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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 09:54

Rappelons que les Béri constituent une communauté bédouine ou semi-nomade à 80%. Elle incarne de ce fait dans sa vie quotidienne toutes les tares des nomades à travers le monde en général et au Tchad en particulier : vol, assassinats, crimes d’honneurs, etc., mais il y a un fait inconnu dans la culture Béri : le viol. C’est une pratique rarissime pour ne pas dire inexistante, sinon ce serait des batailles inter-claniques interminables. En d’autres termes, violer la fille ou la sœur de quelqu’un est perçu comme une provocation voire une agression caractérisée, un appel à un duel d’une famille à une autre, étant donné que dans ce milieu il n’y a pas des actes isolés ou individuels.

Les Béris ont découvert les délices du sexe à partir des années 1978 quand les combattants de différentes tendances du Frolinat s’étaient déversées dans les villes et découvert avec étonnement la banalité de ce qui est tabou chez eux.

Comme disent les sociologues, le phénomène a pris une « envergure sociétale » avec l’arrivée du MPS dont le Chef en personne avait institutionnalisé le viol suivant les conseils de ses gourous indiens et ouest-africains, et a donc érigé en même temps l’impunité dans ce domaine en mode de gestion de l’Etat. Les vagabondages sexuels, la délinquance sénile et leur corolaire le viol et le kidnapping, au lieu d’être réprimés conformément aux lois du Pays, sont au contraire couverts et encouragés par celui-là même qui se dit être le père de la Nation et garant de la sécurité de ses citoyens et de leurs biens.

Aujourd’hui, le locataire du Palais rose s’étonne que l’opinion s’émeuve pour une affaire banale de quartiers et se dit dans son for intérieur que les gens n’ont en fait rien à faire. C’est un homme sadique et maniaque, il jubile en effet quand le peuple souffre, il suffit de regarder son comportement lors des attentats de Boko Haram au marché central de N’djaména et hier pour l’affaire du viol pour s’en rendre compte. Il ne s’attendait certainement pas que cette affaire prenne une telle tournure. Au lieu de calmer l’opinion par des mesures concrètes, Idriss Deby attise la tension anti communautaire en jouant sur plusieurs tableaux. Pour ce faire :

– Il organise nuitamment des rencontres avec les cadres et les notables des autres communautés dans le but de charger au maximum les membres de sa communauté, les Béris en les traitant de tous les noms d’oiseaux et finir par dire que sans lui les Béris vont brûler le pays parce qu’ils sont une race sans loi et ni foi ; par contre seul lui qui peut les retenir pour éviter les dérapages à grande échelle. Il est donc le salut, le prophète sans tache. Ses interlocuteurs le quittent très impressionnés et ne jurent que par lui.

– A la suite du viol de la fillette, toute la communauté Béri, de toute sensibilité confondue, réunie sous une seule bannière avait rédigé un projet de communiquer dénonçant vigoureusement l’ignoble acte perpétré sur une innocente mineure, la soutenant moralement, et enfin demandant que des mesures adéquates soient prises à l’encontre des malfrats. Contre toute attente Mr Deby a bloqué le projet et a mis en garde les principaux acteurs.

– Fait rare dans les pratiques de la communauté musulmane à N’djaména, lors de la prière du Vendredi (19/02/16), tous les imams de différentes mosquées avaient comme un seul homme vilipendé non pas l’acte de viol mais hélas la communauté Béri. Or sachant donc que toutes ces institutions sont presque sous la coupe du Général-Imam Hissein Hassan, il n’est pas difficile de savoir d’où viennent les instructions.

– Il a été remarqué que tous ceux qui agitent le couteau et l’enfoncent dans la plaie à travers les réseaux sociaux en proférant des insanités au nom des Béris avec des slogans creux et bidons du genre : «ne touche pas à mon ethnie » ou qui se font passer pour tels, sont en fait presque tous des proches parents du Sultan pour ne pas dire téléguidés par lui. Sans parler que le principal chef de gang qui est un multi récidiviste notoirement connu des services de sécurité est le fils de son neveu, un des chefs de sa garde rapprochée.

