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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 23:59

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Il faudrait distinguer la direction des dirigeants et gouvernants du règne des oligarchies. Notez que l’on évoque aussi - comme MARX (1) - le règne de la bourgeoisie ou de la classe dominante. Il s’agit de celles et ceux - surtout ceux - qui pèsent de l’arrière sur les décisions. On ne les voit pas mais ils sont là , actifs, constamment actifs.

1 - Elles se cachaient, les revoilà !

Oligarchie c’est le commandement du petit nombre ; ochlocratie, celui du plus grand nombre (2), démocratie celui du peuple, de tous les citoyens. Une distinction de peu d’utilité semble-t-il car d’emblée, dès le premier chapitre intitulé "Nature et destin de l’oligarchie", Alain COTTA donne le ton . Le tout premier paragraphe de son livre débute ainsi : "L’’oligarchie est le mode naturel, obligé, du gouvernement de toutes les communautés humaines organisées . De la famille à la nation, de l’entreprise aux religions, leurs règles, codes et rites, leur évolution obéissent aux décisions d’un petit nombre, de quelques-uns qui s’imposent à tous les autres, à la multitude des autres selon Platon." Il faut alors comprendre, bien que ce ne soit pas dit que la démocratie comme gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera probablement jamais. Cela vaut pour l’autogestion généralisée. Il y aura toujours une coupure entre l’oligarchie et le peuple-classe comme entre la classe dominante bipolaire de Jacques Bidet et ce qu’il nomme "la classe fondamentale".

En somme l’oligarchie ne serait passible que d’une typologie, ce que les philosophes, les historiens et la science politique se sont attachés à produire au fil des siècles. Mais au-delà des opérations de classement - exercice d’intérêt limité - ce sont les modes de légitimation et surtout les types de politiques à mener pour le maintien cout que cout de la soumission et de la division du travail au profit des oligarques.

2 - La meute des prédateurs contre la masse populaire.

Alain COTTA fait un rapprochement entre l’ouvrage d’Elias Canetti "Masse et Puissance (NRF 1960) et la compréhension du phénomène oligarchique . Il faut d’abord évacuer ce qui n’est pas oligarchique avant d’entrer dans le cœur de ce qui l’identifie.

- Quelques extraits sur ce qu’elle n’est pas.

1 "L’oligarchie est un ensemble social original : une réalité politique dégagée de tout vêtement institutionnel. Elle n’est pas une institution, encore moins reconnue, identifiable même." 2 "Est-elle une classe ? Pas d’avantage. Certes ses membres ont des intérêts communs mais rarement les mêmes, quelques fois compatibles, parfois différents voire opposés. De surcroît l’origine sociale de ses membres est très différente, bien que leurs modes de vie le soient moins." 3 "Peut-on considérer l’oligarchie comme un groupe, ce qui en ferait un "sujet sociologique" par excellence ? Même pas. Non que les frontières soient mal définies et fluctuantes, ce qui est le cas de nombreux groupes ni qu’elle se refuse à se doter d’une personnalité juridique ou qu’elle soit un ensemble flou.

- Un rattachement à la notion de "meute".

A COTTA poursuit : 1 "Mais ses caractéristiques essentielles en font une "personne sociale" d’un genre tout à fait particulier, sui generis, qui l’apparente très fortement à la meute dont Elias Canetti a fait un des personnage essentiel de son Masse et Puissance". 2 "L’oligarchie peut être hétérogène, comme la meute dont les membres sont d’âge, de taille et de poids différents. 3 "La meute oligarchique possède deux caractères spécifiques : l’un réside dans son flou organique, accusé par le secret dont elle s’entoure. .../... La seconde spécificité est contemporaine. Les oligarchies actuelles opèrent à l’intérieur de ces institutions héritées presque toutes du XIXe siècle, les nations, à l’intérieur desquelles elles exercent leur pouvoir.

3 - "La politique de l’oligarchie".

Les chapitres 7 et 8 portent sur "La politique de l’oligarchie". Nous sautons donc un riche exposé des diverses oligarchies : chapitre 2 : L’oligarchie aux USA : une hégémonie mondiale ; chapitre 3 : L’argent-roi ; chapitre 4 : La mondialisation des oligarchies ; chapitre 5 L’économie oligarchique ; chapitre 6 : La social-oligarchie. Au titre de "la politique de l’oligarchie", le chapitre 7 traite de "l’intendance de son territoire" national (p139) et le chapitre 8 (p161) de "l’expansion hors des frontières".

Le premier objectif de la stratégie de toute oligarchie est de conserver son pouvoir, donc sa position sociale. La première préoccupation d’une oligarchie est de s’assurer de la passivité permanente de la masse. Ce qui, même si l’objectif est facilement atteint, demeure une angoisse constante, l’avenir n’étant jamais sûr.

La stratégie de l’oligarchie qui veut rendre cette masse homogène, en dépersonnalisant ses membres, n’est pas sans danger. Comme l’affirme Elias Canetti : "La masse stagnante vit en vue de la décharge" Une seule solution pour éviter le renversement couronné de succès : diminuer le poids de cette masse, la morceler en fractions, ce qui détruit certes son homogénéité mais prévient de son éventuelle revanche sur l’oligarchie qui la domine. Alain COTTA cite les associations, les communautés (qui présentent pour les oligarchies une chance et un danger). Faire taire les militaires aussi.

Christian DELARUE

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Published by Nouvel Essor - dans société
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