les livraisons de matériel militaire ont été constantes et conséquentes. Le rapport en détaille un certain nombre et précise qu’une seule livraison a été réglée par l’État tchadien, en 1990 (p. 66). Sur place, l’armée française participe à l’entretien du matériel. Par ailleurs, des avions français Transall ont servi au transport de prisonniers de Habré, ceux-ci étant plus discrets. Des formations sont dispensées à l’armée tchadienne, à la DDS et une école d’officiers est mise en place dès 1985. Parmi les bénéficiaires de formation, Idriss Déby, puis Guihini Korei, ancien directeur de la DDS qui offrira ensuite ses services au Togo, surnommé alors « le cimetière ambulant », ont été accueillis en France à l’Ecole supérieure de guerre.
Des priorités géostratégiques, notamment des enjeux d’influence face à la Libye et aux Etats-Unis, ont justifié une politique d’appui à un régime coupable de crimes que les autorités françaises ne pouvaient ignorer.

Pour Survie, ce rapport étaye ce que notre association a sans cesse dénoncé et interpelle sur les responsabilités françaises pendant la période Habré. Mais il interpelle aussi sur le soutien actuel de la France au régime de Déby. Dans le cas du régime de Habré, comme de celui de Déby, le soutien se justifie par des enjeux géostratégiques, et s’opère via la dimension militaire. Aujourd’hui, les enjeux de la guerre contre le terrorisme justifient le soutien et l’alliance militaire renforcés avec un régime qui terrorise sa population.
Depuis 1990 où la France a misé sur Déby contre Habré, proche des Etats-Unis,le soutien militaire au régime de Déby, tel que le détaille le dossier publié récemment par Survie, se poursuit sans discontinuité et contribue largement au maintien au pouvoir de Déby : maintien de l’opération Epervier – désormais Barkhane qui contribue au renseignement et fournit un appui logistique, formations, interventions militaires qui ont permis à Déby de se maintenir au pouvoir, notamment en 2008...
Cependant, depuis 26 ans, différentes ONG, comme, parmi d’autres, Amnesty International, la FIDH, la Convention Tchadienne de défense des droits de l’homme, signalent régulièrement de graves violations des droits de l’Homme au Tchad et Survie dénonce ce soutien à la dictature tchadienne. Ces derniers mois, dans le contexte électoral, les pratiques répressives illustrent de nouveau les réalités de ce régime : tirs contre les manifestants, liberté d’expression quasi inexistante, menaces contre la société civile, arrestations arbitraires… Un rapport d’Amnesty alerte sur la disparition de militaires tchadiens qui n’auraient pas « bien » voté lors des élections.

Une telle proximité questionne sur les responsabilités de la France au Tchad, à travers sa coopération militaire. Nous demandons aux parlementaires d’ouvrir une commission d’enquête sur les responsabilités françaises dans les exactions et crimes contre l’humanité ou crimes de guerre commis au Tchad sous le régime de Habré, et dans les exactions du régime de Déby depuis 1990.

[1] Enabling a dictator : The United States and Chad’s Hi

#Tchad, #Survie, #France

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 01:06

agenda africain, Ile de France, juillet 2016

agenda des actions africaines en région parisienne de juillet 2016 et présenté par départements puis pas or

Anniversaire, commémoration, journées mondiales …

le 1er juillet : Fête nationale du Burundi (1962)

le 1er juillet : Fête nationale du Rwanda

le 5 juillet : Fête nationale du Cap Vert

le 5 juillet : Fête nationale de l'Algérie : L'indépendance de l'Algérie a été proclamée le 5 juillet 1962 après l'achèvement de la guerre de libération nationale

le 6 juillet : Fête de l'indépendance du Malawi

le 6 juillet : Fête nationale des Comores

le 8 juillet : Journée internationale des coopératives (1945)

le 11 juillet : Journée mondiale de la population

le 12 juillet : Fête nationale de Sao Tomé et Principe

le 23 juillet : Fête nationale d'Egypte

le 26 juillet : Fête de l'indépendance du Libéria

le 30 juillet : Célébration Trône du Roi du Maroc

le 31 juillet : Journée Internationale de la Femme Africaine promulguée par l’ONU et l’OUA Le 31 juillet 1963

