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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 10:23

Maire de Bangui, elle a été désignée hier présidente de transition par un parlement provisoire. Cette femme d’affaires prend les rênes d’un pays sans État, miné par les violences, aux prises avec une tragédie humanitaire.

Une lourde responsabilité, une marge de manœuvre limitée dans un pays toujours déchiré par les violences. C’est ce qui attend Catherine Samba-Panza, maire de Bangui, désignée hier présidente intérimaire par le Conseil national de transition. Réuni hier dans la capitale centrafricaine, ce parlement provisoire a dû procéder à deux tours de scrutin, aucun des huit candidats en lice n’ayant recueilli la majorité absolue. Catherine Samba-Panza l’a finalement emporté face à Désiré Kolingba, produit du sérail politique, fils d’un ancien chef de l’État. Avec cette désignation, c’est une transition sous haute surveillance qui s’engage en Centrafrique. Installé au pouvoir en mars 2013 par les rebelles de l’ex-Séléka, le précédent président par intérim, Michel Djotodia, a été débarqué le 10 janvier dernier, avec son premier ministre, Nicolas Tiangaye. Une double « démission », enregistrée par le sommet des États d’Afrique centrale, à N’Djamena. Leur sort était déjà scellé. « On ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien fait et qui a laissé faire », avait prévenu François Hollande dès le début de l’opération militaire française. À la veille du sommet de N’Djamena, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait multiplié les escales dans les capitales de la région. Le Tchadien Idriss Déby, le Camerounais Paul Biya et le Congolais Denis Sassou-Nguesso sont étroitement associés, par Paris, à la tutelle qui s’exerce, de fait, sur Bangui. Officiellement, l’Élysée « fait confiance aux Centrafricains pour choisir une nouvelle équipe de transition ». En coulisses, Paris tire les ficelles.

La lourde tâche de restaurer le dialogue

Catherine Samba-Panza aura la lourde tâche de restaurer le dialogue entre les communautés, là où les haines, instrumentalisées, se sont aiguisées. Dès hier après-midi, elle a lancé un « appel vibrant » aux miliciens chrétiens anti-balakas et aux combattants musulmans de l’ex-rébellion Séléka à « déposer les armes ». À cinquante-huit ans, cette femme d’affaires plutôt appréciée de ses concitoyens dirige une société de courtage en assurance. Dans sa profession de foi, elle adopte une posture de rassemblement, rejetant les clivages religieux qui se sont installés à la faveur de la crise. Dans « un pays laïc et une terre d’œcuménisme où vivent en harmonie depuis les temps immémoriaux chrétiens et musulmans », violences et exactions des groupes armés ont « provoqué une véritable fracture sociétale et un profond traumatisme », déplore-t-elle.

Un désastre social qui a conduit le pays à l’abîme

Le maire de Bangui brosse aussi, dans ce texte, un constat plutôt lucide du désastre social et économique qui a conduit le pays à l’abîme, « dans une région pourtant réputée riche » par son sous-sol, « parmi les plus pourvus par la nature ». « Depuis plusieurs décennies, les finances de l’État sont exsangues, le système éducatif est en lambeaux, la couverture sanitaire pour nos populations est à son degré le plus bas, proche de zéro », rappelle-t-elle.

Si son profil, présenté comme un atout, tranche avec ceux de ses concurrents, Catherine Samba-Panza se retrouve à la tête d’un pays sans État, miné par les divisions, aux prises avec une tragédie humanitaire. Sur le plan sécuritaire, la situation demeure, selon l’euphémisme dont use l’Élysée, « volatile ». « De sérieuses menaces persistent », estime, de son côté, l’envoyé spécial de l’ONU à Bangui, Babacar Gaye. Alors que l’enlisement guette l’opération « Sangaris », Paris espère que la désignation de Catherine Samba-Panza suffira à combler un vide politique propice aux violences. Pari risqué.

l’UE approuve une opération militaire  Les ministres européens des Affaires étrangères des Vingt-Huit ont approuvé hier, à Bruxelles, le principe d’une opération militaire européenne en Centrafrique, en appui aux forces africaine et française déjà déployées sur place. Les premiers éléments de cette mission européenne pourraient arriver sur le terrain fin février. Au total, 1 000 soldats pourraient y participer. Ces forces seraient concentrées à Bangui, notamment dans la zone de l’aéroport. La France, à l’origine d’une offensive diplomatique pour faire valoir le principe d’un engagement militaire européen en Centrafrique, se propose d’encadrer cette mission, en y participant au niveau de l’état-major et des effectifs. Reste à préciser quels États membres seraient prêts à contribuer à cette mission européenne. D’abord hostile au principe d’un engagement militaire européen ou d’un financement européen de l’opération française « Sangaris », l’Allemagne dit étudier « des possibilités de soutien plus appuyées », mais sans envoi de troupes.

Rosa Moussaoui

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 16:38

Centrafrique : Catherine Samba-Panza, maire de Bangui, élue présidente de transition

Elle remplace l'ex-président Michel Djotodia, contraint à la démission début janvier.

Catherine Samba-Panza, la maire de Bangui, a été élue présidente de transition de la Centrafrique, le 20 janvier 2014. (FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS / FRANCETV INFO ) Par Francetv info avec AFP

Mis à jour le 20/01/2014 | 15:56 , publié le 20/01/2014 | 14:59

Une femme prend la tête de la Centrafrique. Catherine Samba-Panza, la maire de Bangui, a été élue présidente de transition du pays, par le parlement réuni en séance publique, lundi 20 janvier. Elle remplace l'ancien président Michel Djotodia, poussé à la démission en raison de son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses qui secouent le pays. 

Catherine Samba-Panza a emporté le second tour qui l'opposait à Désiré Kolingba, fils d'un ancien chef de l'Etat, en recueillant 75 voix contre 53, selon les résultats lus dans la salle. L'annonce de sa victoire a été suivie d'applaudissements de la part de l'assistance qui a entonné l'hymme national centrafricain. 

Sa mission : ramener la paix en urgence

Tandis qu'à Bruxelles, l'UE et l'Onu se sont accordés lundi sur l'envoi de troupes supplémentaires et sur le déblocage de près de 500 millions de dollars pour la Centrafrique en 2014, pour la nouvelle élue "ce ne sera pas une partie de plaisir", avait déclaré à l'ouverture de la séance parlementaire la présidente en exercice du CNT, Léa Kouyassoum Doumta. Il lui appartiendra en effet de pacifier la situation au plus vite dans le pays déchiré par des violences interconfessionnelles. 

Un mois et demi après le début de l'intervention française, les habitants de Bangui se disent angoissés de voir quelles réactions provoquera l'élection de la nouvelle présidente chez les hommes en armes toujours présents dans la ville : eux lui demandent de "ramener la sécurité" et "que tout se déroule normalement".

Son profil : une femme d'affaire vue comme indépendante

Chef d’entreprise de 58 ans, Catherine Samba-Panza a étudié le droit en France (deux de ses trois enfants y vivent encore), avant d'ouvrir une société de courtage en assurance en Centrafrique, rapportait Le Croix en juillet : "le petit monde des affaires la juge 'compétente', l’espère 'incorruptible'." Avant de s'engager en politique, c'est auprès des agences de développement et des organisations des droits de l’homme qu'elle laisse un "bon souvenir", s'investissant notamment "en faveur de l’égalité des citoyens et de la promotion des femmes." Elle est d'ailleurs bien accueillie lors de sa nomination comme maire de Bangui au printemps 2013. 

Surtout, elle "n’appartient ni à l’ancienne rébellion Séléka, ni aux hommes politiques qui sautent de ministère en ministère au gré des coups d’État", indiquait alors le quotidien. Un atout alors qu'il s'agit de tenter la médiation entre ces deux camps. 

Sa méthode : une adepte du dialogue

Elue lundi présidente de transition, cette nièce de diplomate a lancé dès son élection un "appel vibrant" aux miliciens chrétiens et combattants musulmans à déposer les armes, dans un discours devant les parlementaires. "Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes", a-t-elle dit à l'attention des miliciens chrétiens anti-balaka avant de s'adresser aux ex-Séléka : "déposez vos armes", pour faire "cesser la souffrance des populations" après des mois de sanglantes violences interreligieuses.

Il existe un  "moyen de rétablir le dialogue" entre ces communautés, avait-elle déclaré le 7 décembre 2013, lors d'un déplacement à Tourcoing (Nord), suivi par nos confrères de France 3 Nord-pas-de-Calais. "Il y a une fracture communautaire, sociale, et religieuse qui est en train de s'installer", commentait-elle, se disant favorable à l'intervention française en Centrafrique.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 11:15
Le 20/01/2014 - 07:22
Par Correspondance particulière - Guillaume Soro est allé à Ouaga soutenir son « parrain » aux frais du contribuable.

