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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:06

Anniversaire, commémoration, journées mondiales …

le 6 mars : Fête nationale du Ghana

le 7 mars 1956, signature de l'indépendance du Maroc

le 8 mars : Journée internationale des droits des femmes

du samedi 12 au 20 mars : Semaine de la langue française et de la Francophonie - Rens. Stéphanie Guyard : 01 40 15 36 81, stephanie.guyard@culture.gouv.fr http://www.dismoidixmots.culture.fr ou Camille Poirier 01 45 40 74 96 / 07 81 76 20 69 - semainelanguefrancaise@hexagramm.fr

le 12 mars : Fête Nationale de l'Ile Maurice

en mars : semaine nationale d'éducation contre le racisme

le 20 mars : Proclamation de l'indépendance de la Tunisie (1956)

le 21 mars : Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

le 25 mars : Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves

le 29 mars 1947 éclate une insurrection dans la colonie française de Madagascar. La répression va provoquer des dizaines de milliers de victimes. Conférences « crimes et massacres coloniaux » : Madagascar : 1947 le massacre occulté. En 1947, Madagascar est une colonie française dotée d’une assemblée élue, aux pouvoirs limités. Le refus obstiné des autorités françaises de modifier le joug pesant sur les populations provoqua une révolte nationaliste le 29 mars 1947. La répression est impitoyable. Les autorités envoient à Madagascar un corps expéditionnaire de 18 000 hommes, qui sera porté à 30 000 hommes. L’armée française opère une répression aveugle : exécutions sommaires, torture, regroupements forcés, incendies de villages. Elle expérimente une nouvelle technique de guerre "psychologique" : des suspects sont jetés vivants d’un avion afin de terroriser les villageois de leur région.

Evènements non localisés

mardi 8 mars : lancement par Eugénie Diecky de la série "Les jumelles" qui à travers les vies de sœurs jumelles, dévoile la part de lumière et d’ombre des femmes de pouvoir en Afrique : Deux conceptions du pouvoir, de l’argent, de la démocratie et de l’amour. Deux vies exaltantes, sulfureuses et pleines de rebondissements. Rens. 01 43 66 98 12 https://www.youtube.com/channel/UCyID2YItNfchdgrSB2yXTTw

Actions situées à Paris (75)

jusqu'au 6 mars 2016, mardi à jeudi 10h-19h, vendredi 10h-21h30, samedi et dimanche 10h-20h : Exposition "Osiris, mystères engloutis d'Égypte" En hiéroglyphes, Osiris s'écrit avec un siège et un œil. Maître des ressuscités, Osiris est l'un des socles de la civilisation pharaonique et l'incarnation du regard du créateur qui anime toutes les formes de vie affirmant la victoire de l'amour sur la mort. Cette exposition révèlera les dernières découvertes sous-marines de Franck Goddio et de ses équipes, et notamment les vestiges de la cérémonie des Mystères d’Osiris qui étaient célébrés dans les villes de Thônis- Héracléion et Canope. Tarif 15,50€ et 10,50€ - Lieu : Salle du Haut Conseil, 9ème étage, Institut du monde arabe (IMA), 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, Place Mohammed-V, Paris 5è, M° Jussieu, ligne 7 - Rens. 01 40 51 38 38 http://www.imarabe.org

jusqu'au 17 juillet de 11h à 19h (sauf mardi et jeudi): Exposition Chefs-d'œuvre d'Afrique dans les collections du musée Dapper - Des pièces majeures sélectionnées uniquement à partir du fonds Dapper et qui sont présentées ensemble pour la première fois et qui puisent leurs significations dans les cultures de l'Afrique centrale ou dans celles de l'Afrique de l'Ouest. La collection du musée se caractérise par la diversité des provenances géographiques et par l'ancienneté. L'exposition, qui comprend quelque 130 pièces, présente des œuvres majeures. Certaines sont uniques et n'ont aucun équivalent dans le monde, telles des sculptures du Gabon ( Fang, Kota, Punu...) du Cameroun (Bangwa), du Bénin (Fon), ou encore du Mali (Dogon, Soninke) - Lieu : Musée Dapper, 35 bis, rue Paul Valéry, Paris 16è - Rens. 01 45 02 16 02 - 01 45 00 07 48 comexpo@dapper.fr www.dapper.com.fr

jusqu'au 30 juin les jeudi de 19h à 21h : Cours de Kabyle : La population kabyle constitue une part importante de l’histoire de Paris et la langue kabyle résonne souvent dans les rues de la capitale. Que vous soyez d’origine kabyle ou pas, venez découvrir cette langue et cette culture et faites découvrir à vos enfants la richesse de ce patrimoine culturel et linguistique, qui est aujourd’hui une des composantes de l’identité de Paris. - Tarif annuel : 410€ ou 320 € pour 60h de cours réduit - Lieu : à demander à l'inscription - Rens 01 53 09 99 84 www.institut-cultures-islam.org

jusqu'au 30 juin les jeudi de 19h à 21h : Formation en wolof : Le Wolof, langue originaire de la vallée du Sénégal, est le principal moyen de communication utilisé au Sénégal et en Gambie. Elle traverse aussi la Mauritanie. Son apprentissage est une véritable ouverture sur l’Afrique de l’Ouest. Pour les personnes n’ayant jamais appris et pratiqué la langue pour leur permettre d’acquérir les structures linguistiques de base, de reconnaître et d’utiliser le vocabulaire et les expressions courantes, et de communiquer à l’oral dans les situations simples de la vie quotidienne. - Tarif annuel : 410€ ou 320 € pour 60h de cours réduit - Lieu : à demander à l'inscription - Rens 01 53 09 99 84 www.institut-cultures-islam.org

jusqu'au 25 mars du mardi au dimanche de 14h30 à 18h30 : Exposition « Hugo Pratt- Jean-Claude Guilbert, l’Amitié mystérieuse… sur les traces de Corto Maltese » A la découverte du parcours dʼexception dʼun des plus grands créateurs de bandes dessinées et illustrateur du XXème siècle, le père de Corto Maltese; et de son ami explorateur et compère en Abyssinie. Plus de 150 documents, photographies, illustrations inédites, aquarelles, objets et films. Ouvert les 1er et 11 novembre. Fermé le 25 décembre et 1er janvier. PAF: 5 €; 4,5€ et 4€. - Lieu : Espace Reine de Saba, 30, rue Pradier 75019 Paris 19è, M° Pyrénées ou Buttes-Chaumont - Rens. 01 43 57 93 92 reinedesaba2@orange.fr www.espacereinedesaba.org