Actions situées à Paris (75)

jusqu'au 21 décembre de 11h à 19h (sauf mardi et jeudi) : Exposition Chefs-d'œuvre d'Afrique dans les collections du musée Dapper - Des pièces majeures sélectionnées uniquement à partir du fonds Dapper et qui sont présentées ensemble pour la première fois et qui puisent leurs significations dans les cultures de l'Afrique centrale ou dans celles de l'Afrique de l'Ouest. La collection du musée se caractérise par la diversité des provenances géographiques et par l'ancienneté. L'exposition, qui comprend quelque 130 pièces, présente des œuvres majeures. Certaines sont uniques et n'ont aucun équivalent dans le monde, telles des sculptures du Gabon ( Fang, Kota, Punu...) du Cameroun (Bangwa), du Bénin (Fon), ou encore du Mali (Dogon, Soninke) - Lieu : Musée Dapper, 35 bis, rue Paul Valéry, Paris 16è - Rens. 01 45 02 16 02 - 01 45 00 07 48 comexpo@dapper.fr www.dapper.com.fr

jusqu'au 28 août, mardi - vendredi : 10h-18h, samedi, dimanche et jours fériés : 10h-19h : Exposition : Bijoux et parures du Maghreb. Les parures féminines du Maroc, d’Algérie, et de Tunisie se distinguent par un riche corpus : ornements de tête, temporaux, boucles d’oreille, colliers, fibules, bracelets et anneaux de chevilles qui revêtent une fonction utilitaire, ornementale mais aussi protectrice. La variété de leurs formes, de leurs décors et de leurs techniques témoigne de la diversité des peuples et de l’identité des régions qui constituent cette région. - tarif 4€ à 8€ - Lieu : Musée de l'IMA (Institut du monde arabe), 7e étage, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard Place Mohammed-V, Paris 5è, M° Jussieu ou Cardinal Lemoine à 550m- Rens. 01 40 51 38 14 http://www.imarabe.org/

jusqu'au 11 juillet : Exposition : Seydou Keïta (1921-2001) : Elle aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands photographes de la deuxième moitié du XXe siècle. La valorisation de ses sujets, la maîtrise du cadrage et de la lumière, la modernité et l'inventivité de ses mises en scène lui ont valu un immense succès. Il prend sa retraite en 1977, après avoir été le photographe officiel d'un Mali devenu indépendant. Son œuvre constitue un témoignage exceptionnel sur la société malienne de son époque. - Lieu : Grand Palais, 3 Avenue du Général Eisenhower, Paris 8ème - Rens. Source http://www.sudplateau-tv.fr/

jusqu'au lundi 29 août, lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi de 11h à 21h : Exposition "Habiter le campement Architectures de nomades, de voyageurs, d'infortunés, d'exilés, de conquérants et de contestataires" L’exposition interroge le rapport entre la notion d’habitat, qui implique une pérennité, et celle du campement, qui suppose un état provisoire. Cela dans le but de montrer que des contextes politiques, économiques et environnementaux ont conduit des milliers de personnes à s’établir et à s’organiser de manière durable dans des campements, pour « habiter » les camps et « faire ville ». - Tarif : de gratuit à 8€ - Lieu : 1 Place du Trocadéro et du 11 novembre, Paris 16è - Rens. 01 58 51 52 00 dsi@citechaillot.fr http://www.citechaillot.fr

jusqu'au 29 juillet, du mardi au dimanche de 14h30 à 18h30 : Exposition « Hugo Pratt- Jean-Claude Guilbert, l’Amitié mystérieuse… sur les traces de Corto Maltese » A la découverte du parcours exceptionnel dʼun des plus grands créateurs de bandes dessinées et illustrateur du XXème siècle, le père de Corto Maltese; et de son ami explorateur et compère en Abyssinie. Plus de 150 documents, photographies, illustrations inédites, aquarelles, objets et films. Fermé les dimanches de juillet et le 14 juillet. PAF: 5 €; 4,5€ et 4€. - Lieu : Espace Reine de Saba, 30, rue Pradier 75019 Paris 19è, M° Pyrénées ou Buttes-Chaumont - Rens. 01 43 57 93 92 reinedesaba2@orange.fr www.espacereinedesaba.org

