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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 15:28

Assassinat de Thomas Sankara: Gilbert Diendéré inculpé pour complicité

Le général Gilbert Diendéré, ancien chef d'état-major de l'ex-président Blaise Compaoré.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Par RFI Publié le 06-12-2015 Modifié le 06-12-2015 à 20:26

Au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré, ex-chef d’état-major particulier de la présidence et homme de confiance de l'ancien président Blaise Compaoré, vient d'être inculpé pour « complicité » dans l’assassinat du capitaine Thomas Sankara lors du putsch du 15 octobre 1987.

Selon plusieurs sources, le général Gilbert Diendéré a été inculpé de complicité dans l’assassinat du président Thomas Sankara. Le général Gilbert Diendéré devra donc s’expliquer sur le rôle qu’il aurait joué dans la préparation et l’exécution du coup d’Etat du 15 octobre 1987 qui a coûté la vie au capitaine Sankara et à douze autres personnes présentes à ses côtés. Tout en confirmant l’inculpation de son client, Me Mathieu Somé souligne qu’il prépare déjà la défense du général Gilbert Diendéré

Au cours d’une conférence de presse en octobre dernier, le directeur de la justice militaire avait déclaré qu’il n’était pas exclu que l’ancien président Blaise Compaoré et son bras droit, le général Gilbert Diendéré, soient poursuivis dans l’affaire du capitaine Sankara.

Les avocats et la famille de Thomas Sankara attendent toujours les résultats du test ADN effectué dans la supposée tombe du père de la révolution burkinabè. Les rapports d’autopsie et balistiques avaient fait état de plusieurs impacts de balles sur le corps de Thomas Sankara. Selon l’un des avocats de sa famille, le président a été criblé de balles durant le putsch du 15 octobre 1987.

Une dizaine de personnes, dont plusieurs soldats de l’ex-régiment de sécurité présidentielle, ont été inculpées pour leur implication présumée dans cette affaire. Concernant le général Gilbert Diendéré, tous les chefs d’inculpation n’ont pas été officiellement annoncés.

Burkina : Diendéré inculpé d’assassinat et de recel de cadavre dans l’affaire Sankara

07 décembre 2015 à 09h37 — Mis à jour le 07 décembre 2015 à 14h10

Par Trésor Kibangula

On le savait déjà inculpé de crime contre l'humanité. Le général Gilbert Diendéré est également poursuivi depuis près d'un mois notamment pour assassinat et recel de cadavre dans l'affaire Sankara, selon le parquet militaire.

C’est officiel. Le parquet militaire de Ouagadougou a confirmé, le 7 décembre à l’AFP, que « le général Gilbert Diendéré a été inculpé le 12 novembre dans le dossier Sankara des chef d’inculpation suivants : attentat, assassinat et recel de cadavre ».

Quelques heures plus tôt, des sources proches des services de sécurité burkinabè et la défense du général Gilbert Diendéré, consultées par Reuters, indiquaient de leur côté que l’officier, à la tête du coup d’État avorté de septembre, a été inculpé depuis le mois de novembre de complicité dans l’assassinat du président Thomas Sankara en 1987.

Durant trois décennies, c’est bien cet officier discret qui a dirigé le Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), dont des éléments sont suspectés d’avoir participé au meurtre de Sankara. Chef des commandos de Pô chargés de la sécurité du chef de l’État, il aurait supervisé, le 15 octobre 1987, l’arrestation du président révolutionnaire. Blaise Compaoré prend le pouvoir à l’issue du coup de force et Thomas Sankara est déclaré « décédé de mort naturelle » quelques jours plus tard. Que s’est-il réellement passé ce jour-là ? La question n’a pour l’instant jamais été officiellement éclaircie, d’où l’enjeu judiciaire et historique de l’enquête en cours.

Toujours dans l’ombre, Gilbert Diendéré a été au cœur du pouvoir depuis l’avènement de Thomas Sankara le 4 août 1983. Cette année là, il joue d’ailleurs un rôle majeur dans la prise du pouvoir par les révolutionnaires. Déjà bras droit de Compaoré, il mène ses troupes jusqu’à Ouagadougou. C’est lui qui annoncera à la radio le coup d’État, à 22 heures.

La mémoire de l’ancien régime

« Peuple de Haute-Volta, le capitaine Thomas Sankara vous parle… » Souriant mais mutique, le mystérieux Diendéré est de tous les coups et Philippe Ouédraogo, ministre dans le premier gouvernement de la révolution, disait de lui à Jeune Afrique, en novembre 2014 : « Il tire à chaque fois son épingle du jeu ». Du moins jusqu’à ce fameux coup d’État raté de septembre 2015. Au Burkina, il est aujourd’hui considéré comme la mémoire de l’ancien régime.

