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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 06:46

Jeudi 7 janvier 2016 : Le navire Debi-Hinda MPS tangue et les rats le quittent: presque tous les membres du gouvernement ont évacué leurs familles, qui dans sa region natale, qui au Cameroun, en France, etc. Le cercle restreint du clan opte pour les villes camerounaises: Maroua, Garoua, Nguaounderé, etc. Selon les compatriotes en exile en Égypte, dans les rues Tombalbaye et les immeubles Maryland du Gasr Suez il n’y a que des tchadiennes et leurs enfants: ex et nouveaux ministres, ex et nouveaux…

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 21:09

Où va le Tchad ?

Vingt-cinq ans tout juste après son accession à la tête du pays, le président Idriss Déby Itno (IDI) doit se demander si sa fonction lui accordera un jour le moindre répit. Après avoir écarté Hissène Habré du pouvoir, en décembre 1990, à l’issue d’une offensive menée à partir du Soudan, après avoir ensuite lutté contre les rébellions et échappé à plusieurs tentatives de renversement (ses adversaires étant parfois des membres de sa famille), après être parvenu, ces sept dernières années, à se réconcilier avec le Soudan d’Omar el-Béchir, à préserver la paix sur le territoire national, à se forger un leadership régional quasi incontesté et à devenir l’ami des grandes puissances occidentales, il pensait enfin pouvoir mobiliser ses forces sur le décollage économique du pays. Mais le voilà aujourd’hui confronté à deux nouveaux défis : d’un côté, la guerre contre Boko Haram et, de l’autre, l’effondrement du prix du baril de pétrole, qui tous deux affaiblissent les caisses de l’État.

La guerre contre Boko Haram

Déjà engagé au Mali depuis 2013, le Tchad est devenu en février dernier le chef de file de la lutte contre les islamistes nigérians. Lorsque les troupes tchadiennes sont entrées au Cameroun, puis dans l’extrême nord du Nigeria, Boko Haram n’avait jamais encore frappé à l’intérieur des frontières du Tchad. C’est désormais chose faite, à N’Djamena et dans la région du Lac Tchad, partie du pays délaissée depuis des années et où les islamistes ont pu infiltrer les différentes communautés – et pas seulement les Boudoumas, particulièrement stigmatisés. Alors que l’état d’urgence venait d’y être décrété, le 9 novembre, IDI a fait débloquer 3 milliards de F CFA (4,57 millions d’euros) pour le développement de la région du Lac, en particulier en matière de santé et d’éducation. Il a donné pour instruction de recruter dans l’armée « les fils de la région », et a nommé récemment l’un d’eux, Adoum Fortey, préfet.

Boko Haram menace désormais la sécurité du pays tout entier et sa mosaïque interne. S’il n’est pas officiellement chiffré, l’effort de guerre tchadien au Mali et dans la lutte contre la secte islamiste est exceptionnel et pèse lourdement dans le budget de l’État. Outre les pertes en vies humaines, les déplacements de populations et les drames quotidiens qu’elles engendrent, les exactions de Boko Haram au Nigeria, au Cameroun et dans la région du Lac Tchad ont également des conséquences économiques. « Les recettes douanières ont chuté, explique Jean-Bernard Padaré, porte-parole du Mouvement patriotique du salut (MPS, parti au pouvoir). Nous sommes un pays enclavé, donc tout ce qui est produit manufacturé passe par le Cameroun ou par le Nigeria. Et la route entre le Tchad et le Nigeria est fermée depuis un an. »

La dépendance au pétrole

Grâce aux revenus du pétrole, dont la production a commencé en 2003 à Doba et dans le bassin de Bongor en 2010, le gouvernement a pu engager un programme d’investissements massif : de nouvelles infrastructures ont déjà transformé la silhouette de N’Djamena, des universités ont vu le jour dans les différentes régions du pays, le réseau routier a été largement amélioré, etc. Mais le prix du baril s’est écroulé, passant de 102 dollars début 2015 à 40 dollars aujourd’hui. Une catastrophe pour le pays, où la production pétrolière assurait 75 % des recettes de l’État ces dernières années. Le budget 2015 ayant été établi sur la base d’un cours à 102 dollars le baril, les caisses sont vides. Dans la capitale, les grands travaux sont à l’arrêt. L’allocation à la presse est passée de 100 à 30 millions de F CFA. Le Tchad a même dû renoncer à accueillir le 25e sommet de l’Union africaine en juin (qui s’est finalement tenu à Johannesburg). « L’argent ne circule plus », résume un homme d’affaires.

Face à cette situation, certains mettent en cause les lacunes ou les manques de précision dans les programmes engagés depuis 2010. « On a construit des immeubles, des centres de santé, des écoles, mais il n’y a ni médecins ni professeurs pour les faire fonctionner », dit l’opposant Saleh Kebzabo. « Le budget n’aura aucune signification tant que le président restera le seul ordonnateur, observe un membre de la Cour des comptes. Nous devons mettre en place une véritable administration et une vraie planification du développement. »

Le président Déby est une sorte de bouclier contre l’instabilité, affirme Jean-Bernard Padaré

Les mécontents se font un peu plus entendre. À l’instar du corps enseignant tchadien, qui, depuis quelques mois, proteste régulièrement contre les retards dans le versement des salaires et les arriérés de paiement de certaines primes. Il faut dire que depuis dix ans les fonctionnaires tchadiens en général, et les enseignants du public en particulier, percevaient leurs salaires dès la fin du mois.

