Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 11:19

BurKina Faso. Braquage en plein jour à Ouaga par Jean George Lundi, (L’Observateur. Burlina Faso. 12/12/2011)

Quatre braqueurs non encagoulés ont attaqué en plein jour, le vendredi 9 décembre 2011, un guichet Western Union de la Chaîne Pacifique situé sur la circulaire à Ouagadougou non loin du SIAO. Plus de 2 millions FCFA ont été emportés.

Ce vendredi-là, peu avant midi (entre 11h45 et 12h), deux motos viennent se garer devant la Chaîne Pacifique. Quatre individus en descendent et s’engouffrent dans les locaux en se dirigeant vers l’aile du guichet Western Union. A l’intérieur, l'un d’entre eux s’assoit comme pour attendre son tour d’être servi tandis que les autres font le pied de grue. C’est la quiétude qui règne dans la boîte et nul ne se doute de rien. Mais cette sérénité sera vite perturbée lorsque, brusquement, comme obéissant à un signal, deux des quatre individus sortent des flingues, des pistolets précisément, et exigent  que leur soit remise la caisse.

Le gérant de la Chaîne Pacifique,  Gustave Yougbaré, était absent. Mais voici ce qu’il nous a dit au téléphone : «Selon mes opératrices, tout laissait croire que ces quatre individus étaient là pour des transferts. Quand ils ont sorti leurs armes, ils ont dit d’amener l’argent. Lorsqu’une des opératrices a voulu savoir de quel argent il s’agissait, un des braqueurs a tiré dans sa direction. Puis ils ont escaladé le comptoir, ont sorti un sac qu’ils avaient sur eux et dans lequel ils ont vidé le contenu de la caisse. Après quoi, ils ont pris la poudre d’escampette sur leurs deux motos». En plein midi donc, un braquage venait d’avoir lieu en plein Ouaga.

Des comptes faits, il ressort que les bandits ont emporté près de 2,3 millions de FCFA. Des malfrats qui n’étaient même pas encagoulés, car «ils étaient à visage découvert sauf qu’un d’entre eux portait un bonnet qui couvrait légèrement son visage». Détail important, avant de fuir les braqueurs ont récupéré la douille de la balle utilisée. Gustave Yougbaré se réjouit de ce que personne n’a été blessé parmi ses opératrices et les clients qui étaient dans les locaux. Par contre, il avoue sa frayeur et celle de l’opératrice sur laquelle les voyous ont tiré puisque «quand on voit l’impact et la trajectoire de la balle, il faut dire que c’est sa tête qui était visée».

Alertées, la police et la gendarmerie se sont rendues sur les lieux. Les pandores ont retrouvé la balle qui a été tirée, ont ouvert une enquête et ont déjà entendu le personnel de la Chaîne Pacifique dimanche et hier lundi. Vivement que l’enquête aboutisse et que les malfrats soient mis rapidement hors d’état de nuire afin que leur triste exploit ne suscite pas de vocations…

 

Burkina Faso. Trafic de vautours : Des “charognards” dans les filets des forestiers par Moumouni Simporé  (L’Observateur. Burlina Faso. 13/12/2011)

Un trafic de vautours au Burkina Faso ? C’est à cette question que tentent de répondre les services de la Direction générale des eaux et forêts ces temps-ci. En collaboration avec la brigade anticriminalité (BAC), ils ont intercepté un lot de vautours éviscérés en partance pour le Nigeria. A l’image de leurs proies de prédilection, des hommes ont choisi également de manger dans la charogne. Deux de ces charognards, dont le nombre reste encore à déterminer, attendent en ce moment dans les mains des forestiers d’être situés sur leur sort.

«Ces serviteurs loyaux qui s’investissent sans salaire pour rendre notre vie agréable sont en voie de disparition progressive mais sûre. Il suffit d’emprunter les grands axes routiers RN1 et RN2 et d’observer le ciel dans les grandes villes et même dans les campagnes pour s’en apercevoir. Seuls quelques individus sont encore cantonnés aux alentours des abattoirs. Depuis 2007 le constat est amer ; pourtant tout se passe comme si de rien n’était». Le Dr Boukary O. Diallo, chercheur au Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), tirait ainsi la sonnette d’alarme sur la diminution des populations de charognards dans le paysage  burkinabè dans une des éditions de L’Observateur Paalga  en  janvier 2010.

Il avait émis, entre autres, des hypothèses pour expliquer une telle dépeuplement brutale. Il s’agit de : un phénomène liée à l’évolution même de l’espèce ; une maladie qui aurait décimé des populations entières ; la disparition ou la modification de leurs niches écologiques entraînant une absence totale des aires de reproduction ; l’intoxication volontaires ou involontaires à travers les pesticides (raticide, insecticide…) ; ou encore un massacre clandestin organisé.

Les deux dernières hypothèses viennent d’être confirmées  ces jours-ci. La découverte macabre : soixante-onze (71) individus entiers de vautours et trois (3) têtes sans corps. Chaque individu, éviscéré mais toujours en plumes a été soigneusement enroulé d’abord dans du papier, puis emballé dans cinq (5) sachets en plastique au moins.

Ce coup de filet est un fruit de la collaboration entre la Brigade anti-criminelle (BAC) et la direction des Eaux et Forêts. «On ne sait pas quand est-ce que ce trafic a commencé, mais j’ai bien peur qu’il ne soit à l’origine de la disparition des vautours sous nos cieux», a déclaré directeur général des  Eaux et Forêts, le Colonel des Eaux et Forêts  Adama Drabo.

Qui sont les auteurs d’une telle forfaiture ? Les présumés coupables alpagués et présents à notre passage à la Direction générale des  eaux et forêts dans la matinée du mardi 13 décembre 2011 : une femme et un homme respectivement d’une quarantaine et d’une vingtaine d’années. D’origine nigériane, ils sont liés par une connaissance commune : un fils de la dame qui se trouve être l’ami de l’homme. Comment en sont-ils arrivés là ? Depuis quand dure leur pratique ? A  quoi devait servir leur butin ? Pour toute réponse, les interpellés n’ont fait que clamer leur innocence en criant, pleurant et versant des larmes la main sur la tête et jurant sur tous les dieux de la terre.

Selon le directeur des Opérations, Djakaria Traoré, qui dirige l’enquête, les premières investigations ont montré que les  vautours avaient pour destination le Nigeria ; l’enquête se poursuit pour déterminer  les tenants et les aboutissants de ce trafic. A quelle sauce les éventuels fautifs pourraient être mangés ? Réponse du Colonel Drabo : «L’audition suit son cours. Le vautour est une espèce protégée. L’infraction commise ici est la même que celle d’une personne qui abat un éléphant ou une panthère».

Partager cet article

Repost 0
Published by Nouvel Essor - dans société
commenter cet article

commentaires