Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 21:02

En 1960, il y a tout juste cinquante ans, la plupart des pays d'Afrique francophone devenaient indépendants. De Niamey à Léopoldville, de Fort-Lamy à Libreville, en pleine euphorie, on fête l'événement sur des rythmes de rumba et de cha cha cha. La chanson mythique du musicien congolais Grand Kalle «Indépendance cha cha» devient alors le chant de ralliement des indépendances, et le premier tube panafricain.

Catherine Morand - le 23 janvier 2010, 21h15
Le Matin Dimanche

0 commentaires

Aux portes des palais présidentiels se pressent aussitôt une foule d'affairistes, de «chargés de missions», de conseillers techniques «prêtés» par les ex-puissances coloniales, soucieuses de conserver des marchés captifs. Les nouveaux présidents, dociles et sensibles aux intérêts des anciennes métropoles, auront une longue carrière. Les autres seront débarqués ou rayés de la carte, sans états d'âme.

De l'histoire ancienne? Voire. A l'heure où Pékin déboule en force sur le continent, Paris et Bruxelles semblent bien décidées à lutter pied à pied pour conserver leur zone d'influence. Pas question pour la France de broncher lorsque les présidents «amis» du Niger, du Cameroun ou du Tchad tripatouillent la Constitution pour consacrer leur statut de président à vie. Pas question non plus de moufter lorsque des fils, du «bon côté», succèdent à leur père à la tête du Togo, du Gabon ou de la République démocratique du Congo, devenues des républiques monarchiques.

Jusqu'à la fin des années 80, les chefs d'Etat africains pouvaient compter sur un appui sans faille des pays occidentaux, en les menaçant de basculer, matières premières comprises, dans le camp communiste. Aujourd'hui, c'est la Chine qui joue le rôle laissé vacant par l'Union soviétique. Le résultat est le même. Des satrapes, prêts à mettre le pays à genoux pour conserver le pouvoir à tout prix, ont les coudées franches pour mener la vie dure à leurs concitoyens, livrés à eux-mêmes, clochardisés par la prédation de leurs dirigeants.

Et par un quart de siècle de politiques néolibérales qui ont laminé les économies et les agricultures locales.

Pourtant, au début des années 90, beaucoup avaient cru que c'était au tour de l'Afrique de se débarrasser de ses dictateurs, comme dans les pays de l'Est. Aujourd'hui, les gens n'y croient plus. Et des millions de personnes, qui n'ont rien à perdre, rêvent de vivre n'importe où ailleurs plutôt que dans leur propre pays. Alors, 50 ans d'indépendance, ça se fête? Paris et Bruxelles ont en tout cas annoncé en fanfare leur volonté de marquer le coup par des manifestations d'envergure. Dans les capitales africaines, en revanche, les festivités s'annoncent plus réservées.

Partager cet article

Repost 0
Published by Nouvel Essor - dans société
commenter cet article

commentaires