Alors le SG de la COBAC prend les mesures qui s’imposent: il somme les personnes qui ont fait des retraits en espèces de rembourser et particulièrement l’actionnaire majoritaire, met la banque sous l’administration provisoire et enfin demande au Ministre des finances de mettre fin aux salaires exorbitants des administrateurs. Ce fut le branle bas au sein du clan et les obligés de celui-ci : Il faut vite contrecarrer les initiatives du SG de la COBAC et au besoin le faire débarquer de son poste. Le clan assiège Deby, le harcèle; chaque membre du clan vient le voir avec une histoire inventée de toutes pièces contre le SG de la COBAC qui se résume à ceci: «  Idris Ahmed est en train de dévoiler les secrets de l’Etat ou du Chef de l’Etat il veut saboter les actions du Chef de l’Etat, il est en connivence avec la rébellion; il finance celle-ci; il est en connivence avec certains milieux français hostiles au Chef de l’Etat, etc.»

C’est ainsi que Deby, accompagné de la plupart des pourfendeurs du SG de la COBAC se rend au sommet de la CEMAC, tout remonté en bloc et fermement décidé de débarquer Idris de son poste. Entre temps les calomnies et les dénigrements à l’adresse du SG sont arrivés aux oreilles des partenaires de BEAC qui sont le FMI et le Trésor français, qui ont vite fait connaitre leur appui total aux initiatives du SG. A Bangui, Deby est en mauvaise humeur; coléreux et hargneux; il ne faisait que gronder, gueuler et s’en prendre aux responsables tchadiens de la BEAC, qui selon lui sont incapables et ne font pas correctement leur travail. Le cas d’Idris Ahmed était devenu une fixation pour Deby et sa délégation; avec l’appui actif du représentant de Deby à Bangui, le Gal Bozizé. Le cas du SG de la COBAC allait ausculter les problèmes de fond dont fait fasse la BEAC; si ce n’est la vigilance des autres Chefs d’Etat.

Au huis clos, les Chefs d’Etat laissent éclater leur agacement. L’un d’eux déclare: «Ces gens sont et travaillent au Cameroun dans une institution sous régionale, sous ma juridiction; s’il y a quelqu’un qui devrait les apprécier ou les juger de leur travail, ce serai moi, et puis je ne vois vraiment rien de condamnable de ce que la COBAC a fait comme travail, on doit plutôt encourager le SG de poursuivre le boulot entamé» Un autre: «Mais Idris, ce que tu fais et dis sont à mon avis très bizarres; même si nous somme en communauté, M. Fotso n’est pas tchadien, il fait un retrait en espèce de dix milliards, c.à.d. il fait main sur l’argent que les tchadiens ont déposé à la Banque, usant sa position d’actionnaire et le SG fait un grand effort pour rendre aux tchadiens leur propre argent et le Président tchadien s’oppose. Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans cette histoire. » Un troisième : « On déstabilise l’institution avec des nominations et de- nominations intempestives tous les ans. Les gens, une fois nommés, appartiennent à l’institution et c’est à cette dernière de les juger : ce n’est pas à l’Etat dont ils sont originaire de faire la police derrière eux ».

Devant une telle unanimité, Deby et son représentant à Bangui ne peuvent que reculer. Confus et honteux, Deby est reparti avec celui qui l’a ramené dans son avion et qui devrait remplacer Ahmed Idris Ahmed : l’oncle direct de ce dernier. C’est du Deby tout craché, créer des bisbilles entre le fiston et l’oncle.

Beremadji Félix
N’djaména