Le sentez-vous, ce vent de panique ? Depuis l’annonce, il y a une dizaine de jours, de la démission collective de plusieurs membres éminents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti du numéro un burkinabé Blaise Compaoré, les principales figures du régime Ouattara donnent l’impression que la seule idée de voir celui qui règne sur Ouagadougou depuis bientôt 27 ans à la retraite leur fait perdre tout sang-froid et les pousse à douter de leur propre avenir politique. Contre tout bon sens, Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara dit « Photocopie », ont accouru à Ouaga pour apporter, aux frais du contribuable ivoirien, un soutien dégoulinant de flagornerie au tombeur de Thomas Sankara dans ce qui relève pour le moins d’un conflit interne à une association privée (le CDP).
Quel est leur problème ? Pourquoi s’agitent-ils tant ?
D’une certaine manière, en accompagnant avec force mercenaires et kalachnikovs, la prise de pouvoir sanglante d’Alassane Ouattara, Blaise Compaoré signait son « arrêt de mort ». Ne s’en est-il pas rendu compte ? Dès lors qu’à Abidjan, cœur battant de l’influence hexagonale en Afrique de l’Ouest, avait été « reconquis » et qu’un homme conforme aux vœux de Paris avait été installé au Palais présidentiel du Plateau, son « utilité systémique » diminuait singulièrement. Certes, le « beau Blaise » peut toujours servir dans le cadre de l’action difficilement déchiffrable de la France au Mali et dans le Sahel. Mais il est moins central dans le « dispositif » qu’à l’époque où le « grand méchant Gbagbo » était au pouvoir et qu’il fallait tout faire pour s’en débarrasser, avec l’aide irremplaçable du Burkina Faso…
Ouattara est au pouvoir à Abidjan, Soro est le numéro deux de l’Etat ivoirien, Gbagbo est à La Haye. Au fond, et très cyniquement, les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire ont-ils toujours besoin que le plus grand commun déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest soit aux affaires à Ouaga au point de remuer ciel et terre pour faire « entendre raison » à ses adversaires internes ? A première vue, cet excès de zèle est curieux. Plusieurs hypothèses sont toutefois à étudier.
- Et si Ouattara soutenait Compaoré comme la corde soutient le pendu ? C’est bien connu : « cohabiter » avec des personnes dont on se sent « redevable », surtout quand on a soif de « s’affirmer » peut s’avérer difficile. Le natif de Ziniaré « out », il semble évident que l’ancien élève du lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire prendrait, dans le « système françafricain », une importance plus grande. Cela dit, Ouattara peut aussi considérer qu’il continue de dépendre de Compaoré, notamment en ce qui concerne la livraison de matériel militaire hors embargo et/ou de mercenaires affectés – en tout cas jusqu’à un passé récent – à sa garde rapprochée.
- Et si c’était finalement Guillaume Soro qui avait le plus à gagner dans le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré, qu’il présente volontiers comme son « mentor » ? Il est probable que l’équilibre des relations pas toujours très claires entre Ouattara et son « dauphin constitutionnel » ait besoin de l’entregent du maître de Ouaga pour ne pas sombre dans la franche adversité. Il ne faut pas oublier que, même quand Ouattara semblait convaincu que Soro le « trahissait » avec Gbagbo, notamment à la faveur du « dialogue direct », Compaoré continuait de le « couver ». Soro espère aussi, sans doute, prendre le pouvoir dans un avenir proche avec l’aide du « mentor »…
- Et si, au-delà de ce type de calculs d’ordre politicien, c’était la perspective d’un grand déballage du misérable tas de secrets liés à la rébellion ivoirienne et aux nombreux crimes économiques qui l’ont émaillée qui angoissait les tenants du pouvoir à Abidjan ? Un fin observateur de la scène politique et diplomatique ouest-africaine, le militant de gauche Guillaume Tene Sop, note ainsi que Salif Diallo, ancienne âme damnée du régime désormais passé à la dissidence, avait dans sa gibecière de souvenirs de quoi faire trembler à la fois Ouaga et Abidjan. « Pourquoi Soro court-il à Ouaga et parle de « médiation » dès que Salif Diallo démissionne du CDP ? De quoi a-t-il peur ? Pour la petite histoire, la ‘Mercedes noire’ c’est Salif Diallo. Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, c’est Salif Diallo, le MPCI, c’est Salif Diallo, la prise de Bouaké c’est Salif Diallo, les armes du MPCI c’est Salif Diallo… Et si Salif Diallo se mettait à table ? Il faut protéger le citoyen Salif… Il est en danger », s’interrogeait-il récemment. Lessiveuse d’argent sale, abri de mercenaires et de comploteurs de tout poil, relais de la contrebande du cacao ivoirien, la capitale burkinabè a été témoin de maints épisodes cachés de l’histoire récente. En cas de divorce au CDP, les « docs » se retrouveront-ils sur la place publique ?
L’attitude de la France de François Hollande face au « cas Compaoré » sera en tout cas très intéressante à observer. Jouera-t-elle la carte d’un « Macky Sall » local, et du changement dans la continuité, en soutenant un homme du sérail pour mieux contrer la vraie opposition, notamment sankariste ? Affectera-t-elle la « non-ingérence » tout en appuyant discrètement un Compaoré qui sait se montrer utile ? Soutiendra-t-elle sans arrières-pensées le mouvement démocratique ? Qui vivra verra.
 
Une contribution par Théophile Kouamouo

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 11:29

GRANDE MARCHE DU SAMEDI 11 JANVIER 2014

Pour que la lumière soit faite sur les assassinats de journalistes en CÔTE D’IVOIRE

« J’aimerais dire qu’il n’y a pas de raisons que qui que ce soit ou quoi que ce soit tue leurs rêves. »Voilà comment s’achève l’une des dernières interviews menée par Désiré OUE parue dans le Magazine Tomorrow dont il était le Rédacteur en chef, en même temps que l’un des correspondants d’Ivoirebusiness en CÔTE D’IVOIRE… Avant d’être lâchement assassiné à son domicile par des Escadrons de la Mortle 14 novembre dernier sous les yeux horrifiés de sa femme et de ses deux filles âgées de 18 ans et d’à peine trois mois. Désiré OUE devait se marier deux jours plus tard. Voilà comment on tue les rêves de la Jeunesse aujourd’hui en Côte d’Ivoire.


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Alors, était-il ce prétendu «milicien pro-Gbagbo » recherché comme ont tenté de le faire croire les autorités en place dans un premier temps? La Ministre de la Communication en personne a tenu à s’en excuser auprès de la famille non sans avoir d’abord laissé se répandre la rumeur, vite démentie par les preuves abondantes de la respectabilité de Désiré OUE, qui n’a jamais dérogé aux  lois régissant tant la profession de journaliste que la vie en société.


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Désiré était un journaliste honnête, travailleur, reconnu dans la profession pour son sérieux et son dévouement aux valeurs humaines de paix et de liberté.

Mais Désiré OUE est loin d’être le premier journaliste ainsi abattu dans l’exercice de ses fonctions, mort pour avoir défendu notre droit à une information libre et indépendante.

Après Antoine MASSE assassiné par des soldats de la Licorne à DUEKOUE en novembre 2004 alors qu’il couvrait les terribles événements de BOUAKE ou encore Sylvain GAGNETAUD sauvagement abattu par les FRCI lors de leur prise de pouvoir par la force sous les bombes franco-onusiennes d’ABIDJAN en mai 2011, voilà encore un journaliste qui quitte tragiquement ce monde sans qu’aucune enquête sérieuse ne soit diligentée.

Combien de temps va-t-on encore accepter que les droits de l’Homme et les libertés fondamentales soient bafoués en Côte d’Ivoire par ceux-là même qui prétendaient les incarner, que la France et la Communauté internationale soutiennent en toute impunité ?


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L’affaire Guy André KIEFFER qui a fait couler tant d’encre et de salive à l’époque et a été utilisée comme l’un des prétextes à une intervention armée en Côte d’Ivoire est en passe d’être enterrée par prescription décennale. Où sont passés ceux qui exigeaient la tête de GBAGBO sur simples accusations fallacieuses mettant en cause ses proches dans la tragique disparition de ce journaliste français ?


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Certes, Reporters Sans Frontières s’est fendue d’un communiqué de presse regrettant l’assassinat de Désiré OUE et les tentatives d’intimidation de certains de ses confères. Et puis SILENCE…


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Nous, Ivoiriens, Panafricains ou tout simplement  militants du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, appelons  à une grande marche pour dénoncer les atteintes aux libertés de la presse qui se multiplient en CÔTE D’IVOIRE, mais aussi pour que toute la lumière soit faite sur les crimes de ce régime liberticide installé et maintenu par la force au mépris de ses institutions souveraines.


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Que ceux qui croient à une réconciliation possible de tous les enfants de CÔTE D’IVOIRE se rappellent cette célèbre formule abusivement attribuée à VOLTAIRE : « je suis contre vos idées, mais je mourrai pour que vous puissiez les exprimer ». Désiré OUE est mort pour que nous puissions faire nos choix en conscience et en responsabilité. Merci de venir nombreux à la grande marche du samedi 11 janvier 2014 qui partira de place de la République pour converger vers la place de la Bourse sous les fenêtres de l’Agence France Presse et de RSF.


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Sa famille au sens biologique comme la grande famille des journalistes ainsi que toutes les victimes du Régime de Terreur qui s’est abattu sur la CÔTE D’IVOIRE comptent  sur vous et vous remercient de votre mobilisation.



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Désiré OUE, journaliste ivoirien lâchement assassiné par des Escadrons de la Mort le 14 novembre 2013

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 10:59
 

 C'est un communiqué qui l'a confirmé, vendredi 10 janvier à midi, à l'issue de deux jours d'intenses discussions à N'Djamena : le président de transition centrafricain Michel Djotodia, et son premier ministre Nicolas Tiengaye, ont démissionné. Ainsi s'achève le sommet extraordinaire de la Communauté des Etats d'Afrique centrale convoqué par Idriss Déby dans la capitale tchadienne pour tenter de sortir de la crise.

Ce fut un bien mauvais réveillon 2013 que celui passé par Michel Djotodia, le président de transition en Centrafrique. Dans la nuit du 31 décembre, des heurts menacent le camp De Roux où il est retranché à Bangui, et l'ex-rebelle de la Séléka a appelé la force française Sangaris à l'aide. Mais le 1er janvier 1000 km de là, son sort politique est scellé d'une autre manière. Dans la capitale du Tchad, le président Idriss Déby reçoit Jean-Yves le Drian, le ministre de la défense français.

Car Sangaris est engluée à Bangui, dans une situation toujours explosive un mois après son déploiement. Le grand voisin tchadien de la Centrafrique, lui, voit que la transition politique définie début 2013 sous l'égide de l'organisation qu'il préside, la CEEAC, est dans l'impasse. A Bangui, ses soldats ont bien commencé à patrouiller avec les Français mais ils sont accusés d'exactions. Ses ressortissants sont la cible des violences ; 12 000 ont déjà fui, dont 3 000 dans des avions français.

 

Lire aussi Carte : pourquoi la France intervient en Centrafrique

 

Ce soir du 1er janvier, au Palais rose, les deux hommes se mettent d'accord sur le principe d'un départ prochain de Michel Djotodia. Il faut désarmer sans délai les milices centrafricaines ex-Séléka et anti-Balaka – « dix jours ! », dit Déby. Or Michel Djotodia, l'homme de N'Djamena, en est incapable, qui ne contrôle plus les ex-Séléka. « Le constat partagé est que l'exécutif centrafricain ne peut plus rien et qu'il faut une initiative pour éviter le chaos », relate sur place une source française. Mais le chaos est déjà bien installé, et le pari fait par la France en retirant le seul interlocuteur identifié par la communauté internationale est hautement risqué : quelle peut être l'alternative ?

 

« NOUVEAU SUD-SOUDAN »

Quelques heures plus tôt, dans ses vœux télévisés, le président Déby a lâché publiquement M. Djotodia. « Nous [sommes] profondément choqués par les fausses accusations contre notre pays l'accusant de soutenir la Séléka. Je défie quiconque d'être capable de fournir à l'opinion internationale la preuve de ces allégations. »

Les menaces répétées venant de l'entourage de Djotodia sur une possible partition du nord de la RCA auraient achevé de convaincre Idriss Déby d'appuyer Paris dans cette démarche. « Un nouveau Sud-Soudan à sa porte, c'est le cauchemar pour lui », ajoute un diplomate. « Nous n'avons pas d'autre agenda que de rétablir la paix et la sécurité, quand la case de votre voisin brûle, la flamme peut atteindre la vôtre. Nous craignons le terrorisme », précise au Monde un porte-parole de la présidence tchadienne. D'autres contreparties ont été échangées avec le principal partenaire militaire de la France en Afrique.

En ce jour de l'An, si l'objectif paraît clair, la méthode pour y parvenir ne l'est pas encore. « Il ne faut pas que l'Occident se trompe d'analyse, ce n'est pas parce que Djotodia est musulman qu'il faut le combattre ; ce régime a une feuille de route, il faut l'aider pour que les choses évoluent », indiquait-on aussi à la présidence tchadienne.

Le chef de l'Etat tchadien et le ministre français calent un deuxième rendez-vous pour le surlendemain. Le 2 janvier, M. Le Drian doit s'envoler pour Bangui voir la force française ; il snobera M. Djotodia qui a demandé à plusieurs reprises de le voir. Dans la même journée, avant de revenir à Ndjamena, il consultera les deux autres grands acteurs de la région, le Congolais Sassou N'Guesso à Brazzaville, puis le Gabonais Ali Bongo à Libreville.

