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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 19:11

 

La décision tombée, samedi 30 janvier, a surpris de nombreux acteurs du monde du football. La Confédération africaine de football (CAF) a décidé d'exclure le Togo des deux prochaines éditions de la Coupe d'Afrique des nations (CAN). La cause ? L’équipe de ce pays avait décidé de retirer sa participation à la compétition au lendemain de l'attentat dont elle avait été victime à la veille du début de la compétition. Le 8 janvier, un groupe d'indépendantistes de la région de Cabinda avaient mitraillé le bus de l'équipe du Togo, tuant deux membres de la délégation.
 
La CAF a justifié sa décision en indiquant qu'elle avait été prise par le gouvernement togolais qui aurait de ce fait interféré dans la gestion de la fédération togolaise. L’instance africaine de football a appliqué les textes mais cette décision a de quoi choquer.
 
D'abord parce qu'elle s'apparente à une double peine infligée à l'équipe nationale du Togo. Non seulement elle a perdu deux de ses membres, décédés dans des conditions dramatiques, non seulement elle a dû abandonner la CAN à la demande des autorités, mais voilà qu'en plus la CAF enfonce le clou. Elle se renie d'ailleurs elle-même par cette décision. Au lendemain de l'attaque contre les Togolais, son président, Issa Hayatou avait en effet déclaré : « J'ai dit aux joueurs qu'on comprendrait leur position. Nous leur avons demandé de bien vouloir rester, mais que s'ils partaient, on prendrait acte, et on comprendrait bien leur position ».
 
De plus, l'argumentation selon laquelle la CAF invoque l'interférence du gouvernement togolais dans le déroulement de la compétition est plus qu'étonnant. N'est-ce pas par exemple pour des raisons politiques et pour satisfaire tous les gouvernements africains, que la Coupe d'Afrique est organisée à tour de rôle par tous les pays membres, même s'ils ne sont pas toujours capables d'assurer des conditions d'accueil et de sécurité optimales comme c’est le cas de l’Angola cette année?
 
C'est une hypocrisie totale de penser que le football africain est indépendant des gouvernants du continent. Depuis toujours, pouvoir politique et institutions du football sont inextricablement liés. Il y a eu plusieurs conflits entre eux, notamment sur le rôle de la FIFA, de laquelle dépend la CAF, dans la gestion des fédérations. Ne serait-ce qu'en Algérie, on a bien vu à quel point le sort de l'équipe nationale est devenu ces derniers mois un des sujets de préoccupations numéro 1 du gouvernement, avec une « implication » quasi permanente du ministre des sports auprès des Verts.
 
D'autant que dans le même temps, la CAF et la FIFA semblent parfois avoir du mal à assumer certaines situations. Les Togolais ont été rapidement sanctionnés, 20 jours seulement après leur décision de se retirer de la CAN. Mais l’Egypte ne l’a toujours pas été près de trois mois après l'attaque du bus des Verts au Caire par des supporters égyptiens le 12 novembre dernier puis aux violences entre supporters après le match. L'instance internationale du football n'a pris aucune décision, aucune mesure de rétorsion à l'égard de la fédération égyptienne. Il est difficile de ne pas voir un lien entre cette absence de sanctions et le poids de l’Egypte au sein de la CAF et donc de la FIFA.

 

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Published by Nouvel Essor - dans société
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