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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 00:42
Du 7 au 12 mai, les journaux tchadiens ont évoqués plusieurs sujets parmi lesquels figurent : la sauvegarde du Lac-Tchad, la présidentielle en France, le retour aux affaires des anciens membres du gouvernement, la commercialisation du ciment tchadien, la célébration de la journée internationale de la liberté de presse, l’aménagement des villes tchadiennes, la suite de l’affaire Gali ou encore la coopération entre le Tchad et la Centrafrique

La sauvegarde du Lac Tchad

Le drainage des eaux de l’Oubangui vers le Lac-Tchad et la sécurité transfrontalière préoccupent les chefs d’Etat des pays membre de la Commission du Bassin du Lac-Tchad (CBLT). L’hebdomadaire La Voix du 08 mai 2012 consacre un article sur les enjeux du 14ème sommet des Chef d’Etat et des gouvernements de la CBLT tenu le 29 avril 2012 à N’Djaména. L’hebdommadaire rapporte que contrairement à l’ancienne force mixte qui réunit 4 pays, la nouvelle force mixte multinationale regroupe le Tchad, le Nigéria, le Cameroun, le Niger, la Centrafrique et la Libye. Elle aura pour mission de sécuriser les populations vivant autour du Lac-Tchad. Et cela en réponse à la menace de la secte islamiste nigériane Boko-Haram, précise le journal qui consacre son Editorial sous le titre « Boko-Haram, un diable à abattre ! ». Concernant le drainage des eaux de l’Oubangui vers le Lac-Tchad, l’hedomadaire l’Union rapport que selon le Secrétaire Exécutif de la CBLT, Sanusi Imran Abdullahi, l’étude de faisabilité du projet de transfert des eaux interbassins de l’Oubangui au Lac Tchad, ont conclu que le projet est techniquement faisable. En plus des travaux des barrages en RCA, il se pose la question de l’amélioration de l’hydraulicité du fleuve Chari pour éviter les inondations provoquées par ses eaux. Dans sa livraison du 07 mai, N’Djaména Bi-hebdo met également en relief le risque de voir la population de N’Djaména riveraine du fleuve Chari céder ses terres à l’eau, bien avant que l’ambitieux projet régional de drainage des eaux de l’Oubangui vers le Lac-Tchad soit rendu effectif.

Retour aux affaires des anciens membres du gouvernement

« Et Younousmi aussi signe son Come back », titre laconiquement l’hebdomadaire l’Union » le dernier né de la presse tchadienne. Notre confère écrit que la nomination de l’ex-Ministre des infrastructures au poste du Secrétaire général de la Présidence de la République, plus qu’une promotion, vient contredire les folles rumeurs faisant état de sa disgrâce avec le Chef de l’Etat. Dans sa livraison du jeudi 10 mai 2012, le quotidien Le Progrès publie dans sa Une la Photo du Ministre de la sécurité Publique, Ahmat Mahamat Bachir, qui déclare sans ambages : L’anarchie, le désordre, c’est terminé ! ». Une déclaration qui intervient deux semaines après sa prise de fonction à la tête de ce département ministériel. Pour sa part, l’hebdomadaire l’Union publie une interview du Ministre Ahmat Mahamat Bachir, déclinant les grands axes de son plan d’action appelé « les lignes rouges d’Ahmat Bachir » pour juguler le mal. Il s’agit notamment de la saisie des véhicules à vitre fumé, de la traque des malfaiteurs et autres bandits, de la lutte contre le port des armes blanches, la consommation abusive des ligueurs frelatés et médicaments dopants, de la mendicité, de la réglementation, de la fréquentations des auberges, de la vente des médicaments illicites et sans perdre de vue le contrôle des engins et les respect strict du code de la route par les usagers. Le ministre exhorte également les étrangers vivant au Tchad à se mettre en règle sous peine d’expulsion. Le journal note qu’avec le retour de Ahamat Mahamat Bachir à la tête du ministère de la sécurité publique et de l’immigration, c’est désormais une « Dream team » pour conduire le Tchad de la renaissance.

