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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 20:00
Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /2010 13:21
NDjamena accueille du 7 au 9 juin une conférence régionale pour obtenir l'engagement des pays africains afin de mettre fin au recrutement des enfants soldats et de s'engager dans la mise en place de programmes pour la réinsertion sociale qui contribuent à la stabilité et à la paix en Afrique Centrale.

 

La capitale tchadienne abrite depuis ce matin une conférence régionale pour lutter contre l'enrôlement des mineurs comme soldats à la fois dans les rangs des forces gouvernementales et des mouvements armés. Ils sont des milliers (entre 250 000 et 300 000 dans le monde), garçons et filles, à être utilisés dans les conflits armés. Les principaux pays participants à la conférence sont : le Tchad, la République Centrafricaine, le Cameroun, le Soudan, le Nigeria et le Niger. C'est aussi l'occasion pour les ex-enfants soldats du Liberia et de la République Démocratique du Congo de faire des témoignages. La conférence va se conclure par la Déclaration de N'Djamena.

Les Résolutions 1612 et 1882 du Conseil de Sécurité des Nations-Unis demandent de mettre fin au recrutement et à l'utilisation des enfants par les forces et groupes armés. Le conflit dans la région du Darfour au Soudan et les troubles dans les autres régions ont eu pour conséquence la prolifération, des armes légères, des crimes organisés et des engins non explosés.

Estimés entre 7 000 et 10 000, la plupart des enfants tchadiens détenant des armes viennent d’un mouvement rebelle. On en trouve aussi dans les rangs de l’armée. Dans les deux cas, ils sont utilisés comme domestiques mais participent aussi au combat. Depuis 2007, le sort des enfants-soldats préoccupe. Avec l’appui de l’Unicef et des ONG, ils sont retirés des groupes armés. Après une transition, ils sont raccompagnés dans leurs familles où rendus à la vie civile.

«En deux ans, environ 800 enfants ont cessé d’être soldats. Mais ce n’est pas assez», estime Marie Larlem, coordinatrice d’une ONG de défense des droits de l’homme : «on est nettement en deçà de 1 000, donc, ça veut dire qu’il y a vraiment un grand travail à faire dans ce sens pour pouvoir réintégrer où réinsérer ces enfants » a-t-elle ajouté.

Les ONG souhaitent que cette conférence suscite un engagement fort des autorités politiques pour que le Tchad, en guerre depuis quarante ans, en finisse avec cette image d’enfants portant des fusils, parfois plus grands qu’eux.

Le Tchad, La République Centrafricaine, le Nigeria et le Soudan sont en train de connaitre des moments de conflits armés qui ont des répercussions au delà de leurs frontières. Des cas de manipulation, d'abus et d'exploitation des enfants par les groupes armés et par d'autres réseaux dans ces pays ont été rapportés. Cette situation est aggravée par la pauvreté.

«Je vais vous donner un exemple. En juin 2009, il y a eu une tentative d'invasion des rebelles tchadiens au Soudan. Pendant les affrontements, 85 mineurs ont été fait prisonniers de guerre. Avec la collaboration des gouvernements, nous avons pu les faire libérer. Parmi eux, une douzaine était blessée et nécessitait une hospitalisation. Certains présentaient des traumatismes énormes, d'autres ont du subir des amputations. Nous avons assuré leur prise en charge avant de les restituer à leur famille et à leur vie d'enfant» a déclaré le représentant de l'Unicef au Tchad Marzio Babille au cours d’une interview.

«Il existe un phénomène d'enlèvements d'enfants par les groupes rebelles, mais il y a aussi un aspect anthropologique très important. Au Darfour, où les rivalités interethniques sont très fortes, nous avons connaissance de cas où les enfants ont été donnés par leurs parents à la rébellion, car ces groupes rebelles ont aussi une dimension tribale. Avoir un fils combattant, c'est parfois une marque de respectabilité pour la famille et la communauté. Bien entendu, la pauvreté joue aussi un grand rôle. La rébellion peut verser de l'argent aux familles, c'est une sorte de négociations commerciales» a-t-il ajouté.

La Déclaration va amener les gouvernements à s'engager à mettre fin au recrutement des enfants dans les forces et groupes armés, et à créer de meilleures opportunités pour l'éducation et l'emploi de ces ex-enfants soldats.

La Conférence suit l'annonce du 25 Mai 2010 d'une campagne de deux ans sur la ratification universelle du Protocole Optionnel, pour la Convention sur les Droits de l'Enfant, et sur la protection des enfants dans les conflits armés. Selon l'Unicef, le Tchad compte entre 7.000 et 10.000 enfants soldats. Une situation à laquelle tente de répondre depuis 2007 les autorités, par la création de structures d'accueil. Mais seulement 10% des enfants soldats ont été rendus à la vie civile. Les organisations de défense des droits de l'Homme espèrent que cette réunion donnera un coup d'accélérateur à ce processus.

Source : Gaboneco

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Published by Nouvel Essor
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