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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 22:42

Cinquante ans après la signature des accords d’Evian qui ont mis fin à la guerre d’Algérie, des politiques racontent l’événement avec les yeux d’enfants de harkis, d’Algériens ou de rapatriés qu’ils étaient alors.

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Malek Boutih (PS), Jeannette Bougrab (UMP) et Louis Aliot (FN) portent la mémoire blessée ou tronquée de la guerre d’Algérie, 50 ans après la signature des accords d’Evian. « A un moment, pour vous construire, vous êtes obligés d’occulter une partie de l’histoire », affirme la secrétaire d’Etat à la Jeunesse Jeannette Bougrab, 38 ans, fille de harkis, qui parle d’une « histoire monstrueuse ». Elle raconte que son père est arrivé en France grâce à « un colonel qui a désobéi » aux instructions officielles de ne pas rapatrier les harkis. « J’avais cinq ou six ans, je savais que l’armée française avait torturé, je savais aussi la barbarie du FLN », témoigne Mme Bougrab, traitée dans son enfance de « bougnoule », à l’école, ou de « fille de traître », par des familles maghrébines.

Sa mémoire familiale garde aussi les cicatrices des propos attribués au maire socialiste de Marseille, Gaston Defferre, refusant que des gens massacrés en Algérie débarquent dans sa ville en 1962.

« J’ai vu ma mère pleurer pendant des réunions de famille », se souvient Louis Aliot, vice-président du Front national, fils d’une rapatriée et d’un appelé du contingent. A la maison, « il y avait une photo des généraux, mon oncle était le garde du corps de Challe » (l’un des quatre généraux putschistes à Alger en 1961, ndlr). Pour le compagnon de Marine Le Pen, né en 1969 en Ariège, « à la fac de droit d’Alger, ma mère fréquentait des amis de Le Pen, comme Lagaillarde, et beaucoup de gens qui ont parfois fini à l’OAS ». En 2012, le Front national est toujours un parti qui séduit rapatriés et harkis.

« Déjà Français »

Fils d’un Kabyle arrivé en France dans les années 1950, Malek Boutih (PS), né en 1964, ne sait rien de la vie de son père en région parisienne pendant la guerre d’Algérie, « hormis quelques anecdotes ». Mais rien de précis sur la répression par la police à Paris le 17 octobre 1961, les rivalités intra-algériennes, le couvre-feu pour les Nord-Africains… Dans son enfance, il se souvient avoir suivi des cours d’arabe dispensé par l’amicale des Algériens proche du FLN : « On essayait de sécher au maximum. On était déjà Français. »

Né à Oran en 1955, Julien Dray est resté en Algérie jusqu’en 1965 : « Sous Ben Bella, le pays a voulu rester pluriel. Avec Boumediene et l’arabisation à marche forcée, ceux qui voulaient rester ont compris qu’ils n’avaient plus leur place. » Le député de l’Essonne se souvient « d’un traumatisme, la famille dispersée dans toute la France » et regrette que même des élus ne sachent rien du massacre du 5 juillet 1962 à Oran, quand des centaines d’Européens ont été massacrés.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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