« Il faut tenir compte des réalités qui sont les nôtres, nuance Jean-Bernard Padaré. C’est vrai que le versement des salaires est primordial, mais pour nous qui avons connu la guerre entre 1979 et 2008, la sécurité est la priorité. Et le président Déby est une sorte de bouclier contre l’instabilité. » Et de poursuivre en reconnaissant que, certes, « une grosse partie de la manne pétrolière a été utilisée pour renforcer l’armée, mais on est bien contents que cette dernière n’ait pas besoin des équipements français pour aller combattre au Mali ». Un point de vue que partage une source sécuritaire de la sous-région, qui conclut que « l’appareil militaire n’a pas été construit pour préserver un régime, mais pour préserver les frontières ». Dans un pays où la première rébellion a éclaté cinq ans après l’indépendance et où la dernière s’est éteinte en 2008, ce n’est en effet pas anodin.

La crainte de « la bombe sociale »

« L’année 2016 risque d’être encore plus dure que 2015 », estime quant à lui l’un des membres fondateurs du MPS. Sans manquer de rappeler que lorsque Idriss Déby Itno s’est emparé de la capitale, en décembre 1990, le mal était profond : absence de conscience nationale et de notion de l’État, tribalisme, extrême dépendance vis-à-vis de l’extérieur, mentalité d’assistés, sous-développement absolu… « Les Tchadiens doivent se rendre compte des efforts qui ont été faits depuis », martèle-t-il.

Malgré tout, la majorité « est obligée de marcher sur des œufs », avoue l’un de ses cadres du MPS. Au sein du parti, ils sont nombreux à « craindre la bombe sociale ». Aussi, à plusieurs reprises, le gouvernement est-il revenu sur des décisions qui avaient provoqué la colère de la population. L’obligation du port du casque n’est plus vraiment une obligation, quant à l’interdiction des vitres teintées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, elle est entrée en vigueur deux mois plus tard que prévu, le temps que les automobilistes s’organisent.

La question de la bonne gouvernance revient aussi régulièrement dans le débat public

En ces temps « un peu » troublés, la question de la bonne gouvernance revient aussi régulièrement dans le débat public. Maître d’un puzzle dont il est sans doute le meilleur connaisseur, IDI en est parfaitement conscient. Confronté à la première grave crise économique depuis l’arrivée du pétrole, il sait qu’il doit agir, et vite, d’autant que le scrutin présidentiel, prévu pour avril, approche à grands pas.

Il doit agir sur le plan purement économique, bien sûr, mais aussi en prenant des mesures symboliques, comme ce fut le cas le 24 octobre. Ce samedi, plusieurs véhicules de police lourdement armés cernent les locaux de la direction générale des douanes. Son directeur, Salaye Déby, frère cadet du chef de l’État, est interpellé et démis de ses fonctions pour mauvaise gestion – de très importantes sommes d’argent en liquide ont été retrouvées après son arrestation dans ses bureaux et dans ses différentes résidences. Il passera près d’un mois en détention, avant d’être relâché sans autre forme de procès (il se trouve depuis au Caire). Dans la foulée, plusieurs autres cadres zaghawas sont remplacés par des personnalités du Sud. Cet épisode est un signal fort qui, selon les observateurs, ne devrait pas être le dernier.

Vincent Duhem

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 20:21

Olivier Feiertag: à la base du «pacte colonial», il y a le franc CFA

Le franc CFA a 70 ans... La monnaie, qui est utilisée dans quatorze Etats d’Afrique, est officiellement née le 26 décembre 1945, sous le nom de « franc des colonies françaises d’Afrique ». Depuis plusieurs jours, RFI vous parle de la façon dont cette monnaie est perçue par ceux qui l’utilisent, ceux qui voudraient l’utiliser, ou souhaiteraient en sortir. Aujourd’hui, nous vous proposons d’ouvrir une page d’histoire. D’où vient le franc CFA, qu’a-t-il remplacé et quel était l’objectif de ceux qui l’ont mis en place ? Pour en parler, notre invité est l’historien Olivier Feiertag. Il répond aux questions de Laura Martel.

RFI : Quelles monnaies sont utilisées au 19e siècle et au début du 20e siècle dans l’empire colonial français ?

Olivier Feiertag : L’empire colonial français, c’est une mosaïque monétaire. Vous avez des monnaies qui proviennent naturellement de la métropole parce que les colons l’apportent avec elle. Mais l’ouverture sur d’autres monnaies nationales est forte, la monnaie espagnole joue un rôle important, par exemple en transitant par le Maghreb. Vous avez des monnaies indigènes, comme le cauri par exemple, qui reste extrêmement répandu. Le troc reste le moyen de règlement le plus universel. La monétarisation des économies coloniales est encore extrêmement faible. On estime à deux à trois pourcent de la population, les agents économiques qui véritablement utilisent de la monnaie à la veille de la Première Guerre mondiale.

Qui est chargé de l’émission de ces monnaies ?

Jusqu’à la création des banques d’émission coloniale, personne n’est responsable de la monnaie. On a un système, on dirait en anglais de free banking, où la monnaie, naturellement, vient remplir ce besoin d’échange. A la moitié du 19e siècle, on voit apparaître des banques d’émission coloniales, qui sont privées. Ce sont des banques qui émettent des billets de banque, mais qui ont pour fonction principale de financer le commerce international. Elles sont juges et parties, c’est-à-dire qu’elles émettent très souvent de la monnaie pour leurs plus gros clients. Le franc va devenir progressivement la monnaie de référence.

Comment s’opère ce changement vers le franc ?