jusqu'au 14 août du mardi au jeudi de 13h à 20h, le vendredi de 16h à 20h, le samedi et dimanche de 10h à 20h : Exposition Effervescence, rassemble des œuvres d’artistes produites dans le contexte de mutation et de maturation que traverse actuellement la Tunisie. Entre dynamiques prometteuses, risques réels et tensions créatives, l’art y est un enjeu démocratique de premier plan. Les douze artistes sélectionnés par la commissaire d’exposition Michket Krifa explorent, à travers leurs œuvres, de nouvelles voies possibles vers une société plus démocratique. - Vernissage le 3 mai à 19h - Lieu : Institut des Cultures d’Islam, 19 rue Léon, Paris 18è, M° Château Rouge - Rens. 01 53 09 99 84 accueil@institut-cultures-islam.org http://www.institut-cultures-islam.org/

jusqu’au 23 juillet 2016 de 9h à 12h et de 15h à 18h30 du mardi au samedi : Exposition "Transhumance" par Design for Peace, c’est tout d’abord une résidence de création de deux mois, à Ouagadougou, réunissant 17 artisans réfugiés touaregs et 6 jeunes designers français. L’exposition Transhumance présente la première collection d’objets issus de cette collaboration, passerelle entre deux univers esthétiques: l’héritage artisanal touareg et la jeune création européenne. Seront donnés à voir de magnifiques objets mêlant cuir, bois, métal, fibres végétales mais aussi tout ce qui constitue le cheminement créatif (esquisses, dessins, essais de matières ou de tissage, etc.) comme autant de questionnements sensibles pour aboutir à un prototype. Destinée à un développement commercial, cette collection est le symbole pour les réfugiés touaregs d’une reconnaissance de leurs talents et de leur dignité. - Vernissage : samedi 4 juin à 18h - Lieu : Galerie Made in Town, 58 rue du Vertbois, Paris 3è - Rens 06 25 04 62 29 contact@designforpeace.org www.designforpeace.org et Mariette Chapel 06 74 32 29 96 mariette@afrikatiss.org www.afrikatiss.org

jusqu'au dimanche 3 juillet : Tiss'Ame" Un peu d'Afrique à Montmarte" : En décembre dernier, nous avions invité quelques amis créateurs et artistes pour vous proposer des ventes de Noël au cœur de Montmartre. Après une première édition couronnée de succès nous nous sommes associées avec Nelly (Juneshop) et Mohéna (Ohéa) pour une deuxième édition qui accueillera l'été en couleurs. Une pop-up street ? C’est le pari fou de cette 2ème édition ! : 5 boutiques, 5 univers uniques, 13 jours de shopping, de culture et de happenings totalement métissés ! Le tout joyeusement orchestré par des artistes et des créateurs inspirés par l’Afrique et ses savoir-faire ! Des créations des 4 coins du monde vous attendent, ainsi que notre nouvelle collection Nomad Anansé. De la musique, au Hair Show de folie... de la visite du Paris afro, à la dégustation de champagne... il n'y a qu'un pas ! - Lieu 2/ 4/ 4bis/ 5/ 6 rue Androuet, Paris 18è, M° Abbesses ou Pigalle - Rens. : Alice 06 95 88 37 79 antonia@tissame.com

jusqu'au 27 août, du mardi au samedi à 21h : Représentation de "Africa Mandela" : Un homme est assis. Il est la mémoire de Mandela. Une femme surgit. Elle est journaliste reporter. Elle a rendez-vous avec l’Histoire. Cette pièce est un hommage à Nelson Mandela et à son combat contre l’apartheid. Dans une mise en scène inspirée par l’univers de la boxe, elle confronte le regard de l’Homme Noir, porteur de la mémoire de Mandela, avec celui de l’Homme Blanc. Texte de Jean-Jacques Abel Greneau, mise en scène de Katy Grandi - Contact presse Marie-Hélène Brian / 01 42 81 35 23 mhbrian@orange.fr - tarif de 26€ à 11€ - lieu 53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6è, M° Notre-Dame-des-Champs, Vavin ou Saint-Placide, ou Edgar Quinet - Rens. : 01 45 44 57 34 relations-publiques@lucernaire.fr www.lucernaire.fr

