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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 17:47

Leur pays se situe à la dernière place du classement sur la corruption internationale établi par l'organisme Transparency (http://bpi.transparency.org/results/)

Voici une enquête qui ne va pas rehausser l'image des Russes à l'étranger. Selon l'organisme Transparency International, leurs entrepreneurs sont les plus enclins à distribuer des pots-de-vin hors de leurs frontières, que ce soit pour remporter des contrats ou simplement «fluidifier» leurs affaires. Qu'ils travaillent à Paris, à New York ou au Cap, ces derniers n'hésitent pas à user de prébendes pour consolider leurs positions sur les marchés extérieurs, en particulier dans la construction, l'énergie et les services municipaux. C'est en tout cas l'opinion de 3000 hauts dirigeants d'entreprises interrogés par l'ONG dans vingt-huit pays développés. La Russie se situe à la dernière place du classement établi par Transparency, derrière le Mexique et la Chine. À l'inverse, les entrepreneurs néerlandais se montrent les plus vertueux, la France pointant, elle, à la onzième position.

Les exemples de cols blancs russes se faisant piquer la main dans le sac sont rarement connus du grand public - en janvier dernier, la Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd) avait relevé de ses fonctions quatre de ses représentants russes du siège londonien, soupçonnés de malversation. Les experts de l'ONG ne sont pas étonnés pour autant. «Les Russes utilisent à l'étranger les mêmes méthodes que dans leur propre pays. Nous ne nous contentons plus d'exporter nos matières premières, nous exportons aussi notre corruption», observe Elena Panfilova, directrice de l'antenne russe de l'ONG. Fin 2010, la Russie se situait à la 154e place (sur 178), du classement Transparency des pays les plus corrompus, aux côtés notamment de la République démocratique du Congo. Un crève-cœur pour Dmitri Medvedev.

Racket généralisé

Depuis son élection, en 2008, le chef du Kremlin a engagé sa réputation dans la lutte contre les malversations. En juin dernier, lors du forum de Saint-Pétersbourg, le chef du Kremlin a exigé dans les administrations, le «nettoyage des fonctionnaires corrompus». Hier, un texte de loi obligeant les parlementaires, les élus locaux et leurs conjoints, à publier une liste annuelle de leurs biens, a été examiné en troisième lecture à la Douma. «Notre législation est excellente, mais en l'absence de mains propres pour l'appliquer, celle-ci se résume à un bout de papier», regrette Elena Panfilova.

Ces carences, poursuit-elle, ne doivent pas exonérer les businessmen de leurs propres responsabilités. À l'image d'une styliste récemment rencontrée à Vologda, qui expliquait se faire racketter par 28 fonctionnaires différents (pompiers, contrôleurs fiscaux…), les entrepreneurs russes se disent victimes d'extorsions de fonds de la part de la bureaucratie. C'est oublier que ces derniers sont souvent complices du système. En février dernier, le chef de la police de Moscou, Alexandre Iline, avait exhorté ses concitoyens en ces termes : «ne proposez pas d'argent à un milicien, et il n'en prendra pas»…

Mais petit à petit, les mentalités changent. «La classe moyenne s'élargit et les gens qui gagnent suffisamment leur vie aspirent désormais à être de bons citoyens et pensent à leur pays», estime la directrice de Transparency. Le changement, dit-elle, devrait prendre environ «dix ans ».

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Published by Nouvel Essor - dans société
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