La règle c’est la parité : un franc colonial équivaut à un franc or. C’est important parce que c’est la base de ce qu’on pourrait appeler le pacte colonial, c’est-à-dire que cette parité permet avant tout l’exportation des colonies vers la métropole en ce qui concerne les produits primaires et permet en retour les importations de produits manufacturés. Les francs coloniaux, parce qu’il y en a plusieurs, sont le mécanisme de base de l’économie de traite et du pacte colonial.

Est-ce qu’il y a une ambition d’imposer la souveraineté française à travers la monnaie ?

Vous avez raison. Progressivement avec les rivalités entre impérialistes, la monnaie devient un enjeu de souveraineté. On voit très nettement les gouvernements, français et britannique, prendre de plus en plus un droit de regard sur les banques d’émission coloniales. Cette prise de contrôle par les pouvoirs publics caractérise vraiment l’entre-deux-guerres, les années 20-30. On voit très nettement dans les conseils d’administration de ces banques, des représentants de l’Etat prendre de plus en plus d’importance. De ce point de vue, la Grande Guerre a été un tournant décisif.

Mais pourquoi parle-t-on de franc des colonies, par exemple le franc marocain, et pas de franc tout court ?

Ces monnaies sont émises par des instituts d’émissions locaux : la Banque de l’Algérie en 1848, la Banque d’Etat du Maroc, créée en 1906. En fait, ces monnaies sont privatisées. Donc, on ne peut pas l’assimiler au franc de la métropole qui lui reste l’expression d’une souveraineté nationale. Ces monnaies sont la parité, c’est leur rôle principal : permettre le règlement du commerce extérieur entre les colonies et la métropole au premier chef, bien sûr, d’où la parité avec le franc français, mais dans un système marqué par l’étalon or, avec toutes les monnaies du monde. On a une forme d’intégration économique mondiale rendue possible par ce système de monnaie coloniale.

Finalement la « zone franc » existe quasiment de facto avant 1939 ?

Elle existe de facto mais elle est ouverte du fait de cette multiplicité des monnaies. Mais la Seconde Guerre mondiale fracture le monde en plusieurs blocs politiques, mais des blocs économiques et monétaires aussi parce qu’on sait que dans la guerre totale, les deux ont parties liées. En 1939, au moment de la guerre, c’est le contrôle d’échange, c’est-à-dire que désormais cette libre circulation entre les colonies et le reste du monde va être tout d’un coup être soumise à un contrôle administratif. On ne pourra plus utiliser les monnaies qu’on voudra. Il faudra en passer par le franc français. C’est seulement à ce moment, en fait en 1939, que prend forme formellement et légalement la zone franc.

Comment s’organise la monnaie dans les colonies à ce moment-là ? Est-ce qu’elle dépend de Vichy ou de la France libre ?

L’Afrique de l’Ouest reste fidèle à Vichy. En revanche, en Afrique centrale équatoriale qui correspond à une des bases des Forces françaises libres, paradoxalement le système monétaire va se trouver rattaché à la zone sterling. Un des paradoxes de la Seconde Guerre mondiale, c’est qu’elle va contribuer, du fait de l’affaiblissement de la métropole largement et de sa défaite en juin 1940, à renverser le pacte colonial. Le déficit commercial qui marquait très largement les colonies auparavant va se transformer en surplus. Les colonies vont pouvoir même s’industrialiser, c’est très net au Sénégal, en Afrique du Nord. On va avoir dans cette première phase de la zone franc un phénomène de développement économique lié naturellement au contexte de la guerre.

Finalement ,c’est au sortir de la guerre que naît le franc CFA ?

La création du franc CFA en décembre 1945 est inséparable du grand projet né à Bretton Woods en juillet 1944, un projet de système monétaire international dans lequel les états réussiraient à contrôler les effets déstabilisants des capitaux qui circulent. C’est vu à la fois comme un élément de stabilité des échanges et puis aussi comme un outil de développement économique. C’est une forme de domestication de la monnaie. Je crois que de ce point de vue, l’histoire du franc CFA se poursuit très vite dans les années 1950, les années tournées vers le rêve, en tout cas vers le projet d’un développement combiné de la métropole et de l’empire, avec une tentative pour formaliser cette mise au service de l’économie dans un projet de développement mixte en quelque sorte.

Alors que les premières velléités d’indépendance apparaissent, y a-t-il aussi une volonté de raccrocher l’économie à la France par la monnaie ?

Vous avez tout à fait raison. Cette réalité d’une colonisation continuée par la monnaie par-delà la décolonisation politique, dure tout au long des années 1960. Quand on voit par exemple les archives laissées par Jacques Foccart [secrétaire général pour les Affaires africaines et malgaches de l'Elysée de 1960 à 1974]. On voit très bien que, jusqu’au tournant des années 1970, jusqu’au tournant de la décolonisation monétaire véritablement, le franc CFA reste la continuation du pacte colonial par d’autres moyens

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 17:26

Les rumeurs irrésistibles en provenance du Tchad et de l’Est du pays, à la frontière soudanaise, font craindre un embrasement sous-régional voire un chaos, si jamais les forces vives de la nation tous segments confondus ne se mobilisent pour prendre en main leur responsabilité.

Difficilement géo-localisable, Idriss Deby serait tantôt retranché à Amdjarass où recevrait des soins intensifs, tantôt à Paris où même au Cuba. L’aggravation et la dégradation de son état de Santé sont devenues préoccupantes non seulement pour sa famille mais aussi pour les pays limitrophes particulièrement le Soudan.