jusqu'au 29 mai 2016 du mardi au vendredi de 10h à 17h30, samedi et dimanche de 10h à 19h: Exposition "Frontières" pour comprendre le rôle et les enjeux contemporains des frontières dans le monde et retracer les histoires singulières de ceux qui les traversent aujourd’hui - L’exposition retrace trois aspects de cette histoire des frontières et pose un regard diachronique, politique, économique ou sociétal, sur les murs-frontières dans le monde, puis en Europe (zone Schengen et la Méditerranée) avant de traverser la France. Tarif : 6€ , libre pour le - de 26 ans, gratuite tous le premier dimanche de chaque mois et incluent le droit d’entrée à l’exposition permanente et à toutes les expositions temporaires du Musée. - Lieu : Musée national de l'histoire de l'immigration de la porte Dorée, 293 av Daumenil, paris 12è, M° et Tram Porte dorée - Rens. et Réservations pour les groupes : 01 53 59 64 30 - reservation@histoire-immigration.fr

jusqu’au vendredi 1er juillet les vendredis de 17h30 à 19h et les dimanches de 14h à 16h: Cours De Capoeira Angola d'expression culturelle afro-brésilienne - musique: jeu des instruments et chants de la Capoeira Angola; mouvements: activité physique avec mouvements d'attaques et de défense. - Lieu : Gymnase Marie Paradis, 5 rue Léon Schwartzenberg, Paris 10è - Rens. 06 66 56 13 90 cedanze.paris@hotmail.com https://cecariovermelho.wordpress.com

jusqu'au dimanche 15 mai, mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h, jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h : Exposition "Dakar 66 : Chroniques d’un festival panafricain" Plutôt qu’une approche documentaire, l’exposition s’intéresse aux traces et aux représentations visuelles produites pour saisir, voire instrumentaliser, une telle manifestation. Se dessinera une réflexion autour des enjeux culturels et politiques investis dans un événement qui a marqué les imaginaires du panafricanisme à l’époque de la guerre froide - Tarif 7€ et 9€ - Lieu : Atelier Martine Aublet du musée du quai Branly 37 Quai Branly, Paris 7è, M° Alma Marceau - Rens. 01 56 61 70 00 publics@info.quaibranly.fr www.quaibranly.fr

mercredi 2 mars de 14h à 17h : Célébrations du Mawlid en Côte d’Ivoire : Nouvel espace d’expression d’entrepreneurs religieux et politiques en quête de légitimité avec Issouf Binaté, Université Alassane Ouattara, Côte d’Ivoire - et - La fête du vodun le 10 janvier : enjeux patrimoniaux et politiques au Bénin avec Kadya Tall - Dans le cadre du Actualité du religieux en Afrique. Mobilisations, conflits, réconciliations - Lieu : IMAF / Site Raspail, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail Paris 6è - Rens http://imaf.cnrs.fr/spip.php?article924

jeudi 3 mars de 11h à 13h et tous 1er et 3e jeudis du mois jusqu'au 16 juin : Anthropologie comparative du sahel occidental musulman (Sénégal, Mauritanie, Mali…) et de leurs diasporas, régionales et internationales. - Lieu : IMAF, Site Raspail, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail Paris 6è - Rens : 01 53 63 56 50 eldubois@ehess.fr: http://imaf.cnrs.fr/spip.php?article949

jeudi 3 mars à 19h15 : Coopération militaire et élections en Françafrique : Tchad, Djibouti, CongoB : La soirée reviendra sur les enjeux des élections prévues en mars et avril dans 3 dictatures alliées de la France, et en particulier sur le scandale de la coopération militaire de la France avec ces régimes. Avec Makaila Nguebla, blogueur tchadien, Jean-Loup Schaal, de l'ARDHD, association pour les droits de l'homme à Djibouti et Benjamin Moutsila, de la Fédération des Congolais de la diaspora. - Lieu : Maison des associations, 3 rue Perrée, Métro République - survieparis@gmail.com contact@survie-paris.org www.survie-paris.org et www.survie.org

jeudi 3 mars 19h30 à 22h : Lancement officiel de la Fondation des Femmes, première structure nationale française de collecte dédiée au financement d’actions en faveur des droits des femmes - Dans le Cadre de « Journée internationale pour les Droits des Femmes » - Lieu Mairie du 3ème arrondissement de Paris - Inscription Obligatoire contact@federationgams.org

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 15:36

Dépassé par le réveil des tchadiens et les revendications très fermes au sujet de la justice et de l’alternance, le pouvoir de N’Djamena réagit en ayant recours à des moyens répréhensibles : les répressions brutales et dramatiques.

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Dépassé une deuxième fois sur le plan de la communication, le Président tchadien bâillonne les libertés d’expression en perturbant sciemment le fonctionnement des réseaux sociaux.

Dépassé une troisième fois du point de vue des idées et visions neuves face à une jeunesse qui ose et propose des solutions concrètes, le Chef de l'État improvise et prononce enfin le mot, après qu’il ait oublié l'esprit du mot : le fédéralisme.

S'agirait-il du fédéralisme de la diversion ? Qui en veut ? Quoi qu’il en soit, les forces vives ont compris la nécessité de garder la claire intelligence de l’exigence du moment : ALTERNANCE ! Ce mot déterminera en partie ce que sera le Tchad de demain.

L'ERREUR DE DÉPART : NE PAS CONCILIER SÉCURITÉ ET SOCIAL

Le Président tchadien a délaissé le social, dépensé des milliards des caisses publiques pour se rendre utile en dehors du Tchad et a abusé de forces armées pour se forger une réputation de combattant en chef du terrorisme en Afrique ou de panafricaniste dont il n’a que l’apparence, car il ne peut répondre aux injonctions du mot.

Les victoires militaires obtenues ci et là ont réussi à masquer, un laps de temps, les maux intérieurs. Vu de l’extérieur du Tchad, le Président Idriss Deby Itno (IDI) a réussi à rendre illisibles voire invisibles les problèmes sociaux, la mauvaise gouvernance et surtout le recul démocratique caractérisé par le refus de l’alternance.

IDI surfait tranquillement et paradoxalement sur les victoires militaires extérieures et les malheurs de son peuple à l’intérieur. Jusqu’à ce que les douleurs et les colères accumulées débordent et submergent les contingences sécuritaires ou autres mystifications.

UN HOMME À COURT D’IMAGINATION QUI IMPROVISE ET RÉPRIME

En trois semaines, le Chef de l'état a ruiné ses crédits accumulés à l'international en termes d’image et de réputation, sauf sa renommée d’homme compétent à faire la guerre.

Les questions du terrorisme et les succès militaires ne peuvent cacher indéfiniment les douleurs profondes d’un peuple. Cette vérité, IDI l’a apprise tardivement.

Aujourd’hui, le monde voit le Président tchadien réprimer brutalement son peuple; il voit son incapacité à protéger les femmes tchadiennes abusées systématiquement. Le monde voit un homme épuisé qui joue à déformer les perceptions et à tromper; un homme qui ne peut pas proposer des idées nouvelles et formuler des visions claires à l'adresse d'une jeunesse qui exige d'aller plus loin dans la démocratie, c'est à dire à l'alternance.

