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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 23:13

Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) a accueilli, les 30 et 31 Mars 2012, une conférence internationale pour l’abolition de la peine de mort. Cette conférence, financée par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), avait pour objectif de mettre en place une stratégie commune d’abolition de la peine de mort dans les pays d’Afrique Centrale et de l’Est.

L’Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH) représentée par son vice président, Mahamat Bodingar a pris part à ces assises aux cotés des représentants d’autres pays des grands Lacs et de l’Afrique Centrale que sont le Burundi, le Congo, le Cameroun, le Kenya, l’Ouganda, la République centrafricaine, la République Démocratique du Congo, le Rwanda, la Tanzanie et le Tchad.
Après l’esclavage et la torture, même si la torture n’est pas encore entièrement enrayée dans de nombreux pays de l’Afrique, la peine de mort constitue aujourd’hui un combat mondial. Certes, chaque année, il y a de nombreux pays qui abolissent la peine de mort dans leur législation mais bon nombre de pays sont restés toujours sourds à cet appel.
Il y a 30 ans, à en croire Mahamat Bodingar, ce sont 1/3 des pays du monde qui ont aboli la peine de mort, aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse. Il y a 2/3 des pays du monde qui ont supprimé la peine de mort en droit ou en pratique de leur législation. Aux bas mots, 98 pays ont aboli la peine de mort capitale pour tous les crimes ; 7 pays l’ont aboli pour tous les crimes, sauf les crimes exceptionnels tels que ceux commis en temps de guerre, et 35 pays peuvent être considérés comme abolitionnistes de facto. C’est dire que ce sont 140 pays qui ont aboli la peine capitale de juré ou de facto.De même, 58 pays et territoires continuent à appliquer la peine de mort. Seuls 23 pays ont procédé à des exécutions sommaires en 2010. L’ultime souhait est que tous les pays du monde, parviennent à extraire la sanction de peine de mort dans leur arsenal répressif.
Beaucoup de raisons concourent en faveur de l’abolition de la peine de mort. Car, la peine est inefficace, illégale, violente, répressive, cruelle, barbare et dégradante. De source concordante, la RDC et le Tchad occupent la queue du peloton en la matière, dans la région des grands Lacs et en Afrique centrale. Les autorités de la RDC ont, solennellement annoncé au cours de ces assises que le moratoire observé par leur pays depuis 2003, en la matière est irréversible. Il ne reste que le dernier pallier à franchir qui est celui de prendre une loi abolissant la peine de mort en RDC.
Du coup, le Tchad risque fort bien de se retrouver seul en queue du peloton dans la sous-région. C’est ainsi que le gouvernement tchadien qui a toujours mis au cœur de ses préoccupations, le problème des droits de l’homme est interpellé, non seulement, à formaliser le moratoire en vigueur depuis 2003 en prenant un acte à cet effet, mais aussi à rectifier le deuxième protocole se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort. Le pouvoir législatif tchadien est aussi interpellé pour instaurer et ouvrir un débat sur cette épineuse question en s’inspirant du Gabon et du Togo.
En réitérant la bonne volonté du gouvernement dans son programme de mise en œuvre des instruments juridiques nationaux en matière des droits de l’homme au haut Commissaire adjoint des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Kyum Wha Kang, en visite de travail au Tchad, du 1er au 3 avril 2012, les plus hautes autorités du pays de Toumaï entendent ainsi inscrire dans la législation nationale la question de l’abolition de la peine de mort, ainsi que tant d’autres.
En tout état de cause, l’abolition de la peine de mort est une question de courage, voire de volonté politique. En somme, le but ultime recherché et voulu par tous, afin de parvenir au respect de la personne humaine qui est sacrée et inviolable, est d’abolir la peine de mort de la législation tchadienne.

Ramadji Florent Indinta

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Published by Nouvel Essor - dans société
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