François Hollande remporte la présidentielle en France

Dans leur ensemble, les journaux tchadiens se sont largement intéressés à l’élection de M. François Hollande à l’Elysée. « Hollande la donne qui effraie ! » titre laconiquement N’Djaména Bi-Hebdo dans sa parution du jeudi 10 mai 2012. Le bi-hebdomadaire illustre cette affirmation par une caricature du Président Idriss Deby Itno habillé en véritable Général avec une couronne sur la tête et assis sur 4 dossiers brulants où on pouvait lire (Affaire Arche de Zoé, Droits de l’Homme bafoués, Bien mal acquis, etc.). En suivant la victoire de François Hollande contre Nicolas Sarkozy, le président Idriss Deby exprime son mécontentent en lançant un projectile à l’écran, caricature le Bi-hebdo. Le journal prévient, qu’avec l’arrivée de François Hollande à la présidence française, s’ouvrent des moments d’incertitudes dans les relations franco-tchadiennes en évoquant la nécessité de la présence militaire française au Tchad, les questions liées à la gouvernance ou l’affaire pendante de la disparution de l’opposant tchadien IBNI OUMAR au lendemain de l’attaque des rebelles sur N’Djaména les 2 et 3 février 2008. De son coté, le quotidien Le Progrès publie dans ses colonnes du lundi 07 mai 2012, le point de vue d’un universitaire tchadien qui analyse cette victoire des socialistes en France. Pour le juriste DIONKO MAOUNDE, doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de N’Djaména, cette élection présidentielle française qui a suscité tant d’engouement chez les Africains, surtout ceux des anciennes colonies françaises, n’apportera aucun changement fondamental. Si aujourd’hui, les Africains pensent que cette élection française pourrait apporter des changements, c’est parce que la France et les pays africains entretiennent des relations de domination et de prédation, souligne l’enseignement chercheur. Evoquant la question de l’avenir de la Françafrique sous l’ère Hollande, l’universitaire DIONKO MAOUNDE estime que le nouveau Chef de l’Etat français devrait prendre le risque d’acheter le pétrole, l’uranium, le phosphate très cher. Alors que la France paie actuellement à vil prix ces différentes ressources minières. Que les Africains ne soient pas naïfs, le changement ne viendra pas de la France, clame le Doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques.

L’aménagement des villes tchadiennes

l’Observateur du 9 mai 2012, fait échos dans ses colonnes du lancement des grands travaux des infrastructures urbaines à Sarh, Doba et Moundou à travers le projet PADUR (Projet d’Appui au Développement Urbain) financé par la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale et la Banque Mondiale. Le coût des travaux est estimé à plus de 11 milliards de francs Cfa. Il s’agit de la construction de marchés, la construction des routes en terres battues, de forages, le drainage et l’extension des réseaux d’eau. Le quotidien Le Progrès du 7 mai 2012 précise qu’en lançant ces travaux, le Ministre de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat, Assane Ngueadoum, a attiré l’attention des autorités et des populations bénéficiaires sur la bonne utilisation de ces infrastructures dans le souci d’améliorer les conditions de vie des populations.

La commercialisation du Ciment de Bawaré

Des grossistes privés livrent le ciment « made in Chad », mais les points de vente restent insuffisants dans la ville de N’Djaména, c’est contenue d’une information phare traitée par le quotidien Le Progrès du 08 mai 2012. Abondant dans le même sens, N’Djaména Bi-hebdo, dans sa parution du 07 mai 2012 s’interroge : « Où est le ciment de Bawaré ? ». Le journal peint une caricature d’un des magasins de la SONACIM (Société Nationale du Ciment » bourrée des sacs de ciment, devant lequel se présente un client muni d’un bordereau de livraison de 5 sacs de ciment accompagné d’une personne muni d’un porte-tout. Le militaire qui se trouve à la porte du magasin lui fait savoir qu’il n’y a pas de ciment, alors qu’un autre monsieur sort précipitamment du magasin pour aller chercher son camion en disant que son bordereau de livraison de 100 sacs de ciment a été accepté.

