Le colonel Dassert, chef du Mouvement pour la paix, la réconciliation et le développement (MPRD), "a été arrêté (autour de) Korbol et Melfi, dans la zone méridionale", a expliqué la source militaire ayant requis l'anonymat.

"Les forces gouvernementales qui ratissent depuis quelques jours la zone sud du pays ont mis la main sur (lui) depuis une semaine et l'ont ramené a N'Djamena il y a trois jours", a-t-elle ajouté, sans précisions sur le lieu de détention et les circonstances exactes de l'arrestation du chef rebelle.

Joint par l'AFP, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bachir, a confirmé l'arrestation de Djibrine Dassert.

"C'est un mercenaire à la solde de l'étranger et ravitaillé par l'étranger", a dit le ministre, qui n'a pas non plus fourni de détails.

Le colonel Dassert est un ancien allié d'Idriss Deby Itno et membre fondateur du parti au pouvoir. Il a participé à l'offensive ayant conduit à la chute du président Hissène Habré en 1990 et permis l'arrivée au pouvoir de M. Deby.

Djibrine Dassert a ensuite pris les armes contre son ex-compagnon en novembre 2005. Depuis, selon plusieurs sources concordantes, son mouvement est actif dans le sud du pays.

En juin dernier, le gouvernement avait annoncé aux diplomates en poste à N'Djamena avoir saisi "des engins de guerre (...) destinés à ravitailler les éléments de Djibrine Dassert" basés dans la région de Korbol, d'après des témoignages "d'assaillants faits prisonniers" par l'armée.

Il s'agissait de "mercenaires (terme des officiels tchadiens pour désigner les rebelles, NDLR) à la solde du Soudan", en provenance de leur base arrière "dénommée Khor Khiyama" en territoire soudanais, selon N'Djamena, qui avait alors dénoncé "une nouvelle tentative de déstabilisation du Tchad par le Soudan".

La semaine de Noël 2009, des représentants du Tchad et du Soudan réunis à Khartoum se sont engagés à poursuivre la normalisation des relations entre les deux pays, souvent tumultueuses en raison des rébellions actives sur leur territoire. N'Djamena et Khartoum sont liés par une série d'accords qui peinent à être appliqués.

Une paix entre le Tchad et le Soudan est jugée essentielle pour résoudre le conflit en cours depuis 2003 au Darfour, région de l'ouest soudanais voisine du Tchad. Cette guerre a fait jusqu'à 300.000 morts, selon l'ONU, 10.000 d'après Khartoum.

Dans son discours à l'occasion du Nouvel An, le président Deby avait appelé une nouvelle fois à la paix rebelles tchadiens, leur assurant que "la guerre n'est pas la solution".