« Déby a lâché Djotodia depuis longtemps », assurait une source diplomatique française au début de ce marathon régional. Jean-Yves Le Drian a dit sa confiance en Idriss Déby, son allié militaire qualifié de « parfait » au Mali, où il a payé le prix du sang au bénéfice de l'opération Serval. Ensemble, ils ont abordé la question centrafricaine dès le 14 décembre 2013 à N'Djamena. Le président tchadien avait alors fait part de ses doutes sur les capacités de Michel Djotodia à contrôler la coalition Séléka. Et passé un message clair aux Français : les ex-Séléka non-Centrafricains, mercenaires soudanais et tchadiens, devront quitter la RCA.

Ce jour-là, dans leur tête-à-tête, les deux hommes ont échangé leur numéro de portable ; ils se parlent presque quotidiennement depuis. A Paris, François Hollande a vu très vite que l'opération « coup de poing » promise à Bangui allait durer, et validé ainsi, avant Noël, l'idée d'une initiative française pour sortir du piège centrafricain. Contrairement aux plans initiaux, Sangaris demeure « scotchée » dans la capitale. Une situation qui permet aux ex-Séléka, même divisés, de garder la main sur le pays. Les miliciens en contrôlent toutes les ressources : les péages routiers en provenance des pays voisins, le pétrole au nord, les diamants au centre.


PARER UN EMBRASEMENT LIÉ AU CHANGEMENT DE RÉGIME

Le 2 janvier, à 14 heures, le Falcon français se pose à Brazzaville. Le président Sassou N'Guesso est tout autant le médiateur de la crise centrafricaine, où il a envoyé des soldats, que le financeur de ce qui reste d'administration à Bangui. Le ministre de la défense ne laisse rien transparaître, mais il sort conforté de ses deux heures d'entretien. Même convergence qu'à N'Djamena, disent les Français. Face à l'impasse de la transition politique, le président congolais a commencé les consultations avec les acteurs de la RCA pour une alternative. Le contingent congolais de la Misca a lui aussi subi des pertes. Des Centrafricains se réfugient au Congo. L'idée d'une réunion d'urgence des chefs d'Etat de la région se précise.

A 17h30, le marathon se poursuit à Libreville. C'est dans la capitale gabonaise qu'avait été signé l'accord de début 2013 instituant un « gouvernement d'union nationale » à Bangui. Ali Bongo a déployé un contingent important – 600 hommes – dans la Misca. A Libreville, le camp De-Gaulle, avec ses mille hommes, constitue aussi le principal réservoir de forces françaises pour la RCA. Le président Bongo donne lui aussi son accord pour une conférence régionale.

Quand la délégation française rejoint N'Djamena, le soir venu, un autre « hôte » est en ville, que la force Sangaris a vu rapidement embarquer sur le tarmac de Bangui. Michel Djotodia, venu avec une dizaine de proches, a été convoqué par Idriss Déby.

Au Palais rose, le 3 janvier au matin, la boucle est bouclée. Démission de Michel Djotodia, nouvelles équipes de transition, désarmement des deux groupes ex-Séléka et anti-Balaka, départ des mercenaires soudanais et tchadiens : Idriss Déby et Jean-Yves Le Drian précisent les termes de leur accord, qui semble clair. Le président tchadien va convoquer, jeudi 9 et vendredi 10 janvier, une réunion extraordinaire de la CEEAC, à laquelle il demande au ministre français d'envoyer un émissaire. A sa demande, Paris lui assure que Sangaris restera à Bangui « avec les moyens nécessaires » pour parer un embrasement lié au changement de régime. S'il le faut, la force sera renforcée, même s'il n'en est pas question officiellement.

 

Lire aussi En Centrafrique, le président Djotodia est sur la sellette

 

Le ministre achève ce jour-là sa tournée africaine à Faya-Largeau, petite base du nord du Tchad appelée à rester un point d'appui pour les Français dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel. Mais cette dernière visite sera écourtée, comme le week-end breton de Jean-Yves Le Drian. L'Elysée le convoque pour 20 heures, avec son homologue des affaires étrangères Laurent Fabius. Il faut aller encore plus vite, décide François Hollande. Une nouvelle rencontre a lieu à l'Elysée samedi, en tête-à-tête. Les scénarios militaires de l'après-Djotodia sont calés pour Sangaris. Au risque qu'un vide en remplace un autre.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 11:41

Tchad : combien de temps la population restera-t-elle otage du pire dictateur de la Françafrique ?

Communiqué du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,

Paris, 28 octobre 2013

 

Applaudi à Bamako aux côtés de Hollande, Idriss Déby vient d’obtenir un siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU : le dictateur tchadien sort très renforcé de la guerre au Mali. La lutte contre le ‘djihadisme’ au Sahel est passée par l’alliance de l’armée française avec les troupes claniques d’un chef d’Etat considéré comme l’un des pires dictateurs d’Afrique. Idriss Déby en profite pour se présenter désormais comme rempart contre le terrorisme islamique ou comme sous-traitant potentiel d’opérations militaires ou de maintien de la paix.

L’argent du pétrole a permis le renforcement rapide de l’armée tchadienne depuis 2003, sans que la rente ne profite à la population, même si des infrastructures sortent de terre. Selon International Crisis Group en 2009 [1], « les ressources pétrolières sont devenues pour le pouvoir tchadien une source de renforcement militaire, de clientélisme et de cooptation politiques. Cette situation contribue à verrouiller davantage l’espace politique national et à maintenir le pays dans un blocage persistant qui radicalise des antagonismes entre le pouvoir et ses opposants. » Le pétro-Etat est 184e sur 186 au classement de l’indice de développement humain du PNUD [2]. Le gouvernement tchadien a annoncé le triplement de sa production pétrolière en 2015, ce qui le placerait au niveau du Congo-Brazzavile [3]. Récemment, il a décidé la création d’un fond d’investissement de 50Mds de dollars avec l’aide de Samuel Maréchal, ancien dirigeant du Front National [4]. Cette manne permet à Déby de financer des activités politiques en Afrique à la manière de Khadafi. Il intimide d’autres présidents, en particulier en Afrique de l’Ouest, et fragilise ainsi la démocratie, là où elle commence à s’installer.

Durant l’intervention au Mali, en mai 2013, Idriss Déby a pu écraser le peu d’opposition encore debout sans grande réaction internationale [5]. Cependant, la répression au Tchad en 2013 ou la présence des derniers enfants soldats tchadiens ne sont qu’une infime partie du bilan de 23 ans de règne : la liste des massacres perpétrés par les 10000 ‘soudards’ de la Garde Républicaine, des exécutions extra-judiciaires, des exécutions d’opposants, des villages brûlés, des prisonniers torturés ou exécutés, est interminable. Un inventaire des crimes est impossible à dresser car les organisations de droits humains n’ont la possibilité d’enquêter que très partiellement au Tchad. Déby a évidemment garanti l’impunité aux exécutants de ses ordres. Il a tout autant l’habitude d’emprisonner ou d’expulser des opposants que de corrompre des journalistes, des militants des droits humains, des politiciens, selon ses besoins, dans son pays et ailleurs.

La majorité des massacres a eu lieu dans les années 90 et sont liés à des guerres contre des rébellions, qui se sont créées en réaction aux massacres précédents, au caractère ethnique de l’armée, puis à l’accaparement des recettes pétrolières par la famille présidentielle et à l’impossibilité d’alternance politique. Une partie des crimes sont des crimes contre l’humanité imprescriptibles. La justice internationale s’est construite dans les années 2000, et Idriss Déby, très soutenu par Chirac jusqu’en 2007, s’est adapté pour éviter d’être poursuivi par la CPI comme l’a été le président soudanais El Béchir [6]. En 1990, la Commission d’enquête nationale avait établi à 40 000 le nombre de victimes du régime Habré. Dès 1993, Amnesty alertait sur la continuité des méthodes des deux régimes [7]. L’impunité de Déby rejoint celle de Habré d’autant plus que, comme Commandant en chef des Forces Armées du Nord, puis conseiller à la sécurité à la présidence jusqu’à sa défection en 1989, il a mené une partie des massacres attribués à Habré, dont ceux du ‘Septembre noir’ en 1984 dans le Sud, et ceux de la région de Guéra dans la répression du MOSANAT entre 1986 et 1988. Idriss Déby a déjà négocié son immunité au procès de Habré aux Chambres Africaines au Sénégal, où il est prévu qu’il intervienne comme témoin [8].

L’armée française a depuis 1990 été aux premières loges pour observer les crimes d’Idriss Déby et pour le protéger. En février 1998, à Sahr dans le Sud du Tchad, après l’enlèvement de 4 français par Mahamout Nahor, des massacres ont été commis sur ordre de Déby avec des soldats français à proximité. Concernant l’assassinat en février 2008 du leader de l’opposition démocratique Ibni Oumar Mahamat Saleh, l’enquête de la juge d’instruction française Emmanuelle Ducos permettra peut-être de connaître les témoignages des deux conseillers français présents et en particulier celui du colonel Gadoullet [9]. L’armée française a maintenu sa collaboration alors que les crimes s’accumulaient, cautionnant ainsi l’impunité, et contribuant ainsi à une banalisation des crimes contre l’humanité. Cette collaboration a aidé Déby à rester au pouvoir, jusqu’aux deux interventions françaises pour le sauver en 2006 et 2008. Par ailleurs, et de façon positive, pour pallier les défaillances de l’Etat tchadien, l’armée française joue un rôle humanitaire et social, grâce à l’hôpital militaire Epervier, ou en intervenant en cas d’incendies ou de catastrophes naturelles [10].

Idriss Déby n’a aucune légitimité démocratique. Il est arrivé par les armes. Il a été installé durablement en 1996 par les experts en fraude électorale français à l’époque où la Françafrique pouvait tout se permettre [11]. Il n’a eu ensuite qu’à profiter de l’expérience des dictateurs en scrutins frauduleux et à écraser toute opposition. La dernière mascarade, en 2011, cautionnée par l’Union Européenne suite au travail de l’expert des élections en dictature, Louis Michel, n’a apporté aucun progrès.

La démocratisation de l’Afrique centrale est actuellement impossible. Les destins du Tchad, de la Centrafrique, du Cameroun, du Congo Brazzaville et du Gabon sont liés. Les dictateurs sont globalement solidaires. Cette situation bloquée est aussi le résultat de l’historique de la politique française dans la région qui a favorisé son approvisionnement en pétrole. Actuellement, l’Union européenne qui souhaiterait commencer à définir sa politique de défense au Conseil européen de décembre, est entraînée par la politique française sous influence militaire dans des alliances avec les dictateurs de la Françafrique. La démocratisation est sacrifiée au profit du renforcement de la sécurité européenne et de son industrie d’armement. Le gouvernement français tente de (re)faire croire que les présidents peuvent construire « la paix et la stabilité » sans considération pour la nature des régimes. Les peuples, privés d’élections crédibles, sont toujours exclus du débat sur leur sécurité. Ainsi, Déby, qui a regagné une certaine ‘légitimité internationale’, se renforce militairement à l’extérieur et a réussi à s’imposer comme acteur incontournable en Centrafrique qu’il avait lui-même déstabilisée [12].

Le 29 octobre 2013, le Tchad subira l’Examen Périodique Universel de l’ONU à Genève [13]. Cet examen, non directement contraignant, permettra de juger de l’avancement de la construction de l’Etat de droit. Idriss Déby, mis en cause et susceptible d’avoir à rendre des comptes, ne fait évoluer son régime que très lentement. Les recommandations pour l’EPU formulées par Amnesty révèlent la nature du régime et l’horreur paralysante que vit la population depuis 23 ans [14]. Même si l’EPU ne vise pas directement à la justice et la vérité pour l’ensemble des crimes du régime tchadien, la mise en œuvre rapide de ses recommandations est essentielle.

