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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 00:26

  LIBREVILLE — Les conditions de détention dans les prisons tchadiennes sont "épouvantables" et s'apparentent à des traitements "cruels, inhumains ou dégradants", dénonce l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International dans un rapport rendu public lundi.

"Des conditions de détention épouvantables (...) Les cellules sont fortement surpeuplées. La nourriture et l'eau sont impropres à la consommation et manquent parfois", écrit Amnesty dans son rapport intitulé "+Nous sommes tous en train de mourir ici+. Les violations des droits humains dans les prisons".

Tout en collectant des données sur tout le système carcéral, l'organisation a visité six prisons entre 2011 et 2012.

"Les six prisons (...) étaient surpeuplées. Fin janvier 2012, 45 prisons accueillaient au total 4.831 prisonniers (...) La plupart des prisons visitées hébergeaient quatre fois plus de prisonniers que leur capacité ne le permettait. L'une d'elle en hébergeait même cinq fois plus", selon le rapport.

"Les enfants, y compris les fillettes, sont détenus avec les adultes. La plupart des prisonniers sont en fait des prévenus qui, pour certains, attendent leur procès depuis plusieurs années", note le document.

"Le gouvernement ne respecte pas son obligation de donner aux prisonniers une nourriture adéquate (...). Les prisonniers rencontrés étaient dans leur majorité émaciés, faibles et apparemment d'un poids insuffisant", selon le rapport.

Sur le plan médical, "les prisonniers ont un accès extrêmement réduit aux médecins et aux soins (...) Les détenus malades ne reçoivent pas de traitement adéquat, y compris ceux atteints de maladies infectieuses, telles que certaines éruptions cutanées, la tuberculose, les infections sexuellement transmissibles et le VIH/sida. Le personnel des prisons visitées ne compte aucun médecin".

"Aucun mécanisme ne permet aux détenus de porter plainte contre les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants que leur infligent le personnel ou leurs codétenus. Ceux appartenant notamment à des gangs de prison jouissent d'une impunité presque totale", souligne encore AI.

"Les prisonniers de sexe masculin portaient souvent des chaînes aux pieds (..) L'amplitude de leurs mouvements était limitée à environ 40 centimètres. Certains responsables de prisons ont affirmé que les prisonniers étaient enchaînés jour et nuit pour les empêcher de s'évader (...) Certains prisonniers étaient ainsi enchaînés depuis plus de trois mois".

Les gardes des prison "ont à plusieurs reprises fait usage d'une force meurtrière pour calmer les tensions ou réprimer des émeutes dans les prisons. En 2011, les forces de sécurité ont tué au moins sept prisonniers lors de trois épisodes distincts", précise le rapport.

Pour AI, une grande partie du problème réside dans les disfonctionnements des systèmes pénitentiaire et judiciaire. "L'+oubli de prisonniers+ est un problème répandu qui contribue à la surpopulation des prisons tchadiennes. Les gens peuvent facilement passer des années en prison sans que les autorités judiciaires soient informées de leur présence".

AI cite notamment le "cas d'un garçon de 15 ans : il était détenu depuis plus de 18 mois à la prison de Doba sans que le procureur compétent en ait été informé".

D'autres prisonniers ne sont pas libérés alors qu'ils ont purgé leur peine.

AI recommande aux autorités de prendre "de toute urgence des mesures".

Pays parmi les plus pauvres du monde malgré l'exploitation récente de pétrole, le Tchad a été secoué jusqu'en 2010 par de nombreuses rébellions. Des gangs armés continuent d'y sévir

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Published by Nouvel Essor
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