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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 17:53

Le Premier ministre kenyan a souhaité lundi que l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan fasse office de médiateur dans un différend qui l'oppose au président Kibaki et menace l'accord de partage de pouvoir ayant contribué il y a deux ans à l'arrêt des violences postélectorales.

Le chef du gouvernement Raila Odinga avait annoncé dimanche la suspension pour trois mois des ministres de l'Agriculture William Ruto et de l'Education Sam Ongeri à la suite de scandales de corruption au sein de leurs services. Une décision rare au Kenya. Quelques heures plus tard, le président Mwai Kibaki a déclaré que les "deux ministres restaient en fonction", arguant n'avoir pas été consulté et affirmant que M. Odinga ne disposait pas du pouvoir de suspendre les ministres.

Raila Odinga a cependant campé sur ses positions lundi, expliquant que les deux ministres restaient suspendus de leurs fonctions et que son action était légale, selon Musalia Mudavadi, Premier ministre adjoint et leader clef du Mouvement démocratique orange du chef du gouvernement.

"La loi est claire. Sur des questions de discipline, la suspension ou l'interdiction de responsables publics, dont des ministres, le Premier ministre dispose de l'autorité exclusive", a souligné M. Mudavadi. "Le Premier ministre ne partage pas ce pouvoir ou cette autorité avec le président".

M. Mudavadi lisait une déclaration au nom de Raila Odinga, actuellement au Japon pour une visite d'une semaine. Il a précisé que le Premier ministre écrirait prochainement à Kofi Annan et à l'Union africaine afin qu'ils interviennent dans ce conflit.

Kwendo Opanga, commentateur politique, a estimé que ce différend entamait un peu plus la confiance de l'opinion dans le gouvernement de coalition, formé après la mort de plus de 1.000 personnes tuées dans les pires violences enregistrées au Kenya depuis l'accession à l'indépendance en 1963.

Aux termes de l'accord sur le partage de pouvoir, le président et le Premier ministre sont supposés avoir des consultations sur les nominations et les renvois au sein du cabinet, dans la mesure où leurs partis se partagent les portefeuilles. AP

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Published by Nouvel Essor - dans société
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