Après avoir atteint son objectif à savoir soulever l’opinion nationale contre la communauté et non contre le viol, Deby rencontre discrètement les principaux responsables Béri de l’armée, de la gendarmerie, de la Gnnt et des services de sécurité intérieure, pour leur signifier que les tchadiens ne veulent plus à l’avenir voir un Béri au pouvoir, si jamais ils commettent l’irréparable de ne pas le soutenir comme un seul homme, alors ils vont perdre le pouvoir et seront donc illico les pestiférés de la société.

Il faut rappeler que ce langage vicieux, il le tenait depuis des années, « je suis le rempart contre le génocide, moi ou l’hécatombe pour les Béris, etc. » mais aujourd’hui, les Béris ne sont pas dupes. Il est entendu que le comportement communautaire reflète toujours celui de ses dirigeants ; si à l’heure l’actuelle une partie de l’opinion en veut aux Béris, c’est dû essentiellement aux quotidiens de Mr Deby qui a démissionné de ses prérogatives régaliennes pour adopter un mode de vie qui ne sied pas à son statut : Il a lâché les membres de sa propre famille suivis de leurs affidés comme des chiens enragés contre la population civile avec un sauf conduit d’impunité sans commune mesure dans un Etat de droit. C’est pourquoi ces parents dans leur ensemble surtout la jeunesse devraient savoir que le pogrom ou l’hécatombe contre les Béris n’est pas après Deby mais avec Deby. L’hécatombe est déjà là pour la communauté en particulier et pour les tchadiens en général : de 1990 à nos jours, combien des Béris et des tchadiens sont morts dans les différents foyers de guerre ou ailleurs allumés par Idriss Deby en personne; combien des veuves et des orphelins qu’il n’a jamais osé poser même un seul regard de compassion en leur endroit. Que toute la communauté sache que pour éviter d’être stigmatisée, elle doit absolument penser à tourner la page Deby pour ne pas être demain aux bancs de la société, si ce n’est pas déjà le cas.

Car pendant plus de 25 ans, la communauté s’est systématiquement identifiée à lui et à son régime, participer directement ou indirectement à sa politique de déchéance morale, d’appropriation des biens de l’Etat et ceux des citoyens. Ainsi donc le Maître de DJAMBALBAHR a usé et abusé de ses parents gratuitement pendant toute cette période; il a partagé avec eux sa gestion calamiteuse de l’Etat et ses extravagances indignes et immorales. Dans la petite histoire du Tchad, l’opinion publique a l’habitude de confondre le régime du Président à sa communauté sinon à sa région ; mais aucun Président tchadien ne s’est investi personnellement dans cette œuvre machiavélique comme l’a fait Mr Deby pour exposer sa communauté à la vindicte populaire.

Pour ne pas abuser de la tolérance légendaire des tchadiens, la communauté Béri doit prendre conscience. D’ailleurs tous les indices indiquent que l’après Deby se pointe déjà l’horizon. Ainsi donc sa jeunesse ne doit pas rater le rendez-vous de l’histoire pour des raisons fallacieuses injectées par un régime au crépuscule de son règne ; elle doit au contraire jouer coude à coude avec le reste de la population pour œuvrer à préparer l’après Deby pour un Tchad nouveau.

Certes le Tchad se construirait peut-être sans les Béris mais nullement contre eux. L’avenir radieux appartient à tous les tchadiens, le combat contre l’arbitraire devrait être aussi commun. De même les forces de sécurité qui appartiennent en majorité à cette communauté doivent jouer leur rôle d’encadrement des manifestations et se garder à utiliser la chienlit comme d’habitude, car au Tchad de demain chacun passera devant le juge pour rendre compte de ses actes, et autant y passer avec un passif moins lourd.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad

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Published by Nouvel Essor
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