Difficile d’échapper à l’actualité sociale... Venu participer à un débat sur « Politique et justice : un couple
impossible ? », dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, à Blois hier après-midi, Dominique de
Villepin a dû regagner sa voiture au pas de charge à l’issue des échanges, tandis que quelques jeunes manifestants le traquaient, paquets de farine à la main…
Devant les micros, l’ancien Premier ministre s’était pourtant placé une nouvelle fois du côté des milliers de personnes qui défilaient contre la réforme des retraites dans la cité des rois
hier, affirmant que « la bataille de l’opinion est déjà perdue » pour le gouvernement.
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« On peut toujours tenter de passer en force, mais c’est une erreur: on ne gagne jamais une bataille quand le sentiment d’injustice est là. »
Débat sur l’indépendance de la justice
Villepin ne laissera pas dire que le reflux de la mobilisation signe la victoire de Nicolas Sarkozy : « Il n’y a pas de victoire possible quand un projet ne répond pas véritablement aux
attentes des Français. La majorité le paiera très cher en 2012. » « Grand témoin » du débat sur les relations incestueuses entre justice et politique, auquel participaient notamment le député
PS Manuel Valls et le procureur Philippe Bilger, Villepin s’est attaché à souligner toute la différence « entre le moment où j’ai participé à l’exercice du pouvoir et aujourd’hui », en matière
d’indépendance de la justice. « Notre capacité à peser sur la justice était quasiment nulle, a-t-il lâché. On pouvait faire du bruit avec la bouche, dire abracadabrantesque… rien n’y faisait.
»
Il n’y avait, sous Jacques Chirac, a-t-il insisté, « pas de passerelle, pas de consanguinité » entre le pouvoir politique et le pouvoir judiciaire. « J’aurais été bien incapable de passer un
coup de fil»à un juge, a insisté l’ancien secrétaire général de l’Elysée, « alors qu’aujourd’hui il y a de toute évidence des liens entre certains magistrats et les politiques ». Villepin a
encore confié « avoir cru, le 31 décembre 1996, à la rupture du lien» entre parquet et chancellerie, lors du discours de voeux du président de la République. «Mais elle ne s’est pas faite,
a-t-il regretté, car tout l’art du politique, comme du militaire, est dans l’exécution.» Chirac appréciera.