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique invite le gouvernement français à modifier impérativement sa politique au Tchad dans le sens :
-  d’un arrêt du soutien diplomatique et militaire à Idriss Déby,
-  d’un soutien actif aux démocrates tchadiens, et à la construction de l’Etat de droit selon les recommandations de l’Examen Périodique Universel
-  d’un retrait des troupes françaises du Tchad
-  à l’occasion du procès Habré, d’une transparence sur l’ensemble des crimes observés par des fonctionnaires français au Tchad entre 1982 et 2013, y compris sur les victimes des événements de février 2008 dont Ibni Oumar Mahamat Saleh
.

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique

17 Signataires : Forces Vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Union des Populations du Cameroun (UPC), Comité d’Action pour la Conquête de la Démocratie en Centrafrique (CACDCA), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo Brazzaville), Mouvement pour le Renouveau Démocratique (MRD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Alliance Républicaine pour le Développement (ARD, Djibouti, coalition Union pour le Salut National (USN)), Ca suffit comme cà ! (Gabon), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Forum Citoyenneté Monde arabe (FCMA), Amicale panafricaine, Sortir du Colonialisme, Afriques en lutte, Parti Communiste Français (PCF), Parti de Gauche, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Europe Ecologie les Verts.

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 12:10
Shutdown: «La maison des cons» par Caroline Piquet (Slate.fr . 01/10/2013) Le shutdown du gouvernement américain, intervenu faute d’un accord au Congrès la veille sur le vote du budget, a mis le New York Daily News très en colère. (…) Sur l’affiche, un pastiche de l’affiche de la série House of Cards, le leader républicain de la Chambre des représentants John Boehner, les mains pleines de sang. Le tout retitré: «House of Turds» («La maison des cons», ou, littéralement, «La maison de la merde» - dans ce cas, ce n'est peut-être pas du sang que John Boehner a sur les mains). Dans un éditorial cinglant intitulé «Burning down the House» («Réduire la Chambre en cendres»), le NY Daily News se paie les «Républicains extrémistes» qui ont pris les Etats-Unis «en otage» et «attaché son corps à la voie ferrée». (…) Le gouvernement américain pris en otage par le Tea Party par Thomas Cantaloube. (Médiapart. 01 octobre 2013) La fermeture (« shutdown ») du gouvernement des États-Unis faute d'avoir son budget voté par le Congrés montre à quel point une minorité d'élus ultra-conservateurs est prête à tout pour imposer ses vues en dehors du processus législatif et démocratique traditionnel. La fermeture (« shutdown ») du gouvernement des États-Unis mardi 1er octobre, une minute après minuit, représente un nouvel épisode dans la lutte que la faction la plus extrémiste de la droite américaine mène contre le président démocrate Barack Obama. Sauf que, cette fois-ci, il ne s’agit plus de discours ou d’injures, ni même d’obstruction procédurière ou d’élection, mais de la prise en otage d’un pays entier et, si les choses ne s’arrangent pas vite, du reste de l’économie mondiale. L’enchaînement des événements qui ont abouti à cette situation est relativement simple, mais difficile à expliquer en quelques mots, car il implique de nombreux acteurs et des circonstances particulières. Reprenons les choses dans l’ordre : Le Congrès vote le budget (ou pas) Depuis 1974, c’est la responsabilité du Congrès des États-Unis que d’approuver (en le modifiant ou non) le budget qui lui est soumis par le président. S’il n’y parvient pas, il peut voter un budget temporaire, des prolongations budgétaires, un ajournement, etc. Il existe de nombreuses mesures pour faire en sorte que le gouvernement continue de fonctionner même sans vote budgétaire. Mais le Congrès peut aussi décider de ne rien faire, comme c’est le cas aujourd’hui. Alors le gouvernement s’arrête – sauf les services essentiels. Même si cela ne s’est pas produit depuis 1996, il y a eu dix-sept « fermetures » depuis 1976. Ce n’est donc pas un événement sans précédent. Le Congrès est l’otage d’une poignée de jusqu’au-boutistes Le Congrès des États-Unis est composé de deux chambres : le Sénat, à majorité démocrate, et la Chambre des représentants, à majorité républicaine. Comme toutes les lois, le budget doit être voté de manière identique par les deux chambres. Et si la loi budgétaire était soumise au vote aujourd’hui, elle serait certainement approuvée ! Par le Sénat bien sûr, qui appuie le président, mais aussi par la Chambre. Il n’y a en effet que 80 représentants républicains (sur 232) qui sont farouchement opposés à ce budget. Mais ces 80 jusqu’au-boutistes menacent de faire éclater l’unité du parti conservateur. Le leader de la Chambre, le républicain John Boehner, refuse donc de soumettre le budget au vote de peur de voir le schisme éclater au grand jour et de perdre son poste dans la foulée. Nous avons donc la conjonction d’une minorité frondeuse, extrêmement bruyante et dynamique, qui menace son propre camp, et d’une majorité dirigée par un personnage falot, incapable de faire régner la discipline. Une minorité de « suicidaires » C’est un éditorialiste lui-même ultra-conservateur, Charles Krauthammer, qui a baptisé ces élus proches du Tea Party de « groupe de suicidaires ». Ils sont également dénoncés par un grand nombre de barons du parti républicain, comme Karl Rove, l’ancien « cerveau » de Bush, ou John McCain, l’ex-candidat conservateur à la présidence. Mais cela ne les empêche pas de continuer leur travail de sape. Il y a deux raisons à cela. La première découle d’une analyse électorale assez fine et parlante des terres d’élection de ces 80 représentants. Ils vivent en effet dans une Amérique très différente de celle de l’ensemble de leurs concitoyens : bien plus blanche, moins éduquée et très à droite (alors qu’Obama a défait Mitt Romney par quatre points d’écart au niveau national en 2012, les électeurs de ces 80 circonscriptions ont voté pour Romney avec 34 points d’écart !). Ces élus se sentent donc investis d’une mission : représenter les plus conservateurs des Américains. La deuxième raison est idéologique. Comme le résume Michael Gerson, l’ancienne « plume » de Bush, peu suspect d’avoir des sympathies de gauche, « peu importe la victoire, peu importe la stratégie, peu importent les conséquences, tout ce qui compte pour eux c’est le combat ! » Le Tea Party et ses sympathisants considèrent en effet que le parti républicain n’est pas assez à droite et pas assez « pur ». Encouragés par le système des primaires (où les plus radicaux se déplacent davantage que les modérés), ils sont convaincus que pour être victorieuse, la droite ne doit faire aucun compromis et se battre jusqu’au bout, quitte à être défaite encore et encore. Il n’y a aucun rapport entre le vote du budget et la réforme de l’assurance-santé La principale constante de cette frange extrémiste du parti républicain est sa philosophie du refus de l’État (l’élimination des déficits n’est qu’un moyen de forcer le gouvernement à dépenser moins, donc à peser moins dans les affaires de la cité). Quand Obama est arrivé au pouvoir en pleine crise financière, son premier combat fut de lutter contre le plan de relance de l’économie. Puis, ce fut la tentative de faire dérailler la réforme de l’assurance-santé. Celle-ci a fini par être votée mais, même édulcorée (elle fonctionne sur des principes de marché), elle est devenue la Némésis du Tea Party. Le Tea Party « contre le carcan de la réalité politique » N’ayant pas réussi à empêcher son vote en 2010, puis ayant échoué à la faire déclarer anticonstitutionnelle, la droite du parti républicain a choisi de se servir de la réforme de l’assurance-santé comme d’un instrument de chantage. Elle a d’abord demandé sa suspension, puis son report d’un an, en échange du vote du budget 2013. Or Obama ne va pas céder là-dessus car cette réforme est sa réalisation la plus notable, une promesse de deux campagnes présidentielles successives et victorieuses. Mais surtout – et c’est cela qui déplaît aux démocrates comme aux conservateurs modérés – cette manœuvre représente la négation même des principes législatifs et démocratiques des États-Unis. Une loi est proposée, débattue, approuvée par une majorité d’élus, signée par le président et éventuellement validée par la Cour suprême en cas de contestation. La réforme de l’assurance-santé est passée par toutes ces étapes. Tenter de revenir dessus par le chantage (« Je ne vote pas le budget si elle n’est pas repoussée ») est une dérive dangereuse pour la démocratie. Comme l’ont fait remarquer de nombreux élus américains, de droite comme de gauche : « Cette loi a été votée. Si elle vous déplaît, il y a des élections pour cela. Remportez la majorité et modifiez la loi. » Le paradoxe de la situation actuelle est qu’en bloquant le vote du budget, les « suicidaires » n’ont pas empêché l’entrée en vigueur du gros morceau de la nouvelle assurance-santé. Si des pans de celle-ci sont déjà en place, mardi 1er octobre est la date de début du système de comparaison et d’achat d’assurance pour les dizaines de millions d’Américains qui n’en possèdent pas encore et qui sont désormais contraints d’en acquérir une (avec des subventions étatiques). Malgré la « fermeture » du gouvernement, le système est désormais lancé. Le « shutdown » n’est pas dramatique en soi, c’est la suite En soi, la cessation d’activité des fonctionnaires est spectaculaire et un peu ennuyeuse pour toutes les démarches administratives, mais elle n’est pas bien grave (les employés du public jugés « essentiels » comme les militaires, les policiers, les facteurs, les contrôleurs aériens… continuent de travailler). C’est déjà arrivé dans le passé (17 fois depuis 1976) et les salariés ainsi mis au chômage technique sont généralement payés rétroactivement. Les pertes pour l’économie existent, mais elles sont faibles. Ce qui inquiète davantage c’est que, cette négociation budgétaire ayant échoué, la prochaine s’annonce très mal. Or il s’agit de l’augmentation du plafond de la dette américaine. Cette procédure de contrôle par le Congrès de la capacité d’endettement des États-Unis date de 1917 et, jusqu’à très récemment, il s’agissait d’une formalité. Mais maintenant que la droite de la droite a fait de la réduction des déficit l’alpha et l’oméga de sa pensée politique (toujours dans le but « d’affamer l’État » afin de le faire disparaître), chaque augmentation du plafond de la dette fait l’objet d’une bagarre politique. Or, contrairement au « shutdown », les conséquences d’une absence d’accord seraient bien plus graves. Même si la situation ne s’est jamais produite, la grande majorité des économistes estime que les dégâts seraient importants. Selon une étude, la simple perspective d’une absence d’accord en 2011 (déjà !) avait fait plonger la confiance des ménages et des entreprises, fait chuter le Dow Jones de 14 % en un mois, ralenti les embauches et retardé la reprise. Si jamais le plafond de la dette était atteint sans relèvement, alors les États-Unis seraient en défaut de paiement. Non seulement le gouvernement devrait donc automatiquement procéder à des coupes claires tous azimuts dans ses budgets (compromettant sa lente reprise), mais tout le système financier international serait alors fragilisé. Comme l’explique l’économiste et prix Nobel Paul Krugman : « La présomption que les États-Unis honoreront toujours leur dette est le pilier sur lequel le système financier international repose. Les bons de trésor américain sont souvent considérés comme ayant plus de valeur que du cash. » Depuis janvier 2011, lorsqu’ils ont pris le contrôle de la Chambre des représentants, surfant sur la vague du Tea Party, les républicains ont tenté à une quarantaine de reprises de faire annuler la réforme de l’assurance-santé. À chaque fois, leurs résolutions ont échouées (soit en commission, soit au Sénat) et l’on ne peut même pas dire que cette obstination se soit avérée payante puisque en 2012, ils ont perdu dix sièges lors des élections. Aujourd’hui, le blocage du budget représente l’ultime tentative de parvenir à leurs fins en usant de l’arme du chantage et en menaçant gravement les intérêts et l’économie de leur propre pays. Comme l’écrit l’ancien bushiste Michael Gerson : « La révolte du Tea Party n’est plus une révolte contre Obama ou contre les dirigeants du parti républicain qu’ils jugent trop modérés, mais une révolte contre le carcan de la réalité politique. » Reste à savoir si, maintenant que le gouvernement est « fermé », et que les Américains semblent assez mécontents de l’attitude de leurs élus, les ultra-conservateurs ou bien le leader de la Chambre John Boehner vont reprendre contact avec la réalité et tenter de sortir de l’impasse. En 1996, les républicains avaient déjà provoqué la fermeture du gouvernement lorsque Bill Clinton était président. Celui-ci avait refusé de céder à leurs demandes (qui incluaient déjà une réduction du déficit) et, in fine, avait été conforté dans sa décision. Les conservateurs avaient dû céder au bout de quelques semaines et, dix mois plus tard, Clinton était réélu et ses adversaires étaient balayés au Congrès. La différence entre 1996 et maintenant est, qu’à l’époque, la révolte était menée par la direction du parti républicain et non pas par une base adepte de la politique de la terre brûlée. Aujourd’hui, rien ne garantit que cette base soit disposée au compromis, même au risque de la défaite.
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 17:36

