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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:40

La France est en faillite. Elle croule sous le poids d’une dette publique et bancaire énorme. C’est le pays de la zone euro le plus exposé à la dette grecque et italienne, entre autres. Et la France s’est engagée dans un nouveau plan d’austérité. Sa cote de solvabilité est sur le point de perdre son statut de triple A et les banques privées devront subir une importante décote de leur dette au sein de l’Europe. Les énormes dépenses engagées dans la guerre en Libye ont englouti la majeure partie de son budget annuel. Et si elle a tenu le coup jusqu’ici, c’est grâce au coussin que lui offre les dépôts de réserves effectués au Trésor français depuis 1960 par des pays africains. Beaucoup de ces réserves existent aussi bien sous forme d’actions au nom du Trésor français que d’obligations ayant compensé et garanti un nombre important d’emprunts d’Etat français. 
Les pays francophones d’Afrique se rendent de plus en plus compte qu’ils risquent de ne plus jamais rentrer en possession de leurs avoirs accumulés dans le Trésor français qui les a lourdement hypothéqués sous forme de contributions de la France à plusieurs plans de sauvetage de l’économie européenne. Wade du Sénégal a une fois encore demandé des comptes. Et personne n’est prêt à lui en donner. Ouattara de Côte-d’Ivoire et Denis Sassou-Ngesso du Congo Brazzaville ont été persuadés de la nécessité de dévaluer le franc CFA et chargés d’en informer leurs pairs africains. De l’avis des économistes, une telle dévaluation permettrait de soulager la France d’environ 40% du poids de sa dette et de donner une nouvelle marge de manœuvre au Trésor français. 
Par contre, une telle mesure aura des effets dévastateurs sur l’Afrique. Les pays de l’Afrique francophone avaient souffert énormément lors de la dernière dévaluation, exception faite des présidents et de leur entourage. La dévaluation est avantageuse si l’on a des produits à exporter, car elle rend les exportations relativement moins coûteuses. Or, la plupart des pays francophones d’Afrique n’ont que les matières premières et le pétrole à exporter. Les produits manufacturés, les services et biens immatériels proviennent presque tous de la France ou transitent par elle.
Les denrées alimentaires sont importées hors de l’Afrique et leurs prix autant que les coûts de transport augmentent de jour en jour. Des signes d’inflation étaient déjà perceptibles en début d’année. Le taux d’inflation en Afrique de l’ouest a grimpé à 4,1% en janvier, alors qu’il était de 3,9% le mois précédent. Cette progression de l’inflation dans les huit pays de la zone UEMOA, qui utilisent le franc CFA rattaché à l’euro, était essentiellement due à l’augmentation des coûts des denrées alimentaires, des transports, du logement et des communications. Le taux d’inflation moyen est passé de 0,4% en 2009 à 1,4% en 2010 ; une augmentation justifiée par la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires […]
Malgré cela et en dépit de la pauvreté qu’entraînera la dévaluation annoncée, peu de présidents africains sont prêts à renoncer au Pacte colonial et arrêter les énormes dégâts causés par le néo-colonialisme français dans la région. Si la France a dilapidé ses fonds et a trop embrassé dans la dette européenne et dans la destruction de la Libye, il n’appartient certainement pas aux Africains de payer la note de telles aberrations.
Traduit de l’anglais par Constantin D. Lebogo
N.B. Certaines portions de cet article consacrées spécifiquement à la Côte-d’Ivoire ont volontairement été omises dans la traduction.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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