jusqu'au 8 juillet du lundi au vendredi de 10h à 17h, le jeudi jusqu’à 19h et le samedi de 10h à 12h30 : Exposition de Peinture et Photographies exposition l’afrique au-delà des masques - Photographies : Emeka Udemba, Nigeria, Baudouin Mouanda, Congo-Brazzaville, Sculptures en bronze du Burkina Faso, M. Bilgo, Y. Boukoungou, H. Congo, S. Dermé, S. Gandema, Y. Gandema, I. Guiré, Y. Touré, A. Zongo, Dessins à l’encre de Chin - Peintures : Yao Metsoko, Togo, François Mafoua, Congo-Brazzaville, A. Aïdara, Piniang, S.Mbaye, Camara, B.Ndiaye, Camara Gueye, M.Baydi, Sénégal, Stéphanie Badonnel, France- La Réunion, Emile Youmbi, Cameroun - Lieu : Salle des fêtes de la Mairie du 16e, 71 av Henri Martin, Paris 16è, M° Rue de la Pompe - Rens. A. Minart, 06 60 24 06 26, audeminart@hotmail.com, sera présente tout au long de l’exposition - www.mairie16.paris.fr www.lagalerieafricaine.com

jusqu'au 31 août, activités gratuites dans le jardin du musée. Contes, lectures et ateliers en famille sont régulièrement organisés, gratuitement et sans réservation, dans le cadre de Jardin d’été. Si vous souhaitez venir avec un groupe durant les vacances d’été, il est possible de réserver une visite en autonomie (gratuite), une visite contée ou une visite guidée (35€) - Les visites de sensibilisation reprendront en octobre. - Lieu : Musée du Quai Branly - 37, Quai Branly, Paris 7ème. - Réservation uniquement au 01 56 61 71 72 publics@info.quaibranly.fr www.quaibranly.fr

Boîte de réception

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Jean Paul VANHOOVE <jp.vanhoove@wanadoo.fr>

23:19 (Il y a 1 heure)

À agenda

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 01:15

L’organisation américaine des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), a fin publié son rapport tant attendu qui pointe la responsabilité de Paris d’avoir soutenu et aidé Hissein Habré, lorsqu’il était aux affaires dans les années 80.

Ce rapport qui éclaire l’opinion publique la responsabilité historique de Paris, ne doit pas occulter la tragédie actuelle sous Idriss Deby où les Tchadiens subissent les mêmes faits dans une ère démocratique.Seulement, il intervient 26 ans après.

La responsabilité de Paris est connue de nombreux Tchadiens à cette époque où le Tchad avait besoin du soutien militaire, politique et diplomatique de l’allié français pour la reconquête du nord du pays occupé par la Libye. Ce qui a,semble-t-il, justifié le silence de la France sur les atteintes aux droits humains.

Mais aujourd’hui, le problème se pose toujours avec acuité. La France et les organisations internationales de défense des droits humains continuent à fermer tristement les yeux sur la dégradation spectaculaire des droits humains et des libertés sous Idriss Deby, présenté comme l’allié des occidentaux.

De 1990 à 2016 : pas grand changement au Tchad
Les Tchadiens attendent à ce que Human Rights Watch jette un regard croisé sur les atrocités actuelles au Tchad où la situation n’a pas du tout changé.

La répression, les arrestations, les détentions illégales continuent. Les prisonniers croupissent dans des geôles dans l’indifférence générale. Aucune amélioration n’est observée depuis l’avènement d’Idriss Deby au pouvoir.

Il faut aider donc les Tchadiens à renoncer avec la culture de violence comme mode d’accession au pouvoir pour privilégier le respect des droits humains et des libertés fondamentales qui fonde la cohésion sociale et l’unité nationale.

Comme me disait discrètement quelqu’un, l’organisation Human Rights Watch va désormais se consacrer à Idriss Deby. On l’espère bien !

Makaila.fr

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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 01:20

Hamid Chriet, éditorialiste-Géopolitologue

Le scrutin présidentiel a été marqué par de fortes tensions entre le pouvoir, l’opposition et la société civile. Plus de deux mois après l’élection présidentielle au Tchad , la situation politique du pays traverse une crise profonde de l'intérieur. Candidat à sa propre succession, le Président Tchadien qui est au pouvoir depuis plus de 25 ans , va donc rempiler pour un cinquième mandat. Face au trucage électoral l'oppostion avait décidé de réagir en formant un gouvernement de salut public ,sous l'implusion du chef de file de l'opposition Saleh Kebzabo président de l'Union nationale pour le développement et le renouveau( UNDR).