Si IDI a subi des éraflures et perdu prestige, il garde intacts ses deux atouts : le feu des armes et l’ambiguïté morale des hommes qui le servent. Mais là aussi, les tchadiens patientent, pour le moment, en laissant la chance aux personnes qui voudraient quitter le navire de le faire avant qu’il ne coule ou avant que les conséquences du naufrage les rattrapent demain si elles s’entêtaient aujourd'hui à demeurer à bord.

L’UNITÉ : UNE AVANCÉE STRATÉGIQUE

Les errances politiques, le refus de l’alternance, l'exclusion, l'injustice et l'impunité ont créé un état d'âme commun des tchadiens qui aspirent au changement. Le pouvoir s’en est aperçu et s’inquiète, car c’est une avancée stratégique.

Il revient maintenant aux forces vives de ne pas se disperser dans des cases secondaires ou des tentations éphémères du '' MOI '' et de persévérer dans la construction des dimensions nécessaires à la réalisation de l’alternance démocratique au Tchad. La nécessité d'une convergence des forces et des positions s'impose. Proposons, tenons-nous ensemble et disons ensemble jusqu'au bout.

Pour finir, les idées et aspirations que nous formulons sont des moyens simples d’affranchissement du peuple des calamités causées et entretenues dans notre pays depuis au moins une génération. On en serait pas là si IDI s’était posé cette question simple : siface au terrorisme, il faut mettre les tchadiens en sécurité, face aux exigences démocratiques, faut-il mettre les tchadiens en insécurité ?

Joe Al Kongarena

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 11:10

Depuis le début de l'année 2016, de nombreuses manifestations ont été réprimées par les forces de défense et de sécurité tchadiennes avec un usage excessif et disproportionné de la force et ce dans le silence le plus assourdissant de la communauté internationale, et notamment celui de la France, partenaire privilégié du Tchad. Selon l’ACAT et Survie, la France doit sortir de son silence et condamner la répression en cours.

Ces derniers jours, le comportement des forces de défense et de sécurité tchadiennes a particulièrement été violent dans la gestion des manifestations qui ont eu lieu à N’Djamena, Moundou, Massaguet, Faya-Largeau, où de nombreux jeunes sont descendus dans les rues pour demander justice dans l’affaire « Zouhoura »1 et la fin de l'impunité dont bénéficient les proches de dignitaires.

Les 15 février et le 22 février, les forces de l’ordre ont tué par balles deux jeunes hommes et blessé cinq autres, à N’Djamena et Faya-Largeau.

Dans le même temps, les autorités tchadiennes ont restreint les libertés d’expression et de manifestation dans le pays. L’accès à Facebook et à plusieurs sites Internet, très utilisés par la jeunesse tchadienne, a été coupé depuis le 18 février au soir. Plusieurs manifestations ont été interdites par le ministre de la Sécurité dont la marche pacifique programmée par l’opposition le 23 février.

« Loin d'être exceptionnelle, l'utilisation de balles réelles par les forces de l’ordre et la violence à l'encontre de manifestants est un procédé utilisé de manière récurrente par le régime d’Idriss Déby Itno pour faire face aux mouvements de contestation » indique Clément Boursin, responsable Afrique à l’ACAT.

Ce récent fait divers et l’ampleur de la mobilisation que cela génère dans la société tchadienne sont les symptômes de la détérioration du climat social et politique dans le pays qui, depuis de nombreux mois, se tend irrémédiablement à l’approche de l'élection présidentielle d'avril, à laquelle Idriss Déby Itno se représente une énième fois après plus de 25 ans de règne sans partage2.

Un certain nombre d’organisations de la société civile et de partis politiques s’opposent à cette candidature et commencent à se mobiliser. Depuis quelques jours, les mouvements sociaux sont en train de prendre de l'ampleur et l’opération « ville morte » organisée le 24 février a été largement suivie par la population. « Ces manifestations témoignent d'une volonté du peuple tchadien de changer de régime. Il est temps que le dirigeant tchadien les écoute et que la France cesse son soutien à ce régime » indique Fabrice Tarrit, Président de Survie.

Le régime tchadien est redevenu depuis 2013 le partenaire privilégié des opérations militaires françaises dans la sous-région3 au prix du silence de la diplomatie française sur ses nombreuses dérives autocratiques.

« Les populations tchadiennes doivent pouvoir manifester, faire grève ou faire entendre leurs voix sans risquer de subir des violences de la part du régime » rappelle Clément Boursin, de l’ACAT.

Dans le cadre de sa coopération en matière militaire et de sécurité avec le Tchad, la France forme et renforce les forces de défense et de sécurité tchadiennes depuis 1976. Or, force est de constater que cette aide ne contribue pas à éviter les pratiques répressives des forces de l’ordre tchadiennes. « La question de la légitimité de la poursuite de cette coopération en matière militaire et de sécurité de la France avec le Tchad se pose au regard des exactions constantes du régime sur sa population » affirme Fabrice Tarrit, Président de Survie.

Pour mettre fin à la spirale de la violence et de la contestation qui s’accroît jour après jour au Tchad, les discours d’apaisement du régime doivent être suivis d’enquêtes judiciaires indépendantes et impartiales afin que vérité et justice soient faites sur les graves violations des droits de l’homme commises ces derniers jours, notamment en ce qui concerne l’usage excessif de la force et la mort par balles de jeunes manifestants afin de mettre fin à l'impunité.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 06:52

24 février 2016 à 19h36

Par Jeune Afrique avec AFP

Marchés déserts, boutiques fermées, circulation réduite : les Tchadiens ont largement suivi mercredi, l’opération « ville morte » lancée par la plate-forme « Ça suffit ». Celle-ci demande le départ du président Idriss Déby Itno, qui se présentera à un cinquième mandat en avril.

Comme lors d’un jour férié, les deux grands marchés sont restés déserts à N’Djamena. Toutes les boutiques à travers la ville sont restées portes closes et les élèves des lycées et collèges n’ont pas été en cours. La circulation des voitures et des motos-taxis était quant à elle réduite.

Seules les banques et certaines sociétés privées étaient ouvertes dans le quartier administratif. Dans les ministères, plusieurs départements ont fonctionné au ralenti, signe d’un mouvement anti-Déby lancé du matin jusqu’à 13H30 locales (12H30 GMT), particulièrement suivi jusqu’en province.

Villes mortes en province

À Moundou, la deuxième ville du pays, il a même été « totalement suivi », selon un habitant joint au téléphone. « Même les motos-taxis ne circulent pas. C’est vous dire que ici, à Moundou, nous avons très bien respecté la ville-morte », a-t-il affirmé. À Mao, dans le nord-ouest du pays, le marché hebdomadaire du mercredi a été fortement perturbé, selon un habitant.