 Après la spectaculaire et percutante intervention des militaires tchadiens au nord du Mali entre les mois de janvier et mars 2013, l’image d’Idriss Deby Itno avait été propulsée très haut dans l’applaudimètre tant en Afrique qu’au niveau de ce qu’il est convenu d’appeler la communauté internationale.

Las ! Dès le mois de mai de cette même année, cette trop belle embellie a connu une brutale et fulgurante inversion à cause de multiples exactions perpétrées au Tchad par … la justice : interpellations  et incarcération arbitraires de journalistes, de députés et même de quelques officiers supérieurs de l’armée, puis dans la même foulée le déclenchement de la procédure judiciaire au Sénégal contre l’ex président  Hissein Habré. Autant d’initiatives malvenues et inopportunes qui portent la griffe et l’estampille du seul Jean Bernard Padaré, ministre de la justice, Garde des sceaux d’Idriss Deby qui - et on se demande même s’il ne faudrait pas l’en féliciter -  est en train d’organiser  lentement et sûrement la perte de l’homme fort de N’Djamena. Tout laisse  même croire qu’il le fait scientifiquement !

Au lendemain des spectaculaires victoires des militaires tchadiens dans les massifs des Ifoghas au nord du Mali, l’image d’Idriss Deby scintillait comme un sou neuf. Il n’y en avait que pour lui dans les journaux, les radios, les bulletins des journaux télévisés et la presse en ligne aux quatre coins du monde. Il faut le dire, le chef de l’état tchadien faisait figure de véritable petit Saint Bernard systématiquement prêt à voler au secours des états africains en péril de décomposition.

On l’avait déjà vu en Centrafrique, à la fin de l’année 2012, barrer la voie aux troupes de la Séléka au moment de leur première offensive. Sans l’interposition de l’armée de Deby, les troupes rebelles n’auraient fait qu’une bouchée des militaires complètement démobilisés de François Bozizé au mois d’octobre 2012 : les forces de Deby leur avaient barré la route -, mais il y a lieu de souligner qu’elles eussent aussi contribué cinq mois plus tard à la chute du régime de Bozizé. Le cynisme de Deby s’affichait au grand jour -.

Trois mois plus tard, c’est le Mali, loin de l’Afrique centrale, en plein cœur de l’Afrique de l’ouest, qui est férocement tenu en coupe réglée par des djihadistes  ayant divisé le pays en deux.

Sans avoir été sonné par qui que ce soit, et alors que l’armée Française venait d’y faire une entrée absolument controversée, le général-Sultan-président tchadien s’invite sur le théâtre des opérations et y expédie ses militaires. Les résultats sont éblouissants et surpassent les prévisions les plus folles : les troupes tchadiennes lancées aux avants postes – elles ont payé un lourd tribu.

Du coup, Idriss Deby prend figure de preux chevalier des temps modernes et devient subitement fréquentable.

Personne ne pense plus à toutes les misères que subit et endure  le peuple tchadien depuis 23 ans sous sa dictature. Tous et chacun n’ont plus d’yeux que pour les exploits des soldats tchadiens lancés au secours de la démocratie et de l’intégrité territoriale de tout pays au bord de la désintégration.

Pourtant tout cela n’a guère duré longtemps, car un personnage central du régime d’Idriss Deby  s’est subitement appliqué à déconstruire l’image du Zorro tchadien en quelques semaines : Il s’agit de Jean Bernard Padaré,  ancien avocat qui, en son temps  avit été constitué par la famille Deby Itno pour suivre le dossier de l’assassinat de Brahim Deby à Paris.  Depuis la dernière élection présidentielle de 2011, cet avocat atypique est devenu, par la seule volonté de l’actuel maître du Tchad,  ministre de la justice, garde des sceaux dans le gouvernement de la république du Tchad.

Mais voilà : Padaré, technicien du Droit et professionnel de la protection des droits – jusqu’à son entrée au gouvernement –   semble s’acharner depuis quelques mois, et ce contre toute logique,  à multiplier et accumuler les entorses au Droit contre ses compatriotes dans un pays où celui-ci n’était déjà pas très respecté.

Sous le prétexte d’une conspiration, par ailleurs demeurée improbable jusqu’à ce jour,  presqu’une demi-douzaine de députés, ont été arrêtés, atrocement interrogés dans les services de la police politique, puis jetés en prison, sur son ordre. Sans même qu’ait été procédée, comme le prescrit la loi,  la levée préalable de leur immunité parlementaire.

Contre autant de journalistes, le ministre de la justice  a fait intenter, puis diligenté des simulacres de procédure pour de  pseudo motifs de diffamations ou de prétendues propagations de fausses  nouvelles.

Ces journalistes ont été  arrêtés puis  emprisonnés sans autre forme de procès. Le plus pathétique étant que la majorité de ces communicateurs  embastillés en vrac et au pas de charge étaient, il n’y a pas bien longtemps,  ses amis ou des collaborateurs de son journal.

Toute cette croisade, pourrait-on s‘interroger, pour aboutir à quoi ? à pas  grand-chose au final,  puisque tous ces journalistes qui avaient  sommairement été expédiés en prison, viennent de  recouvrer la liberté à la queue leu-leu après avoir été condamnés à des peines de prison avec sursis. Conclusion judiciaire en demi-teinte qui illustre donc la démarche absolument erratique de la justice Tchadienne dans sa nouvelle forme de répression de la presse.

Mais ce n’est pas qu’au Tchad seulement que Padaré aura dirigé sa furia contre les journalistes tchadiens. En effet,  il a mis tous les moyens en marche pour traquer Makaila Nguebla, un blogueur tchadien installé au Sénégal depuis plusieurs années. A cet effet,  Padaré a exigé et obtenu des autorités sénégalaises l’expulsion  du jeune blogueur. Celui-ci a alors été jeté dans le premier avion, comme un simple colis, par l’administration de Macky Sall à destination de nulle part.

L’avocat d’hier, devenu ministre aujourd’hui,  a par ailleurs humilié et sommairement expédié en prison des officiers supérieurs de l’armée, et même des caciques du MPS, le parti d’Idriss Deby, sous le perfide prétexte de la fameuse « conspiration » imaginaire.

Autant de  tonitruantes manœuvres qui ont réinstallé le spectre du viol permanent du Droit et des droits fondamentaux des citoyens au Tchad.

 Au total, le Tchad aura ainsi vécu, ces trois derniers  mois, une infernale pluie de tracasseries, d’arrestations, de détentions illégales et même d’internements dans des geôles secrètes. Le tout opéré en toute illégalité sur hautes instructions du ministre de la justice, ramenant ainsi le pays aux heures les plus torrides de son Histoire.

Le plus surprenant étant que tous ces tourments, dignes seulement du sinistre régime de la Terreur des années 1800 en France, sont initiés, conduits et suivis de près par un juriste dont on se souvient qu’il fustigeait à cor et à cris – il y a trois ans encore -  les frasques, travers et dérives extra judiciaires du régime MPS.

Conséquence : l’image de tortionnaire, de tyran et de dictateur d’Idriss Deby a repris toute sa place dans la conscience et le subconscient collectif national et international.

Et comme si tous ces repoussants excès  ne suffisaient pas, le même Padaré s’est mêlé de remettre en marche et même d’accélérer la procédure judiciaire – pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre  -  contre Hissein Habré qui était en exil depuis plus de 20 ans au Sénégal. Occasion qui a servi le prétexte aux autorités de ce pays de se saisir de l’ancien chef d’état tchadien comme d’un vulgaire malpropre, et de le placer sans ménagement sous les verrous.

Et du coup, les observateurs les plus froids de la politique africaine se sont mis à se poser de profondes questions sur l’opportunité même de ce fameux procès contre Hissein Habré. Car au moment où ce dossier s’ouvrira, si les magistrats qui en auront la charge se montrent un tant soit peu impartiaux, ils se trouveront bien incapables, à la vérité,  de juger et de condamner Hissein Habré tout seul en maintenant Idriss Deby à distance. Ce serait de la magie judiciaire.

Padaré n’ignore pas que durant les huit ans de règne d’Hissein Habré, Idriss Deby avait occupé d’importantes fonctions très à côté de celui-ci pendant cinq ans. Il ignore encore moins que les anciens responsables de la DDS  qu’il fait inculper et emprisonner aujourd’hui à tour de bras dans la perspective de les présenter devant le tribunal comme les exécutants des basses œuvres d’Habré, avaient continué d’officier à de hauts postes de responsabilité dans ce même office après la prise du pouvoir par Deby.

Interpelés aujourd’hui pour avoir servi Hissein Habré pendant moins de temps qu’ils ne l’ont fait pour Deby, que ne pourraient-ils pas vomir devant le tribunal au moment de leur comparution pour se venger ?

A l’aide de quelles voltiges juridiques ou par le biais de quelles contorsions procédurales pourrait-on juger et condamner Habré sans évoquer ou associer Deby dans la responsabilité de la plupart des actes posés en huit ans de règne?

Et s’agissant des témoins à charge que l’accusation se prépare à déporter du Tchad vers le Sénégal, Padaré sait pertinemment  que malgré le bataillon de présumés témoins qu’il s’emploie à mobiliser dans le but de témoigner contre Habré, le risque est inévitablement  grand d’en dénombrer autant, sinon plus, qui pourraient surgir subitement devant la barre contre Idriss Deby.

Ce qui pourrait plonger le procès dans le cocasse cas de figure de l’accusateur transformé en complice ou en coauteur au cours des débats.

 

N’est-ce pas ce que rechercherait secrètement Padaré ?

