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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 22:36
Les titres lus pour vous cette semaine : Le Temps, N'Djaména bi-hebdo, Notre Temps et Le Progrès.
Les principaux points ayant retenu l'attention de la presse durant la semaine ont été : la grève des fonctionnaires ; la libération de Mahamat Saleh Annadif, l'ex-Secrétaire général de présidence ; la tentative de mise au pas de la presse ; la suspension annoncée des attributions de terrains en milieu rural.
Grève des fonctionnaires
Après avoir annoncé « un dialogue de sourds » dans son édition n°1473 du 23 juillet, N'Djaménabi-hebdo s'interroge dans la suivante (n°1474) : « Jusqu'où ira l'UST ? ». La première grève de trois jours d'une série lancée le 17 juillet par la centrale syndicale, l'Union des Syndicats du Tchad (UST), a pour mobile l'application du protocole d'accord relatif à l'augmentation des salaires stipulée par les décrets 1111 et 1249 portant nouvelles grilles dans les secteurs public et privé. Dans son compte rendu de l'assemblée générale tenue par les militants de l'UST pour évaluer cette première grève, notre confrère relève que « les services névralgiques qui servent de pouls à une grève largement observée » que sont ceux de la santé montrent que « le corps médical a bien suivi le mot d'ordre de grève ». Il en est demême au ministère des Finances où seuls « les décrétés » ont ouvert leurs bureaux.
Faisant écho des conséquences de la grève reconduite pour une semaine à partir du 23 juillet, notre confrère informe qu'elle « pénalise les malades » et se répercutera sur le paiement des salaires du mois dejuillet qui connaîtra un retard. Dans son reportage sur les services sanitaires de la capitale, N'Djaména bi-hebdo constate que « dans les centres hospitaliers de N'Djaména, la grève del'UST se ressent de manière plus sévère. Partout, c'est un service minimum qu'assument à sa stricte portion les agents de la santé ». Quant au Directeur général des Impôts que cite notre confrère, il « craint que le paiement des salaires ne prenne un coup ». Et il tempère dans les colonnes de l'hebdomadaire : « Pour le mois de juillet, nous avons atteint nos objectifs mensuels à plus de 100%. Notre crainte porte sur les répercussions négatives de cette grève sur le mois d'août ».
Le quotidien Le Progrès, dans le numéro 3440, constate que « L'UST repart en grève d'une semaine ». « A l'issue de son assemblée générale du samedi 21 juillet 2012 à la bourse du travail, l'UST a décidé d'entamer, ce lundi 23 juillet 2012, une grève d'une semaine et menace de suspendre le service minimum, si aucune solution n'est trouvée jusqu'au renouvellement, la semaine suivante. Les militants de l'UST estiment qu'ils n'ont plus rien à discuter, tout ayant été discuté et entériné, selon eux, par le protocole d'accord », rapporte notre confrère. Il relève, par ailleurs, les positions antagoniques des protagonistes quant à l'interprétation du protocole d'accord. Selon les proposd u ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, rapportés par Le Progrès, « pour le gouvernement,le protocole d'accord ne parle pas du changement de la valeur indiciaire de 115 à 150, mais cet aspect pourra faire l'objet d'une autre négociation ». Réplique de la centrale syndicale par son secrétaire général, François Adjia Djondang : « Nous n'avons pas une nouvelle plateforme à négocier avec le gouvernement ». Pour en savoir plus sur les raisons profondes de la réticence du gouvernement, notre confrère s'est rapproché du directeur de la solde au ministère des Finances qui explique qu'une « application linéaire de la nouvelle grille double le salaire ».
L'hebdomadaire Le Temps, dans sa parution n°752 du 25 juillet 2012, informe que « l'UST renouvelle sa grève » qualifiant le mouvement de « revendications légitimes ». Car, estime notre confrère, « depuis le gouvernement de Youssouf Saleh Abbas et bien avant, les Tchadiens vivent une situation sans précédent dans l'histoire de leur pays. Une cherté de vie sans pareil et des salaires qui ne permettent plus de tenir même 15 jours dans le mois». C'est pourquoi, tranche Le Temps, « on n'a pas besoin d'être syndiqué pour apporter son soutien à l'UST ».