Selon le porte-parole de la plate-forme « Ça suffit », composée d’une vingtaine d’associations de la société civile dont la Ligue tchadienne des droits de l’homme et l’Union des syndicats du Tchad, le mot d’ordre a été également suivi dans les villes de Sarh, Abéché et Mongo.

C’est la preuve évidente que le peuple rejette la candidature de Déby.

« Le mot d’ordre a été globalement très bien suivi et cela démontre que la population a pris conscience qu’elle peut exercer ses droits démocratiques », a déclaré Mahamat Nour Ibedou. « Cela traduit un ras-le-bol général, c’est la preuve évidente que le peuple rejette la candidature de Déby », a-t-il ajouté.

L’opération « ville morte » s’inscrit dans un contexte global de contestation du pouvoir du président Déby. Il a été déclenché à la suite de celui des lycéens qui, depuis le 15 février, ont manifesté à plusieurs reprises à travers le pays pour protester contre le viol de la jeune Tchadienne Zouhoura. Deux lycéens ont été tués par la police et l’armée au cours de ces manifestations

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 10:13

La société civile demande le départ du président Idriss Déby.

Le vieux lion s’accroche au pouvoir. Idriss Déby se présente pour un cinquième mandat à l’élection présidentielle prévue le 10 avril au Tchad. Homme fort du pays depuis 1990, il règne depuis lors en combinant répression et cooptation de ses principaux opposants.

Sauvé à plusieurs reprises par la France de tentatives de putsch, il s’est constitué une armée qui lui permet de jouer les gendarmes de l’Afrique subsaharienne. Allié indispensable dans la lutte contre les djihadistes du Sahara, acteur décisif dans la lutte contre Boko Haram au Nigeria, il semble ainsi devenu intouchable, méprisant les critiques sur sa gestion autoritaire du pouvoir.

Sous sa coupe, toutefois, le peuple tchadien souffre. Chef militaire aguerri, Idriss Déby n’est ni un gestionnaire, ni un démocrate. Il n’a pas su, et pas voulu, assurer le développement de son pays. Celui-ci est en faillite alors que l’essentiel de la dette multilatérale a été effacé en récompense de ses services antiterroristes.

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La manne pétrolière a été principalement utilisée pour l’achat d’armements lourds et de moyens de transport militaires. Les services publics de base – eau, électricité, communications, éducation… – restent dans un état de déliquescence, alors que la population devrait doubler d’ici à 2050.

Dans ce contexte, les soubresauts qui agitent le Tchad depuis quelques jours ne peuvent surprendre. Une journée ville morte, le 24 février, à N’Djamena, a été fortement suivie par les habitants. Le scandale d’une jeune fille violée par des fils de dignitaires a bouleversé la population.

La France doit manifester son émotion et montrer sa compréhension envers une société qui aspire au changement. Il faut aider le Tchad à préparer son avenir, qui ne saurait ne dépendre que de la volonté de son chef actuel.

Jean-Christophe Ploquin

SOURCE : http://www.la-croix.com/Debats/Editos/Un-trop-long-regne-Tchad-2016-02-24-1200742335

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 13:46

Publié le 22 fév, 2016

Le dicton populaire dit : « à quelque chose, malheur est bon ». Si la séquestration suivie du viol de la petite Zouhoura est un acte abominable en soi, elle a permis au moins à exposer sur la place publique un pan entier de la vie quotidienne du système Deby et d’étaler ainsi au grand jour la face cachée et la réalité aberrante de la dépravation des mœurs dans la Capitale. En effet c’est avec une effroyable stupéfaction que l’opinion publique vient ou fait semblant de découvrir l’existence des réseaux de proxénétisme et de pornographie pratiqués et gérés à distance par la nomenklatura du système.

Selon des sources proches de la police, cette situation était connue de tous les services de sécurité et à tous les niveaux de la hiérarchie horizontalement comme verticalement y compris les plus hautes autorités de l’Etat; mais étant donné que le phénomène est pratiqué par les enfants et les proches du pouvoir et en particulier par la famille du sultan, alors la police a préféré pratiquer la politique de l’autruche et est restée indifférente bien qu’elle dispose de tous les détails du système et des réseaux adjacents.

Selon les mêmes sources, tant la situation est inextricable qu’il serait très difficile de distinguer les victimes des bourreaux et vice versa. En même temps, tous pourraient bien appartenir à toutes les franches de la société, de la fille du porteur d’eau à la fille du Ministre, du Général, du Conseiller du Président ou enfin d’un haut responsable de l’administration.

Il faut aussi indiquer que cette bande de malfrats et de délinquants, qui appartiennent généralement aux milieux zaghawa-goranes et leurs obligés et qui sévissent dans la Capitale, agissent en réalité en réseaux constitués se servant des uns des autres. On y distingue deux bandes-au masculin et au féminin- qui se collaborent en se donnant des missions réciproques.

Il y a d’abord, le tout premier réseau qui était né autour des enfants (garçons comme filles) du Sultan depuis le début des années 2000, quand les garçons séquestraient des mineurs au sein même du Palais et les filles traquaient leurs rivales dans la débauche en les mutilant et en rasant les têtes. Ensuite la débauche s’était étendue à tous les enfants et proches du système qui bénéficient de tous les moyens de leurs papas : véhicules modèle V8, argents et armes. Pour des raisons diverses et par manque d’encadrement il y a une rupture entre ces enfants et leurs parents. En effet la plupart d’eux ont rompu leur scolarité, et de surcroît, il ne s’est jamais instauré un dialogue pédagogique ou parental avec leurs parents ; d’ailleurs ils ne se rencontrent que très rarement sauf à des occasions indépendantes de leurs volontés. Pour la plupart des caciques du régime, apparentés au sultan, l’éducation consiste à acheter une V8 à l’enfant et lui donner suffisamment des moyens financiers pour entretenir son véhicule, participer aux différentes cérémonies où on brasse des billets, etc. Ainsi donc, traquer des jeunes filles surtout les filles des hauts responsables du pays ou mêmes celles des collaborateurs de leurs parents, est devenu un passe-temps de ces rejetons en mal d’éducation

Le 2ème réseau était d’abord constitué des filles du clan qui traquait leurs soi-disant rivales ; ensuite la gangrène a atteint tout le corps de la société surtout dans le milieu féminin. Les anciennes séquestrées étaient mues en bourreaux pour se venger de leurs camarades qui se sont moquées d’elles ; des épouses des Ministres ou des conseillers utilisent les services du premier réseau pour humilier les maîtresses de leurs époux, les jeunes filles de leurs rivales ou même celles des concurrentes en affaires ou en politique, d’où la consécration du terme « circoncision » très en vogue dans ce milieu, càd s’acharner sur une rivale en visant particulièrement ses parties génitales. Parmi les cheftaines de grand gang féminin qui sème terreur et désordre dans la capitale, on cite une ancienne séquestrée, progéniture d’un haut cadre du nord, et l’épouse d’une grosse pointure de la scène politique tchadienne, également du nord du pays.

