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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 18:02
La Conférence « Science et politiques de la biodiversité » organisée par l’UNESCO s’est achevée le vendredi 29 janvier. Cinq jours de débats auxquels étaient mêlés ministres de gouvernements et spécialistes de la question. La France a rappelé ses propositions phares dont celle de la création d’un GIEC de la biodiversité. Echanges pas toujours convenus au seuil de l’Année Internationale de la Biodiversité.

« L’outil dont la biodiversité a besoin », l’IPBES, la Plateforme Intergouvernementale pour la Biodiversité et les Services rendus par les Ecosystèmes. En rappelant qu’il « est indispensable d’interconnecter nos recherches sur la biodiversité tout comme il est indispensable de mettre en réseau une base de données mondiale » Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat a insisté dès le premier jour de la conférence sur ce qui manque le plus aux gouvernements, « formidable catalyseur de connaissance et d’expertise, cet organisme sera une interface précieuse entre des données scientifiques brutes et les décideurs. Ce serait le moyen le plus efficace pour nous éclairer avant de décider. » L’idée fait son chemin on le sait, l’expérience concluante d’un tel outil pour le climat n’y est pas étrangère. Irina Bokova Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education , la Science et la Culture (UNESCO) a « exprimé le souhait de l’Organisation de coparrainer cette initiative » après avoir souligné dans son introduction la nécessité d’accentuer l’effort global de l’UNESCO en faveur de « tous les aspects liés à la gestion et à la sauvegarde de la biodiversité ». Jean Louis Borloo aura aussitôt enfoncé le clou pour que cette structure « soit décidée avant la fin de l’année ». Un outil qui peut aussi aider à palier l’écart existant entre la prise de conscience des scientifiques et des décideurs et ce que le Ministre d’Etat à qualifié « d’absence de perception réelle dans l’opinion publique » du déclin de la biodiversité et de ses conséquences. Car 2010 devra être aussi « une année de pédagogie ».

Le débat Sud-Nord

Des chefs d’Etats africains étaient aussi présents pour rappeler dans ce débat ce qui oppose pays « riches » du Nord et pays du Sud. Henri Djombo, ministre du développement durable, de l’économie forestière et de l’environnement du Congo, a alerté sur l’erreur que représente l’option selon laquelle « les pays du Nord veulent que ceux du Sud mettent leurs forêts sous cloche en échange de compensations financières ». « Aucun pays concerné n’acceptera » de voir ses forêts devenir des réserves écologiques à des fins de conservation. Pour ces pays a t-il rappelé, l’aide apportée à l’exploitation durable des forêts tropicales et à la réhabilitation des terres dégradées demeure la « vraie solution », une garantie de la capacité réelle de développement durable des pays « pauvres » qui détiennent la majorité des ressources de biodiversité.

Prise de conscience

Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique (CDB) a voulu souligner l’impératif de la prise de conscience rappelant qu’il « aura fallu 37 ans » entre la Conférence de Stockholm en 1972 et celle de Copenhague pour mobiliser sur la question climatique. Un appel aux chefs d’Etat pour que la réunion de la CDB prévue en septembre au siège de l’ONU à New York réunisse « la communauté internationale dans son ensemble ». Une manière d’appuyer l’alerte de la directrice générale de L’UNESCO qui avait d’emblée rappelé que la préservation de la diversité biologique était « un enjeu mondial au même titre que le changement climatique ». Chantal Jouannau n’avait-elle pas elle même dans son intervention préalable appelé de ses voeux « une Organisation mondiale de l’environnement pour promouvoir la gestion durable des biens publics mondiaux au premier rang desquels la diversité biologique », une organisation mondiale de l’environnement qui « contrebalance la toute puissante OMC », parce « qu’on ne peut plus accepter que l’environnement soit sacrifié sur l’autel du commerce international. » Tant de bonnes intentions qui demanderont engagements politiques et « ressources financières solides » pour appuyer « des programmes prestigieux » aux « budgets forts limités » avait souligné un peu plus tôt, le Ministre de l’environnement du Congo.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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