« L'UST ira-t-elle au-delà des revendications salariales ?», s'interroge, pour sa part, Notre Temps à sa une. En fait, cette question a été posée au président de la Ligue Tchadienne des Droits de l'Homme, Massalbaye Ténébaye, à propos du soutien que le collectif des associations de défense des droits de l'homme a apporté à la centrale syndicale dans son bras de fer avec le gouvernement. Dans sa réponse, celui-ci trouve qu'il « est tout à fait normal que le champ des revendications soit élargi à d'autres questions ». Il cite « des mesures impopulaires, des mesures injustes qui sont prises comme par exemple les déguerpissements, les expropriations dans la violence, la fermeture du marché de Dembé, l'interdiction de naviguer sur le Chari et le Logone, l'impossibilité pour les personnes de vaquer à leurs activités ».
Libération de MahamatSaleh Annadif
« La énième comédie » titre en une Le Temps. Selon l'hebdomadaire, « l'arrestation d'Annadif a causé un tel dégât à l'image du régime qu'il n'y a pas d'autre issue que de le libérer. Aujourd'hui, le régime doit des excuses à Annadif. Tout comme à Gali Ngothé Gatta ».
Après avoir fait une démonstration des actes de mauvaise gouvernance posés par le président de la République lui-même qui accorde des exonérations à l'entreprise SNER appartenant à son frère Daoussa Déby Itno, Le Temps tranche : « Qu'on cesse de nous divertir avec ces campagnes folkloriques d'assainissement de la vie publique. Et avec ces arrestations-humiliations qui jettent en fait l'opprobre sur le pays ».
N'Djaméni-hebdo n°1473 informe, pour sa part, que « MSA (Mahamat Saleh Annadif, ndlr) veut prendre le recul nécessaire ». A notre confrère qui lui a demandé s'il était prêt à reprendre en politique, MSA répond : « Je n'ai jamais été en quête d'un emploi. Pour le moment, ma priorité est de prendre un recul nécessaire, me reposer pour remercier les uns et les autres qui m'ont soutenu pendant cette période. Je n'ai pas de préoccupations allant dans le sens des affaires politiques. C'est le dernier de mes soucis », conclut l'ex-secrétaire général de la présidence que N'Djaménabi-hebdo a trouvé tout de même « un peu affaibli ».
Tentatives de musèlement de la presse
« Silence, Nadingar veille !», s'exclame N'Djaména bi-hebdo dans son éditorial du n°1473. Faisant allusion à la sortie médiatique et menaçante du Premier ministre, Emmanuel Nadingar, envisageant au passage de faire réviser la loi sur le régime de la presse au Tchad, le bi-hebdomadaire trouve que « la défaillance avérée de la direction générale de la communication de la présidence de la République est désormais comblée par Nadingar, le tout nouveau directeur et ses assistants qui ne supportent plus l'exigüité de leur trou et trépignent frénétiquement de plastronner au-devant de la scène médiatique ». Toutefois, se positionne-t-il, « aussi longtemps que Déby Itno continuera à croire que le Tchad et ses ressources immenses sont sa propriété exclusive et celle de son unique famille ; aussi longtemps que les hauts emplois publics seront réservés à ses seuls frères, fils, sœurs ou à ses seuls beaux-frères et belles-sœurs, les péroraisons d'un Nadingar ne nous imposeront aucun silence, même pas la débile menace de révision de la loi sur la presse ».
Suspension desattributions de terrains ruraux
Dans sa publication du n°3442 du 25 juillet 2012, Le Progrès informe qu'un « décret portant suspension provisoire des attributions des terrains ruraux sera pris dans les jours à venir, pour corriger les abus constatés jusque-là ». Justifiant cette imminente mesure, le ministre des Affaires foncières et du Domaine justifie : « Nous avons fait un constat que les terrains ruraux sont détournés de leurs objectifs. Au lieu de réaliser les activités agricoles sur ces terrains, des gens se plaisent à y construire des maisons, des villas, des lieux de villégiature », cite notre confrère. « La loi autorise chaque citoyen, qui en fait la demande, de bénéficier de cinq hectares », précise Le Progrès. Mais, selon lui, le ministre constate que « les gens contournent cette disposition, adressant des demandes aux noms de leurs épouses, enfants et autres, pour se retrouver avec 50 hectares sans même y réaliser des activités rurales ». Expliquant l'un des mobiles de l'opération « cadastre de proximité », le ministre des Affaires foncières et du Domaine explique à notre confrère : « Nous avons, aujourd'hui, au service du Domaine, 45 000 dossiers et à peine 4 000 ont des titres fonciers pour tout le Tchad ». Cela est dû au fait que l'ancienne procédure était trop longue et coûteuse. « Cela prend deux ans, donc décourage les gens », soutient le ministre. 

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Published by Nouvel Essor - dans société
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