Dans les cas présents, aucun milieu n’est épargné mais l’opinion publique s’est résignée à encaisser les coups dès lors que les mauvaises langues pointent directement le doigt vers le château en disant que tout ce monde agit sur instruction, sinon comment pourrait-on imaginer qu’aucun service de sécurité de l’Etat ne puisse souffler un mot depuis bientôt une quinzaine d’années que le phénomène perdure. Cette attitude de résignation est d’autant plus justifiée que beaucoup des victimes des filles et fils du sultan ont été évacuées en catimini vers des hôpitaux européens, le silence de certaines a été acheté par des pétrodollars et même des victimes qui ont succombé suite aux sévices subis; il en est de même pour les jeunes victimes des pistoléros du sultan, qui gardent les séquelles jusqu’à la fin de leur vie, mutilées à vie. C’est un secret de polichinelle : la responsabilité directe et personnelle du sultan est patente.

Déjà en 2013 dans un rapport circonstancié remis au Sultan par le tout nouveau DG de la Sécurité Nationale, il était question amplement de ce problème et ses conséquences sur le plan politique. Le rapport prévient : « si des mesures rigoureuses ne sont pas prises, on risque d’avoir un soulèvement populaire dans des milieux nordistes ». Malheureusement aucune suite n’a été donnée audit rapport.

D’ailleurs tout le monde a remarqué qu’on avait arrêté une dizaine de malfrats à la suite de l’affaire Zouhoura alors qu’il n’était question que de 5 reconnus comme coupables directs ! Cela signifie tout simplement que la police a profité pour faire une pierre deux coups en procédant aux rafles tous les chefs de gangs fichés, on parle d’une quarantaine d’arrestations. En vérifiant le contenu de leurs téléphones portables- d’ailleurs de très haute qualité- les policiers auraient découvert plus 200 films montrant des scènes abjectes et obscènes dont des jeunes filles sont victimes.

Après la lecture des films on s’était aperçu que le réseau est anormalement vaste, et les complices nombreux et bien placés ; alors, selon les dernières informations, la tendance serait à l’étouffement de toute cette histoire. Le transfert des violeurs de Zouhoura au bagne de Korotoro sans aucun jugement aurait 2 objectifs : 1) apaiser les esprits en disant que « voilà les délinquants ont été arrêtés et envoyés dans le bagne le plus sinistre » ; 2) étouffer carrément l’affaire en y mettant une omerta.

Ainsi les tortionnaires de Zouhoura seraient membres ou employés de ces différents gangs ; d’ailleurs la vidéo postée sur Facebook ne serait pas l’œuvre des violeurs, mais ceux-ci auraient envoyé la vidéo à une de leur complice qui devrait se marrer de ce qui est advenu à sa collègue, mais la complice a tout simplement balancé sur les réseaux sociaux pour enfoncer le clou contre la victime qui serait d’ailleurs un membre de sa famille.

Correspondance particulière
N’djaména – Tch
ad

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 13:33

Le phénomène du viol de la jeune lycéenne Zouhoura n’est pas un fait nouveau, rendons alors hommage à la jeune aujourd’hui célèbre Zouhoura d’avoir eu le courage d’appeler la jeunesse tchadienne à se mobiliser sur son sort afin de trouver justice et mettre fin à cette pratique indigne que subisse la population depuis l’arrivée du MPS.

Oui, ce n’est pas un fait nouveau pour preuve, Monsieur Mahamat Saleh Annadif peut-il se regarder dans un miroir en se rappelant du triste sort qu’ont subis ses filles dans leur tendre jeunesse. Et d’ailleurs, les violeurs ne s’appelaient-ils pas Oumar Deby, Saley Deby et Beedey Hassan ?

Et oui, en contre partie de son silence, la suite est connue. Mr Annadif ayez le courage et celui de vos nobles parents de reconnaître, comme certains de vos compatriotes ce qui est arrivé à leurs filles sous le régime de Deby que vous servez avec zèle. Vos filles ont été violées puis la nouvelle s’était répandue sur l’ensemble du territoire et tout le monde attendait votre réaction, mais malheureusement vous n’avez pipé mot. Quel dommage !

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Comme certains pères de familles se sont confiés à Mr Yosko père de la victime Zouhoura, est-ce que vous Monsieur Mahamat Saleh Annadif, un jour auriez ce courage.

Ou bien ce sacré deal sur le saint entre les Mahirié et les Itno dont vous êtes l’auteur vous oblige à une telle soumission et couvre-t-il une telle infamie ? Non, non et non, Nous attendons réaction.

Fait à Arada, le 20 février 2016

Tahir Kizémé Alhariss

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:08

Les pouvoirs occidentaux qui sont d-habitude prompts à réagir pour défendre les droits humais, se taisent aujourd'hui face à ce qui se passe au Tchad. L'affaire du viol de Zouhoura n'est que la révélation de ce qui se passe dans ce pays depuis des année que Deby et son clan est au pouvoir au Tchad. Le Tchad a été maintenu par la terreur par cette dictature. la loi fondamentale du Tchad donne le droit aux citoyens de manifester contre les dérives du pouvoir. Aujourd'hui ce droit constitutionnel leur est refusé. Des jeunes que le régime fait comprendre à qui veut l'entendre que la jeunesse représente l'avenir du pays. Cette jeunesse est ballonnée et trainée dans les rues. Des traitements inhumains leur sont appliqués. Les violeurs de Zouhoura sont à Amdjéress dans le village du dictateur. Dans une semaine vous les verrez soit à l'étranger, soit au Tchad pour narguer les Tchadiens. Ne vous y trompez pas. Il n'aura pas de justice pour cette pauvre fille et pour toutes celles qui ont été violées. Elles sont nombreuses et c'est le moment qu'elles parlent. Le peuple suit. Heureusement les élections sont proches. Deby est sa clique doivent être chassés du pouvoir par les urnes. Ne nous trompons pas, ce pouvoir est anti-national. Disons non à Deby aux futures élections, même si cela conduira encore au massacre de nos populations. Nous devons défendre notre cause dans les urnes. Vive le Tchad libre et démocratique.

Prof. Facho Balaam.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 22:33

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Le mouvement de protestation des lycéens tchadiens provoqué par le viol d'une de leur camarade s'est étendu vendredi de N'Djamena à la province, où des manifestations ont été dispersées par la police et un marché a été incendié.

