"Nous accueillons avec beaucoup de soulagement cette décision qui répare enfin une injustice", a déclaré l'ONG dans un communiqué reçu par l'AFP à Libreville.

Mercredi, le tribunal de première instance de N'Djamena a levé la sanction qui pesait sur La Voix, objet de saisie depuis le 3 décembre, officiellement pour non-respect de règles administratives, le déclarant "non coupable" des faits qui lui étaient reprochés.

"Avec la saisie des exemplaires du journal, mais surtout l'enlèvement de son directeur de publication et de son comptable, l'acharnement contre La Voix avait pris des proportions inacceptables et inquiétantes", souligne RSF.

Fin décembre, le directeur de publication de La Voix, Innocent Ebodé, et son comptable, Amadou Bouba Gong-Daba, avaient été enlevés à une dizaine de jours d'intervalle, et brutalisés par des hommes non identifiés, selon leurs récits à l'AFP.

De nationalité camerounaise et objet d'une première reconduite à la frontière en octobre, M. Ebodé a été expulsé à l'issue de cet enlèvement vers la ville camerounaise de Kousséri, frontalière du Tchad. M. Gong-Daba a dit pour sa part avoir été abandonné à quelques dizaines de km au nord-est de N'Djamena.

Lancé en mai, La Voix emploie une dizaine de personnes et tire à 2.000 exemplaires, un tirage important pour le Tchad. "Nous pensons pouvoir publier à nouveau le journal dès le 12 janvier", a indiqué son rédacteur en chef, Eloi Miandadji, cité par RSF.