Or tout au long des 27 ans de règne du président Blaise Compaoré, c’est le black out sur le dossier Sankara, qui est méticuleusement, scrupuleusement enterré. Jusqu’à la chute du régime, fin octobre 2014. Et en mars 2015, le gouvernement de transition adopte un décret « portant autorisation d’exhumation et d’expertises des restes du président Thomas Isidore Noël Sankara ».

Diendéré devra donc s’expliquer sur le rôle qu’il aurait joué dans la disparition de Sankara. Un dossier judiciaire de plus sur le dos de cet officier qui a en outre été inculpé à la mi-octobre de crime contre l’humanité.

Mort de Sankara: les réactions à l'inculpation du général Diendéré

Le général Gilbert Diendéré, à Ouagadougou, le 25 juillet 2014.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

Par RFI Publié le 07-12-2015 Modifié le 07-12-2015 à 09:58

Au Burkina Faso, le général Diendéré a été inculpé de complicité dans l’assassinat du président Thomas Sankara lors du coup d'Etat du 15 octobre 1987. Auteur de la tentative de putsch en septembre, Gilbert Diendéré est déjà incarcéré. Une dizaine de personnes, dont plusieurs soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle, ont été inculpées pour leur implication présumée dans l'affaire Sankara. L’enquête sur l’assassinat du premier président du Burkina Faso avait été relancée par le gouvernement de transition après l’insurrection populaire d’octobre 2014.

C'était l'une des grandes promesses de la transition : faire la lumière sur la mort de Thomas Sankara. Le Premier ministre Isaac Zida avait annoncé peu après sa prise de fonction que « la poursuite des présumés coupables serait entreprise et que justice serait rendue ».

Avec l'inculpation, hier, du général Diendéré, cette promesse prend la voie d'être tenue.

Mariam Sankara, la veuve du président, n'a pas souhaité s'exprimer. Mais elle rappelait en septembre dernier sur RFI que Gilbert Diendéré avait été cité plusieurs fois dans le dossier. « Il semble impliqué. Il était responsable des militaires qui ont été cités dans cette affaire », précisait-elle.

En 1987, le général Diendéré dirigeait en effet régiment des commandos para de Po. C'est lui, le 15 octobre de cette année-là, qui a supervisé l'arrestation du président. En mai dernier, le corps de Thomas Sankara a été exhumé pour tenter d'établir les circonstances de son assassinat. Les rapports d'autopsie font état de plusieurs impacts de balles sur le corps du capitaine. Mais la famille Sankara et leurs avocats attendent toujours les résultats des tests ADN effectués sur les restes retrouvés dans la supposée tombe de Thomas Sankara.

« Pour nous, sankaristes, cela dénote réellement que notre combat depuis 27 ans n'a pas été un combat vain. Donc pour nous, c'est une joie d'avoir le début de solutionnement et de la vérité sur le dossier Thomas Sankara », se réjouit Nestor Bassière, vice-président du parti sankariste UNIR/PS pour lequel cette inculpation n'est qu'un début : « aujourd'hui, avec l'inculpation du général Diendéré, nous avons l'inculpation officielle de Blaise Compaoré. Nous voulons tous connaître la vérité sur ce qui s'est réellement passé le 15 octobre 1987. Nous avons demandé aux nouvelles autorités de conduire le dossier jusqu'à terme. Nous attendons du président Roch une justice au service du peuple, une justice où le coupable, quelque soit son rang, doit être puni conformément à la loi. »

Une première étape vers la vérité, c'est également le sentiment d'Alexandre Sankara, secrétaire national chargé de la communication de l'UNIR : « Nous sommes satisfaits de cette inculpation que nous attendions parce que le général Gilbert Diendéré a joué un rôle d'orchestre dans l'assassinat du président Thomas Sankara. Le commando qui a exécuté froidement le président Thomas Sankara était sous les ordres du général Diendéré. Donc c'est une victoire d'étape pour la famille sankariste pour le peuple burkinabè qui attendait depuis 27 ans que la lumière soit faite sur cet assassinat crapuleux. Si le général Diendéré est inculpé, beaucoup de choses au cours du procès seront dites, et on connaîtra enfin ce qui s'est passé avant, pendant et après le 15 octobre. »

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Published by Nouvel Essor
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