Parallèlement, des associations de la société civile ont lancé une plate-forme dénommée "Ça suffit" pour demander le départ du président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 25 ans, et qui a l'intention de se représenter à la présidentielle du 10 avril prochain.

A Moundou, capitale économique du Tchad, "tôt ce matin, les élèves ont envahi la rue pour manifester au cri de +justice pour Zouhoura+, les élèves du primaire et du secondaire ont sillonné la ville", a indiqué à l'AFP un commerçant joint par téléphone.

"La manifestation a été dispersée par la police anti-émeutes à coups de grenades lacrymogènes", a-t-il poursuivi. "Les activités commerciales ont été paralysées. Le marché est fermé et toutes les boutiques sont également restées fermées".

A Massaguet, à 80 km au nord de N'Djamena, le marché a été incendié à la suite d'une manifestation de jeunes.

"Les élèves ont manifesté en mettant le feu à deux boutiques, ce qui a provoqué un incendie dans le marché et ils ont été suivis par d'autres personnes", a declaré à l'AFP le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga.

Dans la capitale N'Djamena, les élèves des grands lycées n'ont pas repris les cours vendredi, a constaté l'AFP, après avoir été empêchés de manifester la veille par la police qui les avait dispersés à coups de gaz lacrymogène.

Le mouvement de contestation a débuté lundi, lorsque plusieurs centaines de jeunes Tchadiens ont manifesté à N'Djamena contre le viol d'une jeune fille, Zouhoura, avant d’être violemment dispersés par la police anti-émeute. L'un des protestataires, Abbachou Hassan Ousmane, 17 ans, a été tué par balle par la police pendant la dispersion.

Les cinq violeurs présumés, dont trois enfants de généraux, qui avaient posté sur les réseaux sociaux des photos de la jeune fille nue et en larmes, ont été depuis arrêtés mais la colère ne quitte pas les jeunes Tchadiens. Quatre complices présumés, dont un fils du ministre des Affaires étrangères, ont également été arrêtés.

La plate-forme "Ca suffit", lancée vendredi depuis le siège de l'Union des syndicats du Tchad, regroupe une vingtaine d'associations dont la Ligue tchadienne des droits de l'Homme, selon son porte-parole Younous Ibedou.

"Cette plate-forme à pour objectif de revendiquer le départ de Deby", a-t-il déclaré à l'AFP. "Le peuple tchadien ne peut pas encore supporter cinq ans de plus, ça suffit, il doit partir".

"À partir du 24 février nous lançons l'opération villes mortes. Elle sera suivie graduellement de sit-in et de marches pacifiques comme la Constitution nous en donne le droit", a-t-il annoncé.

Source: AFP

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 10:05

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MANIFESTE DE LA SOCIETE CIVILE

UNE ALTERNATIVE CITOYENNE

ÇA SUFFIT

Lorsqu’après plus d’un demi-siècle d’indépendance, le Tchad vit encore une douloureuse page de son histoire par la faute d’un régime qui est érigé en système de gestion basé sur le népotisme, le clientélisme, et la gabegie.

Lorsque l’Etat tchadien déliquescent, aujourd’hui déstructuré, livré à des individus sans foi ni loi utilise des pratiques discriminatoires pour creuser des fossés entre les Tchadiens ;

Lorsque, la Justice, dernier recours des citoyens devient un moyen permanent d’intimidation, d’élimination systématique d’opposants, ou d’exclusion des concurrents ;

Lorsque, l’économie est dans une situation de délabrement total, alors que les scandales comme autant d’esclandres de toutes sortent se multiplient à l’infini impunément ;

Lorsque, les ressources de l’Etat, purement et simplement privatisés au profit d’une famille ou de quelques courtisans du régime, crée un fort sentiment d’injustice et de spoliation sans précédent dans l’histoire du pays ;

Lorsque, l’accroissement des inégalités depuis l’engrangement des revenus pétroliers pendant une dizaine d’années, accroit les formes de pauvreté, accentue la misère et augmente le pouvoir des riches en intensifiant la corruption au sein de la classe dirigeante.

Lorsque, l’administration publique, épine dorsale de la gouvernance d’un pays, est confisquée et confiée à des courtisans, des analphabètes et des laudateurs du régime qui ne connaissent souvent rien de celle-ci. Les administrateurs sont souvent de simple « clients » du régime, récompensés pour service rendu.

Lorsque, la corruption devient un phénomène majeur qui affecte l’administration publique, l’Etat et les élus et répand dans tous les aspects de la vie grâce au règne de la monétarisation et de la dégradation de toutes les normes inhibant les égoïsmes ;

Lorsque, l’insécurité a atteint des proportions inquiétante. Tous les jours, des citoyens sont assassinés, violentés, violés sans que des mesures fortes et adéquates ne soient prises et appliquées effectivement. Le goût du lucre prend souvent le dessus sur le devoir national de protéger les citoyens ;

Lorsque les forces de défense et de sécurité, socle sur lequel repose le pays, deviennent un problème en ce sens qu’après 25 ans de règne du MPS, elles n’ont connu aucune réforme véritable et dans sa composition, demeure vraisemblablement une milice ;

Lorsque à des millions des jeunes Tchadiens (75°/° de la population) sans emplois, l’on promet la construction d’un chemin de fer, d’un aéroport international ou d’un centre d’affaires devant créer des emplois, alors qu’au même moment l’on obstrue le chemin des entreprises, soit en chassant ceux qui en sont les promoteurs, soit en décourageant toutes les initiatives courageuses de la jeunesse estudiantine ou paysanne ;

Lorsqu’on obstrue l’intégration de nouveaux diplômés à la Fonction Publique, alors que les incompétents, des analphabètes, des détenteurs de faux diplômes remplissent les bureaux des services publics ;

Lorsque toute une population de onze millions d’habitants est paupérisée alors que la manne pétrolière comme il a été à plusieurs fois relevées, ne profite qu’à une minorité. Aucune mesure tangible n’a été prise face à la hausse de prix des denrées de première nécessité. La population, déjà démunie, face à une cherté de vie qui la paupérise davantage. Même survivre relève du miracle pour beaucoup de Tchadiens.

Lorsque, avec la crise sociale actuelle, le pouvoir s’emploie inlassablement à réduire le champ des libertés fondamentales, pourtant garanties par la Constitution.

Lorsque La Loi 17 de 2010, qui est une avancée en matière de liberté de presse en ce qu’elle dépénalise la diffamation et les injures, subit perpétuellement des modifications qui visent à y inclure des mesures fortement répressives et privatives de liberté.

Lorsque, les conflits sociocommunautaires sont attisés par certains administrateurs, militaires, etc.

Lorsque les libertés individuelles et collectives sont confisquées et les lois de la République foulées au pied ;

Lorsque les populations dans les campagnes sont arnaquées par les CB, les agents des eaux et forêts, les douaniers, certains Sous-préfets, etc.