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Des sources dignes de foi, nous renseignent sur l’éventualité de voir converger vers le Tchad, les éléments du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE), groupe armé darfouri, hostile au pouvoir central de Khartoum. Ils viennent en solidarité au régime d’Idriss Deby dans l’esprit de conserver le pouvoir sous prisme clanique notamment zaghawa.

Si cette option se vérifie, elle rappelle les évènements de 2006 où les éléments du MJE, ont prêté mains fortes aux forces tchadiennes pour combattre la rébellion du Front Uni pour le Changement (FUC), qui avait attaqué la capitale tchadienne et tenté de renverser le pouvoir en place.

Nul n’ignore encore moins les autorités soudanaises ne sont sans savoir que le régime tchadien est le principal soutien de la rébellion du Darfour notamment le MJE qui bénéficie depuis 2003 des moyens logistiques, financiers et militaires pour entretenir la guerre contre le pouvoir d’Oumar Hassan El-béchir.

Si la normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan, intervenue en 2009, a lésé les factions rebelles tchadiennes, il n’en est pas le cas pour les groupes armés du Darfour dont les forces sont restées intactes. Parce que le régime tchadien a continué de les alimenter en vivre, carburants et autres aides susceptibles de leur permettre de poursuivre la déstabilisation du pouvoir de Khartoum.

Comment dans ce cas les autorités soudanaises peuvent-elles êtres naïves pour encourager le maintien au pouvoir au Tchad d’un régime clanique en fin de règne et qui leur représente une réelle menace pour le retour de la paix, la stabilité politique et la cohésion sociale . Car, tant que le pouvoir au Tchad est entre les mains du clan Deby élargi jusqu’au Soudan, Khartoum ne connaitre pas une accalmie dans sa partie occidentale.

Plusieurs observateurs s’accordent à dire que l’obsession aveugle de vouloir à tout prix à garder le pouvoir au Tchad à travers la communauté zaghawa sous le prétexte que celle-ci est la seule à garantir la stabilité sous-régionale, est une erreur monumentale qui risquerait de conduire le Tchad et les pays environnants dans un véritable tsunami.

Les enjeux sous-régionaux

Le maintien ou la continuité du pouvoir au Tchad à soubassement clanique, entraînera le Tchad, le Soudan et la République Centrafrique indéniablement dans une situation des conflits transfrontaliers à conséquences multiples. Car, le rêve longtemps nourri et soutenu par les concepteurs et les tenants de la thèse de voir se réaliser enfin un empire « Zaghawalande » avec des tentacules un peu parti, risquerait d’être dangereux.

Interrogés sur l’éventualité d’un tel cas de figure, plusieurs responsables des organisations syndicales, de la société civile et les acteurs politiques disent suivre avec une attention particulière l’évolution de la situation actuelle. « Nous allons mobiliser l’opinion nationale et internationale pour faire obstruction et échec à cette option délibérée qui consister à garder éternellement le pouvoir pour des intérêts communautaires ». déclarait un opposant tchadien joint à Ndjamène qui se mobilise au sein d’une dynamique appelée : « riposte citoyenne » .

A suivre….

La rédaction du blog de makaila

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 18:59

Vœux du nouvel an 2016 : le message du Président Idriss Deby serait une mise en scène grossière (député tchadien)

Le discours d’Idriss Deby : « Je vous invite donc à plus de responsabilité car l’année 2016 sera encore difficile », a suscité une vive inquiétude, une polémique voire une incertitude au Tchad.

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En s’adressant, le 31 décembre 2015, à son peuple, à l’occasion aux termes de l’année qui s’achève, le président tchadien a provoqué une inquiétude générale dans l’opinion publique nationale à travers une déclaration qui fait polémique. Que faut-il retenir ?

Controverse autour du discours

Emmuré dans un silence depuis quelques jours, Idriss DEBY aurait réapparu, le 31 décembre 2015 pour prononcer une déclaration incohérente tant au niveau du fond que de la forme comme l’ont constaté plusieurs observateurs tchadiens.

En effet, d’aucuns soupçonnent l’allocution du président, d’avoir été enregistrée bien avant sa tournée à Am-Timan. Selon eux, le site de la Présidence et les services de l’Office National de Radio et Télévision du Tchad (ONRTV), auraient trafiqué images du président pour tromper les téléspectateurs en leur faisant savoir que tout va bien sur l’état de santé du Chef de l’Etat. Sous couvert de l’anonymat un député tchadien s’est confié à notre. « Les prétendus vœux lus, hier, à la télévision sont des mises en scènes grossières.» avant d’ajouter. Idriss Deby serait au Cuba entre le 22 et le 24 décembre 2015, où il aurait subi une greffe d’organe que les Américains n’ont pu le faire à Paris en novembre 2015 » a-t-il soutenu notre interlocuteur

Appel à la responsabilité pour serrer la ceinture

Axé principalement sur la « responsabilité », le message du président tchadien s’articule autour des mots clés tels que : terrorisme, insécurité, forces de défense, prix du pétrole, finances de l’Etat. En étalant ces termes, Idriss Deby fait comprendre aux Tchadiens que non seulement, ils ont traversé une année 2015 pénible, mais que celle qui commence sera doublement difficile que la précédente tout en les invitant à « plus de responsabilité ». A-t-il déclaré.

Réaction de l’Union des Syndicats du Tchad (UST)

Désabusé par les promesses non tenues ni honorées par le Gouvernement, l’Union des Syndicats du Tchad (UST), a d’ores et déjà, réagi, à travers un mémorandum intitulé : « Appel de l’UST : Stop à la mauvaise gouvernance au Tchad ». La principale centrale relève secteur par secteur les différents maux qui ont ruiné la gestion de l’Etat. Elle déclare dans son document. « Il n’y a pas des raisons qu’une catégorie des Tchadiens vivent dans l’opulence et d’autres croupissent dans la misère ». Elle fait ainsi allusion à l’inégalité sociale perceptible au niveau de la répartition des ressources concentrées dans les mains d’une minorité au détriment de la majorité.

