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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 20:59

 

(Xinhua) — Principalement producteur de millet, de maïs, de riz, de sorgho et d’arachide pour les cultures vivrières et de coton pour les cultures de rente, le Tchad enregistre en ce moment une baisse de production liée, pour l’essentiel, à l’exode rural des jeunes ajouté au manque de financements de l’agriculture, de l’avis d’un responsable local interrogé par Xinhua à Yaoundé. « Nous sommes un pays qui produit de l’arachide en grande quantité. Mais, ces dernières années, les jeunes quittent les villages (pour s’installer en ville, ndlr) et la production arachidière diminue d’année en année. C’est vrai que nous produisons en ce moment, mais avec une population qui n’a plus de force pour produire comme avant », a affirmé Josué Betoudji, coordonnateur des centres de formation pour la promotion rurale des régions du Sud du Tchad.

Les chiffres de production ne sont pas fournis, mais pour Betoudji l’économie nationale tchadienne prend en coup en raison de cet exode rural des « bras valides ». Sur plus de 36 millions d’hectares de terres arables, seul environ un tiers est mis en valeur, d’après lui. « Nous n’avons pas de moyens, poursuit-il, pour pouvoir valoriser ces terres. Pourtant, nous avons des potentialités agricoles ».

Dans ce pays d’Afrique centrale, l’agriculture est plus concentrée au Sud qu’au Nord, une région désertique. Les statistiques récentes montrent des tendances de production tantôt en baisse, tantôt stagnante pour les principaux produits de commercialisation.

De 201.000 tonnes en 2005 et 2007 avec une chute à 184.000 tonnes en 2006, le maïs enregistrait par exemple en 2008 200.000 tonnes. Cette céréale représente avec le sorgho et le millet l’essentiel des cultures de subsistance pour les populations tchadiennes, informe Josué Betoudji.

« La base alimentaire au Tchad, souligne-t-il en effet, c’est les céréales. Donc, nous en sommes de grands producteurs ». Mais là aussi, les tendances de production sont décroissantes. De 578. 000 tonnes en 2005, le millet a chuté à 510.000 tonnes en 2008.

Le Tchad produit aussi du riz, un produit qui n’affiche pas non plus une meilleure santé : contre 149.000 tonnes en 2005, les statistiques officielles faisaient état de 110.000 tonnes en 2008.

Le blé a quant à lui été réduit à peu de choses. Il est notamment produit en « petites quantités » dans la région du lac Tchad par la Société de développement des lacs.

« Avant, c’était à grande échelle, mais ces dernières années, à cause de la fermeture des Grands Moulins du Tchad, nous ne produisons pas assez », a par ailleurs regretté Betoudji.

Le coton souffre du désenchantement des producteurs. « Avec la chute du prix en ce moment, il y a peu d’engouement. Les cotonculteurs se désistent de cette culture pour faire autre chose. Maintenant, on a tendance à voir que les autres cultures comme l’arachide et le sésame supplantent en ce moment le coton », apprend-on encore.

Le manque de financements constitue ici un grand écueil, talon d’Achille du développement agricole dans une grande partie des pays d’Afrique subsaharienne. « Il n’y a pas de banques agricoles, c’est ce qui fait que l’agriculture ne prospère pas au Tchad, parce qu’il n’y a pas de financements », a déploré Jousé Betoudji.

Selon lui, c’est la principale cause de la limitation des surfaces cultivables au Tchad. « Le paysan n’a pas de ressources pour pouvoir agrandir les champs et comme l’agriculture n’est pas financée, chacun fait selon ses possibilités financières. Les familles ne cultivent peut-être que sur un hectare, la famille la plus riche fait deux hectares. Sinon, c’est limité à un hectare ou un demi-hectare ».

Un des participants à une concertation sous-régionale des acteurs de la formation et du développement agricole et rural du Cameroun, de la République centrafricaine (RCA) et du Tchad, Betoudji a dressé un état des lieux de l’agriculture dans son pays caractérisé par une inadéquation entre la formation et l’emploi, autre obstacle à l’essor de l’agriculture en Afrique subsaharienne.

Plus de 50 ans après l’indépendance, l’éducation familiale continue à orienter les jeunes Tchadiens vers d’autres métiers qui apparaissent plutôt plus anoblissants aux yeux des parents. Pourtant, la fonction publique tchadienne ne recrute plus, du moins les recrutements se font par « remplacement numérique », c’est-à-dire qu’il faut attendre que « les vieux partent à la retraite ou bien la retraite de Dieu, qui signifie la mort ».

Pour Betoudji donc, « il y a lieu de réorienter l’éducation familiale de manière à ce que les gens puissent savoir que la richesse c’est au village et en cultivant la terre ». Un rapport du ministère tchadien de l’Enseignement supérieur avait révélé en 2004 que sur 4.000 jeunes diplômés formés dans différentes spécialités, seuls 400 d’entre eux, soit un taux de 10%, sont intégrés à la fonction publique.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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