Le rubicond a été franchi depuis fort longtemps. L’heure de l’action a sonné !

La solution à ce désastre serait-elle dans la pieuse espérance d’une application saine, objective et impartiale de la règle de droit ou dans une profession déjà incantatoire en justice qui, dans les conditions actuelles, a déjà abdiqué, soit par intérêt, soit par incompétence, soit encore par connivence ou par peur.

Les risques sont majeurs. Le pays se trouve donc dans une situation extrêmement dangereuse et encourt :

  • Un enlisement de la crise sociale et politique ;
  • Une résurgence des rebellions ;
  • Un péril islamiste et la multiplication des attentats ;
  • Une fuite des capitaux ;
  • Une inflation ;
  • Un bradage des entreprises publiques et parapubliques ;
  • Un déclin du système éducatif ;
  • Une recrudescence des maladies pandémiques et endémiques ;
  • Une dislocation du tissu social ;
  • Une augmentation de la délinquance, de la prostitution, du brigandage, du banditisme ;
  • Une accentuation de la paupérisation de la population ;
  • Une exacerbation des conflits communautaires ;
  • Une résurgence des justices parallèles et privées.

De ce qui précède, il convient d’en douter. De la même manière l’on doit douter que la solution aux problèmes économiques actuels puisse résider dans des analyses économiques stériles.

Aujourd’hui, les cris de désespoir, de ras-le-bol, les protestations platoniques et vaines, et la résignation passive face au rouleau compresseur du pouvoir sont plus une réponse suffisante au mal que le Gouvernement MPS a fait.

La réponse n’est pas dans une attitude attentive.

Si près de 75°/° des jeunes actifs sont sans emplois et n’entretiennent le moindre espoir d’en avoir ; si les caisses de l’Etat sont désespérément exsangues, que les opérateurs économiques ont déserté les lieux ; si le coton a perdu sa blancheur, que le cheptel bovin ne connait plus de prospérité et que le baril de pétrole ne tient plus aucune hausse de prix ; la cause n’est plus seulement dans l’amateurisme managérial mais dans l’incapacité politique de celles et ceux qui gouvernent le pays.

« Aucun peuple au monde ne supporterait d’être ainsi agressé au plus profond de son être, en se laissant voler sa souveraineté ou sa citoyenneté au nom d’un désintérêt supérieur, d’une priorité donnée aux nouvelles minorités et d’une culture de l’excuse exonérant ces dernières, le cas échéant, d’avoir à rendre des comptes à la hauteur de ses actes illégaux ».

Les maux dont souffre le Tchad ont d’abord leur source dans la politique, leur solution passe par une réponse politique.

C’est la conscience et dans une saine, exigeante et positive action politique que résident les solutions. « Faut-il que le Président de la République démissionne pour ouvrir une période de transition ». Cette affirmation est avant tout une interpellation citoyenne. Chaque citoyen doit en être habité et aller au secours de la Nation rendue si vulnérable par tant de désastres, atteinte dans sa fondation et dans sa structure, elle attend le salut National par l’engagement de chaque citoyen.

Les chapelles politiques et les cénacles intellectuels cristallisent le débat sur les objectifs inavoués du candidat MPS ; tandis que se focalise sur son départ. On aurait bien fort de considérer que le salut national du Tchad réside dans le simple fait du départ de l’actuel locataire du palais Rose en 2016.

Il est évident que les enjeux sont d’abord au Tchad en tant qu’Etat et citoyen en que personne juridique, l’unité nationale en tant que fondation et l’indignation en tant que manifestation.

L’Etat est un enjeu certain

L’indifférence à l’égard de la situation de déclin comateux conduit, à terme, à la désagrégation de l’Etat par voie de rupture des liens sociaux qui les protègent, à sa vulnérabilité aux atteintes extérieures. Déjà, la diversion politicienne nous éloigne de la protection de nos frontières et, en conséquence, ouvre la porte à l’incursion des islamistes et l’occupation de notre territoire par Boko-Haram. Il faut encore rappeler, que progressivement, à l’Etat formel se substitue un Etat mafieux dans lequel tout se vend. Les parrains de cet Etat mafieux ont confisqué les rênes démocratiques à leur profit. La décision de quelques-uns devient l’obligation de tous. Le droit lui-même devient l’expression et l’exécution d’une personne. Or, qui dit volonté unique, dit opinion unique. C’est de l’existence durable de l’Etat qu’il s’agit, dans son intégrité, dans sa structuration, dans sa composition.

Le citoyen constitue également un enjeu important

Les libertés individuelles et collectives sont confisquée et les lois de la République foulées au pied. Les droits du citoyen se volatilisent et se réduisent comme peau de chagrin. Le parquet de N’Djaména n’a jamais été, à travers toute son histoire, sollicité avec autant de constance et de fréquence que pendant la période de sinistre mémoire de dictature de Hissein Habré. C’est une méthode inventée par le Gouvernement pour déstabiliser toute velléité de contestation. Le vœu de liberté intègre désormais la corbeille des veux adressés au Tchad. La pression psychologique qui pèse sur les citoyens a des conséquences sociales et économiques certaines.

L’unité nationale, la fondation

La survie de l’unité nationale constitue un véritable enjeu. Elle est devenue difficile par la perversité de l’action politique qualifiée par certains, bien à tort de régionalisme. Ce n’est pas que le régionalisme doit être célébré. Mais à considérer qu’il ait une justification sociologique, il faut encore qu’il soit juste.

A l’évidence, le Tchad se porte très mal à cause précisément d’une gestion scandaleuse, scabreuse soutenue par une politique de clientélisme abêtissant. Au lieu de l’émergence ou de la refondation de notre pays, dont on a saoulé la population depuis 1990, on assiste à la démolition effrénée de celui-ci pan par pan par une machine gloutonne animée par des prédateurs, qu’aucun sacrifice ne peut dédouaner. Il ne suffit plus de ruminer silencieusement et isolément ses propres chagrins en attendant une hypothétique alternance qui s’est toujours révélée comme une cérémonie festive des corrompus pour continuer la bêtise humaine contre l’intelligence et le bien-être collectif. Nous devions vaincre la fatalité. Il faut espérer et voir fleurir la fierté nationale, travaillé ardemment à une alternative porteuse des éléments de satisfaction des besoins fondamentaux, de culture élevée et de progrès social. Il s’agit d’opérer une rupture d’avec les errements et les perditions du présent. C’est une question de responsabilité vis-à-vis du Tchad, vis-à-vis des générations futures auxquelles nous devons préparer et léguer un espace vivable, viable et épanouissant.