Par ailleurs, les responsables syndicaux affirment à propos des salaires qu’ils ne vont plus patienter. « Les travailleuses et travailleurs observeront un arrêt de travail immédiat s’ils ne sont pas payés après huit jours du terme échu ».

Cette position contraste totalement avec le discours d’Idriss Deby qui les appelle à faire preuve d’efforts pour surmonter les éventuelles difficultés qui les attendent.

L’UNET rejoint le front social

Aux contestations salariales s’ajoutent des revendications estudiantines. L’Union Nationale des Etudiants Tchadiens (UNET), rejoint le front social. Elle revendique à l’Etat plus d’un milliard et demi de fcfa, selon son Secrétaire Général qui s’est exprimé sur les ondes de Rfi.

Le Président de l’Assemblée Nationale angoissé

Humilié à Amdjarass par Hinda Deby, le président de l’Assemblée Nationale du Tchad, Haroun Kabadi, est rentré à Ndjaména toute honte bue.

Devant ce climat d’incertitude généralisée qui sévit dans le pays, Haroun Kabadi, est très angoissé. Il dit craindre pour sa sécurité. Selon nos sources, il change de domicile à chaque fois pour éviter d’être localisé par les proches du président Idriss Deby. Ces derniers n’envisagent pas l’éventualité de voir le président de l’Assemblée nationale assumer les fonctions du Chef de l’Etat en cas de vacances de poste.

Que dit la grande muette ?

Où va le Tchad ? C’est la question que posent de nombreux Tchadiens. En créant une armée parallèle à sa dévotion, Idriss Deby a placé le pays dans une situation explosive aux lendemains incertains. Ce qui est sûr, l’armée risquerait d’être divisée en plusieurs groupes suivant la logique communautariste telle qu’elle est constituée actuellement.

Comme par hasard, la presse internationale scrute avec beaucoup d’attention la situation politique et sociale en cours au Tchad.Habituellement conciliants et mesurés avec des tons modérés avec le pouvoir d’Idriss Deby, des journaux à l’instar de Jeune Afrique ainsi que les médias audiovisuels notamment France24 et Rfi, ne se privent plus d’employer des mots forts comme dictatures pour comparer le régime de Ndjaména à la différence des autres pouvoirs africains. Ce virement spectaculaire est symptomatique d’une réorientation en termes de couverture médiatique sur le Tchad.

Ce qui est sûr les échéances présidentielles de 2016, sont indéniablement lourdes de menaces à tous les niveaux dans le paysage sociopolitique au Tchad.

La rédaction du blog de makaila

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 11:04

Au seuil de cette nouvelle année qui commence, la rédaction du Nouvelessor adresse à tous ses lecteurs ses vœux les meilleurs, de santé, de paix et d'espoir.

Dans ce monde de violence, notre vœu le plus sincère est que cette année soit une année de paix et de moins de violence à travers le monde.

La rédaction du Nouvelessor;

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 10:01

Au début de cette nouvelle année 2016 qui commence, la rédaction du Nouvelessor présente ses vœux les meilleurs de santé, paix, espérance à ses nombreux visiteurs de son site.

Cependant nous voulons rappeler à nos lecteurs tchadiens que le régime agonissant de Mr Idriss Deby voyant venir sa fin, va devenir de plus en plus cruel et menaçant pour les militants de la paix et du changement. Aujourd'hui plus que jamais les tchadiens rejettent ce régime de terreur et clanique.

Chers compatriotes, il n' y a pas deux morts sur cette terre. On meure une fois et celui qui t’arrache la vie, va lui aussi mourir. Le vivre ensemble est en danger avec le clan Deby. Restons débout. Salut.

La rédaction de Nouvelessor.

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 21:00

Publié le 22 déc, 2015

Décembre 2015 à Am Timan – Deby a fêté les 25 ans de MPS à Am Timan. Il a promis de mettre l’année 2016 sous le signe de la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. « Pendant les 25 ans du pouvoir les cadres de l’Etat se sont comportés comme des vulgaires voleurs, répétant inlassablement que tout vient d‘en haut ; moi Deby je ne protège personne, je ne vole pas et désormais personne n’a le droit de dire que tout vient d’en haut. » Ce sont à peu près les paroles de Deby lors de son discours aux festivités marquant les 25 ans de son pouvoir à Am Timan. Cette sortie n’a pas occasionné des applaudissements nourris comme à l’accoutumée parmi les proches de Deby assis aux premières loges parmi lesquels la première Dame qui a ostensiblement croisé les bras quand ses voisins applaudissaient timidement ; elle, qui selon la quasi totalité de l’opinion publique, est la vraie patronne du Tchad, croit certainement que les paroles de son mari ne les concernent pas ; Cette attitude des uns et des autres signifie que la musique était tellement chantée à répétition, qu’elle se trouve usée et grattée: même l’entourage n’y était pas; parce que c’est une litanie qui est répétée sans discontinuité comme dans une prière, depuis 1998 à chaque mois d’Août. Deby est soit hors réseau ou soit un grand comédien. Mais ainsi soit-il ! Mieux vaut tard que jamais. Pour qu’il soit crédible ou qu’on le prenne au sérieux, Deby doit d’abord balayer devant son harem :

– Restituer à l’Etat tout le butin de guerre qu’il a amassé et gardé dans les contenairs ou grottes d’Amdjeress, rappelons qu’il est classé le 7ème président le plus riche d’Afrique par des magazines internationaux à grands tirages

– Restituer à l’Etat tout le pactole des revenus pétroliers détournés par lui en personne et surtout par la 1ère Dame et sa famille qui ont procédé au transfert de quasi-totalité des recettes pétrolières de « in put out put » dans les banques à Dubaï où officie Mr Ibrahim Bourma Hisseini, le petit frère du Trésorier Payeur General et beau-frère de la 1ère. Ce monsieur qui porte le titre de Conseiller spécial du Président et installé aux Emirats pour le compte du clan, a le culot de se déclarer « homme d’affaires » qui a fui le Tchad à cause de fisc! Indécent et sans pudeur !

