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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 13:59

  

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Alexandre Darmon

Surpopulation, manque d’hygiène, maltraitance, le rapport dresse un tableau catastrophique des conditions de vie des prisonniers.

Amnesty International présente lundi 10 septembre son rapport sur les conditions de détention dans les prisons du Tchad. « J’ai été visité des prisons au Burundi, en République démocratique du Congo, à Madagascar, au Rwanda…, je n’ai rien vu de pire qu’au Tchad »,  confie à La Croix  Jean-Eric Nkurikiye, responsable des campagnes d’Amnesty pour l’Afrique centrale.

Dans ce pays, qui compte 5 000 prisonniers et 45 prisons de taille variable, allant d’une cellule dans un poste de police au centre de détention pour plus de 1 000 prisonniers, presque rien n’est fait pour ces derniers. L’immense majorité d’entre eux sont en détention provisoire. 

 « Souvent, ils ne savent pas pourquoi ils ont été arrêtés. Et comme ils sont pauvres, ils n’ont pas les moyens de se payer un avocat. Ils peuvent donc attendre des mois avant d’être jugés. L’un d’entre eux était là depuis trois ans »,  souligne Jean-Eric Nkurikiye.

un repas par jour

En prison, les détenus sont enfermés dans des cellules collectives où cohabitent jusqu’à 50 prisonniers. « Alors que la température dépasse régulièrement les 40 °C, ils sont les uns sur les autres dans des cellules dotées d’une petite bouche d’aération. Sans pouvoir se laver. Sans aucune intimité »,  ajoute Christian Mukosa, chercheur au programme Afrique d’Amnesty, coauteur du rapport. 

Les repas sont servis une fois par jour. « Faute de soins, de nourriture, des prisonniers meurent en prison »,  constate Christian Mukosa. « Comme il n’y a aucun médecin ni infirmier, dès qu’il y a un détenu atteint d’une maladie contagieuse, il contamine tous ses camarades »,  regrette Jean-Eric Nkurikiye.

Aucune mesure n’est prise pour distinguer les prisonniers. Les condamnés et les détenus préventifs sont enfermés ensemble. Mais aussi les mineurs et les femmes. 

 « Il n’existe pas de prison pour femmes. Parfois, elles sont enfermées dans une cellule à part, mais c’est rare. Et quand c’est le cas, elles sont gardées par des hommes. Il n’y a pas de gardiennes »,  raconte Jean-Eric Nkurikiye. Le rapport signale des cas de viol et des cas de femmes soumises à leur gardien.

sept prisonniers tués par balle

Les prisonniers sont sans défense devant ceux qui les gardent. En 2011, sept prisonniers ont été tués par balle par des gardiens : aucune enquête n’a été lancée pour établir ce qui s’était passé.

Cependant, les deux enquêteurs n’ont pas eu de difficulté à entrer dans les prisons. Ils ont pu en visiter librement six, parmi les plus importantes. 

 « Les autorités tchadiennes nous ont facilité le travail. Elles sont conscientes des problèmes et partagent nos constats,  soulignent les deux rapporteurs. Mais elles affirment, en le regrettant, ne pas avoir les moyens pour améliorer le sort des prisonniers. »  

Elles ont d’ailleurs permis aux deux responsables d’Amnesty de présenter leur rapport dans la capitale du pays, N’Djamena.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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