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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 21:09
Le sujet principal porte sur « l’affaire Gali ». Mais, les journaux tchadiens ont aussi traité de la journée internationale de la femme, des futures élections communales partielles dans les 9ème et 10ème arrondissements de N’Djaména, et des relations entre le Tchad et la Libye.

 

L’affaire Gali Ngothé Gatta

« Sus aux mangeurs de phacochère ! » s’exclame, à sa une, N’Djaména bi-hebdo n°1436 du 12 mars 2012. Mettant l’accent sur le caractère politique de l’affaire, notre confrère constate dans son éditorial que « la célérité avec laquelle le tribunal de première instance de Sarh a géré ce dossier enlève toute illusion aux Tchadiens et déshonore la magistrature dans notre pays ». Et le bi hebdomadaire de poursuivre que « le garde des sceaux (…) est lui-même monté au créneau et a qualifié toutes les voix discordantes de paranoïaques et fantasmatiques », avant de reprendre les « félicitations » du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, adressées « au Rrocureur de la République, au président du Tribunal et aux juges du tribunal … qui ont fait un travail remarquable, empreint de sang froid et de professionnalisme ».

Dans sa parution du 15 mars, le bi-hebdomadaire titre encore : « Le roi IDI 1er s’en prend aux moucherons », se référant à « La fable du roi Lion » aux prises à « des moucherons insaisissables qui perturbent sa majestueuse tranquillité ». Car, « cette histoire grossièrement montée ne méritait, de la part d’un magistrat, qu’un non-lieu retentissant. Mais au lieu de cela, Gali N’Gothé croupit en prison contre toute logique. A y voir de près, il paraît bien que cette arrestation ait été planifiée dans quelques obscures officines pour le réduire au silence. Et ceux qui ont fait le rapprochement avec l’affaire Kebzabo ne se sont sans doute pas trompés », tranche N’Djaména bi-hebdo.

« Gali, coupable ou innocent ? » s’interroge Notre Temps. L’hebdomadaire qui penche du côté d’un verdict juste estime que « l’agent forestier, le nommé Nicolas Taloua, est un agent d’un service public qui a arrêté des braconniers qu’il a surpris avec du gibier frais et boucané ». Prenant fait et cause pour l’agent forestier également condamné pour corruption, notre confrère trouve qu’on « ne peut pas comprendre qu’un fonctionnaire qui ne fait que son travail soit arrêté et jugé pour des faits reprochés à d’autres personnes qu’ils a pris la peine de conduire à la gendarmerie ».

« L’affaire du député Gali Ngothé Gatta : un procès aux relents politiques », tranche L’observateur qui relate : « C’est à une vitesse accélérée que son procès a été ouvert le 7 mars, permettant au tribunal de première instance de Sarh de condamner Gali à un an de prison ferme et à 200 000 francs d’amende ». L’hebdomaire « s’interroge toujours sur le mobile réel de cette arrestation, étant donné que le tribunal de première instance de Sarh a déclaré le député non coupable de complicité d’abattage des espèces protégées ».

« L’affaire Gali : la grosse machination », relève l’hebdomadaire Le Temps. Notre confrère qui a dépêché un envoyé spécial à Sarh pour suivre le procès relate de bout en bout le déroulement du procès. Il précise que « le député Gali Ngoté Gatta, élu de Kyabé, arrêté le 4 mars à Sarh, a été jugé et condamné devant une importante foule qui a tenu à lui rendre un hommage mérité ». Rapportant un épisode du procès où la parole a été donnée au principal témoin, Nicolas Taloua, l’agent forestier, Le Temps raconte : « D’abord, il débarque au Tribunal avec, sur sa ceinture, une grosse épée à trancher le cou d’un éléphant… Pour lui, Gali N. Gatta a envoyé ses émissaires pour lui chercher des pintades. Dagui, le chef de mission (du député Gali, ndlr), pique une colère : ‘M. Taloua, Kyabé-Boné, en aller-retour, cela fait 140 km. Pensez-vous que le député puisse brûler tout ce carburant pour seulement m’envoyer lui abattre des pintades alors que tout autour de Kyabé, il y a des pintades ?… Je suis seul responsable de l’abattage de ces phacochères. Le député n’a rien à y voir !’ ». Le Temps précise « les avocats ont fait sur le champ appel du verdict. On attend donc que la Cour d’Appel de Moundou se prononce sur ce dossier où Gali N. Gatta, député de la République, jouissant de l’immunité parlementaire, a été envoyé en prison comme un vulgaire malfrat ».

Rapportant une conférence de presse donnée par le député Kassiré Delwa Coumakoye, président du parti VIVA-RNDP et, par ailleurs, premier vice-président de l’Assemblée nationale, l’hebdomadaire gouvernemental L’Info cite le conférencier : « On ne peut pas arrêter un député, d’ailleurs couvert par l’immunité parlementaire, pour une affaire banale de cochon sauvage… Cette affaire ressemble à une ombre dans la nuit au clair de la lune… L’affaire Gali et celle du député Saleh Kebzabo se ressemblent dans leurs origines et dans leurs fonds… Ce n’est pas bon pour l’appréciation de notre politique que nous voulons apaisée et consensuelle ». Le premier vice-président de l’Assemblée nationale en « appelle à l’arbitrage du président de la République, garant de la magistrature suprême, afin que le député Gali N. Gatta retrouve sa liberté », conclut L’Info.