Cette élection a suscité entre Paris et Ndjemena plusieurs inquiétudes. La première fut la disparition des militaires Tchadiens . La France avait exprimé à ce sujet sa vif inquiétude par la voie du Porte Parole du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal déclarant le 12 Mai 2016 que Paris « s’inquiète, comme ses partenaires de la communauté internationale, des disparitions signalées par les organisations de défense des droits de l’homme, de militaires tchadiens ».

Alors que la France avait appelé, les autorités tchadiennes à faire toute la lumière sur la disparition de militaire , le pouvoir de Ndjamena semble fait la sourde d'oreille, les familles de victimes , quant à elles n’ont toujours pas eu de nouvelles malgré l'ouverture d'une enquête par le ministre de l'intérieur Tchadien.

Pus récemment l'opposant Mahamat Ahmat Lazina avait dû quitter le Tchad pour le Cameroun le 29 avril, avec l’aide de la représentation de l’Union européenne (UE) à N’Djamena. Cette fuite en avant fut à cause de son engagement politique contre le pouvoir. La France l'avait exfiltré en lui accordant un visa depuis le Benin. Une autre tâche entre Ndjaména et Paris , se dessine , celle du viol collectif de Zouhoura par des hauts dignitaires du régime. La vive polémique sur l'impunité des familles conduit le Président Déby à sortir de sa réserve jusqu' a là, assurant " qu'il condamne fermement cet acte et rassure toutes les filles, toutes les mères, tous les jeunes, bref tous les Tchadiens que justice sera rendue et que plus jamais cela ne se répétera ". Poutant jusqu'à là rien n'est fait, pire encore les coupables du viol auraient, semble t'il échappé à la geôle de l'armée tchadienne, une chose pour le moins rocambolesque.

Cette situation d'agacement et préoccupante, face aux inégalités et aux injustices que ressentent les populations, doivent nous conduire à être vigilants quant à la stabilité du Tchad et de sa sécurité.

En effet, de plus en plus de jeunes tchadiens sans repère, sans espoir, face au changement que l'on leur avait promis lors des élections n’a pas eu lieu. Bien au contraire ce fut une mascarade électorale sans surprise, déclarant vainqueur pour un cinquième mandat le Président Idriss Déby au pouvoir depuis plus de 25 ans.

Ce climat, a favorisé l'émergence d'une radicalisation au sein de la population qui ne voit le salut que par les armes. En effet les politico militaires sont d'ores dèja aux côtés du nord et de l’est du pays, par des groupes armés qui se mobilisent aux frontières tchado-libyennes et tchado-soudanaises.

Le risque de contagion semble se dessiner dans la sous-région. Il faut impérativement négocier avec le Président Debby sur un éventuel asile en France, ou dans un autre pays, permettant à celui-ci d'avoir des gages pour sa propre sécurité.

D'autre part, il faut créer un gouvernement d'Union Nationale avec les différentes composantes ethniques du Tchad à fin de rédiger une nouvelle constitution qui proposera un système de quota ethnique garantissant la pluralité. Enfin Il faudra ouvrir le secteur économique avec les partenaires historiques du Tchad pour que le pays retrouve une pleine croissance, des investissements, des grands projets d'infrastructure, routes, autoroutes, ports, aéroports, qui encourageront le tourisme. Plus récemment le HCR a révélé que parmi les les 10 pays accueillant le plus de réfugiés, la moitié sont des pays africains dont l’Éthiopie est le 5è pays d’accueil, suivi du Kenya (6è), de l’Ouganda (8è), de la RD Congo (9è), et le Tchad qui arrive en (10è position

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 08:17

POINT DE PRESSE DU 14/05/2016 CENTRE ALMOUNA

Honorables Invités, Mesdames messieurs les journalistes.

