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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 20:31
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La récente crise du Darfour laquelle remonte à 2004, date de création des rebellions dans cette région, a focalisé l’opinion internationale sur le Soudan, ses responsables, son régime islamiste, et quelque peu oublié, à dessein probablement, que le Tchad dirigé par Deby était jusqu’à cette date un des principaux alliés du régime de Khartoum ; que les liens très forts qui unissaient AL Béchir et Deby remontent à 1989 date à laquelle La France, la Libye et le Soudan se sont entendus pour installer Deby au pouvoir après le renversement du régime de Hissein Habré.

C’est dire que de 1989 à 2004, la complicité a été totale entre Deby et le régime soudanais, qui a largement contribué au parachutage de Deby au pouvoir en permettant l’installation des bases militaires sur son territoire, leur approvisionnement en hommes, en « conseillers » militaires français et libyens, en armes, munitions, véhicules y compris des blindés en provenance de la Libye et de la France.

L’engagement du régime islamiste de Khartoum aux côtés d’Idriss Deby s’est fait d’abord en amont comme expliqué ci-dessus mais aussi en aval, en accompagnant son installation au pouvoir. C’est ainsi que dans les bagages de Deby sont arrivés par centaines des soudanais, certains ont constitué l’ossature militaire des forces de Deby, d’autres étaient des conseillers politiques, des professeurs, des religieux hommes et femmes, des hommes d’affaires, des chanteurs, des spécialistes de l’agitation politique.

Très tôt, Idriss Deby va avoir à ses côtés un véritable staff sélectionné et positionné par le leader soudanais, chef du parti de la convention populaire, le cheikh Hassan El Tourabi très influent au Darfour et qui n’a jamais caché son intérêt pour le Tchad et ce, dans le dessein de propager largement ses idées.

La figure emblématique de ce vaste mouvement de « conquête » du Tchad est le cheikh Hassan Hissein Abakar, soudanais originaire du Darfour, membre du bureau politique du parti de TOURABI, qui arrivera au Tchad, une semaine seulement après la prise de pouvoir par Deby.

Tout d’abord conseiller politique à la présidence, il sera nommé imam de la grande mosquée de Ndjamena et dirigera aussi le comité islamique. Pour la première fois dans l’histoire du Tchad, le chef spirituel de la communauté musulmane ne sera pas tchadien.

A un de ses conseillers qui lui fait la remarque, Deby rétorque que la communauté chrétienne est, elle-même, dirigée depuis les indépendances par Monseigneur Vandame, un français. Ce qui est vrai, mais est-ce pour autant acceptable.

Le cheikh Hassan Hissein a une grande mission au TCHAD, elle s’inscrit en droite ligne des idéaux de son leader Tourabi, alors que l’islam tel qu’il était pratiqué au Tchad est un islam modéré, se limitant à un domaine privé, même si le sentiment d’appartenance à la Umma islamique existe, le vécu de sa religion par le musulman tchadien n’avait jusque là aucune connotation politique pour le citoyen lambda. C’est donc là que va commencer le travail des hommes et des femmes de Tourabi.

Le cheikh va disposer pour cela d’une belle cagnotte, fonds de la Libye, de l’Arabie Saoudite et du Soudan, notamment la construction de mosquées même là où il n’y a pas assez de personnes pour les remplir ; le cheikh place ses hommes dans toutes les mosquées de la capitale d’abord, puis partout ailleurs. Construction d’écoles coraniques, innovation : les fameuses « médressas » font leur apparition (mélange d’enseignement coranique et d’enseignement général classique).Création d’écoles arabes dans une totale confusion, nous y reviendrons.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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