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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 21:43

C’est un message du Nouvel An en forme d’appel à l’aide. Lors de son discours télévisé, dans la nuit du lundi 31 décembre au mardi 1er janvier 2013, le président centrafricain François Bozizé est revenu sur l’avancée des troupes rebelles du mouvement Séléka qui menace son régime, en insistant sur le rôle d’un gouvernement voisin. « Grâce à l’armée tchadienne, vous me regardez aujourd’hui à la télévision , a-t-il déclaré sur les ondes. Sinon, Bangui serait aujourd’hui envahi. Merci à l’armée tchadienne, merci au président Idriss Déby Itno du Tchad.  »

Une neutralité surprenante

Le gouvernement tchadien s’impose aujourd’hui comme un acteur clé du conflit entre la rébellion et le régime. Quand les villes ont commencé à tomber les unes après les autres aux mains des rebelles, des bataillons tchadiens ont été envoyés de l’autre côté de la frontière. Ils stationnent aujourd’hui dans la ville de Damara, dernier verrou avant la capitale Bangui, situé à 75 kilomètres. « Il s’agit d’une ligne rouge à ne pas franchir par aucun des deux partis  », a mis en garde le dirigeant tchadien Idriss Déby.

L’homme fort de N’Djamena passe pour un allié de longue date du président Bozizé. Il l’a aidé à prendre le pouvoir lors du coup d’État de 2003 ou encore à mettre fin aux rébellions dans le nord du pays en 2010. Cette fois, les troupes tchadiennes sont restées étrangement passives devant l’offensive des hommes du Séléka.

Un exemple ? Les soldats étrangers étaient chargés de défendre la ville de Sibut. Lorsque les rebelles ont envahi la localité, les Tchadiens se sont repliés vers Damara en bon ordre, mais sans tirer un coup de feu. Une attitude qui alimente les rumeurs de lâchage de François Bozizé par son allié Idriss Déby.

Protéger la capitale

Les pays d’Afrique centrale affichent cependant leur volonté d’empêcher la chute de la capitale Bangui. Beaucoup ne se font guère d’illusion sur les capacités de François Bozizé à diriger la Centrafrique. Mais ils redoutent le saut dans l’inconnu que représenterait un renversement du régime par une rébellion très hétéroclite, aux mots d’ordre changeant, composés d’anciens miliciens ou de soldats mutins pour la plupart originaires du Nord.

Pour protéger la capitale, le Gabon, le Congo-Brazzaville et le Cameroun ont envoyé 360 soldats. Ces renforts ajoutés aux 400 Tchadiens devraient porter à 760 hommes les effectifs de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC). Déployée en Centrafrique depuis 2008, cette force régionale a pour mission d’aider à la stabilisation de l’État face aux mutineries et aux rébellions chroniques. Elle devra pallier l’absence des États Occidentaux, peu désireux de s’investir dans la crise.

La France a souligné à plusieurs reprises ne pas vouloir intervenir pour sauver le régime. « Nous avons deux mission s, a rappelé le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. D’une part, faire en sorte que les protagonistes puissent se rencontrer et d’autre part assurer la sécurité de nos ressortissants  ». Depuis le début des troubles, des soldats français basés au Gabon sont venus renforcer deux compagnies déjà présentes à Bangui, portant à environ 580 le nombre de militaires français en Centrafrique.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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