Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 21:54

Deby_le_8-avril_a_Paris-photo-Ja.jpgIdriss Deby Itno a compris depuis belle lurette que la communication est une arme précieuse. Mais ce qu’il ne sait pas, malheureusement, c’est que la communication, quand elle se pare des atours d’une arme, peut être représentée sous la forme d’une lame à double tranchant, qui peut faire mal, mais alors très mal, au profane qui s’en sert sans avoir l’habileté, la dextérité nécessaire.  Et pour qui sait que la finesse – pour ne pas dire la sagesse – n’est pas la qualité première du Néron de N’djamena, lui qui est habitué à tirer – pour tuer – d’abord, avant de discuter ensuite – avec les cadavres certainement -, il est prévisible que dans la logique de communiquer que lui suggèrent quelques gourous, il ne peut que trébucher, se mordre la langue, ou carrément se mettre le doigt dans l’œil.

 

Ces huit dernières semaines, le dictateur général du Tchad s’est déployé sans arrêt dans les médias « Africa 24 » d’abord et l’emblématique « Jeune Afrique » ensuite !

Jeune Afrique du grand Béchir Ben Yahmed qui – il y a quelques années encore – décrétait le soudard tchadien infréquentable n’a pas hésité à lui servir les bras puis les portes de sa mythique rédaction du 57 bis, Rue d’Auteuil, et quatre de ses précieuses pages en lui accordant une interview qui – malgré la scrupuleuse "relecture" de la rédaction, ni les cornes, ni les longues dents, ni les griffes, ni la queue,   et encore moins le trident enflammé du diable de N’djamena.

Évidemment, on imagine que ces quatre pages si bien faites ont été payées rubis sur l’ongle.

Analyse de cette autre occasion de se taire que vient de manquer le futur ex-chef de l’Etat tchadien dont le désarroi politique est, chaque jour, conjugué avec la gravité de sa maladie.

 

Sous les sunlights et les caméras d’"Africa 24" Idriss Deby Itno avait donné la pleine mesure de sa nature caractérielle en répondant piteusement et maladroitement - avec de calamiteux lapsus dont on se souviendra encore pendant longtemps   aux questions de "l’interviewer" qui, manifestement, remplissait ce jour son contrat  en posant des questions dont le dictateur avait préparé les réponses longtemps  à l’avance.

 

Par D.D | Ndjamena-matin

Partager cet article

Repost 0
Published by Nouvel Essor - dans société
commenter cet article

commentaires