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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 09:52

 

Ndjamena Ville morte - Photo : D.R.

Communiqué de presse du
Collectif de Solidarité avec
les Luttes Sociales et Politiques en Afrique

Paris, 14 octobre 2014

Dans ce pays pétrolier, alors que la révision de la raffinerie est prévue entre le 15 octobre et le 30 novembre, « le litre d’essence se négocie aux tarifs faramineux de 1500 à 2000 Francs CFA le litre (2,25 à 3 euros) » selon le Mouvement du 3 février, en exil[1]. Malgré les risques de répression, la même société civile tchadienne[2] a lancé le jeudi 9 octobre, un appel à une « journée ville morte »[3], qui dénonce l’origine de la pénurie : « Cette pénurie n’est pas accidentelle, elle a été artificiellement créée par des proches du chef de l’Etat qui détournent les citernes destinée à alimenter les stations services agréées ». La radio FM Liberté qui relayait l’appel a été immédiatement fermée[4]. Un représentant de la société civile tchadienne, Eric Hervé Pando de l’Association Sociale des Jeunes pour la défense des Droits Humains (ASJDH) est à Paris pour présenter l’appel, la situation du Tchad, et les espoirs d’alternance démocratique.

Dans ce pays préféré de l’armée française en Afrique, jusqu’à ce jour, la liberté d’expression n’existe pas, la liberté de manifester n’existe pas. La dernière tentative à N’Djamena date du 11 juin 2001, et la manifestation des femmes devant l’ambassade de France s’était terminée par une dispersion à coup de grenades réelles faisant de nombreuses blessées.[5] Les journalistes principaux ont été contraints à l’exil et l’information circule surtout par des sites internet gérés à l’étranger[6].

Le gouvernement et l’armée française ont en 2013 tenté de réhabiliter le dictateur Idriss Déby au travers du conflit malien[7], juste avant que ne soit dénoncé le rôle prépondérant du Tchad dans la déstabilisation de la Centrafrique[8]. Le 1er août 2014, le poste de commandement de l’opération Barkhane de lutte contre le terrorisme dans le Sahel a été basé à N’Djamena. Le 19 juillet, en visite au Tchad, François Hollande n’a pas rassuré les démocrates tchadiens déjà affaiblis par la répression, laissant croire, qu’en contrepartie de l’aide sur Barkhane, l’Etat de droit et l’absence de démocratie seraient encore moins pris en compte[9]. Il n’a pas rencontré d’opposants laissant son conseiller Thomas Mélonio le faire très discrètement et sans engagement et le député Pouria Amirshahi s’exprimer en contrepoint[10].

Idriss Déby est au pouvoir depuis 24 ans. Alors que se multiplient depuis l’été, les interpellations sur la longévité des dictateurs africains en lien avec les questions du respect des constitutions et de la limitation du nombre de mandats, le 25 septembre, était organisée à N’Djaména une conférence de presse dénonçant la volonté d’Idriss Déby de s’imposer pour un cinquième mandat en 2016[11]. Juste avant, le 21 septembre, la société civile en lutte pour « l’alternance démocratique » dénonçait des menaces visant des personnalités qui prennent actuellement le risque de s’engager au grand jour[12].

Le gouvernement français doit montrer que la diplomatie française n’est pas soumise à une politique de défense décidée en collaboration avec des chefs d’Etat illégitimes.

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique demande au gouvernement français de s’exprimer clairement et de prendre ses responsabilités, afin de faciliter la liberté d’expression et la liberté de manifester, l’établissement de l’Etat de droit et le respect de processus électoraux permettant la démocratisation du Tchad.

Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique

18 signataires : Forces vives tchadiennes en exil, Mouvement du 3 février (Tchad), Rassemblement National Républicain (RNR), Cà suffit comme cà ! (Gabon), Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo-Brazzaville), Union des populations du Cameroun, Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Union pour le Salut National Paris Ile-de-France (Djibouti), Alliance Républicaine pour le Développement (ARD, dans USN), Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo), Afriques en lutte, Amicale Panafricaine, Sortir du colonialisme, Survie, Ensemble, Parti de Gauche, Parti communiste français, Europe Ecologie les Verts.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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