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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 16:18
in ShaAprès les passations de pouvoirs dans chaque ministère ce matin, le premier Conseil des ministres débutera dès cet après-midi à 15h.
Le premier gouvernement Ayrault prend ses quartiers

La confection du gouvernement n'a pas été simple. Mais François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont parvenus à concilier les exigences de parité, de diversité, de renouvellement, d'expérience et d'équilibre politique entre les sensibilités du PS. Pas sûr qu'il soit pour autant parvenu à éviter quelques grincements de dents. « 400 ministres potentiels et 34 places au final. Les déceptions étaient inévitables... », glisse un heureux élu.

Tout juste nommés, les membres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault sont attendus au palais de l'Elysée jeudi à 15H00 pour un premier Conseil des ministres au cours duquel seront adoptées des mesures symboliques comme la baisse du salaire des ministres.

Après les multiples passations de pouvoirs jeudi matin, les 34 ministres de ce premier gouvernement paritaire hommes-femmes, dévoilée au lendemain de la prise de fonction de François Hollande, vont vivre pour beaucoup d'entre eux leur baptême du feu en participant au Conseil des ministres.

Fait inédit, il s'agira aussi du premier Conseil des deux têtes de l'exécutif, MM. Hollande et Ayrault, qui n'ont jamais été membres d'un gouvernement.

Dix-sept femmes

François Hollande s'était engagé pendant la campagne à mettre sur pied un gouvernement comportant avec « autant d'hommes que de femmes ». Il a tenu parole. Forte de 34 membres (sans compter le Premier ministre), l'équipe emmenée par Jean-Marc Ayrault comprend 17 femmes. Avec, en très bonne place, Marisol Touraine, nouvelle ministre des Affaires sociale et de la Santé, et surtout Christiane Taubira, propulsée ministre de la Justice et numéro quatre du gouvernement. Elle est la seule femme à occuper un ministère régalien. En 2007, Nicolas Sarkozy avait offert à des femmes deux ministères régaliens : l'Intérieur à Michèle Alliot-Marie et la Justice à Rachida Dati.

Mais François Hollande recrée aussi, lui, un ministère du Droit des femmes, confié à Najat Vallaud-Belkacem, également porte-parole du gouvernement.

A noter qu'aucune des deux femmes de la primaire socialiste, Martine Aubry et Ségolène Royal, ne figure dans l'équipe.

Sept jeunes pousses

C'est une difficulté de taille pour tous les présidents et François Hollande n'y a pas échappé : trouver le juste équilibre entre la nécessaire expérience -surtout en cette période de crise -et le souci de faire émerger de nouvelles têtes pour illustrer le changement. La gauche n'étant pas au pouvoir depuis dix ans, seuls cinq membres du gouvernement ont déjà occupé, par le passé, des fonctions ministérielles (Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Michel Sapin, Marylise Lebranchu et Jean-Yves Le Drian).

L'âge moyen de l'équipe dépasse de peu les 52 ans, proche de celui du premier gouvernement Fillon en 2007. Le plus âgé est Laurent Fabius (65 ans). La benjamine du gouvernement est Najat Vallaud-Belkacem (34 ans), avec quelques jours seulement de moins que la députée du Tarn-et-Garonne Sylvia Pinel, nouvelle ministre déléguée aux Personnes âgées et à la Dépendance.

Sept membres du gouvernement -dont six femmes -ont moins de 40 ans. Et douze ont plus de 60 ans.

Toutes les sensibilités du PS représentés

Dans la composition du premier gouvernement de son mandat, François Hollande n'a sacrifié ni ses fidèles ni ses soutiens. Outre les quatre « historiques », le président a promu des parlementaires qui s'étaient rangés derrière lui pour la primaire (Nicole Bricq, Aurélie Filippetti, Victorin Lurel) et des figures du PS qui avaient fait de même tel Vincent Peillon et les ex-strauss-kahniens Pierre Moscovici, Marisol Touraine et Jérôme Cahuzac.

Parmi ses concurrents de la primaire, Manuel Valls et Arnaud Montebourg sont de l'équipe, ainsi qu'un soutien de ce dernier Christiane Taubira. Ségolène Royal ne voulait pas en être mais trois de ses proches sont ministres (Delphine Batho, Najat Valaud-Belkacem et Dominique Bertinotti).

L'absence, involontaire de Martine Aubry est censée être compensée par la nomination de deux fidèles -François Lamy et Marylise Lebranchu -et d'un allié Alain Vidalies.