– Renationaliser toutes les régies financières, les sociétés parapubliques, les offices et autres projets, privatisés et pillés par les membres du harem et remettre à l’État les sommes faramineuses détournées par les différents titulaires.

– Débarrasser l’administration des membres de la famille qui font offices des SG et DG dans l’administration centrale et territoriale et dont leur niveau académique et leur expérience dans la gestion de la chose publique n’ont d’égale que leur proximité avec le sultan et leur séjour à l’extérieur du Tchad.

Cela est le minimum pour que la population se rappelle de la promesse osée de Deby. Mais même s’il y a volonté de faire, on se demande avec quel outil administratif Deby pense combattre la corruption. Inspection d’Etat ? C’est une pale et dégradée copie du Ministère de la moralisation qui a été dissoute rappelons-le par l’entourage mafieux du Sultan ; en réalité, contrairement à ce que l’opinion nationale croit, c’était l’opiniâtré d’un agent du ministère de la moralisation à vouloir effrontément fouiner dans les anti chambre du harem qui a poussé l’entourage à dissoudre carrément le ministère sans aucune explication au publique. Ainsi très peu probable que l’Inspection générale de l’Etat réussisse là où le ministère a échoué.

Le bilan des 25 années du règne du système ? C’est trop demander à Deby et Hinda, ni ceux qui se bousculent pour le succéder au cas où . . . . . , de Daoussa Deby pour le Soudan et de Kabadi pour la France. Ce serait une tâche ardue et noble de ceux qui auront balayé le système Deby-Hinda.

BF

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 14:29

Un défilé contre la corruption en Afrique du Sud, le 19 avril 2014 au Cap.
© REUTERS/Mike Hutchings

Par Tirthankar Chanda Publié le 09-12-2015 Modifié le 09-12-2015 à 10:03

A l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption 2015 des Nations unies ce mercredi 9 décembre, l’ONG Transparency International a publié son dernier rapport sur la corruption en Afrique. Ce rapport intitulé « People and Corruption : Africa Survey 2015 » dénonce le « fardeau inacceptable » que représente la corruption pour la population africaine.

Le rapport 2015 sur la corruption en Afrique de l’ONG Transparency International se base sur des sondages effectués en Afrique subsaharienne par le Baromètre mondial de la corruption. Les sondeurs ont interrogé 43 143 personnes issus de 28 pays de l’Afrique sub-saharienne, entre mars 2014 et septembre 2015. Les questions portaient sur les expériences et les perceptions des sondés sur la corruption dans leurs pays. Synthèse en 5 points.

1. Chiffres de la corruption en Afrique

• 75 millions de personnes ont payé des pots-de-vin au cours de l’année écoulée, parfois pour pouvoir accéder à des services aussi élémentaires que la santé, l’éducation ou même l’eau.
• 58% des Africains interrogés estiment que la corruption s’est aggravée dans leur pays.
• 47% disent que la police est l’entité la plus corrompue sur tout le continent, devant le monde des affaires pointé du doigt pour la première fois par 42% des sondés
• 38% estiment que la société civile africaine est totalement désarmée face à la corruption

2. Les bons et les mauvais élèves de 2015

Cette année, le dernier élève de la classe est l’Afrique du Sud avec 83% des Sud-Africains interrogées estimant que la corruption s’est accrue dans leur pays. Avec 76% et 75% d’insatisfaits respectivement, le Ghana et le Nigeria font à peine mieux que le pays de Nelson Mandela. Mais tout n’est pas négatif dans ce rapport sur la corruption. Avec 72% des sondés estimant que la corruption a reculé dans leur pays, le Burkina Faso fait figure du pays le plus vertueux du groupe, suivi de près par le Mali et la Côte d’Ivoire, qui affichent 69% et 68% de satisfaits respectivement.

3. Les mesures anti-corruption sont-elles efficaces ?

A la question « quel jugement portez-vous sur le combat que livrent les autorités de votre pays contre la corruption ? », 64% des Africains estiment que les mesures anti-corruption sont inefficaces. Ils appellent leurs gouvernements à s’attaquer résolument aux pratiques corrompues, notamment dans le secteur public.

Trois pays sortent du lot : le Botswana avec 54% des personnes interrogées s’estimant satisfaites des mesures prises par les autorités. Le Lesotho et le Sénégal font parti du trio, avec chacun affichant 48% de taux de satisfaits.

4. « Bakchicher », une pratique répandue

Offrir des pots-de-vin pour pouvoir accéder à des services essentiels est une pratique répandue dans les pays pauvres. L’Afrique n’y fait pas exception. Mais tous les pays africains ne sont pas logés à la même enseigne, révèle l’étude de Transparency International.

