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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 10:53

Publié le 23 juil, 2013

Deby avant de partir, a instruit « le gardien des cimetières » de gérer le pays et ne doit en aucune manière être dérangé car il va pour le ramadan à Amdjeress dont il essaie à coup des pétrodollars d’en faire vainement un Gbadolité : un aéroport international ((aucun avion des lignes internationales n’a atterri sur cette piste depuis son inauguration il y a 5 ans), une banque (où il n’y a jamais eu ni dépôts ni retraits), des villas de standing européen qui brillent par leur inoccupation, des rues à la Yamoussoukro, des routes pour le relier au Soudan et à la Libye (mais empruntés uniquement pour le moment que par les 3 baudets), un château d’eau (mais vide par moment), un réseau téléphonique de standing américain, internet gratuit avec des sorties Wi Fi partout : tout simplement, assis-toi sur n’importe quel rocher et tu as le monde sur la paume de la main. Vous voulez travailler en toute inquiétude, allez à Amdjeress durant le séjour de IDI et vous serez servi. Toutefois, un petit conseil, prenez avec vous quelques bouteilles d’eau !  Enfin partez soixante-douze heures avant qu’il plie bagages car Amdjeress redevient une cité fantôme.

Pour la petite anecdote, Deby n’a pas mis pied à Amdjeress depuis presque trois ans, disons depuis qu’il s’est fait intronisé sultan et ayant placé un quidam, illustre inconnu comme son représentant. La raison, c’est qu’il y a une rupture entre IDI et les Béri, une vraie rupture. Pour cause, les Béri accusent Deby de ne pas savoir les gérer, après autant de sacrifices consentis. Deby de rétorquer : « je suis le Président du Tchad et des tchadiens, je ne suis pas un chef de canton des Béri». Si les tchadiens le percevaient ainsi, il n’aurait pas eu tort. Mais hélas, les tchadiens attendent, la mort dans l’âme, le diable qui viendra les débarrasser de ce fardeau.

 La visite d’Amdjeress a été pourtant préparée depuis longtemps, mais à plusieurs reprises ses conseillers l’en ont dissuadé en prétextant qu’il sera mal accueilli par les autochtones et naturellement cela aura des répercussions négatives de son image auprès de l’opinion nationale.   

Aujourd’hui, Deby est le Président le plus impopulaire que le Tchad ait connu : impopulaire dans sa propre famille, impopulaire au Tchad et impopulaire à l’extérieur. Les populations tchadiennes vivent dans une situation de manque chronique des produits de première nécessité et surtout du manque de l’État et de l’administration, ni centrale ni territoriale. Le pays tourne en rond. C’est plutôt aujourd’hui qu’on est dans la situation du « Tchad, Etat néant ». On est pratiquement  arrivé  au bout du rouleau où la conviction profonde d’une grande majorité des tchadiens est la fin du système Deby. Et cette situation, Deby en est très conscient. Depuis la fin de la rébellion de l’Est, Deby n’a que les yeux tournés vers Paris et Washington et la guerre au Mali, pensait-il, va lui permettre de dompter ces deux colosses. Mal lui en a pris. Le Mali a été une catastrophe pour le Tchad mais surtout une catastrophe sans précèdent pour IDI. Tout en reconnaissant l’apport des tchadiens, l’opinion internationale a récusé Deby. Il est boudé, n’est plus cité et n’est plus invité dans la cour des grands. Pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, il est considéré comme un belliqueux, un va-t’en guerre et utilise ses militaires comme des mercenaires un peu partout, bref un pyromane dans la région.

Un malheur ne venant jamais seul, le faux coup d’État qu’il a manigancé, suivi d’arrestations arbitraires des parlementaires, des gens de presse et des citoyens anonymes, a fini par l’enfoncer d’avantage et montrer sa stature de vrai dictateur.

L’affaire Hisseine Habré. Les tchadiens se posent mille et une seule questions : pourquoi Deby s’est tu pendant 23 ans  et tout d’un coup il lance une telle cabale  contre HH en lieu et place des juges en charge du dossier ?  On se rappelle qu’au lendemain de sa prise de pouvoir en 1990, il a été crée une commission qui a pondu un excellent rapport qui fait référence aujourd’hui et Deby s’est royalement assis dessus pour ne pas dire qu’il l’a carrément boycotté. Il a essayé d’anéantir les efforts consentis par les Adh tant nationales qu’internationales.  Les différentes associations des victimes du régime HH  n’ont jamais bénéficié des faveurs d’IDI. Quand HH dans sa fuite, a emporté le seul Transvaal tchadien, Deby a instruit son Ministre de la Justice, feu Youssouf Togoîmi, de ne revendiquer que l’avion, et ne parler ni de la personne de HH, ni de l’argent emporté !

Pourquoi donc tant d’agitations  tout d’un coup? Les Adh, la classe politique et les parents des victimes tchadiennes veulent tout simplement que HH soit jugé, loin de toute agitation politique. La justice, rien que la justice.

Dans le subconscient de bien des tchadiens, il y a certes HH, mais il y a également les co-auteurs et les exécuteurs de basse besogne, bref tous ceux qui ont participé activement dans l’édification et la consolidation du régime de HH. Pour bon nombre de survivants des événements du règne de HH, il y a aussi et surtout « Septembre noir » survenu principalement dans le Logone Oriental et le Moyen Chari, et le massacre de Deli à 30KM au nord de Moundou, qui ne pourraient s’oublier. D’ailleurs, on est surpris par le silence de certains ténors du sud du pays qui avaient fait de « septembre noir » leur fonds de commerce, alors que c’est le moment approprié aujourd’hui où toutes les victimes de ce « septembre noir » doivent parler haut et fort   On parle également très peu des crimes au nord du pays pendant toute l’occupation libyenne et leur allié le GUNT : des centaines des prisonniers exécutés sommairement, des ferriques entiers de certaines communautés rasés, des villages incendiés.

