La nomination de M. Nadingar ainsi que la rapidité de celle-ci constituent une surprise, selon plusieurs observateurs, pour lesquels la démission de Youssouf Saleh Abbas, un ancien opposant, était en revanche attendue depuis plusieurs semaines.

Ce changement à la tête du gouvernement survient alors qu'aucun conseil des ministres ne s'est tenu depuis décembre.

En outre, plusieurs ministres du gouvernement sont accusés de détournement de fonds dans une affaire de commande de manuels scolaires.

La démission de M. Saleh Abbas a été annoncée peu avant la nomination de M. Nadingar par la présidence dans un communiqué.

"Le Premier ministre a remis sa démission au président de la République. Le président de la République dit en avoir pris acte", a affirmé un porte-parole de la présidence en lisant un communiqué à la télévision publique, sans donner les raisons de la démission.

Récemment, des divergences étaient récemment apparues entre le président de la République et son Premier ministre, qui s'était rallié au régime après l'avoir combattu et avait été investi en mai 2008 .

"Le Premier ministre veut trop jouer sa carte personnelle. Il ne tient plus qu'à un fil", avait estimé en décembre à l'AFP un proche du pouvoir, sous couvert de l'anonymat.

Le nouveau chef du gouvernement occupait le poste de ministre délégué chargé de la Décentralisation dans le gouvernement de Youssouf Saleh Abbas. Il est originaire de Bebidja, dans le sud-ouest du pays.

En nommant M. Nadingar, membre du bureau politique de son parti Le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le président tchadien semble opérer une reprise en main du gouvernement alors que des échéances cruciales se profilent.

Le pays doit organiser des élections législatives en novembre puis des municipales avant la présidentielle de 2011.

Alors que tous les scrutins organisés sous la présidence d'Idriss Deby ont été contestés par l'opposition, les prochaines législatives devraient représenter "un véritable test démocratique pour le Tchad", estime-t-on de source diplomatique. Elles constituent un des aboutissements de l'accord d'août 2007 de démocratisation du régime entre le pouvoir et l'opposition.

Les dernières législatives tchadiennes ont eu lieu en 2002 et celles de novembre devraient simplifier le paysage politique composé de nombreux groupuscules.