50 ans de musique africaine en coffret (RFI. 16/07/10)

Anniversaire des indépendances africaines. En collaboration avec Syllart Productions et Discograph, RFI sort ce 19 juillet, à l'occasion des cinquantenaires des indépendances africaines, une anthologie des musiques africaines : près de 200 titres dans un coffret luxueux de 18 CDs. C'est une première dans le monde musical international.

Le coffret en lui-même est déjà un petit bijou : non seulement il offre un large panorama de la musique africaine des cinquante dernières années mais il propose un livret conséquent, en anglais et en français, qui établit une synthèse des courants musicaux des différentes régions (Afrique du Nord, Afrique de l'Ouest, Afrique australe, Afrique lusophone, Afrique de l'Est et Afrique centrale).  Le néophyte peut y retrouver son chemin, en se délectant des pochettes de disques d'époque.

Dans la compilation (3 CDs par région), il y a les classiques comme Ghanili Chweyi d'Oum Kalsoum,  Indépendance Cha Cha de Grand Kalle, l'emblématique Pata Pata de Miriam Makeba, le révélateur Soul Makossa de Manu Dibango ou encore Ere Mela Mela de l'Ethiopien  Mahmoud Ahmed mais on peut tout aussi bien se laisser aller sur le délicieux Ghana Freedom des musiciens ghanéens M.T. Mensah,  la Liberation Danse d'Abdullah Ibrahim, et le mariage musical «rumbesque» de Ba Kristo de Kekele, du côté de la République du Congo.

Les spécialistes iront traquer les absents et les irrégularités de la sélection - ceux-là iront peut-être écouter Tu m'as déçu, chouchou du Dr Nico-, mais la liste idéale des morceaux s'établit aussi en fonction des règles du droit d'auteur. 

Ibrahima Sylla, le «patron» de Syllart productions, qui au début des années 80, enregistrait les premiers Baobab,  Ismaël Lo, Youssou N'Dour  possède le catalogue le plus complet des musiques africaines «indépendantes» (hors du circuit des maisons de productions internationales) mais ni lui, ni Pierre-Olivier Toutblanc de Discograph auquel a échu la responsabilité de la sélection, ne peuvent obtenir toutes les licences des majors. Nombreux sont, en effet, les musiciens africains qui ont rejoint les puissants réseaux.

Un grand regret des producteurs du coffret : ne pas avoir pu décrocher le mythique Asimbonamga ou Scatterlings of Africa de Savuka, le groupe de Johnny Clegg. En revanche, coup de chance : Cesaria Evoria a été «libérée», dix jours avant le pressage des CDs.

Mené sur deux ans, le projet a réuni plusieurs signatures de RFI : Daniel Lieuze (Afrique de l'Est,)  Daniel Brown (Afrique australe), Amobé Mevegué (Afrique centrale), Leonard Silva (Afrique lusophone),  mais aussi les journalistes Bouziane Daoudi (Afrique du Nord), collaborateur du quotidien Libération et Patrick Labesse (Afrique de l'Ouest), critique musical du journal Le Monde. (…) C'est la première fois qu'une anthologie musicale africaine de cette ampleur est proposée sur le marché.

Le coffret Africa 50 years of music - 50 ans d'indépendances : 60 euros