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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 13:46
Wade, Homme africain de l’année ? Une imposture à dénoncer
 
 
A l’occasion de la 2° édition de la soirée de gala -voir la présentation en dossier joint- au cours de laquelle seront remis les  prix des « Mariannes de l’excellence », le Conseil des Mariannes a décidé de remettre le prix de l’Homme africain de l’année 2012-2013 à Abdoulaye Wade, ancien président de la République du Sénégal.
Abdoulaye Wade, Homme africain de l’année 2012-2013 ! On permettra d’en douter en cette année 2012 où il a magistralement perdu des élections qui devaient selon ses dires lui accorder un troisième mandat présidentiel.
Les Sénégalais l’ont sanctionné pour avoir voulu que son fils lui succède ; ne l’avait-il pas investi en lui confiant nombre de ministères importants, faisant de lui un quasi premier ministre bis et, surtout un dauphin déclaré ?
N’a-t-il pas fait de l’argent le moyen de son influence et le critère suprême de son action, avec comme conséquences toutes les dérives qui s’y attachent ?
N’a-t-il pas affaibli l’Etat, lui faisant perdre sa vocation initiale qui est d’incarner les valeurs de la République ?
N’a-t-il pas transformé un pouvoir légitimé par le suffrage universel en pouvoir personnel ?
N’a-t-il pas mis l’ordre public en danger, en affichant sa préférence confrérique, n’eût été la sagesse du peuple sénégalais qui a subi sans broncher les atteintes à la laïcité constitutionnellement affirmée ?
Il a ruiné moralement la société sénégalaise en lui faisant perdre ses repères.
 
Mais il y a plus, si l’on fait le bilan économique de douze ans d’alternance.
Sur la lancée des gains de productivité de la dévaluation  du franc cfa (1994) s’ouvraient une promesse de croissance annuelle de 5 à 8% et une progression du budget de l’Etat de 10% par an. Si, entre 1995 et 2000, le taux de croissance annuelle a été de 5% environ, pour le reste de la période, la croissance a été moins ample et plus fluctuante (3,5%). En 2001, 2006, 2009, les revenus des Sénégalais par tête ont même baissé.
La gestion des finances publiques fut malsaine, accusant un déficit global de 4%, dont il faut trouver la cause dans  une absence de maîtrise de l’emploi. Et pourtant, les recettes budgétaires progressaient de 10% par an et l’endettement du Sénégal était annulé mais les commandes de l'Administration étaient surfacturées ; le financement interne des infrastructures physiques conclu de gré à gré à des coûts records ; des emprunts négociés sur le marché international à des taux supérieurs à ceux de la Grèce.

Les gains de productivité de la dévaluation  ont disparu.
 
La balance des paiements s’est profondément détériorée : le taux de couverture des importations par les exportations a baissé de 40% dans les années 2010, faisant perdre au pays, la relative indépendance qu’il avait avec une balance des paiements excédentaire.
Les écarts entre les pauvres et les riches se sont creusés : dans la richesse nationale, le secteur primaire est passé de 18 à 14% et dans ce secteur, l’agriculture a reculé de 10 à 7,5%,  l’élevage a stagné et la pêche a régressé.
Facteur aggravant, les fleurons[1] de l’industrie sont en faillite. 
Le capital naturel du Sénégal a été dilapidé. Exemples : l’or de Sabodala a été concédé,  alors qu’il ne restait que trois à quatre ans d’exploitation. Les sables taniphères, dont la gestion doit être conduite avec précaution, selon des normes environnementales, de durée et d’impact sur les populations locales, sont particulièrement sensibles aux solutions chimiques ; or ce capital naturel est à la vente à des multinationales américaines. On pourrait continuer.
 
Le régime de l’alternance a ruiné ce dont il a hérité, non d’une économie florissante, mais d’une économie en convalescence et des finances restaurées. Il appartenait au régime  libéral de poursuivre l’effort afin de consolider le redressement amorcé, tandis qu’à partir de maintenant et, à cause de Wade, le Sénégal est justiciable d’un nouvel ajustement structurel. D’autre part, la reconstitution d’un Etat de droit véritable est d’autant plus indispensable que le résultat des dernières élections présidentielles et législatives, en donnant aux sénégalais l’occasion de montrer qu’ils veulent le changement, appellent le nouveau pouvoir à consolider la démocratie bafouée par l’exercice du pouvoir personnel de Wade
 
Wade, Homme africain de l’année ? Il faut arrêter cette plaisanterie. 
 
Mobilisons-nous contre l’attribution du prix de l’Homme africain de l’année 2012-2013 à Abdoulaye Wade.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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