Journée internationale de la femme

Selon l’hebdomadaire Le Temps, « au Tchad, la semaine et la journée de la femme sont, souvent, célébrées sous différentes formes. Les citadines désertent le foyer pour le défilé ? C’est la journée pour revendiquer l’émancipation et réclamer de meilleures conditions de vie de la femme. Une deuxième catégorie se livre aux défilés de mode et autre vie mondaine : soirées dansantes, pari-vente où l’alcool coule à flot. Par contre, une troisième couche, plus nombreuse, vit son lot quotidien de corvées ». Et pour illustrer ces affirmations, notre confrère plaque des photos de femmes, habillées de pagnes spécialement imprimés pour la Semaine nationale de la femme tchadienne (Senafet), en train de danser et défiler. Deux autres photos montrent, l’une une femme portant au dos un bébé et transportant sur la tête une grosse botte de paille destinée à la vente, et l’autre, des femmes concassant des pierres pour obtenir des graviers qu’elles exposent pour la vente dans des sacs.

« Hinda encourage les stylistes tchadiennes » : c’est le titre de l’article que l’Observateur consacre au don de 600 machines à coudre fait par la Première Dame aux femmes à l’occasion de la célébration de la semaine de la femme tchadienne. « Ces machines sont destinées à l’apprentissage pour les femmes des 22 régions du Tchad, y compris N’Djaména. Chacune des 21 régions recevra 27 machines et la capitale recevra 33. Ces machines seront installées dans les différentes antennes de la Celiaf », précise L’Observateur.

Le Temps, pour sa part, informe que « Les femmes d’Esso Tchad (ASFET) priment les meilleures filles des lycées de N’Djaména ». Selon notre confrère, l’ASFET a remis des « prix d’excellence à 27 lauréates, issues de neuf lycées de la capitale ». Ce sont des « lauréates respectivement des classes de 4ème et terminale, ayant obtenu une moyenne qui va de 13,66 à 15,92 ». Cette cérémonie qui s’est déroulée le 7 mars, veille de la journée internationale de la femme, permet de faire « la promotion du leadership féminin, d’encourager la jeune fille, future mère de la nation, mère, épouse et actrice essentielle du développement d’être sur le même pied d’égalité avec les garçons sur tous les plans », précise Le Temps qui rapporte, par ailleurs, une cérémonie similaire organisée par l’Association des Jeunes Unis pour la Réconciliation nationale et le Développement (AJURND). En effet, le 8 mars, Journée internationale de la Femme, cette association a procédé à une remise de prix aux meilleures entrepreneuses. Il s’agit de « la remise des attestations à 12 femmes ayant fait preuve de créativité et d’innovation ».

Reprise des communales partielles

« Les partielles auront lieu le 29 avril », informe le quotidien Le Progrès n°3350. Suite à l’adoption, par la CENI, du calendrier des élections communales partielles dans les 9ème et 10ème arrondissements de N’Djaména, le quotidien détaille que « le chronogramme fixe les scrutins dans les deux arrondissements le 29 avril 2012. Les forces de défense et de sécurité inscrites dans ces deux circonscriptions voteront un jour d’avance, c’est-à-dire le 28 avril. Les campagnes électorales et la couverture médiatique des activités des partis politiques se dérouleront du 14 au 27 avril. La proclamation des résultats provisoires par la CENI est fixée au 15 mai… Les résultats définitifs sont attendus le 30 mai 2012 ».

L’Observateur révèle : « Elections locales partielles, la mise en garde du 9ème arrondissement ». Rapportant une conférence de presse des candidats de l’opposition de dix listes en compétition dans le 9ème arrondissement, notre confrère explique que « ceux-ci félicitent la Cour Suprême d’avoir annulé les dernières élections locales dans leur circonscription. Cependant, ils exigent un certain nombre de conditions avant la tenue des élections partielles prévues les 28 et 29 avril. (…) Entre autres, la dissolution de la sous-ceni, le respect strict du chronogramme, la fermeture de la frontière le jour du scrutin, la confection d’une nouvelle carte électorale, l’assurance des matériels de bureau de vote, la désignation d’autres membres de la sous-ceni, etc. ».

N’Djaména bi-hebdo, qui a également fait écho de cette conférence de presse des candidats du 9ème arrondissement, cite la mise en garde d’un des organisateurs, Aloka Andakeizou : « Au cas où la Ceni ne prendrait pas en compte nos vœux, elle nous trouvera sur son chemin et endossera l’entière responsabilité de tout ce qui adviendra ».

Relations Tchad-Libye

N’Djaména bi-hebdo du 15 mars exprime une interrogation : « Le CNT libyen menace-t-il le Tchad ? » Le bihebdomadaire annonce que « dans les milieux informés des services de défense et de sécurité, on fait de plus en plus état d’une menace venant du Nord. D’aucuns franchissent même le pas et parlent des troupes du Conseil national de transition (CNT) à l’intérieur de nos frontières et qui témoignerait d’un plan diabolique des autorités libyennes de nuire à notre pays. Officiellement, le gouvernement tchadien n’a pris aucune position et laisse libre cours aux rumeurs ». Notre confrère qui croit plutôt à une campagne d’intoxication de la population, prend ces « rumeurs » pour un « épouvantail pour irriguer les circuits de la prédation ». Car, estime-t-il, « si véritablement une telle menace était avérée, aucun gouvernement ne se terrait dessus ».

Nestor H. Malo

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Published by Nouvel Essor - dans société
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