Le Liberia tient le pompon des mauvaises pratiques avec 69% de ses citoyens sondés déclarant avoir payé des pots-de-vin. Il est suivi de près par le Cameroun, le Nigeria, et la Sierra Leone. Dans ces pays, entre 41 et 48% de personnes interrogées ont dû bakchicher des policiers ou l’administration une fois ou plusieurs fois au cours des douze derniers mois afin d’accéder à certains services publics ou à certaines institutions.

La situation est différente dans des pays comme le Botswana, l’île Maurice, le Lesotho, le Sénégal et le Cap Vert qui se sont imposés comme des modèles de bonne gouvernance avec des niveaux de bakchich dans le secteur public comparables aux pays occidentaux. Dans ces pays, moins de 1sur 10 sondés déclarent avoir versé des dessous de table.

5. Secteurs incriminés

Selon le rapport de Transparency International, les secteurs les plus touchés en Afrique par les malversations sont : la police, la justice, les utilitaires (fournisseur de gaz, eau et électricité), les services d’état-civil , l’école et les hôpitaux publics. Les plus corrompus parmi ces différents services publics sont la police et la justice, avec 28 et 27% des sondés affirmant avoir payé des pots-de-vin aux forces de l’ordre ou à des magistrats, au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Le rapport incrimine aussi le monde des affaires qui se révèle être, si l’on en croit le ressenti des sondés, l’un des secteurs les plus impliqués dans des malversations, se situant juste derrière la police en terme de mauvaises pratiques.

L’appel du 9 décembre

L’étude se clôt en proposant aux gouvernements du continent noir de renforcer les législations permettant de lutter efficacement contre la corruption, rejoignant ainsi l’appel lancé aux parlements africains par le représentant régional de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour investir dans la lutte contre la corruption.

« Alors que nous célébrons le 12e anniversaire de la Convention des Nations unies contre la corruption ratifiée par tous les pays d’Afrique de l’Ouest et la plupart des pays d’Afrique Centrale, je voudrais inciter, écrit Pierre Lapaque dans son appel du 9 décembre 2015, les parlements de la région à réinvestir pleinement dans leur infrastructure de lutte contre la corruption. Des lois fortes contre la corruption doivent être adoptées et les autorités de lutte contre la corruption ont besoin de plus de financement et de réels pouvoirs d’enquête.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 15:28

Assassinat de Thomas Sankara: Gilbert Diendéré inculpé pour complicité

Le général Gilbert Diendéré, ancien chef d'état-major de l'ex-président Blaise Compaoré.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Par RFI Publié le 06-12-2015 Modifié le 06-12-2015 à 20:26

Au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré, ex-chef d’état-major particulier de la présidence et homme de confiance de l'ancien président Blaise Compaoré, vient d'être inculpé pour « complicité » dans l’assassinat du capitaine Thomas Sankara lors du putsch du 15 octobre 1987.

Selon plusieurs sources, le général Gilbert Diendéré a été inculpé de complicité dans l’assassinat du président Thomas Sankara. Le général Gilbert Diendéré devra donc s’expliquer sur le rôle qu’il aurait joué dans la préparation et l’exécution du coup d’Etat du 15 octobre 1987 qui a coûté la vie au capitaine Sankara et à douze autres personnes présentes à ses côtés. Tout en confirmant l’inculpation de son client, Me Mathieu Somé souligne qu’il prépare déjà la défense du général Gilbert Diendéré

Au cours d’une conférence de presse en octobre dernier, le directeur de la justice militaire avait déclaré qu’il n’était pas exclu que l’ancien président Blaise Compaoré et son bras droit, le général Gilbert Diendéré, soient poursuivis dans l’affaire du capitaine Sankara.

Les avocats et la famille de Thomas Sankara attendent toujours les résultats du test ADN effectué dans la supposée tombe du père de la révolution burkinabè. Les rapports d’autopsie et balistiques avaient fait état de plusieurs impacts de balles sur le corps de Thomas Sankara. Selon l’un des avocats de sa famille, le président a été criblé de balles durant le putsch du 15 octobre 1987.

Une dizaine de personnes, dont plusieurs soldats de l’ex-régiment de sécurité présidentielle, ont été inculpées pour leur implication présumée dans cette affaire. Concernant le général Gilbert Diendéré, tous les chefs d’inculpation n’ont pas été officiellement annoncés.

Burkina : Diendéré inculpé d’assassinat et de recel de cadavre dans l’affaire Sankara

07 décembre 2015 à 09h37 — Mis à jour le 07 décembre 2015 à 14h10

Par Trésor Kibangula

On le savait déjà inculpé de crime contre l'humanité. Le général Gilbert Diendéré est également poursuivi depuis près d'un mois notamment pour assassinat et recel de cadavre dans l'affaire Sankara, selon le parquet militaire.

C’est officiel. Le parquet militaire de Ouagadougou a confirmé, le 7 décembre à l’AFP, que « le général Gilbert Diendéré a été inculpé le 12 novembre dans le dossier Sankara des chef d’inculpation suivants : attentat, assassinat et recel de cadavre ».

Quelques heures plus tôt, des sources proches des services de sécurité burkinabè et la défense du général Gilbert Diendéré, consultées par Reuters, indiquaient de leur côté que l’officier, à la tête du coup d’État avorté de septembre, a été inculpé depuis le mois de novembre de complicité dans l’assassinat du président Thomas Sankara en 1987.