 

Cet avocat en rupture de ban ignore-t-il qu’il s’avèrera extrêmement difficile de dissocier la responsabilité d’Idriss Deby de celle de celui qui est trainé devant la justice dans la gestion du Tchad, et même par rapport aux  actes de répression politico-militaire reprochés au régime Habré, dans la mesure où l’actuel chef de l’Etat tchadien a longtemps été le chef d’état-major de son prédécesseur avec la haute main sur  l’armée, les services de renseignements et  la police politique ?

Autre élément matériel que recherche frénétiquement l’accusation dans la logique de ce procès : les charniers. Ces fameuses fosses communes dans lesquelles, dit-on, des millions de victimes d’Hissein Habré auraient été sommairement entassés tout le long de son règne.

Ce qui est vrai et indéniable est qu’il existe une multitude de charniers et fosses communes un peu partout dans ce pays où chaque région  compte de multiples sites ayant servi de champs de bataille. Après les combats, les morts  -  soldats comme civils victimes des dégâts collatéraux -  étaient enterrés sur place.

Des voix dignes d’intérêt interpellent en tout cas déjà les enquêteurs et autres chercheurs de charniers de tous bords,  à faire le distinguo entre ces divers  charniers qui datent en réalité de tous les conflits et de toutes les guerres du Tchad depuis plus de trente ans.

Ainsi, quand l’on ose seulement réaliser que ces charniers que le parquet ambitionne de présenter comme des preuves irrécusables des « massacres » d’Habré -  pourraient se muer en non preuves, on conviendra avec beaucoup d’observateurs sceptiques que ce fameux procès contre Habré déclenché de façon trop désinvolte pourrait se retourner contre Idriss Deby lui-même !

Mais ce n’est pas tout, car on est même loin d’avoir épuisé le décompte des bourdes du ministron Padaré : ne voilà-t-il pas que ce personnage invariablement gaffeur, et comme habité d’une obstination forcenée à clouer au pilori l’homme qui l’a fabriqué, a tout récemment signé une ordonnance de non-lieu comme conclusion de l’enquête menée par la commission gouvernementale tchadienne pour ce qui concerne la disparition du leader politique Ibni Oumar Saleh ?

Cette ordonnance tombée comme un sale cheveu dans la soupe, juste avant que les enquêteurs mis en mission par le parquet de Dakar n’arrivent à N’Djamena, a fait l’effet d’une véritable provocation à l’endroit de ces investigateurs qui ne sont obnubilés que par la recherche forcenée du moindre élément pouvant constituer même seulement un début de preuve.

Et c’est l’occasion, une fois de plus de se demander si Padaré ne joue pas sciemment contre Idriss Deby. D’autant plus qu’il n’est nul besoin d’avoir une mémoire d’éléphant pour se souvenir qu’au lendemain de la bataille de N’Djamena en février 2008, Jean Pierre Padaré avait été le premier avocat commis par la famille Ibni pour obtenir la vérité sur sa disparition.

De là à conclure que Jean Pierre Padaré sait tout ce qu’il fait, il n’y a qu’un petit pas à faire, car cet avocat ne fait jamais rien par hasard. Il ne fait jamais rien par inadvertance.

En décidant de faire arrêter et d’emprisonner des journalistes en vrac, il savait que c’était là un moyen infaillible pour ulcérer les organisations internationales de défense des journalistes – ainsi que celles des droits de l’homme – et de les pousser à l’hystérie. Ce qui a été le cas.

En s’en prenant les yeux bandés aux députés par de brutales arrestations exécutées sans la levée préalable de leur levée d’immunité parlementaire, l’actuel patron de la justice savait par avance que la seule personne qui en porterait la responsabilité ne sera autre que Deby. Objectif atteint.

En traquant impitoyablement le blogueur Makaila Nguebla jusqu’au Sénégal, et en obtenant sa sauvage expulsion, Padaré avait mesuré d’avance le retentissement qui s’en suivrait. Réussite sur toute la ligne.

En optant de déclencher brutalement l’ouverture du procès Hissein Habré au Sénégal, Jean Bernard Padaré imaginait que c’était le moyen idéal pour inviter Malicieusement Idriss Deby devant un tribunal hors du Tchad et de susciter, le plus naturellement  du monde, sa responsabilité directe dans la gestion de son prédécesseur.

Dernière grossièreté de Padaré : Après avoir maintenu les journalistes en prison pendant trois mois au prétexte de pseudo diffamations par voie de presse, le voilà qui vient d’ordonner qu’on leur inflige une peine de trois ans d’emprisonnement  … avec sursis. Peine assortie de leur remise en liberté immédiate !

La cerise sur le gâteau pour l’heure  - car on ne sait pas où s’arrêtera Padaré la gaffe – est bien évidemment le non-lieu qu’il vient de prononcer au terme des investigations de la commission d’enquête gouvernementale au sujet de la disparition de l’opposant Ibni Oumar Saleh.

En reconnaissant explicitement dans cette ordonnance que c’étaient bel et bien des militaires de la garde présidentielle qui avaient enlevé l’homme politique, mais qu’il s’est avéré impossible de les identifier, Padaré savait très bien que cette sorte de demi-aveu n’aurait aucun sens et qu’à la limite il couvrirait la justice tchadienne de ridicule. Donnant l’impression que le Tchad se moquait du monde entier.

Pour tout dire, Jean Bernard Padaré est en train de réussir  le formidable exploit d’enfoncer Idriss Deby au propre comme au figuré dans des pièges qui devraient bien le ferrer et le perdre. Cet avocat devenu  ministre grâce à d’acrobatiques contorsions est en train de réussir là où tous les politico militaires ont échoué : piéger Deby et le trainer devant la justice internationale avec son propre consentement.

Et le moins qu’on puisse dire est que, pour le moment, il se débrouille plutôt bien dans sa subtile logique !

