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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 21:51

Désigné médiateur pour la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la crise au Nord Mali, le Président Blaise Campaoré apparaît le mieux placé pour faire avancer le dossier des otages français retenus par AQMI au Sahel. Son rôle auprès des différents acteurs de la crise, dont les Touaregs du MNLA et le groupe islamiste Ansar Eddine en territoire AQMI, lui permet, en effet, de faire jouer d’autres leviers de négociations qui s’avèrent efficaces.

Enlevée le 15 avril à Tombouctou par des inconnus identifiés comme liés à AQMI, puis récupérée par Ansar Eddine, l’otage suisse a pu ainsi être libérée dix jours plus tard, puis transférée à Ouagadougou, grâce aux contacts entrepris par les autorités burkinabées auprès du groupe d’Iyad Ag Ghali, dans le cadre de la mission de la CEDEAO. La libération de la Suissesse n’a occasionné aucune rançon, confirme-t-on de source occidentale, l’objectif d’Ansar Eddine étant de gagner en crédibilité et en influence auprès des différentes parties au conflit, pour mieux défendre ses prérogatives sur le nord mali.

Autre carte maîtresse du Président burkinabé : son proche conseiller, l’opposant mauritanien Moustapha Ould Liman Chafi, à l’origine de plusieurs libérations d’otages européens. Blaise Campaoré l’avait de nouveau mandaté, à la demande de Rome, pour obtenir auprès d’AQMI la libération de la tou­riste italienne enlevée en Algérie en février 2011, puis retenue au Nord Mali. Sa libération, confirmée officiellement le 24 avril par les autorités italiennes, a, en revanche, fait l’objet d’une rançon «d’un peu plus de 3 millions d’euros», selon des sources sécuritaires européennes.

Les contacts sur le dossier des otages français – au nombre de six depuis septembre 2010 – entre Paris et Ouagadougou se sont intensifiés depuis la visite du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, en février dernier, au cours de laquelle le Président burkinabé avait confirmé sa disposition à œuvrer à une solution. L’envoi, le 15 avril, d’une preuve de vie de deux des otages, Philippe Verdon et Serge Lazarevic (enlevés le 24 novembre 2011 au nord-est du Mali par AQMI) aux autorités burkinabées, qui l’avaient ensuite transmise à leurs homologues français, a confirmé pour Paris la pertinence de ce canal et fait renaître de nouveaux espoirs. Jusque-là, les services de renseignement français tablaient sur la Mauritanie pour aboutir sur ce dossier avant le deuxième tour des élections présidentielles, mais la dégradation des relations entre Paris et Nouakchott depuis la crise malienne a poussé Paris à se tourner vers d’autres partenaires dans la région.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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