Il nous faut construire et mettre en marche une nouvelle vision et un nouveau corps de pratique politique, sociale et culturelle. Or, pour élaborer, construire et mettre en marche une telle vision d’un avenir meilleur pour le Tchad, il faut d’abord oser refuser l’état actuel des choses, fait de chômage, de pillage, de matraquage médiatique, de harcèlement fiscal, de torture morale, d’arrestation arbitraire, de tripatouillages des lois, de corruption, de népotisme et de théâtralisation de la vie sociopolitique.

L’indignation est un devoir

L’indignation contre l’horreur et la pourriture est le premier pas dans la voie du salut. Thomas SANKARA avait absolument raison, lorsqu’il affirmait qu’il n’y a pas raison à avoir pitié de l’esclave qui ne se révolte pas contre sa condition. Il a fallu que les hommes et des femmes s’indignent contre l’esclavage pour qu’il y ait la proclamation des droits de l’homme ; il a fallu que des hommes et des femmes s’indignent contre la colonisation pour qu’il y ait la décolonisation.

Et alors, il faut bien que des hommes et des femmes s’indignent contre l’autocratie pour qu’il y ait la démocratie au Tchad.

En somme, la déliquescence de la situation nationale, exige une clairvoyance de tous les instants pour éviter de tomber dans les amalgames faciles et les pièges savamment orchestrés par les tenants d’un régime pervers.

Les défis sont plus exigeants

La situation appelle qu’on sonne la mobilisation pour relever un double défi :

  • éviter de tomber dans le piège de l’exacerbation des passions identitaires et régionalistes ;
  • administrer une résistance collective aux manœuvres de diversion en cours pour distraire le peuple et le détourner des préoccupations qui l’assaillent au quotidien du fait de la mal gouvernance ambiante.

Le piège du régionalisme.

Le temps est venu de lever les tabous qui entourent le régionalisme au Tchad. Il n’existe en réalité aucune fracture Nord Sud au Tchad. Mais plutôt un plan mis en œuvre par un lobby de profiteurs pour opposer les Tchadiens d’une région à une autre. Il faut éviter une mauvaise lecture de ce phénomène à travers des globalisations faciles pour ne pas tomber dans le piège des cerveaux de la manœuvre dont l’objectif principal est de pousser les populations du Sud Tchad à la stigmatisation de leurs frères du Nord du pays pour amener à un repli identitaire que l’on utilisera honteusement pour conserver le pouvoir. Surfer sur la fibre ethnique et régionaliste pour sonner la trompette du rassemblement des « frères » par l’activation des peurs et des émotions est une stratégie surannée qui suffisamment fait du mal au Tchad pour être perpétuée. Il convient donc de lutter contre ce mal qui participe plus d’une stratégie de conservation du pouvoir que d’une volonté de favoriser et de développer sa région d’appartenance.

La résistance aux manœuvres de diversion

L’inflation, l’IDH, l’IMI, le “ Doing Business”, le taux de chômage, la dette intérieure, la pauvreté, le budget fictif de l’Etat, au vu de ces indications, le pouvoir officiel et les institutions se sont discrédités par leur inefficacité, leur lâcheté et le manque d’autorité. Le pouvoir fait croire à une réelle volonté de promouvoir la vertu, alors que tout relève d’une stratégie bien pensée de diversion pour détourner le peuple des préoccupations essentielles nationales et urgentes que sont la mauvaise gestion économique, l’opacité entourant la gestion pétrolière, le chômage accentué des jeunes, l’alternance démocratique. Le Tchad, bon dernier au plan économique dans l’UEAC, et dernier dans l’accès à l’Internet et ce, malgré l’avènement de la fibre optique présentée comme la bouée de sauvetage dans ce domaine, évolue d’échec en échec. Les nouveaux moyens de communication, offerts par le Web et ses réseaux sociaux ne sont toujours pas exploités par les jeunes, ce monde en ébullition tenu en marge.

La stratégie des interventions militaires dans la sous-région en Centrafrique, au Mali et au Nigeria est de détourner et de fixer l’attention des citoyens sur des dossiers fabriqués de toutes pièces pour éviter les réactions certes légitimes, mais incontrôlées. Mais plus que le détournement des attentions c’est une stratégie qui vise, in fine à prédisposer les esprits à des grâces et amnisties générales, voire aux autoamnisties comme porte de sortie.

Ce qui fonde nos espoirs, c’est l’assurance que les Tchadiens ne se reconnaissent pas dans cette dictature dite du développement qui a fait de nous le dernier sur l’échelle du progrès dans la sous-région.

En conclusion : l’espoir et l’espérance !

Dans un tel contexte, avec de tels enjeux, face à de tels défis, la construction de l’espérance devient une nécessité vitale. Or, il est possible, en dépit des turbulences politiques d’offrir à ce pays la chance de résurrection. Les citoyens sont nombreux à attendre que sont le glas de ralliement en vue de la concrétisation de cette espérance. Il faut donc, dès à présent, transformer les familles en cénacle de construction et de l’avenir et de l’espérance. Les vagues actuelles ne doivent point nous divertir de cet objectif primordial. Il faut bien que les forces positives agissent, certes en vue de l’endiguement du déclin mais surtout en vue de réparation de la montée.

Les différentes initiatives doivent former une coalition pour échanger sur la fatalité, les conditions et les modalités d’une remontée sans jamais régresser.En vérité, la société civile oubliée depuis 25 ans veut désormais prendre la place qui est la sienne en participant pleinement aux décisions concernant l’avenir laissé jusqu’à présent à des laudateurs.

Elle exige du Président de la République qui a cautionné le désastre actuel et qui continue à s’accumuler, de se ressaisir s’il veut éviter de voir la colère exploser au premier prétexte. Le peuple Tchadien estexaspéré par l’autisme de ses représentants.

Suite au Mémorandum de l’Union des Syndicats du Tchad (UST) du 30 décembre 2015, la société civile est bien décidée à consolider sa place face à cet Etat impotent. C’est la seule alternative et plus qu’une révolte, c’est une dynamique d’une sourde insurrection du « spectateur engagé ». Faute d’acteurs patriotiques, à la mesure des défis exigeants, la société civile endosse elle-même le rôle de l’homme providentiel attendu. Il faut que se construise, en vue de cette action politique une alternative citoyenne crédible. Car, le Président Deby, s’est disqualifié et ne peut plus diriger le pays.

Actions urgentes

Devant ce péril et pour sauver la République, le Président DEBY, s’il est conscient doit démissionner. Un Gouvernement de Transition chargé de proposer et organiser des élections libres sera indispensable.

Les forces sociales doivent se mobiliser pour soutenir cette revendication.

Les partis politiques doivent assumer leur responsabilité et jouer leur rôle de porteurs de projet de société afin de remettre le Tchad debout.

Fait à N’Djaména, le30 janvier 2016

Ont signé :

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