Par A.K | Ndjamena-matin

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 10:20
Anniversaire, commémoration, journées mondiales … le 1er octobre : Fête nationale du Nigéria le 2 octobre : Fête nationale de Guinée (1958) le 4 octobre : Fête nationale du Lesotho le 4 octobre : Journée de la Paix et de la Réconciliation au Mozambique le 9 octobre : Fête de l'indépendance de l'Ouganda le 10 octobre : Journée mondiale pour l'abolition de la peine de mort samedi 12 octobre : Marche panafricaine et Conférence à Genève sur « les Guerres en Afrique, le cas de la Côte d’Ivoire », seront spécialement dédiées à M. Basile Mahan Gahé et à tous les prisonniers politiques de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. le 12 octobre : Fête nationale de Guinée Equatoriale le 12 octobre : Journée de solidarité avec les peuples indiens de l'Amérique latine du 14 au 21 octobre : Semaine mondiale d’action contre la dette - Rens. Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde france@cadtm.org Site : www.cadtm.org le 14 octobre : Anniversaire de la mort de Mwalimu Julius K Nyerere (1922-1999), Père tanzanien de la nation. Mwalimu Julius K Nyerere a mené la pays à l’indépendance en 1961. Il était le représentant de la solidarité sud-sud, du mouvement des non-alignés. Il est le pionner de la culture Ujamaa (une culture des droits humains) et de l’auto-dépendance économique. Il était opposé aux conditionnalités de la Banque mondiale et du FMI et a du se retirer en 1985 quand les PAS du FMI et de la Banque mondiale ont exercé une forte pression. Il a aussi appelé les peuples du Sud à répudier les dette illégitimes. du mardi 15 octobre au 30 novembre : Festival de films documentaires ALIMENTERRE - Chaque année, du 15 octobre au 30 novembre, dans plus de 200 villes, le Festival ALIMENTERRE invite à des débats sur les enjeux agricoles et alimentaires, à partir d'une sélection de films documentaires. Au menu cette année : la transition, concrètement, c’est possible ? Le gaspillage alimentaire chez nous, ça crée de la faim ailleurs ? L’agro-écologie, utopie ou modèle pour que chacun puisse se nourrir demain ? Le libre-échange, un moyen efficace pour favoriser le développement pour tous ou un générateur d’injustices ? Pour vous faire votre propre opinion sur ces sujets délicats mais fondamentaux, venez débattre avec des réalisateurs, agronomes, économistes, chercheurs, agriculteurs, représentants d’ONG, d’organisations paysannes, du Nord et du Sud, et bien d’autres. Pour voir la bande annonce du Festival http://www.festival-alimenterre.org/ le 15 octobre : Journée Mondiale de la Femme Rurale. D´après la FAO, les femmes produisent plus de 50% des cultures vivrières de notre planète. En Afrique, plus de 80% des aliments sont produits par des femmes. En Asie le taux est de 60%,et en Amérique Latine représente, plus du 30%. Dans le cadre de notre Campagne commune en faveur de l´AIAF, nous donnons une très grande priorité à ce sujet. Nous vous prions de nous faire parvenir, si possible, articles, documents, etc. sur les femmes rurales. Nous allons les publier dans notre Web, http://www.familyfarmingcampaign.net/ . Une sélection de ces documents sera publiée ultérieurement dans un livre. - Rens José Osaba , WRF-FRM , IYFF-AIAF Campaign Coordinator , T + 34 649 638996 osabajose@gmail.com www.familyfarmingcampaign.net www.ruralforum.net le 15 octobre : Anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara - le capitaine Thomas Sankara, a été assassiné dans l’exercice de ses fonctions le 15 octobre 1987. Bien que ce crime soit resté impuni, son œuvre, accomplie en à peine quatre années, reste vivante dans le cœur des africains et des peuples en lutte tant elle correspond aujourd’hui encore aux besoins et aux aspirations du continent. Qu’il s’agisse de l’annulation de la Dette, du problème du néocolonialisme, de la lutte active contre la corruption, de la promotion des femmes, de l’économie rurale, de la responsabilisation des citoyens, de la santé, de l’éducation… Thomas Sankara apparaît comme un grand précurseur. Sa simplicité, sa vivacité d’esprit, son humour, sa droiture, sa générosité, en font un modèle pour la une jeunesse africaine - Rens. Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde france@cadtm.org Site : www.cadtm.org deoroteon@free.fr bruno.jaffre@thomassankara.net le 15 octobre : Journée mondiale de biens communs. Les biens communs sont au cœur de la démarche de millier d’initiatives qui visent à permettre l’accès à la santé, le partage les connaissances et l’éducation, la création et l’innovation, la souveraineté alimentaire, le partage de l’espace public, ou encore celui des ressources naturelles. Mais les biens communs font l’objet d’une tentative d’accaparement chaque jour plus puissante par les forces du marché. La journée mondiale des Biens Communs est une initiative autogérée et décentralisée. Chaque personne, organisation, mouvement social et citoyen peut organiser ses actions et les relier à travers la journée mondiale des Biens Communs. Les listes de discussion sont ouvertes pour débattre de la récupération des biens communs - Rens. claude.jourdren@citiznet.net contact@bienscommuns.org info@bienscommuns.org http://bienscommuns.org le 16 octobre : Journée internationale de Lutte pour la Souveraineté alimentaire - Rens. info@cadtm.org http://www.cadtm.org le 17 octobre : Journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre : Journée d’action contre les entreprises transnationales - Rens. info@cadtm.org http://www.cadtm.org le 19 octobre : Anniversaire de la mort de Samora Machel, le premier président du Mozambique : Samora Machel a dirigé le Mozambique avec des politiques socialistes et était parmi les leaders des Etats de première ligne qui se sont battus pour la libération totale des états africains. Les autres leaders étaient notamment Mwalimu Nyerere de Tanzanie et Kwame Nknumah du Ghana. Il a été tué le 21 octobre dans un crash d’avion, dont la responsabilité est largement attribuée au régime militaire d’Afrique du Sud dont il avait fortement soutenu sa suppression. le 24 octobre : Fête de l'indépendance de Zambie le 24 octobre : Journée mondiale d'information sur le développement Actions situées à Paris (75) jusqu'au 31 décembre 2013 du mercredi à samedi de 13h à 19h : Exposition Afrique à vivre "Sentimental" de l'artiste malgache Joël Andrianomearisoa. Une exploration des sentiments, du désir et des corps au travers d'installations, de sculptures, de photos - Huit espaces, huit représentations du sentiment amoureux, des lettres d'amour parisiennes aux négociations sentimentales. Installations, objets, images et vidéos y représentent la dualité du cœur, entre douceur et caresse, froideur et fragilité, le tout façonnant une architecture sentimentale obsessionnelle, sensuelle, parfois sombre chère à l'artiste. Architecte de formation, Joël Andrianomearisoa propose des œuvres parfaitement construites, homogènes, à la coupe nette. Il en ressort souvent un appel à la libération de chacun, le droit au rêve et à être... librement. - Lieu : Maison Revue noire, 8 rue Cels, Paris 14è, M° Gaité ou Denfert Rochereau - Rens. 01 43 20 28 14 redaction@revuenoire.com www.revuenoire.com et www.joelandrianomearisoa.com - Contacts : Hugo Gogart 06 87 16 76 08 hugo@revuenoire.com ou Elise Atangana : 06 14 18 77 97 elise@revuenoire.com jusqu'au 5 janvier 2014 les lundi mardi jeudi vendredi samedi de 14h à 19h , les lundi et mardi de 14 à 19h et les jeudi, vendredi samedi de : Exposition "Luba" (RDC) : une vingtaine de pièces représentatives de la statuaire et d'objets rituels de cette ethnie africaine. Bordant les rives de la rivière Lubu, non loin du grand lac Katanga, ce peuple fondé à la fin du XVIème siècle par le roi Nkongolo, fut un royaume florissant avant de disparaître, démantelé par l'exploitation des colons et missionnaires belges qui investirent les mines de l' Est de l'actuelle République Démocratique du Congo. A l'affiche : Le souffleur d'Olifant, attribué au maître de Kateba, dit « Maître de Buli » manifeste de part sa rareté , tant par la représentation masculine que par sa facture, d'un événement pour les amateurs de l'Art africain. La place de la femme dans la société Luba : Très souvent représentée dans son rôle de mère, se tenant les seins en signe de fécondité, elle est aussi la gardienne des secrets initiatiques et de la tradition. Ce qui explique sa présence sur de nombreux objets rituels : Calebasses de sorcier, hache, peigne. Armand Auxiètre a choisi de présenter une suite Kabuelulu, objets magiques utilisés par les sorciers, fin XIXème et début XXème, pour lutter contre les Pères Blancs. - Lieu - Galerie Art premier africain "l'Œil et la Main", 41 rue de Verneuil à Paris 7è, derrière le musée d'Orsay. - Rens. 01 42 61 54 10 contact@agalom.com www.african-paris.com tous les mercredi hors période scolaires de 19h30 à 22h: Cours de chant Gospel à Nation "RnH Gospel Choir : Pour apprendre à placer votre voix, être à l’aise dans les aigus et chanter plus haut, apprendre à gérer votre souffle, à utiliser votre colonne d'air, à chanter juste, les techniques vocales à régler des problèmes vocaux, retrouver ou acquérir des mécanismes naturels, à improviser à augmenter votre tessiture, à travailler un répertoire, à préparer une audition et performer en toute occasion… - de 19h à 20h30 : cours "débutants" travail des aigus - travail de la justesse - la respiration - découverte des différents styles de gospel - concerts - de 20h30 à 22h cours "confirmés" Travail des aigus et de la précision - la respiration - les registres - rythme et groove - harmonies complexes - concerts --- Une séance découverte offerte à tous ! - Lieu : Théâtre Comédie Nation, 77 rue de Montreuil à Paris, Métro/RER : Nation - Rens. Rythm'N Harmony School 06 64 02 98 84 info@rnh-school.fr www.rnh-school.fr jusqu'au 15 octobre de 10h à 20h : Exposition photographique "Regards sur l’engagement solidaire" Cette exposition met en lumière les projets dans lesquels les volontaires s’investissent et les partenaires et acteurs avec qui ils s’engagent. Des plus jeunes, aux plus âgés, désireux d’échanger leurs compétences, elle donne aussi à voir la diversité des volontariats. Chaque parcours, chaque volontaire, chaque action est unique. Les 24 panneaux de cette exposition vous permettront d’en découvrir quelques facettes et de vous faire une idée d’ensemble de l’engagement solidaire à l’international. Lieu : FIAP Jean Monnet, 30 rue Cabanis, Paris 14 è - rens. 01 43 13 17 00 service.communication@france-volontaires.org www.fiap-cultures.fr jusqu'au 21 décembre du mardi au vendredi de 15h à 20h - le samedi de 10h à 20h : Exposition photographique "La voie du Baye Fall" dans le cadre de la 8ème Festival des Cultures d'Islam : Le photographe Fabrice Monteiro, artiste belgo-béninois vivant à Dakar, s’est immergé pendant de longs mois dans la communauté Baye Fall, et en a produit un travail inédit, mêlant foi, style vestimentaire, rites et transes dans une galerie de portraits et de scènes de vie foisonnante. Mode de vie plutôt que religion, le Baye Fall est une confrérie musulmane soufie essentiellement issue du monde wolof.. - . Tarif : 12 € / 8 €. - Lieu : Institut des Cultures d'Islam - 23 rue Léon, Paris 18ème, M° Château Rouge - Rens. : 01 53 09 99 84 info@institut-cultures-islam.org http://www.institut-cultures-islam.org jusqu'au 17 novembre 2013 : Exposition en plein air de grands tirages de photographes venus du monde entier dans le cadre "Photoquai 2013" présente les œuvres de photographes contemporains du monde entier, talents inédits ou peu vus en Europe et provenant des grandes zones géographiques représentées au sein des collections du musée du quai Branly : en accès libre sur les quais, de jour comme de nuit et aux jours et horaires d'ouverture du musée, dans le jardin 40 photographes de 29 pays exposent près de 400 photographies. Pour l'AFRIQUE - Mozambique : Filipe Branquinho - Afrique du Sud : Thabiso Sekgala - Nigeria : Adolphus Opara - Burkina Faso : Nyaba Ouedraogo - Musée du quai Branly, 37 quai Branly, Paris 7è - Rens. 01 56 61 70 00, 01 56 61 71 00, www.quaibranly.fr www.photoquai.fr jusqu'au 2 novembre du mardi au samedi de 11h à 19h : Exposition Ayana v. Jackson - archival impulse & poverty pornography : Le travail d’Ayana V. Jackson, que propose la galerie Buadoin Lebon dans le cadre de la Photoquai 2013, 4e biennale des Images du monde, explore les identités africaines et celles de la diaspora africaine à travers des approches photographiques variées, allant du reportage au portrait en passant par la performance et le travail en studio. Utilisant son parcours en sociologie, elle crée un corps de travail qui, dans certains cas, aborde l'histoire de la représentation photographique du corps noir, et dans d'autres explore la complexité et la pluralité de l'identité du descendant Africain contemporain. Dans ses travaux récents, elle utilise son propre corps pour se mettre en scène et critiquer les photographies coloniales du milieu du 19ème et du début du 20ème siècle. - Lieu : Galerie Baudoin Lebon, 8, rue Charles-François Dupuis, Paris 3è, M° République - Rens. 01.42.72.09.10 info@baudoin-lebon.com http://www.baudoin-lebon.com mardi 1er octobre à 16h : séances d'information sur le service civique : Vous souhaitez vous rendre utile, exploiter vos compétences et faire d'une expérience riche un atout pour votre avenir, le service civique peut répondre à vos attentes. Durant 6 à 9 mois, vous lutterez contre les discriminations, rendrez le sourire aux personnes isolées, sensibiliserez au développement durable… ® Conditions requises : avoir de 16 à 25 ans, être volontaire en service civique. ® Salaire : 570 e / mois (environ) - Maison des Initiatives Etudiantes , 50 rue des Tournelles, Paris 3ème - Rens. Et Inscription : Unis Cité Paris/Seine-Saint-Denis, 01 40 37 60 98 anourissier@uniscite.fr http://www.uniscite.fr/antenne/paris-seine-saint-denis/ mardi 1er Octobre à partir de 19h : Réunion d'information trimestrielle de Fondation ENTHIC qui depuis quatre ans accompagne de jeunes entrepreneurs Africains. Enthic aide à l’émergence d’entreprises à taille humaine en Afrique Subsaharienne, en donnant à de jeunes entrepreneurs les moyens de créer leur entreprise et de la faire prospérer. Pour autant, l’accompagnement du promoteur par Enthic se démarque du simple transfert financier en s’inscrivant dans une logique de partenariat dans le cadre duquel Enthic aide l’entrepreneur à développer son entreprise grâce à l’apport de compétences et à l’octroi d’un Prêt d’Honneur. - Lieu : Mandarine Gestion 40 Avenue George V, Paris 8è - Rens. Sandrine Hardy contact@enthic.org www.enthic.org mardi 1er octobre de 19 à 21h : Les défis du terrorisme : tendances, auteurs, financements, mutations, hybridations, discours, bataille du renseignement, contrôle des frontières, rôle des médias - Cycle : Acteurs, enjeux et représentation - Prévention et résolution des conflits - Lieu : IREA (Institut de recherche et d'études africaine) c/o La maison de l'Afrique, 7 rue des Carmes, Paris 5è, M° Maubert Mutualité - Rens. 09.54.56.16.37 secretariat@irea-institut.org http://irea-institut.org/index.html
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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 18:16

