Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 16:52
Sans surprise, c’est donc le sortant qui garde les clés de l’hôtel de la région Languedoc-Roussillon et réussit par la même son bras de fer avec la première secrétaire du PS qui avait lancé en vain Hélène Mandroux contre lui au premier tour. Même si la victoire de Georges Frêche est moins franche que les derniers sondages ne le prédisaient — en la plaçant parfois très proche de la barre des 60 %, elle reste incontestable. Avec 54 % des suffrages, Frêche fait bien mieux qu’en 2004 (51,5 %) alors qu’il dirigeait pourtant une large coalition de gauche (PS, PCF, Verts, PRG et MDC). Au conseil régional, sa liste gagne un siège et reste largement majoritaire avec 44 élus alors que l’UMP en perd trois (13 sièges) et que le FN en gagne deux (10 sièges). Raymond Couderc est le grand perdant de ce second tour. Avec 26,5 % des suffrages, le maire UMP de Béziers est loin du score de son prédécesseur Jacques Blanc, alors président sortant, qui totalisait 33,1% des voix dans un contexte très nettement défavorable à la droite. Troisième de cette triangulaire, France Jamet (FN) constitue la vraie surprise de ces élections. Celle qui a rassemblé 20 % des électeurs sur son nom améliore considérablement son score par rapport au premier tour (12,7%). La candidate frontiste fait bien mieux que son père Alain Jamet il y a six ans (15,7%) et réalise la meilleure performance du parti d’extrême droite dans l’histoire des élections régionales en Languedoc-Roussillon. Les voix UMP siphonnées par Frêche et le FN Georges Frêche comme France Jamet auraient ainsi tous les deux «siphonné» les voix des électeurs traditionnels de la droite dans un contexte de forte abstention (47 % contre 30,4 % en 2004). Il semble bien qu’une partie des voix des déçus de l’UMP et du gouvernement actuel se soit reportée tant sur les listes fréchistes que frontistes. Un résultat qui valide la stratégie clairement affichée par Georges Frêche avant le premier tour, lui qui se vantait de bénéficier de soutiens nombreux de la droite, transcendant ainsi les clivages gauche-droite. C’est d’ailleurs en suivant cette logique que le vainqueur a d’abord réagi dimanche soir : «J’observerai d’abord une minute de silence pour les partis politiques tels qu’on les a connus au XXe siècle. Ce soir, ce sont eux les grands perdants de l’élection au vu de l’abstention». (…) J’appelle à faire de la politique autrement en France. Les Français n’ont plus confiance dans les partis, ni de gauche, ni de droite. Dans sa petite leçon de science politique, le professeur Frêche n’a pas non plus manqué de railler Martine Aubry : Elle n’est pour rien dans le résultat de ces élections, et je dirais même qu’elle fait moins bien que François Hollande en 2004 Et le sortant de noter que Ségolène Royal obtenait le meilleur score (61 %) de la gauche dans la seule région (Poitou-Charentes) où la première secrétaire du PS ne s’était pas rendue. « Martine Aubry ou rien, c’est pareil » a ironisé un Georges Frêche vengeur en remarquant que sa venue en Alsace n’avait pas empêché la droite de conserver la région. Plébiscite à Montpellier De son côté, Raymond Couderc a justifié sa défaite en déplorant «qu’on n’ait jamais réussi à parler du fond avant la dernière semaine de campagne, puisque le guignol fréchiste a entretenu l’actualité pendant des semaines». La candidate FN France Jamet s’est pour sa part posée en «deuxième ou troisième force de la région», se réjouissant d’avoir réussi à « sensibiliser un nouvel électorat aussi bien de gauche que de droite » et promettant de défendre prochainement au conseil régional « l’agriculture, la viticulture et d’abord les compatriotes français ». C’est dans les départements de l’Aude, de la Lozère et de l’Hérault que Georges Frêche réalise ses meilleurs résultats. Le candidat sortant a fait le plein dans les secteurs ruraux en crise, chez les viticulteurs et les agriculteurs, mais aussi à Montpellier où sa liste réalise le score record de 65,62% des voix. Un véritable plébiscite dans la capitale régionale pourtant dirigée par Hélène Mandroux, investie officiellement par le PS à la fin du mois de janvier. Fort d’une légitimité renouvelée, Georges Frêche n’a pas exclu une pure et simple « dissolution du conseil municipal de Montpellier » qui placerait ainsi Hélène Mandroux vers la sortie. Le FN a quant à lui prospéré dans le Gard mais aussi dans les Pyrénées-Orientales (22 % à Perpignan), et dans plusieurs villes du littoral languedocien comme dans la station balnéaire de Palavas-les-Flots où il totalise pas moins de 34 % des suffrages. Emmanuel Valette (à Montpellier)

Partager cet article

Repost 0
Published by Nouvel Essor - dans société
commenter cet article

commentaires