Suite de l’affaire Député Gali.

Suspendu pour 3 mois par son ministre pour avoir violé le secret de délibérations et du droit de réserve, le Conseiller à la Cour d’Appel de Moundou, Me Deukeunbé Emmanuel, réagit à travers une lettre ouverte, rapporte le journal N’Djaména Bi-hebdo du 10 mai 2012. Dans cette lettre, précise le confrère, le magistrat écrit au Ministre de la justice Abdoulaye Sabre Fadoul en ces termes : « je tiens à vous informer que votre décision n’a aucun fondement juridique, car son motif est purement imaginaire…j’ai préféré me retirer par rapport aux propos et considérations des autres membres de la chambre en les priant de me suppléer par un autre conseiller qui accepterait de ne pas dire le droit…si c’est cela que vous qualifiez de violation du secret de délibération, vous faites preuve d’ignorance monumentale, si quelque part vous n’avez pas été induit en erreur ». Le juge de poursuivre « …mes propos sur les antennes de RFI et la Voix de l’Amérique étaient des réponses à des questions précises et non des déclarations ou conférences de presse comme vous le prétendez maladroitement », avant de conclure, que « le Ministre lui-même a failli, par ses commentaires et félicitations, orienter la suite du procès ». Même son de cloche du coté de l’hebdomadaire Le Temps qui publie l’acte suspendant le magistrat conseiller à la Cour d’Appel de Moundou et titre à sa Une « Affaire Gali : le juge Deukeundé Emmanuel sanctionné ! » pour violation du secret des délibérations et de droit de réserves. Une argutie sémantique dont seul le Ministre de la justice peut donner la véritable signification. Le journal de poursuivre ; « aujourd’hui, Drukeunbé Emmanuel est un homme fier. Il fait partie de cette espèce rare dans le Temple de Thémis qui continue à croire que la justice est le seul gage de stabilité et de cohésion dans un pays meurtri comme le nôtre ». Le journal Le Temps publie également la réaction du Président du MPTR, Brice Mbaïmon Guedmbaye, qui déclare : l’affaire Gali est le triomphe du droit sur l’imposture !

Médias

La célébration de la journée mondiale de la presse a intéressé plusieurs journaux. Nous sommes une presse jeune et balbutiante, les erreurs ne manquent pas ! confesse Mahamat Moussa Abakar, président de l’Union des Journalistes Tchadiens (UJT), dans les colonnes du journal Le Temps. Pour atteindre ses objectifs, l’UJT recommande à l’occasion de cette journée, que le nombre des représentants des médias au Haut Conseil de la Communication (HCC) soit revu à 4 au lieu de 3, que l’aide à la presse soit revu en hausse pour permettre aux journaux de faire face au coup d’impression. Et l’hebdomadaire Le Temps de poursuivre, au moment où certains s’accommodent de clamer haut et fort la liberté de la presse au Tchad, le Journal « Abba Garde », un hebdomadaire d’information général imprimé au Cameroun a été victime d’un braquage à NGuély, (à la frontière Tchad-Cameroun), par des inconnus à bord ‘une Toyota non immatriculée. Ce sont au total 3000 exemplaires qui ont été emporté, rapporte le journal.

Coopération Tchad -RCA

« Le président Déby décoré à Bangui ! ». C’est le titre d’un article paru dans les colonnes de l’Info du 10 mai 2012. Le Bi-hebdomadaire gouvernemental fait échos de la visite officielle du Président de la République à Bangui en République Centrafricaine du 5 au 6 mai 2012. Lors de cette visite, le Chef de l’Etat tchadien a été décoré en recevant le Grand-Croix de l’Ordre National de la RCA. Toujours dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays, l’Info publie la signature à N’Djaména d’un accord de vente des produits pétroliers tchadiens à la Centrafrique.

Malick Lelong

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Quand la liberté d’expression est menacée…

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Published by Nouvel Essor - dans société
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