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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 22:22
 

APA-​Yaoun­dé (Ca­me­roun) Le pro­jet de pi­pe­line Tchad-​Ca­me­roun, 10 ans après son ap­pro­ba­tion par la Banque mon­diale (BM), pré­sente de nom­breux pro­blèmes au plan en­vi­ron­ne­men­tal, éco­no­mique et so­cial selon le Centre pour l’en­vi­ron­ne­ment et le dé­ve­lop­pe­ment (CED), la Fon­da­tion ca­me­rou­naise d’ac­tions ra­tio­na­li­sées et de for­ma­tion sur l’en­vi­ron­ne­ment (Fo­carfe) et le Ré­seau de lutte contre la faim (Re­lu­fa) qui ont as­su­ré son suivi. 


S’ex­pri­mant au cours d’une confé­rence de presse tenue sa­me­di à Yaoun­dé, la ca­pi­tale ca­me­rou­naise, ces or­ga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales pointent de nom­breux abus, pro­messes non te­nues, com­pen­sa­tions non res­pec­tées et im­pacts di­vers sur l’éco­sys­tème.


Sur le plan sa­ni­taire le se­cré­taire exé­cu­tif du Re­lu­fa, Va­le­ry Nodem, ré­vèle la sur­ve­nance le long du cor­ri­dor de ma­la­dies qui n’exis­taient pas avant le pas­sage de l’oléo­duc ou l’ac­cen­tua­tion de cer­taines (ma­la­dies hy­driques, vih/sida, etc.).


« De même, aucun mé­ca­nisme de suivi des ma­la­dies pro­fes­sion­nelles sur­ve­nues chez les an­ciens ou­vriers n’a été mis sur pied, et le consor­tium Ca­me­roon Oil Trans­por­ta­tion Com­pa­ny (Cotco) gère à la fois les risques et la com­mu­ni­ca­tion en de­hors des pou­voirs pu­blics. »


Pour M. Nodem, le pro­jet a éga­le­ment souf­fert d’un manque d’études de base en terme d’im­pact sur l’agri­cul­ture ou en­core la pêche, toutes choses qui ont lais­sé des plaies béantes chez les ri­ve­rains dont est dé­sor­mais plus dif­fi­cile qu’avant.


A en croire le di­rec­teur du CED, Sa­muel Nguif­fo, les dis­po­si­tifs ad­mi­nis­tra­tifs, lé­gis­la­tifs et sé­cu­ri­taires mis en place n’ont pas fonc­tion­né : les pro­mo­teurs du pro­jet de pi­pe­line n’ont pas pris leurs res­pon­sa­bi­li­tés, les com­mu­nau­tés ont été aban­don­nées à leur triste sort et aucun mé­ca­nisme pour im­po­ser le res­pect des en­ga­ge­ments n’a été en­clen­ché.


Il en est de même de la su­per­vi­sion des tra­vaux, qui a été aban­don­nés aux sous-​trai­tants juges et par­ties, des ou­vrages so­ciaux réa­li­sés de ma­nière non sa­tis­fai­sante, de la mau­vaise éva­lua­tion des dom­mages ou en­core des re­te­nues sa­la­riales in­dues et non rem­bour­sées aux em­ployés.


Le co­or­don­na­teur du Fo­carfe, Ho­no­ré Ndoum­bé Nkot­to, in­vite de son côté la BM à ré­pa­rer les pro­blèmes cau­sés par ce pro­jet dont elle a per­mis la réa­li­sa­tion.


Sur 10 points en effet, les trois ONG ont ré­su­mé leurs « pro­po­si­tions et re­com­man­da­tions » non seule­ment à cet or­ga­nisme fi­nan­cier, mais aussi au consor­tium Cotco et au gou­ver­ne­ment ca­me­rou­nais.


De­puis le 2 fé­vrier 2010, le CED, la Fo­carfe et le Re­lu­fa ont sus­pen­du leur par­ti­ci­pa­tion à la pla­te­forme de col­la­bo­ra­tion entre les ONG, le Co­mi­té de pi­lo­tage et de suivi des pi­pe­lines (Cpsp) et Cotco.


Elles dé­noncent l’ab­sence de trans­pa­rence dans le pro­ces­sus d’ex­ploi­ta­tion, des pro­grès lents ou une stag­na­tion de fait, le mé­pris af­fi­chés vis-​à-​vis des com­mu­nau­tés et des re­la­tions dé­gra­dantes avec les ONG.


Le pi­pe­line Tchad-​Ca­me­roun, d’une lon­gueur de 1070 ki­lo­mètres, prend sa source dans les champs pé­tro­liers de Doba pour le ter­mi­nal ma­ri­time de Kribi.


Sa construc­tion a né­ces­si­té la mo­bi­li­sa­tion de quelque 20 mil­liards FCFA au­près de dif­fé­rents par­te­naires.


Le Ca­me­roun a déjà en­gran­gé un peu plus de 66,7 mil­liards FCFA dudit pro­jet au titre des droits de tran­sit, en oc­tobre 2003 et le 15 no­vembre 2009, mais les ONG ont ré­gu­liè­re­ment dé­crié l’opa­ci­té au­tour de la ges­tion de ces re­ve­nus.


FCEB/od/APA

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Published by Nouvel Essor - dans société
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