Une fois de plus, notre pays le Tchad a inscrit grâce à Idriss Deby,une des pages les plus sombres de son histoire ;
En effet, depuis le 03 Mai 2016, date de la fameuse « proclamation » des résultats par son officine de validation des fraudes électorales qu’est le Conseil Constitutionnel, la quasi totalité du peuple tchadien a subi une douche froide ; la stupéfaction était d’autant plus perceptible que les citoyens étaient convaincus que leurs suffrages allaient les débarrasser enfin des 25 ans de souffrances consécutive à cette gouvernance abjecte.
Malheureusement pour les tchadiens, ce dernier, fidele à lui-même, aune fois de plus mis en branle sa gigantesque machine de fraude et au final, c’est à un holdup électoral dont la flagrance a gêné même ses fervents supporters étrangers que les tchadiens ont eu droit ; ce
faisant, Il signe ainsi une des violations les plus graves des droits de l’homme en l’occurrence le droit pour tout citoyen de voter pour les dirigeants de son choix.
Il est vrai qu’en notre qualité d’acteur avertis de la vie sociopolitique du pays, nous avions sonné très tôt l’alerte concernant le dispositif de fraudes électorale du MPS qui était à l’époque en train de se mettre en place au nez et à la barbe de tous les acteurs politiques. Ce résultat ne devrait en fait surprendre que ceux de nos concitoyens de bonne foi à qui on avait fait croire qu’il
était possible de battre Idriss Deby par les urnes. La réalité leur a démontré le contraire.
C’est l’occasion de saluer ici l’investissement sans réserve,l’enthousiasme et le sacrifice remarquable de nos compatriotes qui étaient sortis massivement pour voter et qui croyaient changer leur destin, motivés en cela par un seul et unique objectif : obtenir
l’alternance à la tête de l’Etat et tirer un trait sur la gouvernance honteuse de Deby. Comme il fallait s’y attendre, Ils avaient obtenu le changement mais leurs suffrages avaient été grossièrement volés parce que ce n’étaient pas leurs suffrages mais s’était le dispositif de
fraudes mis en place depuis longtemps qui a déterminé comme d’habitude
l’issue du scrutin ;.
comme si cela ne suffisait pas, ils avaient été terrorisés par l’état de siège instauré par Deby et des coups de feu nourris tirés en pleine ville de Ndjamena et dans celles des provinces à l’annonce par la Ceni des prétendus résultats provisoires. Ces sauvageries qui avaient
causé de nombreux blessés innocents et même des morts avaient pour dessein évident de terroriser la population et dissuader ainsi toute contestation.
Pour notre part, nous savions depuis longtemps à la CTDDH que le dispositif de fraude qui avait été mis en place avec la bénédiction passive de l’opposition démocratique ne pouvait laisser aucun doute sur l’issue du scrutin. Il est donc temps pour nous de tirer toutes
les conséquences de ce désastre national qu’est la prétendue réélection de Deby et de regarder devant nous. Les perspectives d’avenir n’incitent certes pas à l’optimisme parce que les cinq
prochaines années du mandat de Deby seront sans conteste synonymes de
tragédie pour le peuple tchadien ;
Quoi qu’il en soit,
Tant que notre Constitution nous donne le Droit de nous opposer à tout régime qui règne par l’arbitraire, le népotisme, le clanisme, le tribalisme et qui confisque le pouvoir par la force, nous devons garder espoir et avoir confiance en nous mêmes.
Tant que notre Constitution nous garanti le Droit d’association, de manifestation et surtout le droit d’opinion.
Tant que toutes ces Libertés Fondamentales en plus de notre
Constitutions nous sont garanties par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,
Ces Droits parmi tant d’autres que nous venons de citer ci haut, nous les exercerons pleinement tant que le pouvoir illégitime de Deby continuera à faire régner la terreur, l’arbitraire, le népotisme, la gabegie, l’injustice à outrance, le tribalisme, le clanisme ….bref tant qu’il continuera à violer perpétuellement les droits de l’homme et les droits économiques des tchadiens, nous continuerons à organiser des villes mortes, des settings et surtout des marches pacifiques parce qu’elles nous sont garanties par nos textes fondamentaux et les
instruments juridiques internationaux que notre pays a ratifiés ; ce sont des droits qui nous appartiennent et personne ne pourra nous les enlever.
Messieurs les journalistes, on a toujours exigé de nous le respect strict des textes ; nous nous y sommes toujours conformés ; mais en retour, nous veillerons désormais à ce que le gouvernement fasse de même ; c’est ainsi que nous nous engageons ici à répliquer désormais à tout acte arbitraire, à toute violation d’un droit humain, à toute injustice et autres entorse aux libertés fondamentale par des actions citoyennes et légales ; nous avons acquis une certaine expérience à travers la capitalisation de certaines erreurs que nous avions commises dans nos actions passées ; nous pouvons dire que nous sommes désormais plus mûrs .