Durant trois décennies, c’est bien cet officier discret qui a dirigé le Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), dont des éléments sont suspectés d’avoir participé au meurtre de Sankara. Chef des commandos de Pô chargés de la sécurité du chef de l’État, il aurait supervisé, le 15 octobre 1987, l’arrestation du président révolutionnaire. Blaise Compaoré prend le pouvoir à l’issue du coup de force et Thomas Sankara est déclaré « décédé de mort naturelle » quelques jours plus tard. Que s’est-il réellement passé ce jour-là ? La question n’a pour l’instant jamais été officiellement éclaircie, d’où l’enjeu judiciaire et historique de l’enquête en cours.

Toujours dans l’ombre, Gilbert Diendéré a été au cœur du pouvoir depuis l’avènement de Thomas Sankara le 4 août 1983. Cette année là, il joue d’ailleurs un rôle majeur dans la prise du pouvoir par les révolutionnaires. Déjà bras droit de Compaoré, il mène ses troupes jusqu’à Ouagadougou. C’est lui qui annoncera à la radio le coup d’État, à 22 heures.

La mémoire de l’ancien régime

« Peuple de Haute-Volta, le capitaine Thomas Sankara vous parle… » Souriant mais mutique, le mystérieux Diendéré est de tous les coups et Philippe Ouédraogo, ministre dans le premier gouvernement de la révolution, disait de lui à Jeune Afrique, en novembre 2014 : « Il tire à chaque fois son épingle du jeu ». Du moins jusqu’à ce fameux coup d’État raté de septembre 2015. Au Burkina, il est aujourd’hui considéré comme la mémoire de l’ancien régime.

Or tout au long des 27 ans de règne du président Blaise Compaoré, c’est le black out sur le dossier Sankara, qui est méticuleusement, scrupuleusement enterré. Jusqu’à la chute du régime, fin octobre 2014. Et en mars 2015, le gouvernement de transition adopte un décret « portant autorisation d’exhumation et d’expertises des restes du président Thomas Isidore Noël Sankara ».

Diendéré devra donc s’expliquer sur le rôle qu’il aurait joué dans la disparition de Sankara. Un dossier judiciaire de plus sur le dos de cet officier qui a en outre été inculpé à la mi-octobre de crime contre l’humanité.

Mort de Sankara: les réactions à l'inculpation du général Diendéré

Le général Gilbert Diendéré, à Ouagadougou, le 25 juillet 2014.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

Par RFI Publié le 07-12-2015 Modifié le 07-12-2015 à 09:58

Au Burkina Faso, le général Diendéré a été inculpé de complicité dans l’assassinat du président Thomas Sankara lors du coup d'Etat du 15 octobre 1987. Auteur de la tentative de putsch en septembre, Gilbert Diendéré est déjà incarcéré. Une dizaine de personnes, dont plusieurs soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle, ont été inculpées pour leur implication présumée dans l'affaire Sankara. L’enquête sur l’assassinat du premier président du Burkina Faso avait été relancée par le gouvernement de transition après l’insurrection populaire d’octobre 2014.

C'était l'une des grandes promesses de la transition : faire la lumière sur la mort de Thomas Sankara. Le Premier ministre Isaac Zida avait annoncé peu après sa prise de fonction que « la poursuite des présumés coupables serait entreprise et que justice serait rendue ».

Avec l'inculpation, hier, du général Diendéré, cette promesse prend la voie d'être tenue.

Mariam Sankara, la veuve du président, n'a pas souhaité s'exprimer. Mais elle rappelait en septembre dernier sur RFI que Gilbert Diendéré avait été cité plusieurs fois dans le dossier. « Il semble impliqué. Il était responsable des militaires qui ont été cités dans cette affaire », précisait-elle.

En 1987, le général Diendéré dirigeait en effet régiment des commandos para de Po. C'est lui, le 15 octobre de cette année-là, qui a supervisé l'arrestation du président. En mai dernier, le corps de Thomas Sankara a été exhumé pour tenter d'établir les circonstances de son assassinat. Les rapports d'autopsie font état de plusieurs impacts de balles sur le corps du capitaine. Mais la famille Sankara et leurs avocats attendent toujours les résultats des tests ADN effectués sur les restes retrouvés dans la supposée tombe de Thomas Sankara.

« Pour nous, sankaristes, cela dénote réellement que notre combat depuis 27 ans n'a pas été un combat vain. Donc pour nous, c'est une joie d'avoir le début de solutionnement et de la vérité sur le dossier Thomas Sankara », se réjouit Nestor Bassière, vice-président du parti sankariste UNIR/PS pour lequel cette inculpation n'est qu'un début : « aujourd'hui, avec l'inculpation du général Diendéré, nous avons l'inculpation officielle de Blaise Compaoré. Nous voulons tous connaître la vérité sur ce qui s'est réellement passé le 15 octobre 1987. Nous avons demandé aux nouvelles autorités de conduire le dossier jusqu'à terme. Nous attendons du président Roch une justice au service du peuple, une justice où le coupable, quelque soit son rang, doit être puni conformément à la loi. »

Une première étape vers la vérité, c'est également le sentiment d'Alexandre Sankara, secrétaire national chargé de la communication de l'UNIR : « Nous sommes satisfaits de cette inculpation que nous attendions parce que le général Gilbert Diendéré a joué un rôle d'orchestre dans l'assassinat du président Thomas Sankara. Le commando qui a exécuté froidement le président Thomas Sankara était sous les ordres du général Diendéré. Donc c'est une victoire d'étape pour la famille sankariste pour le peuple burkinabè qui attendait depuis 27 ans que la lumière soit faite sur cet assassinat crapuleux. Si le général Diendéré est inculpé, beaucoup de choses au cours du procès seront dites, et on connaîtra enfin ce qui s'est passé avant, pendant et après le 15 octobre. »

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