Alors, sans faux fuyant, dans le procès de HH, que le droit soit dit et que chacun le moment venu réponde de ses actes.

L’intervention au Mali et le procès de HH à coût de f CFA et de propagande ne peuvent empêcher le régime d’IDI de s’enfoncer d’avantage, et celui-ci en est parfaitement conscient. Conscient  également qu’au Nord et à l’Est, une intense activité est en cours pour relancer la rébellion armée, ajouté à cela l’isolement international.

Amdjeress sera donc pour un laps de temps le refuge de la recherche de la réconciliation et d’un soutien pour continuer à faire perdurer un régime chancelant. «  Je suis le Président le plus impopulaire dans ma propre famille, aucune branche des Béri ne me soutient, le pouvoir est entrain de tomber, tout le monde est contre nous, etc. »  ça y est, les vieilles et très connues litanies qu’IDI sort chaque fois qu’il est réellement en difficulté. Mais cela n’a pas empêché les bouffons de toutes les contrées Béri de se  précipiter à Amdjeress pour trouver des solutions aux lamentations du fils du pays. En chœur : « du moment que tu reconnais tes fautes, on va t’aider !»

Solution par le mariage« votre actuelle épouse est porte malheur pour vous, notre fils, débarrasse toi de cette dame qui est la source de tous nos problèmes et prends une fille d’origine, tout droit du village (TDV) » .Vite dit, vite fait ! Deby s’est donc marié depuis les premiers jours de son séjour à une ninette de père Borogat, de mère bila, de grand-mère Kobe et de l’arrière-grand-mère touer. Au fait, auriez-vous compris quelque chose ?  Non, eh bien, soit, passons. C’est la nouvelle trouvaille géniale à la Deby, seule capable de sauver son régime : « 4 in One ! » 

Sur le même élan, la réconciliation entre les lignées Deby et Mahamat a débuté et s’ensuivra entre Itno et le reste des Béri.  Et le reste des tchadiens ? Rien à voir, circulez…

Et IDI très content a offert à ses parents sur le compte du trésor public, 10 Toyota V8; coût total de l’opération, 500 millions de CFA. En allant à Amdjeress, il a littéralement vidé le trésor public: il l’a délesté de 40 milliards. Le dernier salaire a été payé difficilement:

Dans cette ambiance de retrouvailles entre le Sultan et ses sujets, 2 petits incidents fort négligeables à signaler pour clore les bizarreries d’Amdjeress. 

2 boucs manquent à l’appel.  Quand IDI a annoncé son séjour à Amdjeress, les chefs de canton ont fait une collecte des divers animaux destinés à être abattus pendant le séjour du Sultan. Deux chefs de canton sont chargés de faire le berger jusqu’à l’arrivée du Sultan. A l’arrivée, tous les chefs de canton se sont présentés et ont communiqué le nombre d’animaux qu’ils ont collecté pour l’accueillir.  Deby a chargé ses gardes corps de recompter et il s’est avéré qu’il manque 2 boucs. IDI a demis les 2 chefs de canton bergers de leur titre et les a mis en résidence surveillée.

La fronde des Kleenex –  le terme est d’IDI lui même. Il s’agit des jeunes loups Béri, aux dents très longues que Deby a usées et utilisées dans toutes les sauces.  Ces jeunes, certains diplômés, d’autres sans aucun diplôme, ont été responsabilisés à tous les niveaux de l’administration publique et parapublique : des semi analphabètes à la tête des grandes sociétés ou directions de l’État, entrain de donner des ordres et instructions à des hauts cadres de l’État, à des ingénieurs, administrateurs, etc. Bon nombre de ces jeunes étaient les bras armés de Deby contre leurs propres familles et ont joué un rôle dévastateur au profit de Deby. Ils étaient (ne le sont-ils pas toujours ?) tour à tour des délateurs, des colporteurs au sein de leur  famille et clan. Ils s’en sont vachement enrichis. Et voilà que IDI les a tous renvoyé de son système et marginalisé au profit de ses propres enfants et ceux de la famille Deby. Quand on a été dans le harem du Sultan, difficile de supporter l’anonymat. Ils ont commencé à le dire tout haut ; des réunions en réunions, ils ont décidé d’envoyer Daoussa Deby chez IDI pour manifester leur colère d’être écartés de la mangeoire. Il faut souligner que la plupart étaient d’ailleurs « les agents » de ce même Daoussa Deby. IDI, avant même le compte rendu de Daoussa, a donné la réponse : « ces kleenex, je sais le mal qu’ils m’ont fait subir,  je les ai tellement rapprochés de moi que certains d’entre eux ont eu même l’audace de vouloir fouillonner dans ma chambre !  moi j’ai fini avec eux, ils n’ont qu’aller se mettre au service de Timan ! » Entendez Timan Erdimi. Sacré IDI. Aux dernières nouvelles, on apprend que les « kleenex » se sont entre-déchirés entre eux, s’accusant mutuellement d’être les pions de Deby.

 

A part cela, tout baigne dans le bonheur à AM Djeress.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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