Messieurs les journalistes ; tous les peuples heureux aujourd’hui de part le monde ont à un moment ou à un autre forgé eux-mêmes leurs destin ; le peuple tchadien a aussi le droit d’être heureux ; il le sera, nous en somme convaincus ; mais pour cela, il ne doit compter
que sur lui-même ;

Pour notre part, les derniers événements pré et post électoraux nous ont édifié sur la détermination de Monsieur Idriss Deby à se maintenir coûte que coûte au pouvoir ; les disparitions et les assassinats des militaires ayant voté pour l’opposition c'est-à-dire pour le candidat de leurs choix, nous ont permis de comprendre jusqu’où il est prêt à aller pour rester président. Des militaires disparus ou morts parce qu’ils ont simplement exercé un droit fondamental sont une réalité incontestable et la C.T.D.D.H en détient des preuves certaines ; n’en déplaise à certains griots officiels et attitrés dont les dénégations suivies des grossiers montages à la Télévision ont convaincu le monde entier sur le vrai rôle des collaborateurs de Deby : celui de passer leur temps à chercher à masquer les tares de leur patron.

Messieurs les journalistes, honorables invités ; nous ne pouvons pas conclure sans évoquer cette réalité qui à l’époque n’était perçue que par une certaine élite mais qui, après les dernières élections présidentielles s’est révélée au grand jour et est désormais connue de
tous les tchadiens :
En effet, au nom de certaines considérations sécuritaires régionales, ( que n’importe quel président tchadien pourra du reste assurer), le Gouvernement français n’a pas hésité à prendre parti pour Idriss Deby ; ce soutien est d’autant plus indécent qu’il est arrivé au moment des
élections et surtout au moment où les activités de la machine de fraude électorale se déroulaient à ciel ouvert ; le gouvernement français a fermé les yeux sur les vols massifs des voix des tchadiens par Idriss Deby, comme il l’a fait sur les assassinats des militaires
parce qu’il n’ont pas voté pour Deby , comme ils l’a fait sur les tirs en pleine villes et sur toute l’étendue du territoire après la proclamation des fameux résultats de la CENI ; le gouvernement
français a fermé les yeux comme il l’a toujours fait sur les injustices criardes et la misère du peuple tchadien, sur la gestion clanique, tribale des affaires du pays, bref, sur les souffrances de notre peuple consécutives à une gouvernance ignominieuse pendant plus
de 25 ans. Sur tout cela, le Gouvernement français a fermé les yeux ; et tous les tchadiens le savent désormais.

Loin de nous cependant l’idée d’attendre de la France qu’elle abandonne Deby et qu’elle se range du coté des tchadiens ou qu’elle nous débarrasse de lui ; nous sommes assez grands et avons le moyen de le faire nous-mêmes. On dit souvent que la France est un pays ami ;
mais même à un ami nous sommes obligés de lui dire la vérité parce que c’est nous les tchadiens qui avons vécu et continuons de vivre le calvaire de plus de 25 représenté par une gouvernance calamiteuse.

Si nous culpabilisons la France dans son rôle de principal soutien de cette pseudo démocratie, c’est parce nous ne comprenons pas que le gouvernement français puisse cautionner ces souffrances vécues par les tchadien alors qu’ils ne les auraient jamais acceptées même une
seule minute pour son propre peuple.

Quoi qu’il en soit, que l’on ne nous rabatte plus les oreilles désormais sur la France chantre des libertés et autres droits de l’homme. Nous avions cru que la France avait des valeurs, maintenant, c’est le peuple tchadien qui l’apprend à ses dépens.

Que nos militants comprennent donc qu’ils doivent désormais plus que jamais compter sur eux-mêmes pour accéder au bien être et avoir comme les autres sociétés, le bonheur de gouter à la vie dans un environnement où il régnera la justice pour tous, une gouvernance saine, la responsabilisation selon le mérite, une politique sociale rationnelle, un avenir assuré à travers la prise en compte des desideratas d’une jeunesse responsable, bref un environnement capable
d’assurér la quiétude dans une société égalitaire.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 23:58

Enlevé depuis le 17 avril 2016, par les renseignements tchadiens après avoir été victime d’un complot d’Etat, orchestré par une femme instrumentalisée, prétendue victime, pour le discréditer et salir son image, Mahamat Ahmat Lazina, leader du Mouvement National pour le Changement au Tchad (MNCT), est arrivé en France. Il a bénéficié du soutien de l’Union européenne, des organisations internationales et de la tradition hospitalière des autorités françaises qui lui ont accordé un visa.