Centrafrique: Déby Itno, pyromane et sapeur-pompier – Afrique Education Publié le 28 sept, 2013 Le Centrafrique n’est pas prêt de sortir de l’ornière. Tant qu’Idriss Déby Itno sera à la tête du Tchad, les Centrafricains ne vivront pas en paix. Le danger, c’est le risque de la contamination de toute la sous-région. Le général-dictateur tchadien, Idriss Déby Itno, aurait maudit Afrique Education, après avoir pris connaissance de l’article « Tchad : Amani, la femme que Déby compte retrouver à Khartoum » (Afrique Education, numéro 376 du 16 au 30 septembre 2013). Des propos maléfiques qui se sont retournés contre son régime et sa propre personne car à la lecture de cet article, dès le 12 septembre sur internet, le sang des militaires tchadiens n’avait fait qu’un tour. Conséquence : 167 militaires tchadiens (au Mali) qui ne perçoivent pas des primes depuis huit mois alors que celles-ci auraient été allouées par l’Union européenne pour la période allant de janvier à juin 2013, se sont mutinés. En plus de ce grief, ils reprochent à leur hiérarchie de les laisser se battre dans des conditions qui font pitié, alors que leur relève ne s’est pas faite depuis août. Abandonnant leur poste de contrôle, à Tessalit, ils ont pris la direction de Gao, ville située beaucoup plus au Sud. Un signe de défiance extrême qui traduit leur ras-le-bol. A Gao, ils se sont distingués par quelques frasques dans les auberges du Tilafonso et de l’Euro où ils ont consommé et vandalisé les lieux sans payer. Samedi 21 septembre, le propriétaire du Tilafonso, devait por ter plainte. Les 2.000 soldats tchadiens envoyés au Mali sont un sujet par excellence de propagande et de vantardise pour Idriss Déby Itno. Au moment où la France s’engageait, seule, pour contenir les hordes de djihadistes qui voulaient déferler sur le Sud du Mali, après avoir envahi tout le Nord, il cherchait à se faire remarquer par le nouveau président français dont l’armée avait besoin d’être épaulée au Nord-Mali. Idriss Déby Itno trouvait là une bonne occasion pour nouer de bonnes relations avec François Hollande dont l’ambition est de « rompre avec la Françafrique », autrement dit, de couper le cordon ombilical qui relie la France (mafieuse) aux dictatures francophones d’Afrique comme celle du Tchad. Déby a beaucoup misé sur cette opération pour se faire adouber par le nouveau locataire de l’Elysée. Pour montrer le haut niveau de son engagement, il alla jusqu’à nommer son propre fils, Mahamat Idriss Déby Itno, commandant en second des FAT (Forces armées tchadiennes) dépêchées au Nord Mali. Avant de le mettre dans le Caribou militaire, il prit le soin de le bombarder général de brigade à titre exceptionnel, un beau jour de janvier 2013. Le gamin qui sortait d’un stage de 3 mois à l’Ecole militaire d’Aix en Provence, dans le Sud de la France, n’a que 29 ans. Bien sûr que cette expédition n’avait pour but que de meubler son CV encore vierge. Car Déby qui n’est pas (encore) fou donna de solides instructions au commandant en chef des FAT au Mali de ne pas aligner son fils dans des zones à risque. Toujours est-il que le 13 mai, après la fuite des djihadistes et la destruction de leurs caches d’armes et de munitions, le général Mahamat Idriss Déby Itno est rentré, à N’Djamena, triomphalement, avec 700 militaires tchadiens. Cependant, le bilan est lourd par rapport aux pertes de l’armée française : 38 morts et 47 blessés. Mais Déby n’en a cure. Ses homologues de la CEDEAO ayant remarqué qu’il faisait de cette intervention au Mali, un élément de politique étrangère de son pays, ils ont tout fait pour le remettre à sa place. Candidat pour commander la force de la MINUSMA qui doit compter 12.600 hommes, le général tchadien, malgré l’insistance de Déby, a été devancé par le général rwandais, Jean-Bosco Kazura, venu de très loin, que toute la CEDEAO décrit comme un excellent militaire à la tête d’une armée disciplinée. Déby a avalé une grosse couleuvre face à Paul Kagame qui n’en demandait pas tant. A Bamako où il a pris part, aux côtés de plusieurs chefs d’Etat, le 19 septembre, à la fête populaire célébrant l’installation d’Ibrahim Boubacar Keïta à la tête du Mali, le président tchadien a eu beaucoup de mal à expliquer aux journalistes pourquoi ses soldats sont seuls à se distinguer par ce comportement rarement affiché dans une mission de paix des Nations-Unies. Les soldats tchadiens en mission au Mali auraient-ils été (spécialement) choqués que leur président débourse jusqu’à 12 milliards de f cfa (26 millions de dollars), comme l’a indiqué Afrique Education dans son numéro 376, pour payer la dot de sa 15e épouse, Amani Musa Hillal, qui est d’origine soudanaise, alors qu’ils manquent par fois de thé pour se donner des forces, au front ? Devenu exportateur de pétrole, le Tchad dispose des ressources qui, au lieu d’aider à la promotion de son développement, sont investies dans des manœuvres de sur vie de son dictateur. Après un répit de près de six ans pendant lesquels le pays n’a pas été engagé, comme par le passé, dans d’interminables guerres contre des rébellions venant du Soudan ou du Darfour, Déby redoute de plus en plus une attaque armée soutenue par le Qatar qui viendrait de la frontière libyenne. Il n’est pas non plus tranquille à cause de la porosité de la frontière centrafricaine. Pour contenir le danger qui viendrait de ce côté, il veut contrôler son président de transition, Michel Am Non Droko Djotodia, comme ce fut le cas pendant les 10 années de François Bozizé, qui arriva, le 15 mars 2003, à Bangui, dans un fourgon blindé de l’armée tchadienne, alors qu’en marge du Sommet de la Censad, à Niamey, Idriss Déby Itno et Ange Félix Patassé, le président centrafricain de l’époque, fumaient le calumet de la paix, en frères, autour d’un thé ver t, sous la tente de celui qui se faisait appeler le Guide : le colonel Kadhafi. Au moment où Déby jouait cette comédie, ses troupes pénétraient dans Bangui « la coquette », à la grande surprise des chefs d’Etat de la sous-région. A par tir de ce moment et pendant les 10 ans qu’il est resté président du Centrafrique, François Bozizé a toujours pris ses ordres – tous ses ordres – à N’Djamena, chez Idriss Déby Itno. A commencer par l’interdiction d’exploiter le pétrole centrafricain dont la nappe se situe à cheval entre les deux pays et dont la mise en valeur des puits côté Centrafrique n’aurait pas permis son extraction normale, du côté du Tchad. Selon plusieurs sources, cette affaire de pétrole constitua le principal deal qui permit à Déby deplacer Bozizé à la tête du Centrafrique. Quand je lui rendis visite, à Lomé, en janvier 2004, Ange-Félix Patassé qui fut fraternellement accueilli par Gnassingbé Eyadèma, me dit, une, deux, trois, quatre fois de suite, pendant notre entretien, que son éviction du pouvoir par Idriss Déby Itno, le 15 mars 2003, sentait l’odeur du pétrole. Pour me convaincre, il paria avec moi que jamais, Bozizé, au pouvoir, n’exploiterait le pétrole en Centrafrique. Bozizé a, sur ce plan, donné amplement raison à son prédécesseur. En dix ans à la tête de l’Etat, il n’a jamais ouvert le dossier « Pétrole » alors que tous les pays voisins du Centrafrique en sont producteurs. Paul Biya avait raison d’accueillir François Bozizé à Yaoundé, malgré la colère de Ndjamena : c’est Idriss Déby Itno qui crée l’instabilité en Centrafrique et c’est lui qui constitue la principale menace en Afrique centrale, bien avant les djihadistes comme il a soutenu à Bamako. Sous Michel Am Non Droko Djotodia, la situation sera-t-elle différente ? Le successeur de Bozizé est tout aussi vulnérable. Sa dépendance va s’aggraver avec l’envoi des 200 militaires tchadiens que Déby vient de convoyer, à Bangui, dans le but d’assurer sa sécurité rapprochée. Il faut noter que sous Bozizé, Déby avait dépêché 140 militaires tchadiens pour le garder. Ces derniers ne furent rappelés qu’en octobre 2012, signant par la même occasion, la descente aux enfers pour Bozizé qui, en 10 ans, n’avait pas été autorisé (par Déby) à monter une véritable armée digne de ce nom. Tout simplement parce que Déby ne peut supporter l’existence d’une armée aguerrie, en Centrafrique, qui contrarierait ses plans dans ce pays. Les observateurs qui pensent que le Centrafrique redeviendra souverain, seulement, après le départ d’Idriss Déby Itno du pouvoir, n’auront pas besoin de forcer leur talent d’analyste. La dépendance de Michel Am Non Droko Djotodia à l’égard de Déby est en train d’être mise en place. Toutefois, les Centrafricains sont de moins de moins d’accord avec cette mainmise de Déby sur les autorités de leur pays. Ils commencent à le faire savoir haut et fort. L’opinion publique centrafricaine et de la sous-région, sait que ce sont des troupes tchadiennes qui ont combattu aux côtés des éléments de la Séléka. « Nous avons des preuves tangibles que plusieurs responsables politiques et militaires de la Séléka, ont séjourné à Ndjamena, sécurisés par les renseignements tchadiens. C’est le cas des généraux Mohamed Daffane, Nourredine Adam et bien d’autres », généralement, considérés, à Bangui, comme de pro-Déby, selon Ndjadder, leader des FRD (Forces révolutionnaires pour la démocratie), dans un communiqué du 20 août dernier. Selon ce responsable centrafricain qui accompagna la progression des rebelles de Michel Djotodia jusqu’aux faubourgs de Bangui, jouant par moment, le rôle de porte-parole du mouvement, « Les mêmes soutiens d’Idriss Déby continuent à alimenter en munitions, artilleries lourdes et légères, le pouvoir actuel contre les forces patriotiques centrafricaines ».Il ne faut donc pas s’étonner que les FACA (Forces armées centrafricaines) préfèrent rester dans la nature au lieu de regagner les casernes comme les y invitent les nouvelles autorités centrafricaines. Déby en RCA est à la fois sapeur pompier et pyromane. Il est le promoteur et garant spirituel de la Séléka. Il constitue non seulement une menace pour son peuple, mais il exporte son agressivité et sa nuisance au-delà des frontières tchadiennes. Si on veut instaurer la paix en Afrique centrale, qu’on neutralise Déby. Organisée par le Comité d’action pour la conquête de la démocratie en Centrafrique (CADCA), une manifestation a réuni des Centrafricains qui en veulent à Déby, devant l’ambassade du Tchad, à Paris, le 16 septembre. C’est-à-dire, juste au moment où ses militaires se révoltaient de leur côté au Nord-Mali, pour les avoir affamés alors qu’il est capable de débourser 26 millions de dollars pour payer la dot de sa quinzième épouse. « Nous demandons l’arrêt des massacres par les mercenaires séléka, nous voulons que Déby retire ses envahisseurs assassins du territoire centrafricain. Nous ne voulons pas d’une recolonisation. Nous disons non à une quelconque idée d’annexion du Centrafrique par le Tchad ou le Soudan car le peuple centrafricain est souverain. Nous disons non à la mainmise de Déby sur le pouvoir central centrafricain. Les Centrafricains sont un peuple uni par une seule langue qui est le sango. On ne doit pas nous islamiser de force, une religion ne doit pas être imposée à un peuple ou à qui que ce soit. Déby doit respecter la dignité humaine. Nous demandons à François Hollande de lui donner des injonctions pour le retrait des troupes tchadiennes de la FOMAC qui sont de connivence avec les mercenaires de la Séléka. Que la communauté internationale s’occupe du problème centrafricain. Nous lançons à ce jour un vibrant appel à la jeunesse centrafricaine pour qu’elle se mobilise davantage devant les ambassades du Tchad et du Soudan d’ici (Paris) ou d’ailleurs, pour dénoncer et demander le retrait immédiat de ces troupes », ont écrit dans une lettre rendue publique, François Passema Endjiago du Cadca, Maxime Nana du Cpca, Edwige Dondra de Fed, Nelly Gouandjia d’Ac, Nicole Pehoua de Fdca, etc. Manifestations tombées dans les oreilles d’un sourd ? On le craint car for t du succès engrangé au Mali où il a été spécialement remercié par Ibrahim Boubacar Keïta, Idriss Déby Itno (dont l’accolade faite à François Hollande à Bamako alimente les conversations) va se croire tout permis. Déby Itno, un homme super dangereux !

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Published by Nouvel Essor - dans société
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