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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 23:16
Créé le 07.06.10 à 11h16 -- Mis à jour le 07.06.10 à 11h24
Le bus, transportant notamment des Français, visé par un attentat-suicide à Karachi, au Pakistan, le 8 mai 2002

Le bus, transportant notamment des Français, visé par un attentat-suicide à Karachi, au Pakistan, le 8 mai 2002 A. QURESHI / AFP

FINANCES - De nouveaux éléments montrent qu’un chantage a pu être exercé contre des responsables politiques...

Dans la nébuleuse affaire de Karachi, les éléments publiés lundi par Le Parisien montrent qu’au moins Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie connaissaient l’existence de la société Heine, par laquelle transitaient les commissions du contrat sur les sous-marins vendus au Pakistan en 1994.

Si vous n'avez rien compris à l'affaire de Karachi, cliquez ici

Et pour cause, les dirigeants de cette société offshore basée au Luxembourg ont envoyé entre 2006 et 2007 plusieurs courriers «en forme de lettres de chantage» à ces différents responsables, annonce le quotidien, qui en publie certains passages. Ces courriers ont été saisis en 2009 par la police luxembourgeoise. Ils sont signés Jean-Marie Boivin et Yves Schmidt, administrateurs de la société Heine, et interviennent après que la liquidation de la société a été décidée en 2004.

Ces informations viennent corroborer les révélations de Mediapart diffusées la semaine dernière: selon le site, un rapport de police luxembourgeois établit que Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, a «directement» supervisé en 1994 la constitution d’une société offshore, Heine, par laquelle transitaient les commissions issues du contrat Agosta. Ce qui étayait les soupçons de rétrocommissions et de financement illégal de la campagne d’Edouard Balladur. Dans leur rapport, les policiers du Grand-Duché avaient mis la main sur des courriers envoyés à Nicolas Sarkozy en 2006 et s’étonnaient que des privés s’adressent à un ministre français pour l’interroger sur le devenir d’une société privée.

Ils réclament huit millions d'euros


«Votre lettre du 28 septembre dernier nous est bien parvenue (…) Nous n’avons toujours pas reçu d’instruction de la part de l’Etat français. Il y a cependant urgence à agir», écrivent les administrateurs à Nicolas Sarkozy le 29 novembre 2006. Quelques mois auparavant, 26 avril 2006, le ton se faisait déjà très pressant dans la missive envoyée à Jacques Chirac: «De très gros montants ont circulé entre DCNI et Heine SA. J’attire votre attention sur la personnalité des destinataires, des sommes versées. (…) Faute de recevoir de votre part des instructions écrites et précises, le risque fiscal et pénal de la société DCNI et de son actionnaire pourrait être très élevés.»

D’après Mediapart, les administrateurs réclamaient une indemnité. Dans un premier temps, la Direction des chantiers navals (DCN) avaient versé 600.000 euros aux deux hommes. Un montant qu’ils jugeaient insuffisant, réclamant 8 millions d’euros. Les anciens administrateurs auraient une monnaie d’échange cruciale: «Des documents compromettants» conservés «dans un coffre de la banque suisse UBS», d’après Gérard-Philippe Ménayas, ancien directeur de la DCN. Dans un coffre appartenant à Jean-Marie Boivin percé en 2009, les policiers ont découvert un document rédigé en anglais, daté de septembre 2000, faisant état d’un «dernier paiement dans le cadre d’une grande affaire de corruption», relate Le Parisien.
Les deux hommes ont-ils obtenu gain de cause? Mystère. Toujours est-il que Jean-Marie Boivin est aujourd’hui complètement muet.

M.P.

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Published by Nouvel Essor - dans société
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