Qu'est-ce -t-il passé dans l'affaire Ahmat Lazina?

Le récit d'un complot d'Etat savamment orchestré.

Alors qu’il sortait de son bureau dans la soirée, Mahamat Ahmat Lazina, président du Mouvement National pour le Changement au Tchad (MNCT), a été enlevé le 17 avril dernier, à Ndjaména, il était en compagnie d’un certain Abderahman. Ce dernier n’est autre qu'une taupe de l’Agence Nationale pour la Sécurité (ANS), utilisée pour tendre un traquenard au jeune leader de l’opposition tchadienne dont la popularité dans le pays prend une ampleur qui inquiète le pouvoir tchadien dans un contexte électoral agité par des tensions de révolte.

C’est dans ce contexte lourd de menace de révolte populaire que les autorités tchadiennes ont choisi, ce moment pour se débarrasser de cette voix déviante et gênante, celle de Mahamat Ahmat Lazina.

En effet, la prétendue victime n’est autre qu’une femme mobilisée par Ahmat Bachir,Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Taher Erda, Directeur Général de la Sécurité publique et Djiddi Salay, Directeur de l’Agence Nationale pour la Sécurité (ANS), la puissante machine répressive et policière du régime de Ndjaména.

Suivi depuis sa sortie de son lieu de travail à bord de sa voiture, Mahamat Ahmat Lazina, été arrêté par la police au niveau d’un Check Point de Ndjaména sous prétexte d’un contrôle de routine. Il a été conduit aussitôt dans un poste de police au niveau de Toukra, faubourgs de la capitale tchadienne.

Arrivé sur le lieu, une femme qu’il n’a connue ni d’Eve ni d’Adam, surgit et l’accuse de l’avoir violée. Malgré qu’il ait décliné son identité de chef d’un parti politique, le commissaire de la police qui a déjà reçu d’instruction à un haut niveau de l’Etat, refuse de lui accorder la moindre considération. Il décide de l’enfermer.

Quelques heures plus tard, viennent plusieurs autres voitures de la police dans ce Commissariat où le leader du MNCT, est détenu.

Le commissaire informe ses supérieurs hiérarchiques à savoir ; Taher Erda, Ahmat Bachir et Djiddi Salay. Ils décident alors de transférer Mahamat Ahamat Lazina à la Direction des Renseignements Généraux où il y a été enfermé pendant plusieurs jours.

Saisies, à travers les médias et les réseaux sociaux, les organisations internationales se sont mobilisées pour lui.

Secouées par l’inquiétude soulevée par les différentes voix associatives et les médias, l’affaire Lazina a pris une tournure internationale et oblige, les autorités tchadiennes à rompre le silence.

Ahmat Bachir, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, tente de mentir et donner une version totalement dénuée de logique et de clarté. Il a accusé l’opposant d’avoir voulu violer une femme qui aurait porté plainte contre lui tout en affirmant que ce dernier serait évadé de la prison.

Pour les personnes qui connaissent le Tchad et ses prisons, il est totalement impossible aux détenus de pouvoir s’évader.

Grâce donc à une mobilisation internationale, les autorités tchadiennes ont lâché les baskett à Mahamat Ahmat Lazina, devenu un prisonnier encombrant pour elles.

Pour se débarrasser de lui, le pouvoir a décidé de le libérer nuitamment et de le jeter vers le pont ngueli. Il a pu rejoindre le Cameroun où il a pris attache avec la délégation de l’Union européenne grâce à elle, il a réussi à être évacué en France.

Il est arrivé jeudi à Paris dans la soirée et compte très prochainement, organiser une conférence de presse pour lever le voile sur cette affaire, donner sa version des faits, laver son honneur.

Il envisage si possible d’intenter une action en justice contre les autorités tchadiennes qu’il accuse d’arrestation arbitraire, de détention illégale et de séquestration. Il rencontrera les organisations internationales basées à Paris et les officiels français dans les prochains jours.

Makaila.fr

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