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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 23:17

Avérés, les crimes perpétrés dans la prison d’Abou Ghraib et les violations des droits humains à Guantánamo n’ont entraîné que peu de poursuites judiciaires. Des soldats ont certes été sanctionnés, mais qu’en est-il des responsables politiques qui ont couvert ces actes ? Le président américain George W. Bush n’a-t-il pas publiquement justifié la pratique de la torture par les soldats américains ? Alors que les Nations unies ont lancé des opérations militaires en Libye et en Côte d’Ivoire au nom du droit humanitaire, l’inaction de la justice internationale est quasi totale dans le cas des crimes commis en Irak. L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch a donc publié plusieurs rapports, auxquels Reed Brody a participé. Le juriste y plaide pour que des enquêtes sérieuses soient menées aux Etats-Unis sur les responsabilités de la haute administration. Il souligne les pouvoirs dont disposent à cette fin, démocratique, le président Barack Obama et le Congrès. Selon lui, la gravité des faits interroge les démocraties : la fin justifie-t-elle les moyens ? Il invite les tribunaux du monde entier à lancer des procédures contre le président Bush. (Anne-Cécile Robert. Le Monde Diplomatique. Décembre 2011)


Etat de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba. Salim Lamrani. Ed. Estrella, Paris, 2011, 172 pages, 15 euros.

Le 2 septembre 2004, la compagnie aérienne espagnole Iberia se voit infliger une amende de 55 000 dollars par la justice américaine : elle a transporté du tabac cubain en faisant escale à Miami (la cargaison n’a jamais quitté la soute de l’avion). De son côté, la banque suisse UBS a dû payer 100 millions pour avoir reçu des transferts de fonds cubains en dollars ; la Netherlands Caribbean Bank (NCB) a été placée sur une liste noire par Washington à cause de ses relations commerciales avec La Havane. A ceux qui prétendent ou croient que l’embargo des Etats-Unis contre l’île n’a plus aucun effet, l’ouvrage de Salim Lamrani apportera une précieuse information. Entrées en vigueur le 7 février 1962, aggravées par les lois Torricelli (1992) et Helms-Burton (1996), ces sanctions économiques unilatérales, outre le fait qu’elles violent le droit international et constituent « une aberration juridique en raison de [leur] caractère à la fois rétroactif et extraterritorial », affectent toutes les catégories de la population cubaine. Lamrani rappelle qu’en janvier 2004 le sénateur Barack Obama avait catégoriquement rejeté cette politique en déclarant : « Je pense qu’il est temps pour nous de lever l’embargo. »  (Maurice Lemoine. Le Monde Diplomatique. Décembre 2011)

 

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Published by Nouvel Essor - dans société
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