Numéro deux du gouvernement, Laurent Fabius est accompagné de Bernard Cazeneuve.

Benoît Hamon est le représentant de la gauche du PS.

Et parce qu'il ne faut pas négliger les symboles, Marie-Arlette Carlotti, s'illustre dans son département d'élection, les Bouches-du-Rhône en demandant régulièrement le départ de de la présidence du conseil général de Jean-Noël Guérini, mis en examen en septembre 2011 dans une affaire de marchés publics.

Quatre « Hollandais » historiques

François Hollande avait confié à la fin de la campagne qu'il serait contraint de faire des choix de raisons et non de coeur. En constituant son gouvernement, il a sacrifié deux amis : André Vallini, le président du Conseil général de l'Isère, qui visait la justice, et François Rebsamen, qui a affirmé avoir choisi de conserver ses fonctions de sénateur et de maire de Dijon et qui convoitait l'Intérieur.

Mais quatre compagnons de route du locataire de l'Elysée figurent en bonne place. Michel Sapin, son ami depuis le service militaire et l'ENA, qui s'était occupé de son projet présidentiel, devient ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social. Jean-Yves Le Drian, le président du Conseil régional de Bretagne, récupère le portefeuille de la Défense. Kader Arif, proche de François Hollande depuis 2002, récupère le portefeuille des Anciens combattants.

Stéphane Le Foll, qui fut son chef de cabinet lorsqu'il tenait les rênes du PS, a, lui, été repêché à la dernière minute à l'Agriculture. Un moyen, au passage, de le mettre en valeur alors qu'il tente de faire basculer à gauche, lors des législatives, la circonscription délaissée par François Fillon dans la Sarthe.

Six représentants des minorités

Le gouvernement compte trois personnalités issues des Dom-Tom : Victorin Lurel, député et président du Conseil régional de Guadeloupe, Christiane Taubira, députée de Guyane et George Pau-Langevin, députée de Paris mais native de Pointe-à-Pitre. L'équipe Ayrault inclut aussi deux responsables politiques issus de l'immigration : Kader Arif, eurodéputé, né en Algérie ; Najat Vallaud-Belkacem, conseillère municipale à Lyon et porte-parole du candidat Hollande, née au Maroc. Et Fleur Pellerin, née en Corée du Sud, mais adoptée à l'âge de six mois par une famille française.

Trois représentants des partis alliés

L'ouverture du gouvernement socialiste aux autres partis de la nouvelle majorité est très limitée. Deux écologistes font leur entrée au gouvernement : Cécile Duflot, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie -Les Verts, au poste de ministre de l'Egalité des territoires et du Logement, et l'eurodéputé Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement.

Sylvia Pinel représentera les Radicaux de gauche comme ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme.

La réalisatrice Yamina Benguigui (bien qu'adjointe à la mairie de Paris) est la seule personnalité issue de la société civile.

Aucun représentant du Front de Gauche n'est présent. La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly, avait recueilli 2,3% des voix au premier tour de l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon en avait obtenu 11,1 % mais le Front de Gauche avait prévenu qu'ils ne souhaitaient pas obtenir de portefeuille avant les législatives. Et il est fort probable qu'il n'en demandera pas davantage après le scrutin de juin.

Les grands absents

D'abord, évidemment, c'est l'absence de Martine Aubry -qui voulait le poste de Premier ministre ou rien -qui a frappé les esprits. Mais d'autres « poids lourds » sont également absents. Ainsi, longtemps pressenti au poste du travail et de l'emploi, l'ancien ministre et député Claude Bartolone a fait les frais de la nomination de Laurent Fabius au Quai d'Orsay qui, indirectement, l'a chassé du gouvernement. En effet, Pierre Moscovici, qui espérait ce poste, a obtenu, finalement, Bercy, qui était promis à Michel Sapin, ce dernier « échouant » au ministère du Travail et de l'Emploi.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui convoitait la place Vendôme, n'a pas intégré le gouvernement, de même que l'ancienne ministre Elisabeth Guigou, le radical Jean-Michel Baylet, l'écologiste Jean-Vincent Placé et le protégé de Laurent Fabius, l'ambitieux Guillaume Bachelay.

Autres recalés, deux « hollandais » historiques : François Rebsamen et André Vallini.

RENAUD CZARNES, STÉPHANE DUPONT, ELSA FREYSSENET ET PIERRE-ALAIN FURBURY, ÉDITÉ PAR VALÉRIE MAZUIR

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Published by Nouvel Essor - dans société
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